Tract Hebdo – C’est dans le salon feutré d’une villa dakaroise où l’odeur de l’encens dispute l’espace à celle des dossiers juridiques que nous reçoit Mabintou Diaby épouse Madiambal Diagne. Éclatante, devenue diègg bou diongguè malgré et après la tempête judiciaire et pénitentiaire, elle semble découvrir que la SCI Pharaon n’était pas une marque de produits de beauté, mais un champ de bataille.
Tract Hebdo : Madame Mabintou Diaby Diagne, vous voilà débarrassée de votre voile et de votre abaaya, et citée dans une plainte à la DIC par votre beau-fils. Est-ce là le nouveau mode de communication chez les Diagne ?
Mabintou Diaby : (Soupir élégant) Écoutez, je suis dévastée. Dans cette famille, j’ai toujours essayé d’être le gloss qui cache les gerçures. Mais là, Mouhamed a décidé de sortir le démaquillant industriel. Porter plainte contre son propre père et sa belle-mère pour des histoires de signatures ? C’est d’un manque de chic absolu. On ne convoque pas ses parents à la police, on les attend au salon avec un thé à la menthe et un avocat… mais un avocat qu’on paye, pas un qui vous interroge !
On l’accuse d’être un « Toubab Noir » ou un fils à maman. Partagez-vous ce diagnostic ?
M.D. : Disons qu’il a un côté très « Code Civil » qui ne va pas du tout avec notre climat. Mouhamed a dû confondre Dakar avec une série de Netflix. Il pense sans doute qu’il est dans Suits, Pod et Marichou, Bètè Bètè ou Better Call Saul. Mais ici, les signatures sur les documents de la SCI Pharaon, c’est de l’art abstrait, c’est de l’affection filiale ! Quand on aime son père, on signe les yeux fermés, non ? Lui, il a ouvert les yeux, et apparemment, il a vu des chiffres qui ne lui plaisaient pas.
Et cette histoire avec Ellipse Projects et la SCI Pharaon ? Mouhamed dit qu’il n’était pas au courant…
M.D. : Mais être au courant de quoi ? De la fortune qu’on lui prépare ? C’est le problème de cette génération : ils veulent le bracelet de luxe au poignet, mais ils râlent quand c’est un bracelet électronique. On lui a donné un nom de roi — Pharaon — et il se comporte comme un inspecteur du fisc. C’est un contresens historique !
Comment comptez-vous réconcilier le père et le fils ?
M.D. : Je vais tenter une médiation cosmétique. Je propose qu’on transforme la SCI Pharaon en « SCI Paix Sociale ». Et pour Mouhamed, je vais lui offrir un nouveau stylo, un vrai, pour qu’il s’entraîne à signer des messages de réconciliation plutôt que des procès-verbaux. Mais entre nous, si chaque fois qu’on utilise le nom d’un fils dans une transaction immobilière au Sénégal il fallait finir à la DIC, on devrait transformer le Stade Abdoulaye Wade en tribunal géant !
Un dernier mot pour Mouhamed ?
M.D. : « Mon chéri, dama doom, la prison est une mauvaise cure de détox. Reviens à la maison, on va s’arranger. Et par pitié, enlève ce bracelet, ça jure terriblement avec tes chaussures. »
Interview menée par O.N.G , Fondateur de Tract Hebdo


