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Sénégal : le FMI, ce banquier qui nous veut du bien….ou pas (Par Dibor Faye, Tract Hebdo)

Tract Hebdo – Le gouvernement Sonko 2 nous explique qu’on peut vivre sans le FMI. C’est comme dire qu’on peut vivre sans oxygène : c’est possible, mais pas très longtemps. On nous parle de « souveraineté budgétaire » tout en vérifiant si le voisin ivoirien a 100 balles à prêter. La clarification économique promise ressemble de plus en plus à un brouillard londonien sur la corniche des Almadies. Depuis quelques semaines, les couloirs feutrés de l’administration sénégalaise résonnent d’une étrange mélodie. Une mélodie de défi, d’indépendance retrouvée, un peu comme un adolescent qui clame haut et fort qu’il n’a plus besoin de l’argent de poche de ses parents. Le refrain ? « Le Sénégal peut vivre sans le FMI. » Nous, l’idée d’une souveraineté économique est un doux rêve que nous caressons avec ferveur. Mais nous, on se dit que l’autonomie, c’est bien, mais l’autarcie, c’est le chemin le plus court vers les cacahuètes au pain et les bougies pour s’éclairer.

Le gouvernement nous assure que le pays est sur la bonne voie, celle de la « souveraineté budgétaire ». Fini le diktat des institutions de Bretton Woods, ces banquiers lointains qui nous dictent comment gérer notre argent, comme si nous étions des élèves dissipés et non une nation souveraine et responsable. Sur le papier, c’est magnifique. On s’imagine déjà des budgets votés au rythme du sabar, des dépenses qui répondent aux besoins réels de la population sans passer par le tamis puritain des « réformes structurelles » et des « ajustements nécessaires » qui finissent toujours par taper sur les plus fragiles.

La vérité du « sans oxygène »

Mais entre le discours enflammé et la réalité des caisses de l’État, il y a un océan de questions. Dire qu’on peut vivre sans le FMI, c’est un peu comme déclarer qu’on peut vivre sans oxygène. Théoriquement, c’est possible, on peut retenir sa respiration un certain temps. Mais la réalité nous rattrape vite, et le visage prend une couleur un peu… grise. Le Sénégal, comme beaucoup de pays en développement, a une relation de longue date avec le FMI, une relation parfois tumultueuse, souvent contrainte, mais toujours là, comme cette vieille tante un peu envahissante qui vous prête de l’argent mais se permet des commentaires sur votre régime alimentaire.

Historiquement, le FMI n’est pas qu’un simple prêteur. C’est un label, un tampon de « bonne conduite » pour les marchés financiers internationaux. Quand le FMI vous soutient, les investisseurs privés vous regardent avec un œil plus bienveillant, les taux d’intérêt sont moins voraces. S’en passer, c’est prendre le risque de se retrouver seul sur le marché, à mendier des crédits à des conditions bien moins favorables. C’est là que le « voisin qui a 100 balles à prêter » prend tout son sens. Car, en économie comme dans la vie, quand on clame son indépendance, on s’assure d’abord d’avoir les moyens de la financer.

La « clarification économique » : un brouillard épais sur la corniche

Le gouvernement, dans sa grande sagesse, nous a promis une « clarification économique ». On attendait une carte routière détaillée, avec des chiffres, des projections, des plans B. On a eu droit à un brouillard londonien sur la corniche. Une brume épaisse où les discours se perdent, où les chiffres se contredisent, et où l’on finit par ne plus savoir si on avance ou si on recule.

On nous parle de « ressources internes », de « maîtrise des dépenses », de « priorisation des projets ». Autant de concepts nobles, mais dont la traduction concrète reste floue. Comment va-t-on combler le déficit si le FMI n’est plus là pour faire la béquille ? Quelles sont les nouvelles sources de revenus « souveraines » qui vont remplacer les milliards que nous coûte l’État providence à la sénégalaise ? Est-ce que le pétrole et le gaz, dont l’exploitation tarde toujours à nous rendre riches, vont magiquement jaillir pour nous sauver ? Ou allons-nous inventer une taxe sur les selfies ou les « likes » sur Facebook ? À gauche, on demande de la transparence ; à droite, on s’inquiète des conséquences des effets d’annonce.

L’illusion du régime sans effort

L’idée de « faire régime » sans le FMI est séduisante. C’est comme promettre de perdre 10 kilos sans changer ses habitudes alimentaires, juste en répétant « Je suis mince » devant le miroir. La réalité, c’est que « faire régime », c’est faire des choix douloureux : réduire les dépenses publiques (ce qui signifie souvent moins de subventions, moins d’emplois dans la fonction publique, moins d’investissements sociaux), optimiser la collecte des impôts (ce qui ne ravit jamais personne), et diversifier l’économie (un défi de taille qui demande des années).

Le FMI, malgré ses travers et sa réputation de « méchant banquier », est aussi un miroir. Il nous renvoie l’image de nos déséquilibres, de nos inefficacités. S’en passer, c’est refuser de regarder ce miroir, au risque de répéter les mêmes erreurs, mais cette fois sans filet de sécurité. Et pour un pays qui a des ambitions de développement et une population jeune et exigeante, c’est un pari risqué.

Le peuple en première ligne

Au final, qui paiera le prix de cette « souveraineté budgétaire » autoproclamée ? Le peuple, bien sûr. Si les caisses de l’État se vident, ce sont les services publics qui en pâtiront : la santé, l’éducation, les infrastructures. C’est l’emploi des jeunes qui sera encore plus précaire, le pouvoir d’achat qui s’effritera. À gauche, on n’a que faire des guerres d’ego politiques ; ce qui nous importe, c’est le bien-être des populations. Et si cette indépendance affichée se traduit par un resserrement de la ceinture pour les ménages, alors elle sera amère.

L’histoire économique du Sénégal est jalonnée de programmes FMI, de réformes avortées et de promesses non tenues. Peut-être que cette fois-ci, le gouvernement a un plan génial, une baguette magique qui nous permettra de nous affranchir des contraintes sans en subir les conséquences. Mais nous, on a appris à être méfiants. Quand un politique nous parle d’indépendance sans nous donner les moyens, on a tendance à vérifier si nos poches sont toujours pleines.

La béquille ou le déambulateur ?

Le FMI est une béquille. Une béquille parfois douloureuse, qui vous force à marcher d’une certaine manière. Mais sans elle, on risque de tomber. Le gouvernement sénégalais nous dit qu’il peut courir sans béquille. On demande à voir. En attendant, les regards sont tournés vers les annonces, les chiffres, et surtout, vers le quotidien des Sénégalais. Car la « souveraineté budgétaire » ne vaut que si elle se traduit par une amélioration concrète des conditions de vie de la population.

