Tract Hebdo – C’est le feuilleton qui a fait exploser les forfaits data et saturé les serveurs de WhatsApp. Durant le week-end dernier et jusqu’au lundi, la capitale sénégalaise ne parlait plus que de ça, reléguant la politique au second plan : le roi du petit écran, Pape Cheikh Diallo, et le prince des mélodies mandingues, Djiby Dramé kor Maman Chérie, ont troqué leurs costumes de créateurs pour la grisaille du mandat de dépôt. Pour ceux qui pensaient que la vie de célébrité n’était faite que de filtres Instagram et de placements de produits, le réveil est brutal. Seul la violence aveugle à l’UCAD, avec mort d’étudiant, a un peu détourné les internautes sénégalais de ce sujet people.
Une chute brutale du piédestal
On est désormais à des années-lumière des plateaux télé rutilants, des projecteurs chauffés à blanc et des sourires ultra-bright qui font le succès des matinales. L’animateur star de la TFM, habitué à distribuer la bonne humeur et les cadeaux, se retrouve aujourd’hui dans une posture qu’aucune prompteur n’aurait pu prévoir. Aux côtés de Djiby Dramé, c’est tout un pan du « star system » sénégalais qui vacille. La Brigade de Recherches de Keur Massar, agissant avec une discrétion chirurgicale, semble avoir ouvert une véritable boîte de Pandore. Une boîte dont s’échappent des effluves de scandales que la pudeur dakaroise peine encore à nommer à voix haute.
Les chefs d’accusation : le choc des mots
Les motifs invoqués par la justice font froid dans le dos et tranchent avec l’image policée des deux hommes : association de malfaiteurs et, plus grave encore, transmission volontaire du VIH. Si la présomption d’innocence reste le dernier rempart de la défense, l’opinion publique, elle, a déjà entamé son propre procès sur les réseaux sociaux. On ne parle plus ici d’une simple peccadille de voisinage ou d’une querelle d’ego entre artistes, mais de faits criminels qui touchent à l’intégrité physique et à la sécurité publique.
La fin de l’insouciance pour la jet-set
Derrière le luxe tapageur affiché à longueur de journée sur les réseaux sociaux, la réalité s’avère bien plus sombre, presque lugubre. Ce dossier n’est peut-être que la partie émergée d’un iceberg de débauche et d’impunité. La liste des personnalités citées au détour des interrogatoires commence déjà à fuiter, et elle ferait pâlir d’envie n’importe quel producteur de téléréalité en manque de sensationnel. C’est tout un microcosme, celui qui dîne dans les restaurants chics des Almadies et parade en 4×4 vitres teintées, qui retient aujourd’hui son souffle. Qui sera le prochain sur la liste des enquêteurs de Keur Massar ?
Un signal fort envoyé au show-biz
Cette affaire marque-t-elle la fin d’une époque ? Celle où la célébrité servait de bouclier contre la rigueur de la loi ? Pour le Sénégalais lambda, qui observe ce séisme avec un mélange de fascination et de dégoût, le message est clair : nul n’est au-dessus du Code Pénal, même celui qui vous réveille avec le sourire chaque matin. En attendant que l’instruction suive son cours, le rideau est tombé. Les paillettes sont balayées, et la scène s’est déplacée des studios de télévision vers les couloirs froids de la citadelle du silence.
La Rédaction de Tract Hebdo


