‘Ramadan’ anticipé : grève de la faim entamée par les 18 supporters des Lions de la Téranga kidnappés par la justice du Maroc

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Tract Hebdo – Ces supporters ont indiqué attendre « depuis le 18 janvier de savoir ce qui leur est reproché », se plaignant d’avoir été interrogés par la police « en français et en arabe » alors qu’ils ne comprennent « que le wolof », d’après ce texte envoyé à leur avocat Patrick Kabou. Ils demandent qu’« au moins », on « écoute (leur) version des faits ».

Selon le procureur, un interprète a traduit « l’intégralité des échanges » en français, « une langue comprise et parlée par l’ensemble des détenus sans exception ».
Contactées, les autorités sénégalaises ne se sont pas exprimées dans l’immédiat.

« Étant donné qu’ils nous refusent notre droit à la justice, nous avons décidé à partir d’aujourd’hui (vendredi 6 février) de commencer un jeûne continu dans la prière et le recueillement, jusqu’au jour où la justice marocaine nous donnera la chance de nous exprimer », ont-ils précisé.

« Un jeûne »

Pour « protester contre ce qu’ils considèrent comme une injustice », ils ont décidé de ne prendre que « le petit-déjeuner » et « le reste du temps, ils sont dans la prière et le recueillement », assure ce samedi 7 février leur avocat Me Patrick Kabou, évoquant « un jeûne » plutôt qu’« une grève de la faim ».

Le procureur du tribunal de première instance de Rabat a affirmé ce samedi dans un communiqué que les détenus bénéficient « de manière normale et régulière des repas fournis » par la prison. Selon une source proche du parquet, le directeur de l’établissement a informé le procureur que « sept d’entre deux » ne s’étaient pas présentés au déjeuner vendredi mais avaient « acheté de quoi se nourrir ». Les supporters ont ensuite « pris le dîner » à la cantine de la prison, d’après cette même source.

Poursuivis pour « hooliganisme »

Ces supporters sont poursuivis pour « hooliganisme », une accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs ainsi que des jets de projectiles.

Une première audience de leur procès fin janvier avait été reportée à la demande de la défense et de la partie civile pour avoir plus de temps pour préparer les dossiers. Une autre s’est brièvement tenue le 5 février au cours de laquelle leurs demandes de liberté conditionnelle ont été rejetées. La suite du procès a été reportée au 12 février en raison d’une grève des avocats au Maroc.

Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN à Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 après prolongation au terme d’un match chaotique et émaillé d’incidents.

Un pénalty accordé au pays hôte dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, après consultation de l’arbitrage vidéo, juste après un but refusé au Sénégal, avait entraîné le départ du terrain d’une partie des joueurs sénégalais encouragés par leur sélectionneur, Pape Thiaw. Ils étaient revenus à la demande de la star de l’équipe Sadio Mané.

Les tensions avaient gagné les tribunes où des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain pendant près de 15 minutes, même lorsque le joueur marocain Brahim Diaz s’apprêtait à tirer son pénalty, qu’il a raté.

Fin janvier, la CAF a infligé une série de sanctions disciplinaires aux deux fédérations pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.

La Rédaction de Tract Hebdo

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