Ou est-ce que, dans sa quête d’indépendance, le Sénégal va simplement remplacer la béquille par un déambulateur, en cherchant d’autres prêteurs, peut-être moins regardants sur la gouvernance, mais tout aussi voraces sur les taux d’intérêt ? L’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : nous, on continuera de regarder avec notre œil gauche critique et de frapper avec notre droite impertinente, pour que le brouillard sur la corniche se dissipe et que la vérité économique éclaire enfin le chemin du Sénégal.

Damel Gueye, Tract Hebdo

Starlink va connecter le Sénégal : Elon Musk débarque et va faire trembler Sonatel Orange et autre Yas ex-Free ?

Tract Hebdo – Le Sénégal, pays de la Teranga, est connu pour son accueil chaleureux, ses plages ensoleillées, sa lutte sénégalaise. Soyons honnêtes, la connectivité, chez nous, en dehors de Dakar, c’est un peu comme le bus Tata à Dakar : on sait qu’il va arriver, mais des fois, elle fait des siennes et on ne sait plus quand elle va revenir, ni dans quel état. Alors, quand l’homme le plus riche (et le plus excentrique) de la planète, Elon Musk, jette son dévolu sur le ciel sénégalais avec ses satellites Starlink, on a d’abord cru à une blague de mauvais goût, ou peut-être à une application futuriste pour gérer les embouteillages de Dakar.

Nous,  on rêve d’un accès internet universel, rapide et abordable pour tous. On veut que le jeune étudiant de Tambacounda puisse suivre ses cours en ligne sans que sa connexion ne le lâche au moment crucial d’un examen. Mais notre très bonne droite nous dit que quand un milliardaire californien veut débarquer dans notre bled, il y a toujours une petite ligne cachée dans les CGV, et une grande ligne budgétaire dans les caisses de l’État.

De la 4G à la 4G de « Gorgui » : Le chemin de croix de la licence

Les négociations entre le gouvernement sénégalais et Starlink, la filiale de SpaceX, traînent en longueur. On nous explique que c’est une affaire de « réglementation », de « cadre légal » et de « souveraineté numérique ». Traduction : Musk veut déployer ses paraboles et vendre ses services sans passer par la case « autorisation et taxe », et l’État sénégalais veut sa part du gâteau (et un gros gâteau, s’il vous plaît).

C’est là que l’on se rend compte que coloniser Mars semble plus simple que d’obtenir une simple licence de télécommunications au Sénégal. Elon Musk, qui a quand même réussi à envoyer des fusées réutilisables dans l’espace, est confronté à un défi de taille : notre bureaucratie nationale. On imagine déjà les réunions : d’un côté, un ingénieur de SpaceX expliquant les débits en gigabits par seconde et la faible latence ; de l’autre, un fonctionnaire de l’ARTP (Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes) demandant poliment où se trouve le formulaire A38 en triple exemplaire, et s’il est possible de payer la redevance annuelle en arachides de bouche.

L’internet pour tous, mais pas à n’importe quel prix (pour l’État)

L’argument de Starlink est séduisant : offrir une connexion internet haut débit, même dans les zones les plus reculées, là où les opérateurs traditionnels n’ont jamais posé un câble (ou une antenne 4G digne de ce nom). Pour les populations rurales, les pêcheurs en haute mer, les agriculteurs isolés, c’est une promesse de désenclavement numérique. C’est la révolution, la vraie ! Finis les « J’ai pas de réseau » pour éviter de répondre à sa belle-mère, finies les coupures en plein « live » TikTok.

Mais l’État sénégalais, avec sa vigilance actuelle (et son pragmatisme fiscal devenu légendaire en deux ans), voit les choses différemment. Un opérateur étranger qui arrive sans passer par la case « partenariat public-privé » ou, du moins, sans une bonne ponction sur les revenus, c’est une hérésie. C’est comme vouloir vendre du bissap au marché Kermel sans payer sa place : impensable ! L’accès à l’internet est un droit, certes, mais le droit de taxer l’internet est sacré.

Le mythe de la « compétition loyale »

Les opérateurs de téléphonie mobile déjà présents sur le territoire (Sonatel, Yas ex Free, Expresso) sont bien évidemment sur le qui-vive. L’arrivée de Starlink, c’est un peu comme si un géant du supermarché ouvrait juste à côté de l’épicier du coin qui vend à crédit depuis 20 ans. Ils dénoncent une « concurrence déloyale » si Musk ne paie pas les mêmes licences, les mêmes taxes, les mêmes « frais de facilitation » que tout le monde.

La concurrence, c’est bien beau, mais quand elle protège des monopoles de fait ou des situations oligopolistiques qui ont maintenu des prix élevés et des services médiocres pendant des années, on a le droit de se poser des questions. Si Starlink peut offrir mieux et moins cher, alors peut-être que l’État devrait se soucier plus du consommateur final que du portefeuille des opérateurs historiques.

Quand la souveraineté numérique rime avec la souveraineté fiscale

Le gouvernement invoque également la « souveraineté numérique ». L’idée est de s’assurer que les données des Sénégalais restent sous contrôle national, et que l’infrastructure ne devienne pas une dépendance totale à une entité étrangère. C’est un argument louable. Mais, encore une fois, est-ce une vraie préoccupation géopolitique, ou juste une manière polie de dire : « Monsieur Musk, nous apprécions votre vision futuriste, mais avant de coloniser Mars, pourriez-vous coloniser notre budget avec quelques millions de dollars, histoire de montrer votre bonne volonté ? »

On imagine bien le ministre des Finances expliquant à Elon Musk que « le ataya, ici, c’est sacré, et il se partage e tout le monde cotise ». Et que le partage, au Sénégal, ça commence par un chèque substantiel à la République. Après tout, les mêmes ministres qui s’étonnent des coupures d’électricité et des routes défoncées ne sont pas les derniers à vouloir une belle enveloppe pour laisser passer un projet, aussi révolutionnaire soit-il.

Entre innovation et tradition fiscale

Au final, l’affaire Starlink au Sénégal est une parfaite illustration de la complexité des défis du développement en Afrique. D’un côté, une innovation technologique disruptive qui pourrait réellement changer la vie de millions de personnes. De l’autre, un État qui, légitimement, cherche à protéger ses intérêts, à réguler son marché, et surtout, à remplir ses caisses.

Nous espérons sincèrement qu’un terrain d’entente sera trouvé. Que l’accès à un internet de qualité ne soit plus un privilège, mais une réalité pour tous. Et que si Elon Musk doit payer le thé au ministère, il le fasse avec le sourire, sachant qu’il contribue à désenclaver des millions de Sénégalais. Quant à la colonisation de Mars, elle pourra attendre. La connexion du « bled » est une priorité bien plus terre-à-terre, mais tout aussi essentielle.

