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La réforme Guirassy de l’Éducation nationale : des tablettes (aux alouettes ?) pour tous, des profs pour personne ? Un peu rassis tout ça…

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Tract Hebdo – Nous disons, tout de go, au gouvernement Sonko 2, que Tract Hebdo soutient pourtant, que lui et son ministre ‘Mouss’ Guirassy font fausse route. C’est le mirage du tout-numérique. Tous les pays qui s’y étaient lancés font marche arrière vers les bons vieux livres pour lire et les cahiers pour écrire. Au Sénégal, en revanche, l’annonce fait l’effet d’un triomphe médiatique : des milliers de tablettes (10.000) vont être déversées dans nos lycées. Le narratif officiel est bien rodé : ‘réduire la fracture numérique’, ‘entrer de plain-pied dans le deuxième quart en 21ème siècle’. On nous dépeint un futur radieux où l’élève du Saloum, tablette en main, accède à la bibliothèque universelle. Pourtant, la réalité est plus prosaïque. Dans des zones où le réseau électrique relève du miracle quotidien, on se demande bien comment ces bijoux technologiques survivront à leur première décharge. À moins que le ministère n’ait prévu de fournir un groupe électrogène avec chaque étui de protection ?

Le choc des idéologies : gadget contre humain

Le débat s’enflamme et les lignes de fracture habituelles se dessinent : à gauche, l’indignation.  On dénonce une ‘politique du paraître’. À quoi bon offrir un écran de tablette numérique à un enfant qui étudie dans une classe dont le toit menace de s’effondrer au prochain hivernage ou qui étudie déjà sous un abris improvisé ? L’humain est le grand oublié : des enseignants démotivés, aux indemnités de logement qui s’évaporent dans les méandres de l’administration, font face à des classes de 80 élèves avec, pour seule arme, un stylo bille sec. À droite, ce serait l’enthousiasme libéral. On salue le ‘saut technologique’. L’important, nous dit-on, c’est l’employabilité. Qu’importe si l’accord du participe passé devient une relique du passé, tant que l’élève maîtrise l’interface utilisateur. On prépare de futurs ‘consommateurs connectés’ pour le marché mondial, quitte à sacrifier la profondeur de la pensée critique au profit de la rapidité du clic.

Le naufrage du sens

L’Éducation Nationale ressemble aujourd’hui à un paquebot en dérive. On s’affaire à repeindre la coque avec les couleurs vives du modernisme pendant que, dans la salle des machines, le moteur prend l’eau de toutes parts.

La question de la pérennité de cet investissement est sur toutes les lèvres. Dans un pays où la débrouille est une institution, combien de ces tablettes finiront par alimenter les étals du marché noir de Colobane ? Vendues sous le manteau pour payer, ironie suprême, les frais d’inscription ou les fournitures de base que l’État ne garantit plus. Nous le demandons à Mouss Guirassy, qui aime tant à utiliser l’expression ‘donner du sens au sens’.

La dictature de l’image

Mais qu’importe le fond, pourvu qu’on ait l’image. Sur les pages Facebook et Instagram du ministère, les clichés sont léchés : des élèves souriants, une lumière parfaite, et le reflet bleuâtre de l’écran sur les visages. La communication a remplacé la pédagogie. On ne réforme plus pour instruire, on réforme pour ‘poster’.

Pendant que le numérique brille sous les projecteurs, l’école de la République, celle qui forge les citoyens et non des profils LinkedIn, s’éteint doucement dans l’indifférence technologique.

