[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] Fin du ‘Tango du Silence’ : PR Diomaye et PM Sonko se disputent la piste de danse…et en pipent mot désormais (Par Ousseynou Nar Gueye)

PR Diomaye-PM Sonko : un silence...très bavard !
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Tract Hebdo – Diomaye et Sonko : l’art de s’affaiblir mutuellement ? Jusqu’ici, il s’était muré dans le silence. Un silence si épais qu’on aurait pu le couper au coupe-coupe, même en plein cœur de la saison sèche. Bien que le feu couvât sous la cendre des promesses électorales et que les premières flammes de la discorde commencent sérieusement à lécher les fondations du pouvoir, le Palais restait muet comme une carpe dans le fleuve Sénégal. Mais attention, ce silence-là n’était pas une absence de communication ; c’était une communication en soi, bruyante, assourdissante, un cri primal de gêne politique.

Certains observateurs, les mêmes qui prédisaient une lune de miel éternelle, murmuraient déjà, la main devant la bouche, qu’il s’agissait du silence lourd et électrique qui précède la tempête tropicale. D’autres, plus pragmatiques ou peut-être simplement plus cyniques, y voyaient le silence embarrassé d’un créateur face à sa créature, celui du menuisier qui ne sait plus comment raboter le colosse aux pieds d’argile qu’il a lui-même contribué à ériger sur la place publique. Comment dire à son mentor qu’il devient encombrant sans déclencher un séisme au sein du Pastef ? Le PR Dioye l’a fait ce week-end, lors de l’AG constitutive de sa Coalition Diomaye Président, cornaquée par Mimi Touré, qui a doté ce regroupement présidentiel de statuts.

Entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le duo qui devait révolutionner la gouvernance sénégalaise, c’est désormais l’amour vache, mais joué en mode muet, une tragédie shakespearienne revisitée à la sauce dakaroise où les mots sont remplacés par des regards fuyants et des communiqués de presse d’un laconisme glacial. Et pui spar ce meeting AG de la Coaltion Diomaye Préident du samedi 7 mars.  On assiste à une partie d’échecs psychologique où chacun attend, pétrifié, que l’autre fasse le premier pas… mais vers où ? Vers une réconciliation de façade ou vers la porte de sortie, celle qui mène directement aux oubliettes de l’histoire politique, juste à côté de la case ‘anciens alliés encombrants’ ? La tension est telle qu’on pourrait presque entendre le bruit d’une épingle tomber dans la salle du Conseil des Ministres, si tant est qu’ils s’y parlent encore.

Pendant ce temps, le peuple sénégalais, lui, n’a nullement besoin de décodeur ou de traducteur assermenté pour comprendre que l’harmonie tant vantée n’est définitivement pas au rendez-vous. Le ‘Projet’ commun semble s’être transformé en une cacophonie de egos. Au lieu de la symphonie de la gouvernance du Jub, Jubal, Jubbanti et de la rupture systémique, qu’on nous a promises, nous avons droit à une performance digne d’une répétition qui tourne mal : c’est un solo de batterie discordante, joué par deux batteurs qui refusent de suivre le même tempo, chacun essayant de taper plus fort que l’autre pour couvrir le bruit du voisin.

C’est fascinant à regarder, certes, comme un accident de voiture au ralenti, mais c’est terrifiant quand on pense que ce sont eux qui tiennent le volant du pays. L’art de s’affaiblir mutuellement est en train de devenir la principale compétence de cet exécutif bicéphale, et malheureusement, c’est le Sénégal qui risque de payer l’addition de ce spectacle pyrotechnique d’egos surdimensionnés. Reste à savoir qui, de Diomaye ou de Sonko, finira par mordre la poussière en premier dans cette arène silencieuse.

En ce qui me concerne, je continue d’apporter mon soutien aux deux et en appelle à ce que la raison (la raison d’Etat?) prévale entre eux, au plus grand bénéfice de nos populations.

Ousseynou Nar Gueye, Fondateur de Tract Hebdo

www.tract.sn

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