En attendant, on continue de guetter les cieux, non pas pour l’arrivée des fusées de SpaceX, mais pour l’arrivée hypothétique d’une connexion internet stable. Et on se dit qu’il est peut-être temps de proposer un « Starlink spécial Afrique » à Elon Musk : un abonnement gratuit… contre un pourcentage de ses bénéfices martiens.

Damel Gueye, Tract Hebdo

Karim Wade, fantôme de luxe de Doha et curiosité politique du PDS, réapparait… dans les archives sexuelles de ‘l’Affaire Epstein’

Tract Hebdo – On le pensait définitivement archivé dans le rayon des curiosités politiques du Sénégal post-alternance, quelque part entre un contrat de concession d’autoroute et un souvenir embrumé du Monument de la Renaissance. Et pourtant, Karim Wade, notre « Ministre du Ciel, de la Terre, et de tout ce qu’il y a entre les deux », vient de réussir un come-back médiatique dont il a le secret. Sauf que cette fois, ce n’est pas pour un projet de centrale solaire ou un retour triomphal à l’Aéroport Blaise Diagne, mais pour une mention supposée dans les archives déclassifiées de l’affaire Epstein.

Nous, on croit fondamentalement à la justice sociale et à la transparence. Mais là, on avoue que notre crochet du poing droit est tentant : passer du jet privé de la République aux listes de passagers du « Lolita Express », c’est ce qu’on appelle une trajectoire en chute libre, même pour un expert en aviation civile.

L’art de l’ubiquité (ou comment être partout sauf là où on nous attend)

La rumeur a enflammé les réseaux sociaux ce week-end, entre deux débats passionnés sur le prix du riz et les dernières frasques des Tiktokeurs. Des documents venus d’outre-Atlantique mentionneraient le nom de notre ex-super-ministre national. Bien sûr, il faut rester prudent. Aux États-Unis, « Wade » peut aussi désigner une star de la NBA ou un juge du Texas. Mais au Sénégal, dès qu’on prononce ce nom, les oreilles se dressent plus vite que les prix à la pompe.

Après avoir été l’homme le plus puissant du pays, celui qui gérait les infrastructures, l’énergie, les transports et probablement la météo (si son père le lui avait demandé), Karim s’est mué en fantôme de luxe du côté de Doha. Un exil doré, loin des nids-de-poule de Dakar et des convocations de la CREI. Le voir réapparaître dans les « Epstein Files », c’est un peu comme voir un fantôme sortir d’un placard de Manhattan : c’est inattendu, c’est gênant, et ça sent le vieux parfum de la jet-set mondiale qui se pensait au-dessus des lois.

Cette affaire souligne une fois de plus la porosité des élites mondiales. Qu’un fils de président africain puisse côtoyer le gotha de la finance et de la débauche internationale à New York n’est pas une surprise, c’est une statistique. Pendant que le peuple luttait pour l’accès à l’eau potable dans les années 2000, certains semblaient plus occupés à peaufiner leur carnet d’adresses dans des cercles où la morale est une option payante.

Si ces allégations s’avèrent être de simples homonymies ou des fake news de salon, quel beau gâchis de salive ! Karim Wade est devenu le « Bigfoot » de la politique sénégalaise : on dit qu’il va revenir, on voit des traces de lui partout, mais il reste désespérément invisible. S’il n’est pas sur les listes d’Epstein, il est au moins sur la liste des personnalités les plus « fantasmées » par l’opposition et le pouvoir réunis.

Un écran de fumée  ?

Au Sénégal, on a une passion pour les feuilletons internationaux. Ça nous permet d’oublier que le TER est parfois en retard et que l’oignon coûte le prix d’un gramme de caviar. Le « retour de Karim » est une rengaine qu’on nous ressort à chaque fois que l’actualité nationale devient trop pesante. Est-ce une manœuvre pour détourner le regard des récents scandales de détournements à La Poste ? Ou pour masquer l’incapacité de certains à stabiliser le prix du panier de la ménagère ?

À Tract Hebdo, nous ne sommes pas des juges, mais des observateurs impertinents. Si Karim a voyagé dans les avions d’Epstein, il devra expliquer s’il y cherchait des investisseurs pour nos routes ou s’il s’agissait d’un simple « voyage d’études » sur les mœurs de l’oligarchie financière. En attendant, il reste le « Fils du Vent », porté par les courants de la rumeur, insaisissable et étrangement présent dans nos cauchemars politiques.

La transparence n’est pas un luxe

Que ce soit à New York ou à Dakar, le peuple réclame la vérité. Si le nom de Wade apparaît, que ce soit pour une simple poignée de main ou pour des dossiers plus sombres, le Sénégal mérite de savoir comment ses anciens dirigeants occupaient leur temps libre. En attendant, on conseillera à Karim de rester à Doha : le climat y est plus stable que celui des tribunaux américains, et on y trouve moins de journalistes impertinents prêts à lui décocher une droite textuelle.

Note de la rédaction : Le journal rappelle que toute personne mentionnée dans des documents de justice bénéficie de la présomption d’innocence, sauf si elle a déjà été condamnée par le tribunal du bon sens populaire.

[FOI] ‘Ces théories théologiques mises en place entre le 8è siecle et le 9è siecle qui ont figé l’islam’ (islamologue, écrivaine et philosophe)