Dibor Faye, Journaliste

Avec Ousseynou Nar Gueye, Fondateur

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[Le biais de Néné] Opération « Dakar Ville Propre » : les balais sortent, les pauvres aussi

Tract Hebdo – C’est le grand nettoyage d’hivernage  (en février). Les bulldozers sont de sortie pour libérer les trottoirs encombrés par les marchands ambulants. La consigne est claire : Dakar doit briller pour les investisseurs étrangers. On veut des avenues larges, des fleurs en plastique et surtout, ne plus voir cette économie informelle qui fait tache sur les photos satellite. Pour nous, c’est une attaque frontale contre la survie des plus démunis. On dégage le petit vendeur de café pour que le touriste puisse marcher sans encombre vers son hôtel cinq étoiles. C’est l’esthétique contre l’éthique. Notre très bonne droite, elle, savoure : l’ordre, enfin ! Une ville propre est une ville qui rassure les marchés. Tant pis si les « encombrements humains » n’ont nulle part où aller. Le maire nous promet des sites de recasement qui ne verront probablement jamais le jour, ou alors à 40 km du centre-ville. C’est la stratégie de la poussière : on la pousse sous le tapis en espérant que personne ne soulèvera le bord. Dakar sera propre, certes, mais elle risque de perdre son âme au profit d’un vernis de métropole aseptisée. Rangez vos étals, la patrouille passe !

Néné Sow, Journaliste

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[L’ET DIT TÔT HEBDO] Lois anti-homosexualité bientôt ‘durcies’ : le gouvernement Sonko 2 se trompe de cible et de siècle

Tract Hebdo – On croyait avoir beaucoup vu en matière de diversion politique, mais là, le gouvernement Sonko 2 , que nous Tract Hebdo soutenons, vient de placer la barre très haut. Dans un élan de pudibonderie législative qui confine au ridicule, nos dirigeants s’apprêtent à durcir les peines pour faits d’homosexualité. Nous sommes obligés de le dire, même si le régime Pastef a tout le soutien de ‘Tract Hebdo’. Et le clou du spectacle, c’est l’inclusion, parmi les nouvelles infractions, de ‘l’apologie’ et de la ‘promotion’ de l’homosexualité. C’est l’art de criminaliser non seulement l’être, mais aussi le dire, le penser, et même le soupçonner. Un coup de génie répressif qui ferait pâlir d’envie n’importe quel régime autoritaire des années 50.

C’est une obsession qui devient malsaine. Alors que le pays se débat avec une stagflation morose, un chômage des jeunes endémique et des infrastructures restant à construire , nos députés et ministres semblent obsédés par ce qui se passe sous les draps des Sénégalais. C’est l’arme de distraction massive par excellence. Quand le peuple a faim, donnez-lui une loi morale ! À défaut de remplir les assiettes, on prétend remplir les prisons d’un péril imaginaire.

Nous défendons les libertés individuelles et le droit de chacun à vivre sa vie comme il l’entend, sans que l’État ne s’érige en vigile des mœurs. Cette loi n’est pas seulement liberticide, elle est socialement injuste. Elle frappera, comme toujours, les plus démunis, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer la discrétion. C’est la démocratisation de la répression. L’État doit s’occuper de ce qui le regarde. Et ce qui le regarde, c’est l’économie, l’éducation, la santé. Pas la chambre à coucher des Goorgorlous et autres plus nantis, d’un  capital culturel ou financier, comme dirait un fameux sociologue.

Mais l’inclusion de l’apologie et de la promotion comme infractions franchit une nouvelle frontière dans l’absurde. Qu’est-ce que l’apologie ? Écrire un article qui ne condamne pas assez fermement ? Inviter un artiste soupçonné ? Et la promotion ? Laisser un drapeau arc-en-ciel visible ? La notion est si floue qu’elle devient une arme de censure totale, utilisable contre n’importe quel opposant, journaliste ou simple citoyen jugé trop progressiste. C’est l’introduction du délit d’intention et du délit de parole dans notre code pénal.

Le gouvernement joue avec le feu sociétal pour masquer ce qui commence à ressembler à de l’incompétence économique. C’est une tactique  réactionnaire : désigner un bouc émissaire facile pour détourner l’attention des vrais problèmes. Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que la ‘promotion’ de l’homosexualité est un mythe pour effrayer les masses. La vraie ‘promotion’ dont nous avons besoin est celle de l’emploi, de la justice sociale et de l’égalité des chances.

