
Des fans ont marché sur le toit du stade d’Agadir, le 26 décembre, lors du match entre l’Égypte et l’Afrique du Sud.
(Marrakech) Le Maroc vit au rythme de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) jusqu’au 18 janvier. La CAN, c’est 24 équipes africaines de foot réparties en six groupes qui jouent 52 matchs, dans six villes et neuf stades.
Le rendez-vous a été donné par Othmane, le grand ami d’origine marocaine de mon fils Romain, qui lui a dit : « Viens à la CAN 2025, c’est au Maroc, et l’équipe nationale va gagner ! » Les Lions de l’Atlas n’ont pas remporté la coupe africaine depuis 1976, mais le Maroc est parmi les grands favoris avec le Sénégal, l’Égypte, l’Algérie, le Nigeria et la Côte d’Ivoire, tenante du titre.

L’équipe du Maroc célèbre son troisième but face à la Zambie, lundi, à Rabat
Les joueurs du Maroc ont marqué l’histoire en devenant la première sélection africaine à se qualifier pour les demi-finales d’une Coupe du monde en 2022. Ils avaient perdu contre la France (2-0) et, fait amusant, leur gardien de but Yassine Bounou, surnommé Bono, est né à Montréal.
Passionnés de foot, nous y sommes donc, à cette coupe africaine, mon mari, nos deux adolescents, Inès et Romain, et moi. Très enthousiastes, nous avons commencé notre périple à Agadir, pour le match Égypte-Afrique du Sud, le 26 décembre, où nous sommes allés voir la star Mohamed Salah jouer avec les Pharaons d’Égypte, qui tentent de remporter un huitième titre. Malheureusement, cette première expérience au stade d’Agadir a été traumatisante, contrairement à la deuxième, le 28 décembre, à Marrakech, où tout était ultrasécurisé.

Mohamed Salah pendant le match contre l’Afrique du Sud le 26 décembre à Agadir
Nous avons eu très peur et nous avons failli ne jamais pouvoir entrer dans le stade d’Agadir. Nous avons été pris au cœur des débordements dans une immense foule déchaînée qui était décidée à entrer dans le stade gratuitement ; quatre jours plus tôt, lors du match Égypte-Zimbabwe, le stade de 45 000 places étant presque vide, les autorités auraient laissé entrer au bout de 20 minutes de jeu près de 20 000 spectateurs pour le remplir.
Le 26 décembre, visiblement, le mot s’était passé à travers la ville ; la police était complètement dépassée, le chaos était total, les gens escaladaient les grilles, nous avons été poussés par la foule qui forçait l’entrée devant les policiers. Nous n’étions pas au bout de nos peines : les grilles des enceintes pour aller jusqu’à nos sièges se sont fermées devant nos yeux. Nous montrions nos billets électroniques, mais il n’y avait plus de place, nous disait-on.
C’est finalement avec des petits malins que nous sommes entrés par une petite porte. Le match avait débuté depuis 20 minutes, et nos places étant occupées, nous nous sommes assis dans un escalier. Il y avait du monde partout, debout, même sur le toit du stade. Dire que nous avions acheté nos billets en septembre en téléchargeant l’application Yalla. Nous y avions entré les données de nos passeports, avions attendu une validation pendant 48 heures pour être autorisés à acheter nos billets… tout ça pour vivre le chaos ! Le calme était revenu à Agadir lors du match Angola-Égypte, le 29 décembre.

La foule au stade d’Agadir, le 26 décembre
L’enjeu de cette coupe africaine au Maroc est de remplir les stades. Les matchs de l’équipe hôte se jouent à guichets fermés, alors que pour d’autres ils peinent à se remplir. Et les stades modernes sont grands : le complexe sportif Moulay-Abdallah de Rabat compte 68 000 places, le stade Mohammed-V de Casablanca, 45 000 places, celui de Marrakech, 42 000, à Tanger, c’est 75 000, et le stade Hassan-II de Casablanca, en construction, accueillera 115 000 spectateurs pour la Coupe du monde de 2030 qui aura lieu au Maroc, en Espagne et au Portugal.

Heureusement, l’ambiance du match Cameroun-Côte d’Ivoire au stade de Marrakech était très festive, l’entrée était sécurisée et les supporters des deux équipes étaient présents en grand nombre. Comme Meye Alex, venu du Cameroun pour soutenir les Lions indomptables, ou encore les Ivoiriens Anna Murielle et Blaise Henri N’Dia, ravis de venir voir quatre matchs, car les Éléphants de la Côte d’Ivoire, selon eux, feront un doublé. « On est venus avec la coupe et on va repartir avec la coupe ! », a lancé le couple.
Amad Diallo (Manchester United) a été nommé joueur du match après avoir marqué un but magnifique, et il joue avec Wilfried Zaha (Charlotte FC). Du côté du Cameroun, c’est Bryan Mbeumo (Manchester United) qui attire l’attention, tandis que Nouhou Tolo (Sounders de Seattle) est le pilier de la défense.
Les stars sont nombreuses à venir à la CAN. Kylian Mbappé était à Rabat pour soutenir son ami Achraf Hakimi (Paris Saint-Germain), puis à Marrakech dans les tribunes du match Cameroun-Côte d’Ivoire, et Zinédine Zidane est venu encourager son fils Luca Zidane, gardien de but de l’Algérie.

Kylian Mbappé a la CAN Maroc 2025
Il est difficile de prédire qui remportera cette Coupe d’Afrique des nations. Le foot, c’est aussi une histoire de partage et d’amitié, et nous espérons, pour notre ami Othmane, que le Maroc gagnera. Les buts d’Ayoub El Kaabi (Olympiakos) et de Brahim Díaz (Real Madrid) montrent qu’ils sont redoutables, et leur victoire de 3-0 contre la Zambie a convaincu.
Par Olivia Levy
Tract Hebdo, avec La Presse
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