Vous dites dans votre livre Sortir de l’islamisme que la réforme de l’islam n’est pas seulement une nécessité, mais aussi un acte de responsabilité. Pensez-vous donc qu’il est possible de réformer l’islam ? Razika Adnani : Il faut savoir que l’islam que les musulmans pratiquent, ils l’ont construit après la mort du prophète. D’ailleurs, ils ont construit plusieurs islams, c’est la preuve de la part des religieux, dans de la part humaine, dans ce que l’islam est devenu après la mort du prophète. Pensez-vous qu’il est interdit de refaire un travail fait par les êtres humains ? Évidement que non à moins que leur travail soit sacré et absolu, ce qui serait contraire aux principes fondateurs de l’islam comme religion monothéiste. J’explique cela avec beaucoup plus de détails dans mon ouvrage Islam : quel problème ? Les défis de la réforme. Rien n’interdit donc, ni sur le plan pratique ni sur le plan théologique, aux musulmans d’aujourd’hui de construire un autre islam plus compatible avec l’époque actuelle. Et comme je l’ai toujours expliqué, l’histoire de l’islam est une histoire de réforme et de contre-réforme et la première réforme de l’islam a eu lieu à l’intérieur même de message coranique. Dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme, j’ai travaillé sur les textes pour démontrer que cette réforme est possible. Je ne me suis pas arrêtée à la théorie. La réforme à laquelle j’appelle, et il est très important de le préciser, est celle qui est orientée vers l’avenir et non celle des salafistes qui est tournée vers le passé pour retrouver l’islam pur des premiers musulmans. Cette réforme salafiste ne produit rien de nouveau. Il y a deux positions qui considèrent que l’islam ne peut pas se réformer, il s’agit évidemment de la réforme qui libère l’islam de l’emprise des anciens. Celles des fondamentalistes et celle des non-musulmans qui pour eux, il est préférable de quitter l’islam. Les deux positions s’accordent sur une même idée : toutes les deux considèrent que l’islam fondamentaliste, politique et patriarcal est une fatalité. C’est une manière de dire aux musulmans, qui ne veulent pas quitter l’islam, et ils sont nombreux, « restez comme vous êtes » de toute manière vous n’êtes pas responsables, c’est l’islam qui ne peut pas se réformer. L’Église catholique s’est bien réformée. Pourquoi ce qui est possible pour une religion serait-il impossible pour une autre ? Quelle forme pourrait prendre cette réforme de l’islam ? Comment l’imaginer concrètement ? R.A. : Elle doit commencer par démontrer que le discours religieux ne détient pas la vérité absolue ou divine et ensuite démontrer qu’un autre discours religieux est possible, donc un autre islam. Dans mes ouvrages précédents, j’ai mené une réflexion philosophique, théologique et sociologique pour affirmer la nécessité de réformer tout en n’interrogeant sur les obstacles qui ont empêché cette réforme et comment les dépasser pour la concrétiser. Dans ce dernier livre « Sortir de l’islamisme » publié en décembre 2024, j’ai fait un travail de pratique au sein des textes pour démontrer qu’elle est possible. Comment l’imaginer concrètement ? Il faut d’abord réformer la représentation de la pensée créatrice et rationnelle. Enfin interroger les textes et les aborder avec une pensée qui s’est libérée de cette théologie mise en place il y a des siècles dans l’objectif de bloquer la pensée créatrice et rationnelle comme je l’explique dans mon ouvrage Islam : quel problème ? Les défis de la réforme. Ensuite, il faut réformer la théologie musulmane, ou ce qu’on appelle la pensée musulmane, qui entoure le Coran et qui a fait ce qu’est l’islam aujourd’hui. Dans mon ouvrage, j’ai surtout insisté sur les trois théories principales : la théorie du Coran incréé, la théorie du naql et la théorie des salafs. À lire aussiLassés de ne pourrir la vie qu’aux femmes, les Talibans rétablissent l’esclavage Pouvez-vous dire un peu plus sur ces trois théories théologiques ? R.A: La théorie du naql, est une théorie littéraliste. Le terme naql est un terme arabe qui signifie prendre une chose d’un endroit et la déposer dans un autre endroit. Les littéralistes l’ont utilisé pour prétendre que le sens qu’ils donnent aux versets est exactement celui qui existe dans le Coran. Dans mon ouvrage, j’ai critiqué cette équivalence prétendue entre le texte coranique et le commentaire. Le naql est philosophiquement faux. On ne peut pas déplacer le sens d’un texte à un autre à moins qu’on écrive le même texte, mais dans ce cas, il ne s’agit plus d’un commentaire. Dans mon ouvrage, je donne davantage d’arguments qui montrent que la méthode du naql est une illusion sur le plan philosophique et épistémologique. La deuxième est la théorie du Coran incréé qui signifie que Dieu n’a pas créé le Coran, car il fait partie de lui, de ses attributs. De ce fait le Coran existe comme Dieu en dehors du temps. Il ne change donc pas avec le changement du temps ni du lieu et ses règles sont par conséquent valables en tout temps et tout lieu. La pensée n’a pas à réfléchir à d’autres lois. La troisième grande théorie qui bloque la pensée et la raison dans la pensée musulmane et par conséquent en islam est celle des salafs. Elle est fondée sur l’idée que les anciens sont ceux qui détiennent la vérité islamique parce que Dieu les aurait dotés de qualités exceptionnelles. Ainsi toutes les générations de musulmans qui veulent connaître la vérité doivent se tourner vers le passé. Ces théories se sont mises en place entre le VIIIᵉ et le IXᵉ siècle et ont figé l’islam. Est-ce qu’il n’y a pas aussi, notamment dans le sunnisme, une difficulté liée à l’absence de clergé structuré, qui rendrait la réforme plus compliquée ? R.A. : Je comprends cet argument, mais il n’est pas convaincant. Les chiites ont un clergé structuré et l’islam chiite n’est pas pour autant mieux que l’islam sunnite. Le vrai blocage ne vient pas de l’organisation institutionnelle, de la théologie et de ses théories et concepts qui empêchent toute remise en question de la pensée et de l’islam des anciens. Cependant, les musulmans ont déjà réalisé des réformes juridiques majeures : ils ont aboli l’esclavage, la dhimmitude, le califat. C’était une réforme juridique qui avait ses limites, mais elle était immense et extraordinaire pour l’époque et pour les musulmans. Cependant, ils n’ont jamais réforme théologie, ce qui fait qu’ils n’ont pas pu réformer l’islam. Ces théories, elles-mêmes présentées comme divines, sacralisent le travail interprétatif et juridique des anciens, ce qui bloquent la pensée. Il faut qu’on arrive à expliquer aux musulmans qu’elles sont le produit de la pensée humaine pour expliquer que toute interprétation est un travail humain qui ne peut pas être sacré. Un autre verrou fondamental, c’est l’imbrication entre religion et politique. Les politiques ont toujours instrumentalisé la religion pour imposer leur pouvoir. Dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme j’explique comment les califes avaient besoin d’affirmer que les lois qu’ils imposaient étaient celles de Dieu, afin d’exercer leur domination. Justement, cette réforme pourrait-elle commencer à des échelles nationales, par des expériences locales ou étatiques plutôt que de vouloir tout transformer d’un seul coup ?R.A. : Bien sûr. Une réforme ne se fait jamais d’un seul coup. Elle ne pourra être que progressive. Dans les pays musulmans, les autorités politiques ont un rôle fondamental à jouer. Ils doivent encourager les voix qui appellent à cette « véritable réforme » comme je l’appelle dans mon ouvrage, les protéger en abolissant les lois qui les menace de prison parce qu’ils ont contredit le discours religieux hérité des premiers siècles de l’islam. Les religions se figent seules, ce sont les êtres humains qui les figent. Ils peuvent aussi les transformer, c’est-à-dire les faire évoluer, s‘ils ont pour cela la volonté nécessaire. Aujourd’hui, un autre obstacle majeur est celui du concept d’islamisme, tel qu’il est forgé en France au XXe siècle, désigné comme la cause de tous les problèmes. On a décidé qu’il s’agissait de l’islam politique qui serait un mouvement contemporain, né avec la création des Frères musulmans, qui n’arait rien à voir avec l’islam. Un tel concept revient à dire qu’il n’a pas aucune raison à mener un travail au sein de l’islam, c’est-à-dire de la réformer. Aujourd’hui, on va un peu plus loin en voulant limiter l’islam politique ( ou l’islamisme) à l’idéologie des Frères musulmans. Cette vision se diffuse autant en France que dans le monde musulman.Razika Adnani, membre du Conseil d’orientation de la Fondation de l’Islam de France, écrivaine, philosophe et islamologue, débute sa carrière en tant que professeur de philosophie. Elle publie en 2001 et 2003 deux précis de philosophie, El Kafi fi el Falsafa, sur l’art de disserter en philosophie suivis chacun d’un dictionnaire de philosophie. Ces ouvrages destinés aux lycéens sont des bestsellers.<span;>En 2005, elle quitte l’enseignement pour se consacrer définitivement à la réflexion et à la recherche.En 2011, elle publie un ouvrage en arabe intitulé Le blocage de la raison dans la pensée musulmane est-il bénéfique ou maléfique à l’islam. Paru chez Afrique Orient (Maroc), le livre connaît un vif succès dans tout le monde arabe et arabophone. Razika Adnani publie en 2013 La nécessaire réconciliation (Dalimen, Alger), brillant essai sur la question de la violence, la relation à l’autre, à soi et la relation avec l’histoire. À partir de l’étude de la société algérienne, elle forge sa propre théorie de « la moralisation de la violence ». Cette œuvre décisive paraît à nouveau en 2014 chez UPblisher, sous forme numérique et imprimée, afin de la rendre accessible au plus grand nombre. Elle est désormais disponible dans le monde entier.À partir de 2014, elle est appelée comme expert sur des sujets relatifs à l’Islam. Elle anime de 2014 à 2016 un cycle de conférences à l’Université Populaire de Caen sur le thème « Penser l’islam » ; de 2015 à 2017, elle intervient lors du séminaire « Les nouveaux fondamentalistes » du Collège des Bernardins ; elle collabore avec le Ministère de la Justice dans le cadre de la formation des cadres qui prennent en charge des jeunes radicalisés ». En 2017, elle intègre la Fondation de l’islam de France. En 2015, elle fonde, organise et anime les Journées Internationales de Philosophie d’Alger, évènement dont le succès est confirmé par une deuxième édition en 2017.Elle est l’auteur de nombreux articles publiés par le journal algérien Liberté, Le Figaro ou L’Obs, et intervient fréquemment lors de conférences ou tables-rondes, tant en France qu’en Algérie.Sa lucidité et son franc-parler font de Razika Adnani une philosophe ancrée dans son époque, un esprit libre, résolu et engagé. Tract Hebdo avec Atlanticowww.tract.sn

