Tract Hebdo – Le « Ken » du banc de touche victime d’un hors-jeu diplomatique : Habib Bèye, l’éviction bretonne ou le syndrome du « trop brillant » Il était trop beau pour être vrai. Trop éloquent pour ne pas agacer. Trop « canal » pour la Bretagne profonde ? Ce lundi 16 février 2026, le Roazhon Park s’est réveillé avec une gueule de bois que même le meilleur cidre artisanal ne saurait dissiper. Habib Bèye, l’homme qui avait réussi l’exploit de faire rimer « tactique » avec « charisme » sur les plateaux TV avant de le prouver sur le terrain, a été mis sur la touche.
Un crime de lèse-majesté vestimentaire ?
Officiellement, la direction du Stade Rennais invoque une « série de contre-performances » et une « énergie qui ne circulait plus ». Traduction pour ceux qui ne parlent pas le langage feutré des loges VIP : Habib commençait à prendre trop de place. Dans un football français où l’on préfère souvent les entraîneurs dociles et un peu grisâtres, Bèye détonnait. Son tort ? Avoir eu le courage de recadrer des cadres intouchables comme Brice Samba.
À Rennes, on ne touche pas aux institutions, même si elles s’endorment sur leurs gants. En écartant Samba lors du match contre Lens, Habib a signé son propre arrêt de mort médiatique. Immédiatement, la machine à rumeurs s’est emballée : « problème d’ego », « rupture avec le vestiaire ». Comme par hasard, les fuites dans la presse spécialisée se sont multipliées dès que le coach sénégalais a voulu imposer une discipline de fer.
La méritocratie au plafond de verre
Notre analyse est simple : on lui a fait un procès en sorcellerie. On accepte les techniciens étrangers quand ils sont discrets, mais quand un fils du Sénégal arrive avec des idées claires, un costume cintré et une ambition qui dépasse les frontières de l’Ille-et-Vilaine, le système se cabre. C’est le fameux plafond de verre qui, dès qu’on essaie de le briser, vous retombe dessus en éclats tranchants.
Le départ d’Habib n’est pas qu’un choix sportif — le club est tout de même 6ème de Ligue 1 ! — c’est un choix politique. On préfère revenir à la « norme » avec un Franck Haise, figure connue et rassurante du sérail.
Notre petite pique ? On murmure que le prochain entraîneur de Rennes devra obligatoirement porter un k-way et parler de « bloc bas » pour ne pas effrayer les actionnaires. Habib, ton erreur a été de vouloir faire du football une science élégante là où certains ne voient qu’une bataille de tranchées.
Quel avenir pour le Lion de la Teranga Habib Beye ?
Habib Bèye repart avec son élégance sous le bras et un chèque de licenciement que l’on espère « XXL », à la hauteur de l’affront. Mais ne vous y trompez pas : ce n’est pas la fin. C’est juste un échauffement. Pendant que Rennes cherche son identité entre deux galettes-saucisses, Bèye, lui, a déjà prouvé qu’il avait l’envergure des plus grands.
Nous, on salue l’homme de principes. On admire l’uppercut qu’il a tenté de mettre au conservatisme ambiant. Habib, le Sénégal t’attend, ou peut-être un banc encore plus prestigieux où le talent n’est pas une menace.
Damel Gueye, journaliste, Tract Hebdo
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