Tract hebdo – Idrissa Seck, notre éternel « Rewmiste » en chef, vient de recevoir la « Médaille de la dignité » de la part de la ville de Thiès. Une distinction qui, à bien y regarder, ressemble moins à une récompense honorifique qu’à une médaille de participation remise à un athlète qui termine la course trois heures après tout le monde, mais avec un sourire toujours aussi mystérieux. C’est, en quelque sorte, le prix ultime de la persévérance, ou pour être plus honnête, le trophée du célèbre concept : « j’ai tout essayé, j’ai échoué avec brio, mais je suis toujours là, debout sur les décombres ».
Après quatre tentatives infructueuses à l’élection présidentielle; un score et track-record qui en décourageraient plus d’un, transformant n’importe quel autre politicien en archiviste discret dans un ministère poussiéreux; Idy, lui, reste imperturbable. Il traverse les tempêtes politiques avec la même aisance qu’un caméléon sur un arc-en-ciel. À Thiès, on semble avoir décidé que, faute de pouvoir le mettre à la tête du pays, on allait au moins le mettre à la tête de la liste des décorés. C’est une stratégie de consolation qui ne manque pas de panache, ni d’une pointe d’absurde.
Est-ce une belle histoire de résilience, ce trait de caractère loué par les psychologues de comptoir ? Ou est-ce, plus prosaïquement, une démonstration spectaculaire d’entêtement, cette pathologie sénégalaise consistant à croire que le fauteuil présidentiel est un destin qui finit toujours par vous rattraper, même quand il est en train de prendre le bus dans la direction opposée ? La médaille brille, certes, et elle pèse son poids de métal, mais elle ne cache pas la réalité : la « dignité » en politique, c’est parfois le dernier refuge de ceux qui n’ont plus que leur propre récit à vendre.
En tout cas, Idy est toujours là. Il observe l’échiquier national avec cet air de sphinx qui nous pousse à nous demander s’il prépare son grand retour ou s’il attend simplement que la météo politique devienne plus clémente pour ressortir son éternel programme de gouvernement. Qu’il s’agisse d’un exploit de survie ou d’un entêtement frisant le génie, on vous laisse juges. Ce qui est sûr, c’est que si la politique était une discipline olympique, Idrissa Seck détiendrait le record mondial du nombre de médailles en chocolat. Et pour cela, il mérite bien une standing ovation, ou au moins un petit article souriant dans Tract Hebdo. félicitations, Président Idy !
Damel Gueye, Directeur de Publication de Tract Hebdo
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