[DOSSIER] Le document que tout Dakar s’arrache : le ‘PV de déposition’ de Mouhamed Diagne contre Madiambal D. devant les enquêteurs de la DIC (Par O.N.G)

Tract Hebdo – Voici le document que tout Dakar s’arrache sous le manteau : le procès-verbal d’audition de Mouhamed Diagne, fils de Madiambal, un mélange de tragédie impliquant le Damel Ngoné Latyr Diop et de dossier de recouvrement de créances porté par des Baol-Baol contre des Saloum-Saloum. Le « PV de déposition (imaginaire ? ) » de Mouhamed Diagne devant les enquêteurs de la DIC ? Le voici :

PROCÈS-VERBAL D’AUDITION (APOCRYPHE ?)

UNITÉ : Division des Investigations Criminelles (DIC)

AFFAIRE : SCI Pharaon c/ Le patriarcat madiambalique

SUSPECTS : Madiambal D. (Le Père), Mabintou D. (La Belle-Mère)

PLAIGNANT : Mouhamed D. (Le fils, homme au bracelet)

L’Enquêteur : Monsieur Diagne, expliquez-nous pourquoi vous déposez plainte contre l’auteur de vos jours. N’est-ce pas un peu… radical ?

Mouhamed Diagne : Écoutez, Monsieur l’Officier, il arrive un moment où le « ndiguel » paternel s’arrête là où le Code Pénal commence. J’ai découvert que j’étais administrateur de sociétés, signataire de contrats avec Ellipse Projects et magnat de l’immobilier dans la SCI Pharaon sans même avoir eu besoin de lever le petit doigt. À ce rythme-là, j’allais apprendre par la presse que j’avais racheté la Tour Eiffel avec l’argent de mon soupoukandia du samedi.

L’Enquêteur : Votre père affirme que c’était pour votre bien. Une sorte d’investissement pour votre avenir.

Mouhamed Diagne : Mon avenir ? Parlons-en ! Mon avenir actuel est un bracelet électronique qui bipe dès que je m’approche trop près de la cuisine. On m’a « attribué des qualités » que je n’ai pas. Dans cette famille, on vous nomme « Directeur Général » entre le mathiaat et le ataya , et vous vous réveillez avec une convocation au tribunal. Je ne suis pas un « fils à papa », je suis un « fils à signatures ». Je suis devenu le stylo Bic  de mon père !

L’Enquêteur : Votre belle-mère, Mabintou Diaby, dit que vous faites du « toubabisme » et que vous manquez de Masla et de soutoura.

Mouhamed Diagne : Le Masla, la soutoura, c’est bien beau quand il s’agit de partager une discussions sur le banc diakhlé des vieux du quartier. Mais quand mon nom apparaît sur des documents de la SCI Pharaon pour des transactions dont je ne vois que la poussière, ce n’est pas le « toubab noir » en moi qui se réveille, c’est le boy Diagne qui tient de son père et qui demande un audit. Est-ce ma faute si j’aime que mes paraphes m’appartiennent ? Je veux récupérer mon identité. Pour l’instant, je suis une entité juridique gérée par mon père et un accessoire encombrant pour les procureurs du ministère de la Justice, qui pourraient bien me faire renvoyer à Reubeuss.

L’Enquêteur : Que demandez-vous concrètement ?

Mouhamed Diagne : La vérité. Et peut-être un nouveau nom de famille si celui-ci est trop utilisé pour l’immobilier. Je veux que la DIC vérifie chaque trait, chaque plein et chaque délié de ces documents. Si être un « fils ingrat » signifie ne pas vouloir finir en prison pour des immeubles de 15 étages aux Mamelles  que je n’ai pas bâtis, alors je plaide coupable d’ingratitude. Mais je ne signerai plus rien… sauf ce PV, et encore, laissez-moi relire chaque ligne !

L’Enquêteur : (Note sur son carnet : Cas sévère de paranoïa foncière aiguë.)

