[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] ‘Réveil d’Après CAN Maroc 2025 : Avec Mal de Crâne Souverain et Souverainiste ?’ (Par Ousseynou Nar Gueye – L’ÉDITORIAL DU LUNDI 19 JANVIER 2026)

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Le buste de notre Linguère nationale (symbole de la gauche des Goorgorlous) avec une main de boxeur (la « bonne droite ») qui frappe un punching-ball marqué « Inflation ». Le punching-ball ne bouge pas, mais notre Linguère nationale transpire de l’huile d’arachide.

Tract Hebdo – Lundi matin, 19 janvier 2026. Le soleil se lève sur une capitale encore ensablée dans les échos de la nuit. Que nos Lions de la Teranga aient rugi avec la fureur des conquérants ou qu’ils aient miaulé avec la timidité d’un chaton sous la pluie hier soir à Rabat, une réalité brutale nous attend au réveil : le prix de 5 miches de pain pour nourrir une famille sénégalaise de taille normale, lui, n’a pas changé de camp (bien que le prix du kilo de riz brisé ait été baissé à 300 FCFA). Il reste désespérément ancré dans une stratosphère que le panier de la ménagère sénégalaise, pilier de nos familles, ne parvient pas toujours à atteindre, même en sautant haut et en se  levant tôt pour aller acheter et vendre des légumes afin de nourrir sa famille dont le père de famille est un chômeur cinquantenaire ou sexagénaire de longue durée ,et goorgorlou occasionnel quand des deals se présentent.

Nous voici désormais installés au cœur du mois 1 du T1 de cette année Ving Vingt-Six, déjà baptisée l’année de la ‘clarification’.

Un terme qui sonne bien dans les colloques climatisés du CICAD, mais qui peine à éclairer les l’horizon économique des habitants dans les quartiers populaires.

On nous promet de l’ordre à chaque coin de rue, une transparence de cristal et l’odeur enivrante du gaz local et du pétrole national qui doivent, inch’Allah , transformer le Sénégal en nouvel Eldorado subsaharien apte a éradiquer enfin l’émigration sauvage par pirogues auto-suicidaires atlantiques, qui a lieu dans ce pays depuis 25 ans.

C’est charmant, c’est lyrique, c’est presque hypnotique. Mais la transparence, voyez-vous, c’est comme une vitre trop propre : plus elle est nette, mieux on distingue les fissures profondes, la poussière accumulée et les fondations qui tremblent derrière la façade.

Le gouvernement Diomaye-Sonko II entame désormais ce qu’il appelle sa ‘phase de croisière’. Après les tempêtes de l’installation et les vagues des premiers audits, le navire est censé filer droit, malgré la sourde oreille persistante du FMI et la conversation entre ….sourds qui a lieu entre ledit FMI et notre Premier National.Or, il n’est pire doublette de sourds que celle de ceux qui ne veulent pas entendre ce qu’ils se disent, l’un à  l’autre.

‘On réduit le train de vie de l’État’, scandent les porte-paroles avec le sérieux de prédicateurs a la mosquée. Très bien, l’intention est noble, et nos oreilles de gauche frémissent de plaisir. Mais permettez-nous de poser une question impertinente : on commence quand, concrètement, par s’attaquer aux salaires pharaoniques des directeurs d’agences étatiques souvent a la mission obscure ?

À Tract Hebdo, notre ligne est claire : nous aimons passionnément la gauche quand elle redistribue les richesses avec justice, et nous respectons profondément la droite quand elle sait compter jusqu’au dernier centime sans oublier les retenues à la source. Or, pour l’instant, l’observateur un tant soit peu lucide a une impression gênante : on dirait que la gauche cherche désespérément la caisse tandis que la droite, dans un moment d’égarement, a perdu la clé.

Car enfin, parlons de cette fameuse « souveraineté » servie à toutes les sauces, du petit-déjeuner au dîner. La souveraineté, ce n’est pas simplement un exercice de style consistant à chasser le FMI le lundi matin avec des discours souverainistes enflammés, pour mieux lui envoyer un émissaire le mardi après-midi, déguisé avec une cravate différente, afin de solliciter un prêt sous un acronyme technique que personne ne comprend.

Être souverain, ce n’est pas changer de créanciers (désormais ivoiriens), c’est ne plus avoir besoin de tendre la main.

C’est s’assurer, par une politique courageuse et non par des slogans, que le Sénégalais moyen, celui qui ne voyage pas en classe affaires vers Rabat pour la finale de la CAN Maroc 2025, puisse assurer ses trois repas quotidiens sans avoir besoin de passer un doctorat en mathématiques financières pour boucler ses fins de mois.

En attendant les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de début octobre à mi-novembre 2026 qui vont transformer Dakar en vitrine mondiale et le gaz et pétrole miraculeux qui doit remplir nos coffres, n’oublions pas l’essentiel.

Derrière les rubans coupés et les stades neufs inaugurés par Macky avant la fin de son deuxième Salltennat terminé en eau de boudin et en flaques de sang de jeunes victimes innocentes, que nous utiliserons pour ces JOJ 2026; et malgré l’avènement au pouvoir suprême de Pastef depuis presque deux ans : le plus grand sport national, celui qui compte le plus de licenciés et de pratiquants acharnés du nord au sud du pays, reste et demeure la survie quotidienne.

Une discipline ingrate, pratiquée sans sponsors et souvent dans l’indifférence des statistiques officielles.

Et dans cette compétition-là, le peuple sénégalais, avec sa résilience légendaire et son humour; malgré la faim souvent difficile a tromper et ses fins de mois élastiques pour le plus grand nombre de citoyens payés le 20 du mois suivant; le peuple sénégalais donc, mérite la médaille d’or olympique des JOJ et des JOS (Jeux Olympique des Seniors) chaque jour qu’Allah swt fait, avec Sa Grande Mansuétude de nous laisser notre libre-arbitre d’humains mortels et pécheurs en quête perpétuelle de repentirs; libre-arbitre qui est souvent dans ce Sénégal de 2026, le choix de ne pas avoir… le choix. Comme dit Wolof Ndiaye : ‘Ku saniul bagne, sagnaa nanggu’…

Si le gouvernement Sonko II veut vraiment ‘clarifier’ quelque chose, qu’il commence par véritablement  éclaircir l’horizon de ceux de nos concitoyens qui n’ont pour seule richesse que leur courage.

A Tract Hebdo, nous sommes prêts et déjà engagés à le soutenir dans ce combat national, le seul qui en vaut la chandelle : ne pas assassiner le vaste élan d’espérance collective né un certain 24 mars 2024 vers 20h dans les urnes électorales et qui a déferlé ce soir-là dans toutes les villes et tous les villages du Sénégal. Espérance qui demeure. Ou en tous les cas, qui doit demeurer.

P.S : Mes adorables Kals Diawènes et Seckènes, toujours de mauvaise foi, diront que je parle beaucoup de boustifaille dernièrement.

Je leur rétorque que : ‘Saako bu amul darra, munul taxaw !’

Ousseynou Nar Guèye

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Fondateur de Tract Hebdo

www.tract.sn

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