Tract Hebdo – Le Sénégal n’a-t-il pas lancé en grande pompe sa campagne « Retour au bercail », invitant les millions de Sénégalais de la diaspora à venir investir, créer et participer au développement du pays? Ô, que si. Les promesses sont alléchantes : exonérations fiscales, accompagnement personnalisé, avantages sociaux et avec plus d’équité de la ‘rupture systémique’ et du ‘Projet’, et bien sûr, la chaleur de la Téranga retrouvée.
Mais pour beaucoup de ces « anciens-nouveaux » résidents, la réalité est un peu moins rose que le communiqué officiel. « On nous a promis des tapis rouges, on a eu droit à des embouteillages monstres et à fort dégagement de gaz carbonique « , s’amuse Amadou, revenu de France après vingt ans d’absence. « On nous a dit que tout était facile, on a découvert la complexité de l’administration; les coupures d’eau et d’électricité ne sont pas rares, et, une fois encore, se déplacer dans les embouteillages dakarois, y compris sur l’autoroute à péage, peut prendre des heures. Sans oublier des loyers de 700.000 FCFA pour trois chambres salon, même à Mermoz ! « .
Le gouvernement, dans un souci de « valorisation des compétences nationales », a mis en place des dispositifs d’accueil et d’accompagnement. Mais les témoignages de déception sont nombreux. Beaucoup de ‘revenants’ (ou des ‘repats’, les enfants de la deuxième génération des diasporiques sénégalais) se plaignent du manque d’informations, de la lourdeur des procédures, et surtout, du coût de la vie qui, selon eux, a explosé.
« J’ai l’impression que la Téranga a pris des airs de ‘tout payant et cela séance tenante. Du rokki mi rokka partout' », ironise Fatou, revenue des États-Unis. « Tout est cher : le loyer, la nourriture, les écoles pour les enfants. On nous dit de venir investir, mais on a l’impression que le pays est déjà un investissement en soi, et qu’il faut un portefeuille bien garni pour y vivre confortablement. »
L’opposition, bien sûr, a saisi l’occasion de dénoncer une « campagne de communication creuse » et une « absence de réelle politique d’intégration » pour la diaspora. Des accusations que le gouvernement rejette, arguant que « le retour au bercail est un processus long et complexe qui demande des ajustements ».
Comment conclure et que conclure ?
Hé bien, avec ceci : Bonne chance au gouvernement Sonko 2 ! Et bon courage aux diasporiques (encore appelés ‘venants), ça va venir, inch’Allah !
Damel Gueye
Tract Hebdo
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