Post – scriptum : dans les couloirs de la DIC, on raconte que même les enquêteurs ont demandé des conseils en investissement à Mouhamed avant qu’il ne parte. Après tout, être actionnaire d’une société « Pharaon », ça impose un certain respect, même quand on porte plainte contre l’architecte de la pyramide.
Par O.N.G, Fondateur de Tract Hebdo

[DOSSIER] L’Entretien Exclusif : Mabintou Diaby Diagne, belle-mère tiraillée entre patriarche Madiambal D.et beau-fils Mouhamed D. (Par O.N.G)

Tract Hebdo – C’est dans le salon feutré d’une villa dakaroise où l’odeur de l’encens dispute l’espace à celle des dossiers juridiques que nous reçoit Mabintou Diaby épouse Madiambal Diagne. Éclatante, devenue diègg bou diongguè malgré et après la tempête judiciaire et pénitentiaire, elle semble découvrir que la SCI Pharaon n’était pas une marque de produits de beauté, mais un champ de bataille.

Tract Hebdo : Madame Mabintou Diaby Diagne, vous voilà débarrassée de votre voile et de votre abaaya, et citée dans une plainte à la DIC par votre beau-fils. Est-ce là le nouveau mode de communication chez les Diagne ?

Mabintou Diaby : (Soupir élégant) Écoutez, je suis dévastée. Dans cette famille, j’ai toujours essayé d’être le gloss qui cache les gerçures. Mais là, Mouhamed a décidé de sortir le démaquillant industriel. Porter plainte contre son propre père et sa belle-mère pour des histoires de signatures ? C’est d’un manque de chic absolu. On ne convoque pas ses parents à la police, on les attend au salon avec un thé à la menthe et un avocat… mais un avocat qu’on paye, pas un qui vous interroge !

On l’accuse d’être un « Toubab Noir » ou un fils à maman. Partagez-vous ce diagnostic ?

M.D. : Disons qu’il a un côté très « Code Civil » qui ne va pas du tout avec notre climat. Mouhamed a dû confondre Dakar avec une série de Netflix. Il pense sans doute qu’il est dans Suits, Pod et Marichou, Bètè Bètè ou Better Call Saul. Mais ici, les signatures sur les documents de la SCI Pharaon, c’est de l’art abstrait, c’est de l’affection filiale ! Quand on aime son père, on signe les yeux fermés, non ? Lui, il a ouvert les yeux, et apparemment, il a vu des chiffres qui ne lui plaisaient pas.

Et cette histoire avec Ellipse Projects et la SCI Pharaon ? Mouhamed dit qu’il n’était pas au courant…

M.D. : Mais être au courant de quoi ? De la fortune qu’on lui prépare ? C’est le problème de cette génération : ils veulent le bracelet de luxe au poignet, mais ils râlent quand c’est un bracelet électronique. On lui a donné un nom de roi — Pharaon — et il se comporte comme un inspecteur du fisc. C’est un contresens historique !

Comment comptez-vous réconcilier le père et le fils ?

M.D. : Je vais tenter une médiation cosmétique. Je propose qu’on transforme la SCI Pharaon en « SCI Paix Sociale ». Et pour Mouhamed, je vais lui offrir un nouveau stylo, un vrai, pour qu’il s’entraîne à signer des messages de réconciliation plutôt que des procès-verbaux. Mais entre nous, si chaque fois qu’on utilise le nom d’un fils dans une transaction immobilière au Sénégal il fallait finir à la DIC, on devrait transformer le Stade Abdoulaye Wade en tribunal géant !

Un dernier mot pour Mouhamed ?

M.D. : « Mon chéri, dama doom, la prison est une mauvaise cure de détox. Reviens à la maison, on va s’arranger. Et par pitié, enlève ce bracelet, ça jure terriblement avec tes chaussures. »

Interview menée par O.N.G , Fondateur de Tract Hebdo 

[DOSSIER] ‘Les Lundis de Madiambal D.’ (son bloc-notes impair et passe) : mon fils ingrat à bracelet (Par Madiambal D. et par O.N.G)

Tract Hebdo – Par Madiambal D. (?)– Il est des matins où l’encre a le goût amer du fiel. On se lève avec la certitude d’avoir bâti des empires, érigé des pyramides — fût-ce sous le nom d’une SCI Pharaon — pour s’apercevoir que l’on a élevé un procureur dans son propre salon. Mon fils, ce cher Mouhamed, vient de découvrir la Division des Investigations Criminelles (DIC). Apparemment, l’air de la liberté provisoire lui a donné des envies de littérature judiciaire.

L’État de droit… au petit-déjeuner

Entendre mon propre rejeton parler de « signatures attribuées » et de « qualités usurpées » me laisse pantois. Dans quel Sénégal vivons-nous si un père ne peut plus utiliser le nom de son fils pour quelques modestes transactions immobilières avec Ellipse Projects ? C’est le monde à l’envers. On l’éduque dans les meilleures écoles, on lui offre le confort des Almadies, et il vous répond avec le Code Pénal.

Certains diront qu’il fait du « toubabisme noir », ce besoin obsessionnel de mettre de la procédure là où il ne devrait y avoir que de la piété filiale. Chez nous, le Masla est une seconde nature et la soutoura un exigence obligatoire de personnalité. Chez Mouhamed, c’est le bracelet électronique qui semble avoir court-circuité la zone cérébrale du respect des anciens.

Le Pharaon et son scribe rebelle

La SCI Pharaon n’était pas un tombeau, c’était un avenir. Mais voilà que le fils décide de jouer les archéologues de la fraude. Il conteste, il interroge, il dépose plainte contre moi et sa belle-mère, la pauvre Mabintou, qui n’avait rien demandé d’autre qu’une gestion paisible du patrimoine.

Il veut laver le linge sale à la DIC ? Soit. Mais qu’il sache que le linge de la famille Diagne est fait de tissus trop complexes pour les machines à laver de la police. À force de vouloir « laver » son honneur, il risque surtout de finir par essorer ses propres chances de figurer sur le testament.

Épilogue : l’ingratitude est un plat qui se mange froid (et sous bracelet)

On me reproche souvent d’avoir la plume assassine. Aujourd’hui, c’est le sang de mon sang qui tente de me faire une « une » dans les registres de la police. C’est la nouvelle mode dakaroise : après avoir consommé le patrimoine, on attaque le patriarche.

Mouhamed cherche la justice ? Il trouvera surtout la solitude du « fils à papa » (ou plus sûrement « fils à aman ») qui a cassé son plus beau jouet : la confiance paternelle. Quant à moi, je continuerai d’écrire. Car si les fils passent (par la DIC), les écrits, eux, restent.