Cette surenchère répressive est un aveu de faiblesse. Un pouvoir sûr de lui et de sa vision pour le pays n’aurait pas besoin de ces lois de diversion pour exister. En focalisant le débat sur la moralité privée, le gouvernement tente de faire oublier son échec à garantir la reddition des comptes par les acteurs du régime passé et à remplir aussi les caisses du Trésor public autrement qu’avec de l’argent destiné à payer des salaires mais pas à construire des infrastructures . C’est la bonne vieille méthode : quand on ne sait pas trop bien et assez vite gérer le présent, on préfère fustiger ce qu’on fantasme comme l’immoralité du présent subjectivé et subjonctivé,  et du futur proche.

Alors, chers lecteurs, préparez-vous. Bientôt, il faudra un permis de conversation et un certificat de conformité morale pour discuter politique ou société. À moins que… à moins que nous ne décidions que la vraie morale, c’est de lutter contre la pauvreté et l’injustice, et non contre nos voisins. On sera là pour le rappeler, avec le sourire de ceux qui savent que la raison finit toujours par l’emporter. Mais d’ici là, surveillez vos paroles, car on ne sait jamais quelle ‘apologie’ vous pourriez commettre sans le savoir. Quand à la sapologie, n’en parlons pas….

Néné Sow, JournalisteTract Hebdowww.tract.sn

Combat de lutte Reug Reug – Boy Niang 2, l’arène se réveille le 7 juin : nos poches devront le faire aussi

Tract Hebdo – Enfin la délivrance… ! Après une série de blessures imaginaires, de reports diplomatiques et de négociations de coulisses dignes de l’ONU, le combat Reug Reug – Boy Niang 2 a été officialisé pour le 7 juin 2026. L’arène nationale va vibrer, les tympans vont exploser, et les promoteurs vont se frotter les mains. C’est le retour des gladiateurs modernes, prêts à se massacrer pour le plaisir des foules et le plus grand bien de leurs comptes bancaires.

Ce duel explosif est présenté comme le choc des titans de la banlieue. D’un côté, la force brute de Reug Reug, le foudre de guerre qui semble avoir été sculpté dans le granit. De l’autre, la technique raffinée de Boy Niang 2, le génie de Pikine, capable d’esquiver une pluie de coups. C’est le yin et le yang de la lutte sénégalaise, mais avec des muscles gonflés à l’anabolisant naturel.

Nous nous interrogeons sur le sens de cette passion nationale pour des hommes qui se tapent dessus pour de l’argent. Est-ce un simple divertissement, ou une diversion massive pour nous faire oublier la précarité de nos vies ? La lutte est le miroir de notre société : violente, inégale, mais ô combien passionnante. Si seulement nos politiciens avaient le courage de ces lutteurs de s’affronter à la loyale, sans coups fourrés ni trahisons !

Le 7 juin, Dakar sera à l’arrêt. Les salons des maisons (et des bars aussi, astafourllah) seront pleins, les rues désertes, et les prières monteront vers le ciel pour que le gris-gris et le saafara de leur champion soient les plus puissants. Car la lutte au Sénégal, c’est 50% de technique, 50% de force, et 50% de mystique. Oui, 150%, car on ne lésine pas sur les moyens. Les promoteurs, eux, calculeront les profits avec une précision de changeur de monnaie de la rue de Thiong, pendant que les supporters s’écharperont sur les réseaux sociaux.

Il faut dire que la lutte est aussi un ascenseur social pour des milliers de jeunes issus de quartiers défavorisés. Devenir champion, c’est sortir de la misère, s’acheter une villa et devenir le héros d’une nation. C’est le rêve sénégalais à portée de poing. Mais pour un champion, combien de carrières brisées, de corps meurtris, de rêves évanouis ? La face cachée du sport n’est pas aussi glorieuse que les images des combats.

