
Tract Hebdo – Après le Koweït, le président Diomaye Faye a troqué les dattes contre les tours futuristes d’Abu Dhabi. Toujours dans sa tournée du Golfe, notre chef d’État est allé à la rencontre des émirs, des princes et des gestionnaires de fonds souverains qui possèdent plus de pétrole que votre oncle n’a de moutons pour la Tabaski. À Tract Hebdo, on a le compas dans l’œil : si le riz baisse à 300 FCFA, c’est bien, mais si on peut faire pleuvoir des dirhams sur le pays, c’est encore mieux !
Les discussions ont tourné autour des énergies renouvelables, des infrastructures et de l’agriculture. On imagine déjà les champs de mil irrigués par des systèmes dignes de Mars, financés par des capitaux qui sentent bon le pétrole… et un peu la spéculation. Le Sénégal, avec son gaz et son pétrole en devenir, se positionne comme un « hub énergétique » pour l’Afrique. La question que se pose le citoyen de gauche, c’est : qui va vraiment bénéficier de cette manne ? La question que se pose le citoyen de droite, c’est : on peut investir où, pour avoir notre part du gâteau ?
On murmure que Diomaye a impressionné ses hôtes par sa simplicité et son franc-parler. Il n’est pas venu en costume trois-pièces dernier cri, mais avec l’aura du « patriote » venu défendre les intérêts du peuple. Espérons que cette aura se traduira par des contrats qui ne laisseront pas les poches de la population aussi vides que le désert, et que l’argent d’Abu Dhabi ne s’évaporera pas comme de l’eau dans le sable. Parce qu’à Tract Hebdo, on adore les contes des Mille et Une Nuits, mais on préfère les bilans financiers transparents.
Dibor Faye
Tract Hebdo
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