Par Madiambal Diagne

Sous/couvert d’O.N.G, Fondateur de Tract Hebdo 

[DOSSIER] Psychodrame et complexe d’Œdipe chez l’héritier Mouhamed Diagne avec plainte contre son père Madiambal : ‘fils à papa’ ? ‘fils à maman’? ‘enfant toubab noir’? (Par O.N.G)

Tract Hebdo – Mouhamed Diagne, le fils de Madiambal, a déposé une plainte contre son père et sa belle-mère Mabintou Diaby auprès de la Division des investigations criminelles (DIC). Après sa liberté provisoire sous bracelet électronique, le fils décide de laver le linge sale devant des enquêteurs. Il a interpellé son père Madiambal pour avoir découvert que des actes, signatures et qualités lui avaient été attribués dans le cadre des activités de la société SCI Pharaon, une société immobilière familiale. Ces documents auraient été utilisés dans des transactions impliquant la société Ellipse Projects.

Dans le grand théâtre de la bourgeoisie dakaroise, on connaissait déjà les intrigues de cour, les trahisons de palais et les éditoriaux incendiaires. Mais avec l’affaire Mouhamed Diagne contre Madiambal Diagne, nous entrons dans une nouvelle dimension : la psychanalyse de comptoir appliquée au conflit foncier.

L’Œdipe au tribunal : tuer le père (judiciairement)

Pour Freud, le meurtre du père est une étape nécessaire à la construction de l’individu. Pour Mouhamed Diagne, visiblement, le divan ne suffisait pas ; il lui fallait le bureau de la Division des Investigations Criminelles (DIC).

S’attaquer à Madiambal Diagne, monument du journalisme et de l’influence, ce n’est pas seulement porter plainte pour une histoire de signatures dans la SCI Pharaon (un nom qui, en soi, mériterait dix ans d’analyse sur le complexe de supériorité). C’est une tentative désespérée d’exister hors de l’ombre d’un patriarche dont l’encre coule plus vite que le sang. En déposant plainte, Mouhamed ne cherche pas seulement la justice, il cherche son acte de naissance.

Le « fils à papa…ou fils à maman » en rupture de stock

Le « Fils à Papa » classique se contente de la voiture de sport et des privilèges. Mais ici, le scénario dérape. Mouhamed, sous bracelet électronique — accessoire de mode un peu encombrant pour les soirées aux Almadies — semble nous dire : « Regardez, je ne suis pas qu’un nom sur un titre foncier ! » Utiliser son père et sa belle-mère comme cibles judiciaires, c’est le cri de l’enfant qui réalise que son nom a été utilisé dans des transactions avec Ellipse Projects sans qu’on lui demande son avis entre le fromage et le dessert. C’est la révolte du « prête-nom » qui veut enfin devenir un « prénom ».

Le « fils toubab noir » ou la révolte de la procédure

On l’accuserait bien d’être un « Toubab Noir ». Pourquoi ? Parce qu’au Sénégal, le linge sale se lave en famille, avec beaucoup de savon de Marseille et de médiations maraboutiques.

Mais Mouhamed, lui, choisit la méthode « cartésienne » : 1) Étape A : constater l’usage de sa signature. 2) Étape B : ignorer le « Masla » et la soutoura. 3) « Étape C : appeler la police.

C’est là toute la tragédie de son positionnement. Pour la société, il est le privilégié ; pour son père, il est le fils ingrat ; pour lui-même, il est sans doute le seul gardien de l’État de droit dans un salon de 400 mètres carrés.

 La SCI Pharaon et le tombeau des illusions

Au final, cette plainte est un chef-d’œuvre d’ironie. En voulant dénoncer les « qualités et signatures » qu’on lui aurait attribuées de force, Mouhamed Diagne prouve qu’il a bien hérité d’une chose de son père : le goût du combat public et de la polémique.

Qu’il soit « fils à papa » en pleine crise d’adolescence tardive,  » fils à maman » ou « enfant toubab noir » trop procédurier pour son environnement, une chose est sûre : chez les Diagne, on ne s’ennuie jamais. On ne se parle plus, on s’assigne. C’est aussi ça, la rupture systémique.

Par O.N.G

Fondateur de Tract Hebdo

[Ousseynou Nar Gueye] ‘Je suis contre la récente rebaptisation de ‘l’avenue Jean Jaurès’ en ‘avenue Thierno Saïd Nourou Tall’

Tract Hebdo – Une nouvelle étape dans la (tuerie en?) série de rebaptisations de rues à Dakar a été franchie hier dimanche. L’ancienne Avenue Jean Jaurès est désormais baptisée Avenue Thierno Saïd Nourou Tall, petit-fils et ‘héritier de l’époque contemporaine  de Cheikh Oumar Al Foutiyou Tal’l, selon un communiqué de la famille omarienne. La cérémonie a eu lieu ce dimanche 1er février à partir de 14h30 au rond-point de Sandaga.

La famille omarienne qualifie cette démarche de « décolonisation de notre nation », inscrivant ce changement de nom dans une volonté plus large de remplacer les vestiges coloniaux par des symboles de l’identité sénégalaise. « Le nom de Jean Jaurès, figure emblématique du socialisme français, cédera ainsi la place à un personnage historique ancré dans le patrimoine religieux et culturel du pays ». Le socialisme est-il païen ? Le ‘socialisme français’ est-il paganiste, apostat et adultérin, et donc digne de lapidation en place publique ? L’ironie étant que le maire débaptiseur de Dakar Plateau Alioune Ndoye est (prétendument?) encore socialiste…

Je suis contre cette rebaptisation, discipline anti-sportive et dénué de hauteur de vue comme de fair-play historique, dans laquelle excelle ce rebaptiseur en série qu’est le maire Dakar Plateau Alioune Ndoye.

Dakar Plateau qui n’est que l’une des 19 communes de Dakar.

Nous avons une histoire  de plus de 300 ans avec la France. Cette histoire-là, quand même, doit être racontée à nos enfants et à nos petits enfants. Ces menées révisionnistes s’apparentent aux mêmes qu’on a vu avec la publication des premiers tomes de l’histoire générale du Sénégal, où plusieurs familles maraboutiques se sont invités pour tenter d’imposer quel devait être le traitement réservé à leurs ancêtres, au mépris de toute orthodoxie de travail d’historicité .

Or, il est constant que notre Sénégal contemporain est le fruit d’un triple apport : la culture négro- africaine, l’héritage arabo-musulman et le legs franco-occidental par la France colonisatrice, dont nous  ne pourrons pas nier le rôle fécondateur dans nos apports; même si cette fécondation in vivo est tenue pour certains par un viol des consciences, elle a donné des enfants. Oui, même  si certains de ces apports coloniaux  nous sont parvenus à notre corps défendant, nous devons assumer le statut de métis culturels qu’ils ont fait de nous. Et non tenter d’en occulter des pans entiers en cachant ces « seings » qu’on ne saurait voir. Laissez les rues de Dakar; la statue Faidherbe tranquille et conservons au pont à 7 arches de Saint- Louis le nom de Faidherbe. L’histoire, avec un grand H, est un tout et non pas un étalage de légumes et fruits où on fait son marché pour cuisiner la tambouille révisionniste de son choix. Il existe 18 autres communes à Grand Yoff 5GY sur Google Maps), Liberté (LB sur Google Yoff) , Mermoz ( MZ sur Google Maps) avec des noms de rues à deux lettres suivies de chiffres : allez donc donner des noms de figures sénégalaises des temps anciennes et des temps actuels, à ces rues qui retersent encore à désignation par des  noms alphabético-numériques qui ne sont utiles qu’aux taxis VTC (GY – 142, MZ 133, LB-28 et j’en passe) .