Vivement le 7 juin ! Que le meilleur gagne, et que le spectacle soit à la hauteur des millions investis. De toute façon, quel que soit le résultat, le vrai vainqueur sera le système qui fait de la lutte le principal exutoire d’une jeunesse en manque de perspectives. Et si Boy Niang 2 et Reug Reug ne se blessent pas d’ici là, bien sûr. Avec eux, tout est possible. Surtout l’impossible.

Néné Sow, JournalisteTract Hebdowww.tract.sn

Dalifort-Foirail : trois ans pour construire un commissariat de police… ! Enfin sécurisés ?

Tract Hebdo – C’est la fête au village à Dalifort-Foirail ! Après trois ans d’attente, trois longues années de promesses et de chantiers en pointillés, le commissariat de police d’arrondissement a enfin été inauguré ce jeudi 26 février. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, arborant un sourire de circonstance (probablement sponsorisé par une marque de dentifrice nationale), a coupé le ruban inaugural. Il était temps. Trois ans pour construire un commissariat, c’est à peu près le temps qu’il faut pour bâtir une cathédrale au Moyen Âge. L’efficacité sénégalaise, messieurs dames !

Désormais, les voleurs de bétail et les pickpockets n’auront qu’à bien se tenir. À moins qu’ils ne s’inscrivent au nouveau club de sport du commissariat, qui sait ? Cette inauguration est présentée comme une victoire majeure contre l’insécurité galopante dans cette zone. On imagine déjà les patrouilles zélées, prêtes à coffrer le premier passant venu pour  vagabondage ou troubles à l’ordre public (traduction : ne pas avoir la bonne tête). C’est le retour de l’ordre, ou du moins, de son architecture.

Nous nous réjouissons de voir les forces de l’ordre se rapprocher des populations. Mais nous nous posons aussi une question : cette proximité servira-t-elle à protéger les citoyens des criminels, ou à protéger le pouvoir en place depuis deux ans (déja !) de certains citoyens déja mécontents ? Le doute est permis, surtout quand on sait que dans certains de nos quartiers, la police est perçue plus comme une force d’occupation que comme une force de protection. La sécurité est un droit, pas une faveur qu’on nous octroie après trois ans de négociations budgétaires obscures.

Le ministre a prononcé un discours vibrant sur la tolérance zéro. C’est un concept intéressant, surtout quand on voit le niveau de tolérance des autorités face aux magistrats qui n’arrivent pas à faire rendre gorge aux voleurs de deniers publics emprisonnées, au point de décourager le PM Sonko selon ses dires devant les députés ? Mais bon, ne mélangeons pas les torchons et les serviettes de fonction. L’important, c’est que Dalifort a son commissariat. On espère qu’il sera équipé de laptops qui fonctionnent et de véhicules avec de l’essence, sinon ce sera juste un joli décor pour des photos d’inauguration.

Il faut dire que Dalifort-Foirail est une zone stratégique, connue pour ses marchés et son activité débordante. Sécuriser cet endroit, c’est sécuriser les flux financiers qui échappent souvent à l’État. C’est donc une opération de rentabilité économique autant que de sécurité publique. Et les populations dans tout ça ? Elles paieront les taxes, comme d’habitude, pour financer un commissariat qui servira peut-être à les réprimer lors des prochaines manifestations.

Bravo à Dalifort pour ce nouveau bâtiment tout beau, tout propre. On lui souhaite une longue vie, pleine de procès-verbaux utiles et de gardes à vue justifiées. Pour le reste, c’est-à-dire la vraie sécurité, celle qui vient de la justice sociale et de l’égalité des chances, on repassera. Trois ans, c’est court pour changer le monde, mais c’est long pour construire quatre murs et un toit pour la police. Allez, circulez, il n’y a plus rien à voir !

