[L’ET DIT TÔT DE DIBOR] ‘Entre l’enclume du Trésor Public et le marteau du Peuple’

Publicité

Tract Hebdo- On ne va pas se mentir : ce début d’année 2026 ressemble à un lendemain de fête où l’on se réveille avec une gueule de bois administrative et une facture d’électricité en guise de croissant. Tandis que le Palais s’encombre de diplomates aux sourires aussi lisses que leurs dossiers, le Sénégalais d’en bas, lui, compte ses grains d’arachide et ses mégots de cigarettes devenus des produits de luxe.

À Tract Hebdo, nous gardons le cap : la main sur le cœur à gauche, mais le poing serré à droite. D’un côté, on nous annonce 106 milliards pour sauver la campagne arachidière. C’est la gauche qui parle : on ne laisse pas tomber les paysans, on injecte, on soutient, on fraternise. Mais à droite, on ne peut s’empêcher de se demander si cet argent public ne va pas finir par s’évaporer dans les rouages d’une bureaucratie qui tourne plus vite que les moulins de la SONACOS. La solidarité, c’est bien ; la reddition de comptes, c’est mieux. Car au rythme où l’on distribue des milliards, le Trésor Public va bientôt ressembler à une calebasse percée si l’on n’y met pas un peu d’ordre et de discipline.

Pendant ce temps, à Dakar, on bétonne l’avenue Blaise Diagne pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse. C’est magnifique, le sport ! Mais pour l’instant, la seule discipline pratiquée par les citoyens est le « saut d’obstacles » par-dessus les tranchées et le « marathon immobile » dans les embouteillages. On nous promet l’émergence, on nous sert la congestion.

Alors oui, le Sénégal avance. On électrifie le Djolof, on traque les brigands en banlieue à coups de drones (le progrès est parfois un peu voyeur) et on voit notre Eurobond remonter en flèche. Mais n’oublions pas que la seule statistique qui compte, c’est celle du panier de la ménagère, qui reste plus léger qu’une promesse de campagne.

Nous resterons donc là : résolument progressistes pour que personne ne soit laissé au bord de la route, mais farouchement exigeants pour que ceux qui conduisent le car rapide de l’État n’oublient pas de vérifier les freins et de respecter le code de la route budgétaire.

Bonne lecture, et gardez la garde haute.

Dibor Faye

www.tract.sn

Publicité