Tract Hebdo – Le Sénégal s’est réveillé avec une gueule de bois médiatique sans précédent, le week-end dernier. L’arrestation de plusieurs personnes, dont deux figures emblématiques du paysage audiovisuel et culturel; l’animateur vedette de télévision Pape Cheikh Diallo et le chanteur pour driankés et pour grands SUMU ma dingues, Djiby Dramé ; pour des faits (présumés) de mœurs non admises et de santé publique mise en péril, a plongé le pays dans une sidération profonde et dans des cancans sans fin.
Affaire Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et (mauvaise) compagnie : le feuilleton qui fait frémir les pères et mères de famille
C’est le « scoop » sqoopesque qui a secoué les chaumières de Ndoumbélane. L’animateur star de la TFM, le chanteur des mariages Djiby Dramé et ses complices présumés dorment au frais depuis lundi. Entre accusations de « blanchiment et actes contre-nature » et « transmission volontaire de virus », le dossier ressemble à un mauvais scénario de la version Afrique de Netflix, avec abonnement mensuel à 5000 FCFA. Le Sénégal se découvre une passion pour les perquisitions de lubrifiants (oubliant presque que l’économie, elle, manque cruellement de fluidité ?).
Mais derrière le sarcasme et l’agitation des réseaux sociaux, le fond du dossier est d’une gravité qui dépasse la simple curiosité mal placée. On parle ici d’un réseau international, dont la tête pensante serait un ressortissant français, mêlant pratiques privées et crimes de santé publique.
Pour une tolérance dans la discrétion
Il est temps d’aborder cette question avec la lucidité qu’impose notre contrat social. Le Sénégal est une terre de foi et de valeurs ancrées. Si la sexualité entre adultes consentants relève de la sphère privée, la discrétion doit en être le corollaire absolu pour préserver la paix sociale. Tant que ces pratiques restent dans l’intimité, loin du prosélytisme et du scandale public, la société peut et doit faire preuve d’une certaine forme de retenue.
Comme on le faisait dans les années 70 et 80 pour des « tontons » qui ne s’offusquaient pas de se faire appeler « tatas », préposés à faire la cuisine dans les grandes cérémonies familiales. Des tatas à prénoms masculins et musulmans, dont je ne sais trop s’ils avaient juste des manières efféminées, avec leurs vêtements amples teintées aux couleurs thioub qui rappellaient des boubous féminins, leur tus ngal sous les paupières, un peu de fond de teint sur le visage, et une affectation pleine de mimiques dans leur parler. Ou s’ils étaient de vrais homosexuels pratiquants, passifs ou actifs dans leurs actes intimes.
Car, quand il est avéré qu’ils soient pris sur le fait dans une plage d ela corniche ou dans un cimetière(sic!) en ‘pleins actes’ (restons pudique…) ou que l’homo séngalais révèle qu’il couche rééllement avec une personne de même sexe, on n’hésste pas à le pourchasser comme un animal nuisible et bestial, avec des machettes brandies de façon tout aussi bestiale : comme cela a été le cas de l’animateur de cérémonies Pape Mbaye, qu’il a fallu exfiltrer enp leine nuit, lui et ses acolytés, il y a une décennie, vers la Gambie puis vers les Etats-Unis où ils ont obtenu l’asile politique, pour qu’ils ne soient pas tués par les foules sénégalaises en furie. Depuis, pape Mbaye ‘ose’ venir en Gambie, mais ne pose plus le spieds au Djolofland…
Il ne s’agit pas ici d’appeler à la haine. Personne ne devrait être lynché, ni physiquement ni psychologiquement, pour ce qu’il fait derrière des portes closes. La dignité humaine est sacrée. Cependant, cette tolérance sociale s’arrête là où commence le crime.
Le crime de la transmission volontaire et le péril des mineurs
Ce qui rend l’affaire actuelle intolérable et proprement ignoble, ce n’est pas tant l’orientation sexuelle des prévenus, mais la nature des actes reprochés. Il faut appeler un chat un chat : l’OMS classait encore l’homosexualité parmi les maladies mentales jusqu’en 1980; c’est-à-dire hier, à l’échelle de l’histoire. Si cette perception a évolué, la protection de nos enfants, elle, reste immuable.
Il est inadmissible que des réseaux profitent de leur notoriété ou de leur pouvoir financier pour entraîner des mineurs ou des adultes détournés dans ce que notre société considère comme une déviance. Très grave : l’accusation de transmission volontaire du VIH sida relève de l’intention criminelle pure et simple. Utiliser son corps comme une arme biologique pour détruire la vie d’autrui est un acte de barbarie qui ne saurait bénéficier d’aucune circonstance atténuante. L’heure est à la justice. Que l’enquête suive son cours sans céder à la passion dees « jamraïstes et « sammseudjikoïstes’ , mais avec rigueur. Nous pouvons tolérer la différence dans le secret des alcôves, mais nous ne tolérerons jamais la corruption de notre jeunesse et la propagation délibérée de la mort.
Par Serigne Dawakh, Ousseynou Nar Gueye, Fondateur de Tract Hebdo (www.tract.sn) et Président du mouvement civique et d’engagement citoyen »Option Nouvelles Générations – Woorna Niu Dokhal’