Dibor Faye, JournalisteTract Hebdowww.tract.sn

[Triomphe de l’économie informelle] Kaolack en sueur, entre Ramadan, Koor, Carême et chaleur de 42 degrés à l’ombre

Tract Hebdo – À Kaolack, ville carrefour où le thermomètre semble avoir fait un pacte avec le diable, le défi de l’adaptation n’est pas une figure de style, c’est une question de survie quotidienne. En ce moment, la chaleur ne se contente pas de monter ; elle s’installe, elle colonise, elle opprime. Et pour couronner le tout, une bonne partie de la population observe le jeûne. C’est le combo gagnant de la souffrance purificatrice.

Au marché Central, c’est le cœur battant, mais un cœur qui bat la chamade sous le poids d’une atmosphère lourde et moite. Imaginez un peu : vendre des sacs de riz ou réparer une chambre à air par 42 degrés à l’ombre (si vous trouvez de l’ombre), le ventre vide, la gorge sèche. C’est de l’héroïsme au quotidien, mais un héroïsme dont on se passerait bien.

Les commerçants et les chauffeurs de clando, ces forçats du bitume, sont passés maîtres dans l’art de la survie thermique. Ils bougent le moins possible, parlent doucement pour économiser la salive et transforment la moindre bâche en oasis improvisée. Pour eux, l’adaptation n’est pas un concept de conférence de l’ONU, c’est juste essayer de ne pas s’évanouir avant 19 heures.

Cette situation soulève une question cruciale de justice sociale, notre dada à Tract Hebdo. Comment peut-on parler de développement quand des millions de nos concitoyens travaillent dans des conditions dignes du Moyen Âge, sans aucune protection sociale ni sanitaire ? C’est le triomphe de l’économie informelle sur la dignité humaine. C’est là que notre droite intervient : il est inadmissible que l’État ne propose aucune infrastructure adaptée, aucun plan d’aide pour ces travailleurs qui portent l’économie de la région à bout de bras.

L’adaptation, à Kaolack, c’est aussi un business. Le prix de la glace s’envole, les vendeurs d’eau sont les rois du pétrole (ou plutôt de l’eau minérale douteuse, conditionnée en sachets plastiques) et les rares coins climatisés sont pris d’assaut comme des bunkers pendant une guerre nucléaire. Le marché de la misère prospère toujours quand les pouvoirs publics défaillent.

On ne peut s’empêcher de sourire amèrement en pensant aux climatiseurs qui ronronnent dans les bureaux feutrés des ministères, pendant que certains de nos concitoyens cuisent à petit feu. C’est le grand paradoxe sénégalais : on a des milliards pour des trains Express et des autoroutes, mais pas un franc pour assurer des conditions de travail décentes à ceux qui en ont le plus besoin.

Kaolack résiste, car elle n’a pas le choix. Entre la ferveur religieuse et la nécessité économique, la chaleur n’est qu’un obstacle de plus sur le chemin escarpé de la survie. Nous, on aimerait bien que le « développement » rime aussi avec « frais » et « juste ». Un vœu pieux, sans doute. En attendant, que la fraîcheur soit avec eux. S’ils la trouvent.

Damel Gueye

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Emprunt National : l’État sénégalais tend la sébile (dorée), 200 milliards recherchés !

Tract Hebdo – Après avoir « levé » (on dirait qu’ils ramassaient des mangues tombées) 1219 milliards de FCfa en 2025, notre cher État de la Pirogue Sénégal, n’en ayant jamais assez, a lancé hier, jeudi 26 février, son premier Appel Public à l’Épargne (APE) pour l’année 2026. La somme modique ? Deux cents petits milliards de nos francs CFA dévalués par l’inflation. C’est la fête au village financier, et tout le monde est invité à vider ses poches.

