Tract Hebdo – Ah, le bonheur tient à peu de choses, n’est-ce pas ? Un sourire sincère, un coucher de soleil sur la Corniche, ou, plus pragmatiquement, 25 centimètres de plus sur le tour de taille… et quelques pièces de monnaie en plus qui ne se volatilisent pas avant la fin du mois.
Cette semaine, le gouvernement Sonko a fait un geste. Un geste de l’attelage du PR Diomaye Faye que certains qualifieront de chevaleresque, d’autres de purement opportuniste : décréter que le riz brisé ordinaire passe à 300 FCFA le kilo. Notre posture est claire : on applaudit des deux mains, la gauche pour le principe socialiste d’une denrée accessible, la droite pour vérifier, avec notre légendaire scepticisme, qu’il n’y a pas d’arnaque au pesage ou de tour de passe-passe avec la qualité du grain.
Baisser le prix du riz en pleine période où les braises de la tension politique ont commencé à couver de nouveau , c’est ce que l’on pourrait appeler de la « diplomatie gastrique ». Une stratégie ancestrale, presque des temps bibliques et du début de l’ère coranique, qui consiste à saturer l’estomac du citoyen pour tenter d’endormir sa propension à la révolte. On nous sert une paix sociale au goût de riz, espérant que le ventre plein inhibera l’envie de scander des slogans et de faire des marches autorisées mais dont le préfet de Dakar change l’itinéraire pour risque de troubles à l’ordre public.
C’est astucieux, on ne va pas le nier. Mais attention, chers ministres ! Si la partition est bien jouée sur le prix du riz, la mélodie générale risque d’être cacophonique si le « ñari chin » ne suit pas– le riz avec cette sauce qui donne toute sa dignité au plat – reste, lui, hors de prix, voire carrément inaccessible. Le peuple, même le ventre plein de riz à prix cassé, risque fort de vous cuisiner à feu doux si l’accompagnement manque.
Soyons clairs : un ventre plein ne fait pas forcément un bulletin de vote acquis d’office pour les élections locales qui pointent pour janvier 2027, dans douze mois, c’est-à-dire pour déjà demain. .
Surtout quand le grain est brisé, à l’image de certaines promesses électorales dont beaucoup pensent qu’elles ont fini en miettes. Comme ces gens de Jamra et autres, qui réclament la tenue de la promesse de criminalisation de l’homosexualité (lol, ah… l’idée fixe et l’obsession (sur l’orientation) sexuelle obsédante de ces Jamraistes et Samm Sa Jikkoyistes…).
Le pouvoir a beau faire les gros titres avec cette mesure salvatrice, la mémoire populaire est longue. Elle se souviendra que le coût de la vie est un serpent de mer qui, même si on lui coupe une tête, en fait repousser deux autres ailleurs. L’huile, le sucre, le gaz… autant de variables qui peuvent transformer un plat de riz à 300 F en un luxe inabordable.
Alors oui, la mesure est saluée, elle apporte un peu d’air aux ménages. Mais à Tract Hebdo, nous restons vigilants. Cette baisse du riz est-elle une véritable volonté de soulager durablement les populations, ou une anesthésie locale avant une chirurgie budgétaire plus douloureuse ?
Nous craignons que derrière l’odeur alléchante du riz cuit à bas prix, ne se cache la fumée d’une conjoncture économique qui tarde à s’améliorer vraiment. Et si le peuple sénégalais est connu pour sa résilience, il est aussi réputé pour son palais exigeant. Un riz à 300 FCFA, c’est bien. Mais un avenir clair et des promesses tenues, c’est encore mieux. Sinon, la révolte connue sous l’ère Macky pourrait bien reprendre, assaisonnée cette fois d’une bonne dose d’amertume contre Diomaye mooy Sonko. Car, ‘nous nous sommes tant aimés…!’
O.N.G
Fondateur
Tract Hebdo


