Ourossogui : Les Amazones du maire avocat apériste Moussa Bocar Thiam sortent les griffes… (avec le clientélisme en bandoulière ?)

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Tract Hebdo – À Ourossogui, notre petite commune du Fouta riche en agences bancaires où le thermomètre grimpe aussi vite que la tension politique, on ne rigole pas avec l’honneur du maire, l’avocat et ex-ministre apériste irascible de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam. Surtout pas quand ses militantes décident de monter au créneau. Et quand on dit « monter au créneau », c’est un euphémisme : ces dames ont transformé la place publique en un véritable bunker de loyauté inébranlable.

Dimanche dernier, le 15 mars 2026, la scène était digne des plus grands moments de la Révolution française, mais avec une touche typiquement sénégalaise : moins de guillotines, plus de microphones, et surtout, beaucoup plus de boubous colorés et de tintements de bracelets en or. Face à une presse médusée, elles ont pris la parole avec une ferveur qui ferait passer une harangue de Me El hadj Diouf pour une lecture de contes pour enfants. L’objet de leur courroux ? La mise en accusation de leur champion de maire, une démarche qu’elles jugent aussi injuste qu’une défaite des Lions de la Teranga sur un penalty imaginaire.

C’est beau, cette loyauté. C’est même touchant. Nous, on se sent presque coupable de notre cynisme habituel devant tant d’amour politique sincère. Presque. Car, avouons-le, le spectacle ressemble moins à un débat républicain qu’à une production télévisuelle à gros budget. On se croirait en pleine série sénégalaise de Marodi, où le maire incarnerait le héros persécuté par des forces obscures. L’intrigue est classique : l’élu du peuple, pur et innocent, face aux méchants conspirateurs. La seule différence notable, c’est que les acteurs portent des boubous éclatants au lieu de sombreros, et que, fort heureusement pour la lisibilité de l’image, il y a beaucoup moins de moustaches suspectes à l’écran.

Ces militantes, surnommées les « Amazones » pour leur combativité sans faille, ne se contentent pas de mots. Elles forment une barrière humaine, un bouclier émotionnel et médiatique autour de leur édile. Leur message est clair : toucher au maire, c’est toucher à la commune tout entière. Elles dénoncent une cabale, une chasse aux sorcières, une conspiration de salon visant à abattre un homme trop populaire pour ses adversaires. Et nous, on a envie d’y croire. Qui n’aime pas voir le pot de terre se mobiliser pour défendre le pot de fer, même si le pot de fer est un maire en exercice doté d’une immunité juridique incertaine ?

Mais, comme toujours , nous, après la caresse au maire, on veut vous remettre les idées en place. Car enfin, mesdames, est-ce de la loyauté républicaine ou du clientélisme de haut vol ? Cette mobilisation, aussi impressionnante soit-elle, pose la question de l’indépendance de la justice face à la pression de la rue. Si chaque mise en accusation politique doit déclencher une insurrection de boubous fâchés, comment les tribunaux pourront-ils travailler sereinement ? C’est le danger de la « république du cœur », où l’émotion remplace la loi, et où la popularité d’un homme devient un sauf-conduit pour échapper aux comptes.

Et puis, parlons-en, de ce « martyr » de l’Hôtel de Ville. Si Me Moussa Bocar Thiam est innocent comme l’agneau qui vient de naître (un agneau avec un diplôme d’avocat, certes), pourquoi cette peur de la justice ? Le droit est son métier, il devrait savoir que la meilleure défense n’est pas une foule en colère, mais un dossier solide. Ces sorties médiatiques ressemblent de plus en plus à un écran de fumée pour cacher des failles que l’on préfère ne pas voir.

Bref, nous attendons avec une impatience non feinte le prochain épisode de cette saga captivante. L’épisode qui, on l’espère, nous donnera enfin des réponses concrètes au lieu de rhétorique enflammée. Nous l’avons déjà titré dans nos colonnes, ce titre qui promet des rebondissements palpitants : « Le Maire, la Presse et les Larmes de Crocodiles ». Un blockbuster sénégalais où l’on découvrira enfin si les « Amazones » peuvent remporter la victoire face à la terrible « Hydre des Faits Justice ». Ne zappez pas, la suite s’annonce explosive.

Damel Gueye, Directeur de Publication de Tract Hebdo

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