Il faut admirer le talent de nos argentiers, sis près de la place Washington de Dakar. Ils ont cette capacité fascinante à demander de l’argent avec l’assurance d’un prince héritier saoudien ou d’un talibé mendiant du Plateau dakarois 5que les talibés et les ouztases nous excusent..). On nous présente cela comme une opportunité d’investissement patriotique, une chance unique de financer des projets grandioses qui, ironiquement, augmenteront encore le coût de la vie. C’est le serpent qui se mord la queue, mais avec une cravate en soie.

C’est un peu comme si votre cousin, qui vous doit déjà l’équivalent d’un PNB, revenait vous demander un « petit prêt » pour s’acheter une nouvelle voiture de fonction, tout en vous promettant que cela l’aidera à vous rembourser… plus tard. La confiance règne, surtout quand on sait que l’État, lui, ne connaît pas la faillite personnelle, juste le rééchelonnement créatif.

En tant que journal résolument de gauche, nous nous posons la question : où va tout cet argent ? Dans les écoles ? Les hôpitaux ? Ou dans les poches déjà bien pleines des cabinets de conseil et des intermédiaires ? Le peuple, lui, voit défiler les milliards comme des étoiles filantes : c’est joli, mais ça ne réchauffe pas le mafè kandia. C’est ici que notre très bonne droite frappe : si cet argent n’est pas encore tant bien géré que ça, à quoi bon continuer à remplir un tonneau des Danaïdes version Sunugaal ?

Le communiqué officiel, plein de morgue technique, nous assure que « la solidité de notre signature » garantit le succès de l’opération. Traduction : on compte sur les banques pour souscrire, et sur les épargnants crédules pour boucher les trous. C’est un peu le « Madoff national », légal; made in Senegal, mais pas béni par le… FMI.

Nous, on propose une autre solution, plus conforme à nos valeurs : et si on taxait les super-profits de certaines entreprises quasi monopolistiques et les signes extérieurs de richesse ostentatoires de certains de nos nouveaux dirigeants ? Non, c’est trop radical. Mieux vaut demander au menuisier de Grand-Yoff de placer ses économies de l’année dans des obligations d’État à 6% brut. C’est ça, l’économie inclusive.

En conclusion, si vous avez 200 milliards qui traînent sous votre matelas en éponge bleue, n’hésitez pas. L’État en a besoin pour continuer à fonctionner… et à s’endetter. Pour le reste des Sénégalais, l’important est de se rappeler que l’argent ne fait pas le bonheur, mais qu’il contribue grandement à payer la dette nationale. Allez, un petit effort, pour la patrie ! Et pour la prochaine voiture des députés de la place Soweto.

par Damel Gueye, Journaliste

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[ET DIT TÔT] Enquête sur Softcare : pourquoi les conclusions finalisées restent encore dans les bureaux du Ministère de la Santé ? (Par Charles Faye, Journaliste)

Tract Hebdo – En matière de santé publique, la clarté n’est pas simplement souhaitable. Elle est essentielle.

Selon des sources fiables proches du dossier, l’enquête conjointe menée par le Ministère de la Santé et le Ministère du Commerce et de l’Industrie concernant Softcare est achevée, et le rapport final a été officiellement soumis aux autorités compétentes. Pourtant, les conclusions n’ont toujours pas été rendues publiques.

« Une enquête achevée, mais aucun résultat rendu public »

L’enquête a débuté le 7 janvier. Près de 50 jours plus tard, aucune conclusion officielle n’a été communiquée. Seulement une incertitude prolongée. Il ne s’agit pas de présumer des résultats. Il s’agit de procédure et de communication. Les citoyens ont été informés de l’ouverture d’une enquête. Ce qu’ils attendent désormais, c’est de la clarté sur son état d’avancement et ses conclusions de cette enquête amplement annoncée. Lorsque la communication est retardée, la spéculation occupe inévitablement l’espace.

