
Après tant d’attente, la Black Fashion Xpérience suscite l’engouement
« Quand on réussit ses projets, on est un peu plus fort, mais il faut toujours rester humble et partager », médite Adama Paris en égrénant les raisons du changement de format : « Retourner dans les mêmes lieux, c’était répéter la même chose. Pour se renouveler, il fallait changer la notion de défilé et imaginer une black expérience. » La première édition de la Black Fashion Xpérience (BFX) a ainsi présenté un talk sur l’appropriation culturelle. Mais fidèle à son habitude, Adama Paris a proposé pour les défilés un condensé de valeurs sûres tel le Marocain Karim Tassi, la Ghanéenne Mimi Plange, l’Anglo-Nigérian Tokyo James, le Sud-Africain Orapeleng Modutle, la Congolaise Sakia Lekoundzou, le Franco-Haïtien Isaac-Joachim Pantaleon ou encore le Tunisien Fawzi Nawar. Sans oublier une dose de talents prometteurs comme l’Angolaise Iracema Matias, la Congolaise Adriana Talansi ou le jeune Belgo-Malien Oumar Dicko, déjà révélation de la DFW 2017. Sous les sons envoûtants de la Djette Dirty Mouth, résidente chez Saargale, les deux soirées entremêlées d’exploits circassiens de la famille Bormann-Moreno ont conquis le public et les personnalités présentes. Comme le chroniqueur David Dickens ou la journaliste Rokhaya Diallo, qui a eu un coup de cœur pour la jeune styliste Jihane et son label éponyme Jihane Ghoul. « Je trouve ses pièces d’une très rare élégance, très bien coupées et finement ciselées », avoue l’autrice qui résume toute la portée symbolique de cette BFX : « C’est un moment nécessaire pour les créateurs du continent et de la diaspora. Leur travail est malheureusement insuffisamment visible dans notre capitale de la mode, alors qu’elle est depuis longtemps un point central de la créativité noire. »
Tract (Avec Le Point)