Je termine cet article en mentionnant ce paragraphe issu de l’APS, qui me fait secouer la tète de dépit. Dépit toutefois un peu résigné :

« Cette initiative s’inscrit dans le mouvement de rebaptisations lancé depuis octobre 2025 dans la commune de Dakar-Plateau. En septembre 2025, le Conseil municipal avait approuvé à l’unanimité la décision de rendre hommage à des personnalités emblématiques de l’histoire et de l’identité sénégalaise en modifiant les noms de plusieurs rues, avenues et boulevards. Le 5 octobre dernier, le maire Alioune Ndoye avait expliqué que cette initiative visait à rendre « un hommage vibrant à la richesse de notre héritage culturel, historique et spirituel » (sic). Parmi les personnalités déjà honorées figuraient des leaders religieux, des responsables politiques et militaires, ainsi que des dignitaires de la communauté léboue. Le choix de Thierno Saïd Nourou Tall pour cette avenue témoigne de l’importance accordée au patrimoine religieux et spirituel dans la construction de la nouvelle identité urbaine de Dakar. À travers ces rebaptisations successives, la ville renoue progressivement avec ses racines historiques, efface les traces de la période coloniale et forge un espace urbain résolument tourné vers l’identité nationale. (sic-re-sic – et re-sic-sic »).

Edile récidiviste Alioune Ndoye : oui, n’est-ce pas… ? Rien que ça ?

Eh bien, au nom de la reconquête de la vache sacrée qu’est notre « identité nationale » : que les médecins sénégalais cessent donc de mettre des blouses blanches, que les avocats de notre pays cessent d’arborer des toges noires, les juges des toges rouge à hermine, et que les mécaniciens de Difoncé (Crédit Foncier) cessent de porter des salopettes bleues. Par exemple. Et proclamons l’anglais et le wolof comme étant désormais  les deux langues officielles du Sénégal; le Royaume ni n’ayant conquis et colonisé que la Gambie…

Une nation, fut-elle africaine et anciennement colonisée : c’est l’identité endogène, additionnée de l’universalisme de certains apports. 

Serigne Dawakh Ousseynou Nar Gueye

Fondateur de Tract Hebdo, Aîné Mi-Public Numéro 1

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Il a égorgé sa femme à Diamniadio : le chauffeur malien B. Sanogo, 43 ans, en garde à vue pour meurtre

Tract Hebdo – La Brigade territoriale de Diamniadio a arrêté vendredi dernier un ressortissant malien qui avait égorgé sa femme avant de dissimuler le corps sans vie pour masquer son crime. Le chauffeur B. Sanogo, âgé de 43 ans, a été placé en garde à vue pour meurtre.Un couple en quête de guérisonLe couple Sanogo est constitué de ressortissants maliens résidant au Canada qui, de temps à autre, passent leurs vacances entre le Sénégal et le Mali. Depuis quelques mois, le mari souffrait d’une maladie mystérieuse qui affectait gravement son état de santé.Ainsi, depuis novembre 2025, le couple aurait séjourné entre le Sénégal et le Mali pour des traitements traditionnels, malheureusement sans succès.Cette quête désespérée de guérison les avait amenés à consulter plusieurs tradipraticiens dans l’espoir de trouver une solution à cette maladie énigmatique.Dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 janvier 2026, le couple effectuait sa promenade nocturne dans les rues du quartier “route de Thiès” dans la commune de Diamniadio.C’est au cours de cette sortie que le drame allait se produire.L’époux aurait soudainement piqué une nouvelle crise en pleine rue selon des sources de Seneweb.Seuls dans les rues désertes à cette heure tardive, la victime tenta désespérément de porter secours à son mari. Elle essaya de le relever du sol où il s’était effondré, ignorant le danger mortel qui la guettait.C’est à ce moment précis que le suspect s’est agrippé à elle par la gorge, l’étranglant froidement. Il lui trancha ensuite la gorge avec un objet métallique, mettant fin brutalement à la vie de celle qui tentait de lui venir en aide.Ayant repris ses esprits après cette crise meurtrière, B. Sanogo se rendit compte de l’horreur qu’il venait de commettre. Pris de panique, il tenta de dissimuler le corps sans vie de son épouse. Il traîna la dépouille jusqu’à un coin sombre de la rue où il l’abandonna avant de s’enfuir des lieux.Une version mensongère des faitsUne fois de retour chez leur tuteur, le meurtrier donna une version complètement différente des événements. Il prétendit que sa femme avait été emportée de force par le taxi qui les avait transportés.Cette version invraisemblable suscita immédiatement la stupéfaction de son hôte.Face à ce récit insolite, l’hôte conseilla à B. Sanogo de se rendre à la Brigade de gendarmerie de Diamniadio pour faire une déclaration officielle de disparition.Mais le piège se refermait déjà sur le meurtrier.Pendant ce temps, un individu avait déjà alerté les gendarmes de la découverte d’un corps sans vie dans les rues du quartier “route de Thiès”.Les gendarmes s’étaient rendus sur les lieux et avaient constaté qu’il s’agissait du corps d’une femme présentant des traces d’étranglement et une gorge tranchée selon des sources de Seneweb.Lorsque B. Sanogo se présenta à la brigade pour déclarer la disparition de sa femme avec son histoire rocambolesque de taxi, les gendarmes établirent rapidement le lien entre le corps découvert et la prétendue disparue.Face aux incohérences flagrantes de son récit et aux éléments recueillis sur la scène de crime, B. Sanogo fut immédiatement interpellé. Le ressortissant malien de 43 ans, chauffeur de profession, a été pris en compte et placé en garde à vue pour le meurtre de sa femme.Les gendarmes ont procédé à son interrogatoire serré, au cours duquel les contradictions de sa version initiale sont apparues au grand jour. Confronté aux preuves et à la découverte du corps, le suspect n’a eu d’autre choix que de reconnaître les faits.La dépouille de la victime a été déposée à l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque pour les besoins de l’autopsie. Le Procureur Cheikh Diakhoumpa chef du parquet de Rufisque a été informé des faits.La rédaction de Tract Hebdo (avec Seneweb)