« Pression publique croissante et montée de la défiance »

Le débat public a déjà suscité de vives réactions. Ces dernières semaines, le député Guy Marius Sagna, ainsi que les syndicats SUTSAS et SAMES ont ouvertement critiqué le silence persistant du Ministère de la Santé. Guy Marius Sagna a notamment déclaré que « le silence du Ministère de la Santé tue aussi ». Le précédent retard de communication du Ministère a provoqué une frustration importante dans l’opinion publique, comme en témoignent les commentaires et discussions en ligne, telles que celles-ci : ⁠ » En matière de santé, on se doit d’être transparent  » ;⁠ ⁠ » le gouvernement doit agir.  » ; ⁠ »Je suis choqué par cette réaction tardive. »

Dans ce contexte, tout nouveau retard dans l’annonce des conclusions risquerait d’approfondir la défiance et d’intensifier les réactions publiques. Dans le climat actuel, le silence risque d’être perçu comme, un manque de transparence. Au-delà de la perception publique, le silence prolongé inflige également, un préjudice tangible à la réputation de l’entreprise concernée. Qu’on le reconnaisse ou non, l’incertitude persistante a érodé la confiance construite, au fil des années, avec les consommateurs et les partenaires. En matière de santé publique, l’incertitude n’est jamais neutre : elle a des conséquences réelles pour les institutions, les citoyens et les entreprises responsables.

« La transparence : l’étape nécessaire »

Partout dans le monde, les autorités sanitaires reconnaissent de plus en plus que, la rapidité et la clarté sont des outils essentiels pour gérer les controverses. La publication rapide des résultats d’enquête permet de réduire les rumeurs, de limiter la désinformation et de recentrer le débat sur des faits établis plutôt que, sur des suppositions. Les institutions sénégalaises ont démontré leur engagement en matière de régulation, en ouvrant cette enquête conjointe. L’étape suivante pour renforcer cet engagement est la communication. La publication officielle des conclusions ; ou, à tout le moins, une mise à jour claire sur les résultats de l’enquête ; permettrait plusieurs choses positives : tout d’abord, de remplacer la spéculation, par des faits documentés et irréfutables. Ensuite, de démontrer la confiance, dans les procédures institutionnelles et de réaffirmer le respect du droit des citoyens, à l’information. Et enfin, d’assurer une issue équitable, pour toutes les parties concernées.

Après des mois d’attente, les Sénégalais méritent une conclusion rapide et juste. La transparence n’est pas un acte défensif ; c’est une gouvernance responsable. Si les conclusions confirment la conformité aux normes applicables, leur publication contribuera à dissiper les doutes, et à restaurer la stabilité du débat public. Si des améliorations sont nécessaires, une communication transparente reflétera le sérieux réglementaire et la responsabilité institutionnelle.

Dans tous les cas, la divulgation renforce la crédibilité des institutions et, protège la santé publique. La gouvernance en santé publique ne consiste pas seulement à mener des inspections et à rédiger des rapports. Elle consiste aussi, à s’assurer que les citoyens comprennent ce qui a été fait. Et, pourquoi.

Si l’enquête est achevée et le rapport soumis, une question légitime se pose : pourquoi le public, doit-il encore attendre si longtemps pour connaître les conclusions officielles ? Une transparence retardée, équivaut à une transparence refusée. L’affaire à laquelle le nom de Softcare est mêlé s’inscrit désormais dans un débat plus large sur la transparence des institutions publiques. À une époque où l’information circule rapidement, le silence, même procédural, peut être mal interprété.

« La clarté n’affaiblit pas les institutions. Elle les renforce. »

Le débat public se poursuivra. Ce que beaucoup attendent aujourd’hui n’est ni commentaire ni spéculation, mais, une communication officielle sur la vérité des faits. En matière de santé publique, la confiance se construit non seulement par l’action, mais aussi, par l’ouverture. L’enquête a été annoncée. Le public observe, il semble bien que l’enquête est terminée. Alors, aujourd’hui, les citoyens n’attendent qu’une chose : de la clarté.

