[RABAT(PAS) D’ARRÊT] FINALE : ce soir, on saura qui mérite vraiment le nom de LIONS du foot !

Finale de 35eme CAN; Maroc-Sénégal : Le Duel des Lions et des Égos

Notre desse(i)n : Un Lion de la Téranga (portant un maillot avec le numéro 10) et un Lion de l'Atlas (avec un fez rouge sur la tête) se fixent intensément, le nez contre le nez, les griffes sorties. Entre eux, le ballon de la finale a été remplacé par un énorme baril de pétrole décoré de drapeaux des deux pays. Au second plan, un supporter sénégalais en guenilles tient un couvercle de marmite vide en guise de bouclier, tandis qu'un officiel de la CAF, assis sur un coffre-fort, compte ses billets en souriant.
Publicité

Tract Hebdo – C’est le jour J, l’heure de vérité, le moment où le temps se fige entre l’Atlantique et le désert. Le Sénégal affronte le Maroc en finale de cette CAN 2025 décalée, et l’atmosphère à Dakar est plus électrique qu’un transformateur de la Senelec un soir d’orage. Tout le pays est officiellement à l’arrêt. Les rues, d’ordinaire si bruyantes, ont pris cette allure de ville fantôme que l’on ne voit que lors des grandes finales ou des lendemains de fêtes religieuses. Les hôpitaux, par acquis de conscience, ne gardent que le service minimum — ce qui, entre nous et sans vouloir être médisant, ne change pas fondamentalement la donne pour le patient lambda, diront les mauvaises langues de notre « bonne droite ». Si vous avez une urgence aujourd’hui, priez pour que votre chirurgien ne soit pas en train de regarder le ralenti d’un hors-jeu imaginaire.

Pendant ce temps, à l’étage supérieur de la République, c’est le grand exode. On murmure que le Conseil des ministres s’est délocalisé par enchantement sur les rives du Bouregreg. Curieusement, chaque ministre, chaque directeur d’agence et chaque conseiller « spécial » a trouvé une mission diplomatique de la plus haute importance, impliquant une présence physique impérative dans les tribunes VIP du Complexe Moulay Abdallah de Rabat. C’est la magie de la diplomatie sportive : on part pour « renforcer les liens bilatéraux », mais on finit surtout par renforcer son stock de photos Instagram avec le trophée. À Tract Hebdo, on se demande si l’avion présidentiel n’a pas été transformé en charter pour supporters de luxe, pendant que le contribuable, lui, cherche encore comment payer son abonnement au bouquet satellite pour ne rien rater du spectacle.

Sur la pelouse, on nous annonce un duel tactique d’une intensité rare, une sorte de partie d’échecs où les pions pèsent plusieurs millions d’euros. D’un côté, les Lions de l’Atlas, soyeux, techniques, portés par un public en fusion et une organisation marocaine qui frise la perfection clinique. De l’autre, nos Lions de la Teranga, solides, physiques, avec cette résilience qui nous caractérise tant. Mais au-delà du sport, c’est un véritable choc des titans, ou plutôt un duel d’égos surdimensionnés. Sadio Mané face à Achraf Hakimi : ce n’est plus un simple match de football, c’est une renégociation de contrat géopolitique sur gazon naturel. On se demande si, en cas de tacle un peu trop appuyé, ce n’est pas toute la coopération sud-sud qui risque de prendre un coup de froid.

Si le Maroc gagne, on criera au complot de la CAF et à l’arbitrage « maison ». Si le Sénégal l’emporte, on décrétera trois jours de deuil pour l’économie nationale sénégalaise, car personne ne retournera travailler avant mercredi minimum. La ‘clarification » promise par le gouvernement risque d’attendre que l’euphorie planante par drogue d’adrénaline footballistique s’estompe. En attendant, les supporters au pays se préparent au « Berndé » de la victoire ou au ‘mbiskitt’de la tristesse.

Quoi qu’il arrive, ce soir, dimanche 18 janvier 2026, le vrai roi de la jungle ne sera pas celui qui rugit le plus fort, mais celui qui aura su garder ses nerfs quand le sifflet final retentira. Aussi bien chez les joueurs du Sénégal sur la pelouse du stade de Rabat que pour le 12eme Gaindé, reste du banc de touche de l’équipe sénégalaise  nous sommes tous, nous 18 millions de Sénégalais dans le pays et dans la diaspora.

Néné Sow

Tract Hebdo

www.tract.sn

Publicité