Tract Hebdo – Mouhamed Diagne, le fils de Madiambal, a déposé une plainte contre son père et sa belle-mère Mabintou Diaby auprès de la Division des investigations criminelles (DIC). Après sa liberté provisoire sous bracelet électronique, le fils décide de laver le linge sale devant des enquêteurs. Il a interpellé son père Madiambal pour avoir découvert que des actes, signatures et qualités lui avaient été attribués dans le cadre des activités de la société SCI Pharaon, une société immobilière familiale. Ces documents auraient été utilisés dans des transactions impliquant la société Ellipse Projects.
Dans le grand théâtre de la bourgeoisie dakaroise, on connaissait déjà les intrigues de cour, les trahisons de palais et les éditoriaux incendiaires. Mais avec l’affaire Mouhamed Diagne contre Madiambal Diagne, nous entrons dans une nouvelle dimension : la psychanalyse de comptoir appliquée au conflit foncier.
L’Œdipe au tribunal : tuer le père (judiciairement)

Pour Freud, le meurtre du père est une étape nécessaire à la construction de l’individu. Pour Mouhamed Diagne, visiblement, le divan ne suffisait pas ; il lui fallait le bureau de la Division des Investigations Criminelles (DIC).
S’attaquer à Madiambal Diagne, monument du journalisme et de l’influence, ce n’est pas seulement porter plainte pour une histoire de signatures dans la SCI Pharaon (un nom qui, en soi, mériterait dix ans d’analyse sur le complexe de supériorité). C’est une tentative désespérée d’exister hors de l’ombre d’un patriarche dont l’encre coule plus vite que le sang. En déposant plainte, Mouhamed ne cherche pas seulement la justice, il cherche son acte de naissance.
Le « fils à papa…ou fils à maman » en rupture de stock
Le « Fils à Papa » classique se contente de la voiture de sport et des privilèges. Mais ici, le scénario dérape. Mouhamed, sous bracelet électronique — accessoire de mode un peu encombrant pour les soirées aux Almadies — semble nous dire : « Regardez, je ne suis pas qu’un nom sur un titre foncier ! » Utiliser son père et sa belle-mère comme cibles judiciaires, c’est le cri de l’enfant qui réalise que son nom a été utilisé dans des transactions avec Ellipse Projects sans qu’on lui demande son avis entre le fromage et le dessert. C’est la révolte du « prête-nom » qui veut enfin devenir un « prénom ».
Le « fils toubab noir » ou la révolte de la procédure
On l’accuserait bien d’être un « Toubab Noir ». Pourquoi ? Parce qu’au Sénégal, le linge sale se lave en famille, avec beaucoup de savon de Marseille et de médiations maraboutiques.
Mais Mouhamed, lui, choisit la méthode « cartésienne » : 1) Étape A : constater l’usage de sa signature. 2) Étape B : ignorer le « Masla » et la soutoura. 3) « Étape C : appeler la police.
C’est là toute la tragédie de son positionnement. Pour la société, il est le privilégié ; pour son père, il est le fils ingrat ; pour lui-même, il est sans doute le seul gardien de l’État de droit dans un salon de 400 mètres carrés.
La SCI Pharaon et le tombeau des illusions
Au final, cette plainte est un chef-d’œuvre d’ironie. En voulant dénoncer les « qualités et signatures » qu’on lui aurait attribuées de force, Mouhamed Diagne prouve qu’il a bien hérité d’une chose de son père : le goût du combat public et de la polémique.
Qu’il soit « fils à papa » en pleine crise d’adolescence tardive, » fils à maman » ou « enfant toubab noir » trop procédurier pour son environnement, une chose est sûre : chez les Diagne, on ne s’ennuie jamais. On ne se parle plus, on s’assigne. C’est aussi ça, la rupture systémique.
Par O.N.G
Fondateur de Tract Hebdo