Et donc, tout simplement, les conclusions définitives de la Commission conjointe de l’enquête sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Softcare.

Charles Faye

Ce dimanche 22 février, le Président Idrissa Seck en recueillement auprès de Serigne Mountakha Mbacké et de Serigne Moussa Nawel Mbacké

Tract Hebdo – Son service de Relations Publiques nous a informé de ce que, ce dimanche 22 février, à la Résidence Khadim Rassoul (Machraboul Chafi), le Président Idrissa Seck s’est recueilli aux côtés de Serigne Mountakha Mbacké et de Serigne Moussa Nawel Mbacké, lors d’un moment de haute élévation spirituelle au sein du Kurel Hizbou Tarqiyyah.Dans une atmosphère de ferveur et de sérénité, il a eu l’insigne honneur de recevoir les prières et bénédictions du Khalife Général des Mourides, implorant pour lui guidance, sagesse et succès au service de la Nation et au bénéfice des populations sénégalaises, aujourd’hui et dans l’avenir, par la grâce divine. Un instant de grâce, marqué par l’humilité, la communion des cœurs et la quête sincère de l’agrément divin.Au cours de cette visite empreinte de spiritualité et de respect, le président Idrissa Seck a reçu les prières et bénédictions du Khalife Général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, dont il a fortement et avec grande humilité la guidance, dans un parfait esprit de  »talibéship ».Damel Gueye, journalisteTract Hebdowww.tract.sn

Sept nouvelles rames acquises pour 45 milliards de FCFA : le TER prend le large… vers Kédougou-Kidira ? (Par Ousseynou Nar Gueye)

Tract Hebdo-La Société Nationale de Gestion du Patrimoine du Train Express Régional (SEN-TER) s’est dotée de sept nouvelles rames pour un montant global de 45 milliards de FCFA. Selon le directeur général, c’est une excellente nouvelle pour les usagers… et une belle occasion d’en dire des vertes et pas mûres sur l’extension du réseau. On imagine déjà le TER filer vers Kédougou ou Kidira, avec des passagers en costume-cravate et des chèvres sur les sièges.Sept nouvelles rames ! C’est une flotte impressionnante, qui promet de désengorger les transports urbains et de fluidifier la circulation. On applaudit des deux mains. Mais on se demande : est-ce que ces rames iront au-delà de la banlieue de Dakar et de l’AIBE ? Est-ce que le TER, après avoir conquis les villes, va maintenant s’attaquer aux régions éloignées ?Imaginez un TER qui traverse le pays, de Saint-Louis à Ziguinchor, en passant par Touba et Tambacounda. Ce serait une révolution ! Un train qui relie les Sénégalais, qui transporte les marchandises, qui ouvre les régions. Un rêve, presque.Mais pour l’instant, restons modestes. Le TER est déjà une belle avancée pour la capitale. Il modernise les transports, il offre une alternative au car rapide, au tata, au taxi booq boos  et au clando. Et ça, c’est déjà une bonne chose.Les 45 milliards de FCFA investis dans ces nouvelles rames, c’est une somme colossale. On espère que cet investissement se traduira par un service de qualité, des retards limités, et des rames propres et confortables. Parce que les usagers, eux, méritent le meilleur.Et puis, on se prend à nouveau à rêver. Et si le TER, après Kédougou et Kidira, finissait par atteindre Bamako ? Ou Conakry ? Ce serait la régionalisation des transports, la fin des frontières, la libre circulation des personnes et des biens. Un autre rêve, encore.En attendant, on salue cette acquisition. C’est un pas de plus vers la modernité, vers un Sénégal mieux connecté, mieux transporté. Nous, on aime les initiatives qui font avancer le pays, même si elles nous donnent l’occasion de quelques craques.Ousseynou Nar Gueye, Fondateur de Tract Hebdowww.tract.sn