[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] Ruptures de ligaments à l’UCAD et gifle magistrale pour coach Habib Beye : une semaine d’uppercuts (Par Ousseynou Nar Gueye)

Ousseynou Nar Gueye
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Tract Hebdo – Mes chers lecteurs, chers Tractonautes, cette semaine du lundi 16 février 2026 s’ouvre sur un goût de cendre et de métal. Un goût de paradoxe amer qui nous reste en travers de la gorge, comme un thieb trop pimenté qu’on nous forcerait à avaler de travers, et qui nous laisse le cuir chevelu en sueur. On nous en rebat les oreilles : plateaux et dans tous les rapports de séminaires payés à prix d’or, de « souveraineté numérique », « rupture systémique » et « modernité endogène africaine ». Le dessin idéal d’un Sénégal qui plane au-dessus des nuages de la tech et de l’autosuffisance.

Mais redescendons sur terre, ou plutôt, sur le bitume brûlant de l’Avenue Cheikh Anta Diop. À l’UCAD, la seule rupture que nous constatons, c’est celle, provisoirement définitive et définitivement sanglante, du dialogue social, avec ruptures de ligaments et autres traumatismes au corps étudiant, au propre comme au figuré. La seule « modernité » que les étudiants ont vu cette semaine, c’est celle de la précision balistique des grenades lacrymogènes jusque dans l’intimité de leurs chambres. Comment peut-on encore parler de « temple du savoir » quand les couloirs de la faculté de Médecine résonnent des bottes des forces de l’ordre ? Abdoulaye Ba ne sera jamais médecin. Il ne sauvera personne, car le système censé le porter vers l’excellence a préféré le briser en plein vol. C’est le paradoxe suprême : on veut soigner le pays, mais on tue les futurs soignants.

Nous sommes pour des politiques publiques qui protège les enfants du pays, jeunes et moins jeunes, qui investit dans les cerveaux avant d’investir dans les matraques. On ne peut pas, décemment, jouer les ténors de la nouvelle diplomatie africaine à Addis-Abeba, y prôner l’indépendance du continent devant toutes les caméras, et laisser, au même moment, la police faire le ménage à Dakar jusqu’à ce que mort d’homme s’ensuive. La crédibilité internationale ne vaut rien si elle repose sur un tapis de douilles ramassées devant le Pavillon A.

Puis, il y a la gifle reçue par notre Habib Bèye national. Évincé du Stade Rennais comme un vulgaire intérimaire. On nous vend la méritocratie à l’européenne, ce conte de fées où le travail et le talent effacent les origines. Quelle blague ! Dès qu’un fils du pays, brillant, éloquent et compétent, commence à faire de l’ombre aux structures poussiéreuses du vieux football français, le plafond de verre se transforme instantanément en dalle de béton armé. C’est le rappel brutal que, même avec le plus beau costume du monde, certains ne vous verront jamais que comme un invité temporaire à leur table.

Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration ou pour brosser systématiquement le pouvoir Pastef, que nous soutenons pourtant, dans le sens du poil de sa superbe. Nous sommes aussi pour l’alerter et vitupérer quand des lignes rouges sont franchies. A Pastef, je félicite le Directeur Général du PAD,  Waly Diouf Bodiang, qui a dit publiquement que le régime Pastef au pouvoir et aux responsabilités suprêmes, se devait d’assumer la responsabilité du décès du jeune étudiant de l’UCAD. Notre ligne est claire : nous encaissons les chocs à gauche, par solidarité avec ceux qui souffrent, mais nous rendons les coups avec une très bonne droite. Celle de la vérité qui frappe là où ça fait mal, sans impertinence gratuite mais avec une précision chirurgicale. On ne gère pas un pays par des communiqués de presse laconiques pendant que les familles pleurent.

La rupture systémique ne doit pas être un simple changement de casting au sommet de l’État, mais un changement de logiciel dans le respect de la vie humaine. Sinon, ce n’est pas une révolution, c’est juste une rotation de privilèges. Nous souhaitons rester cette vigie, ce grain de sable quand on nous ait entrer dans l’engrenage trop bien huilé d’un storytelling gouvernemental.

Bonne lecture, gardez le sourire, notre arme ultime de résistance, et surtout… restez debout.

Ousseynou Nar Gueye, Fondateur de Tract Hebdo

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