Tract Hebdo – Le « Grand Stade du Futur » de Saly Portudal, présenté en grande pompe il y a quelques années comme le joyau architectural qui allait propulser stratosphériquement le Sénégal sur la scène sportive mondiale, et pas seulement africaine avec cette CAN Maroc 2025 remportée, semble avoir pris la tangente. Les travaux avancent à la vitesse d’un escargot asthmatique, et la livraison de l’enceinte sportive est devenue une sorte de mythe urbain, au même titre que l’existence du Yéti.
« Franchement, à ce rythme, nos petits-enfants pourront peut-être assister à un match dedans », s’amuse un vieux supporter des Lions, le regard perdu vers le chantier inachevé. « On nous a promis des tribunes dernier cri, des pelouses dignes des plus grands championnats… Pour l’instant, on a surtout des grues rouillées et des ouvriers qui semblent jouer aux dominos plus qu’ils ne construisent. »
Les autorités, interrogées sur le retard, évoquent « des imprévus techniques », « des ajustements budgétaires » et « une conjoncture internationale défavorable ». Des excuses qui, à force d’être répétées, commencent à ressembler à un refrain de Youssou N’Dour : on le connaît par cœur, mais on ne l’écoute plus. L’opposition, toujours à l’affût, a dénoncé un « scandale » et un « chantier de la honte », rappelant que les fonds alloués à ce projet auraient pu servir à « équiper tous les centres de santé du pays avec des climatiseurs, histoire que les patients ne se transforment pas en poulets rôtis pendant les fortes chaleurs ».
Quant aux supporters, ils ont fini par organiser des matchs amicaux… sur le chantier même, avec des plots en guise de buts et des gravats comme ballon. « Au moins, on s’entraîne à éviter les obstacles, c’est utile pour la vie de tous les jours au Sénégal », ironise un jeune footballeur.
Néné Sow
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