
Tract Hebdo – Par Madiambal D. (?)– Il est des matins où l’encre a le goût amer du fiel. On se lève avec la certitude d’avoir bâti des empires, érigé des pyramides — fût-ce sous le nom d’une SCI Pharaon — pour s’apercevoir que l’on a élevé un procureur dans son propre salon. Mon fils, ce cher Mouhamed, vient de découvrir la Division des Investigations Criminelles (DIC). Apparemment, l’air de la liberté provisoire lui a donné des envies de littérature judiciaire.
L’État de droit… au petit-déjeuner
Entendre mon propre rejeton parler de « signatures attribuées » et de « qualités usurpées » me laisse pantois. Dans quel Sénégal vivons-nous si un père ne peut plus utiliser le nom de son fils pour quelques modestes transactions immobilières avec Ellipse Projects ? C’est le monde à l’envers. On l’éduque dans les meilleures écoles, on lui offre le confort des Almadies, et il vous répond avec le Code Pénal.
Certains diront qu’il fait du « toubabisme noir », ce besoin obsessionnel de mettre de la procédure là où il ne devrait y avoir que de la piété filiale. Chez nous, le Masla est une seconde nature et la soutoura un exigence obligatoire de personnalité. Chez Mouhamed, c’est le bracelet électronique qui semble avoir court-circuité la zone cérébrale du respect des anciens.
Le Pharaon et son scribe rebelle
La SCI Pharaon n’était pas un tombeau, c’était un avenir. Mais voilà que le fils décide de jouer les archéologues de la fraude. Il conteste, il interroge, il dépose plainte contre moi et sa belle-mère, la pauvre Mabintou, qui n’avait rien demandé d’autre qu’une gestion paisible du patrimoine.
Il veut laver le linge sale à la DIC ? Soit. Mais qu’il sache que le linge de la famille Diagne est fait de tissus trop complexes pour les machines à laver de la police. À force de vouloir « laver » son honneur, il risque surtout de finir par essorer ses propres chances de figurer sur le testament.
Épilogue : l’ingratitude est un plat qui se mange froid (et sous bracelet)
On me reproche souvent d’avoir la plume assassine. Aujourd’hui, c’est le sang de mon sang qui tente de me faire une « une » dans les registres de la police. C’est la nouvelle mode dakaroise : après avoir consommé le patrimoine, on attaque le patriarche.
Mouhamed cherche la justice ? Il trouvera surtout la solitude du « fils à papa » (ou plus sûrement « fils à aman ») qui a cassé son plus beau jouet : la confiance paternelle. Quant à moi, je continuerai d’écrire. Car si les fils passent (par la DIC), les écrits, eux, restent.
Par Madiambal Diagne
Sous/couvert d’O.N.G, Fondateur de Tract Hebdo

