Invasion Acridienne au Sénégal : Et si on les mangeait, finalement ?

Les Criquets dans le Nord : le Projet Vers La Gastronomie de Crise? A Tract Hebdo, nous y encourageons les Sénégalais !

Notre dess(e)in : un paysan du Fouta, avec un chapeau traditionnel et un sourire malicieux, tient une immense épuisette. Au lieu d'attraper des papillons, il capture des criquets qui portent de minuscules cravates de banquiers et des petites mallettes. En arrière-plan ses champs sont déjà dévorés. Sur la droite, une pancarte "Restaurant 'Le Criquet Souverain' - Spécialité : Brochettes et Burgers à volonté".
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Tract Hebdo – Le Nord du Sénégal est de nouveau sous les feux des projecteurs, mais pas pour ses récoltes abondantes ou ses projets d’irrigation pharaoniques. Non, cette fois-ci, c’est une armée silencieuse, mais vorace, qui sème la panique : l’invasion des criquets pèlerins. Des nuées sombres et vrombissantes, dignes d’un scénario de film catastrophe à petit budget, s’abattent sur les rares champs qui ont échappé à la sécheresse, dévorant tout sur leur passage avec une efficacité qui ferait pâlir d’envie n’importe quel fonctionnaire chargé des budgets. Le gouvernement, dans un réflexe pavlovien, a déployé l’artillerie lourde – comprendre : quelques camions de pulvérisation et des communiqués de presse rassurants sur la maîtrise de la situation. On nous assure que « tout est sous contrôle », ce qui, en langage sénégalais, signifie généralement que la situation est désespérée.

Mais chez Tract Hebdo, notre « gauche » n’est pas là pour se lamenter, elle est là pour innover, pour trouver des solutions audacieuses, voire un peu farfelues. Nos experts en agronomie populaire, ceux qui pensent que la souveraineté alimentaire passe aussi par l’ingéniosité locale, suggèrent une approche radicalement différente et diablement simple : pourquoi ne pas transformer ces nuisibles en protéines souveraines ? Après tout, si la nature nous envoie un buffet gratuit et mobile, ne serait-il pas un affront de ne pas en profiter ? L’idée peut paraître hérétique pour les palais sénégalisés , mais dans de nombreuses cultures, l’entomophagie n’est pas un signe de disette, mais une tradition gourmande.

Avec l’inflation galopante qui a transformé la viande de bœuf en un produit de luxe réservé aux grandes occasions (ou aux ministres en déplacement), le criquet grillé pourrait bien être le futur du snacking sénégalais. Imaginez : des « criquets croquants à la poudre de piment de Cayenne », des « brochettes de sauterelles marinées au bissap », ou même des « hamburgers de criquets » pour les plus audacieux ! Ce ne serait pas seulement une solution à la crise alimentaire, mais aussi une formidable opportunité économique. On pourrait organiser des « chasses aux criquets » populaires, créer des coopératives de transformation, et exporter nos « protéines du désert » vers les marchés occidentaux en quête de nouveauté et de durabilité. Le criquet, en somme, comme fer de lance du Plan de Relance Économique et Sociale (PRES) dans votre assiette.

Bien sûr, les puristes vont hurler. Les défenseurs des droits des insectes (oui, ça existe) vont manifester. Mais soyons pragmatiques : ces criquets ne sont pas là pour faire de la figuration. Ils sont une menace pour nos maigres récoltes. Autant les transformer en opportunité. Un peu de courage culinaire, beaucoup de piment pour masquer le goût (au début, du moins), et voilà que l’ennemi devient une ressource. Ce serait une révolution copernicienne dans notre approche de la crise : transformer le problème en solution, le nuisible en nutriments. Et puis, avouons-le, cela ferait sourire le lecteur de notre journal digital, et c’est aussi notre mission. Alors, à vos filets, chers concitoyens, le festin est en marche !

Dibor Faye

Tract Hebdo

www.tract.sn

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