L’Africain contre l’Africain : Le cas Macky Sall à l’ONU : au moment où le monde s’interroge sur la succession de António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations Unies, une question brûlante traverse les débats en Afrique : pourquoi sommes-nous souvent les premiers à fragiliser nos propres fils ?
Aujourd’hui, parmi les noms cités pour diriger l’ONU à partir de 2027 figure un Sénégalais : Macky Sall. Ancien président du Sénégal pendant douze ans et ex-président de l’Union africaine, il est, à ce stade, le seul candidat africain officiellement évoqué dans cette course stratégique.
Une candidature qui divise
Pourtant, au lieu d’un élan continental unanime, la candidature suscite controverse et résistance, y compris au Sénégal. Certains rappellent les événements tragiques survenus durant son magistère, évoquant plus de 80 morts dans un contexte politico-social tendu.
L’émotion est légitime. La
douleur des familles est réelle.
Mais une question s’impose : à ce jour, l’ancien chef de l’État n’a été ni jugé ni condamné par une juridiction nationale ou internationale. Il n’a pas été poursuivi. En droit, la présomption d’innocence demeure un principe fondamental. Et même dans l’hypothèse où des poursuites seraient engagées à l’avenir, aucune disposition juridique internationale n’interdit qu’un Secrétaire général de l’ONU fasse l’objet d’une procédure judiciaire.
Alors, le débat doit-il être juridique ou politique ? Moral ou stratégique ?
Le paradoxe africain
L’Afrique réclame plus de représentativité dans les instances internationales. Elle dénonce un ordre mondial déséquilibré. Elle exige une réforme du Conseil de sécurité. Mais lorsque l’un de ses fils accède aux plus hautes sphères de la diplomatie mondiale, elle hésite, doute, se divise.
Sommes-nous victimes d’un manque de solidarité continentale ? D’une incapacité à distinguer les rivalités nationales des intérêts stratégiques africains ?
Le chanteur ivoirien Alpha Blondy déclarait un jour que « les ennemis de l’Afrique sont les Africains eux-mêmes ». Une phrase provocatrice, mais qui résonne avec force dans le contexte actuel.
Une course mondiale, pas africaine
Quatre personnalités sont régulièrement citées pour succéder à António Guterres :
-Rafael Grossi (Argentine) – Diplomate, directeur général de l’AIEA, spécialiste du nucléaire et de la sécurité internationale.
-Michelle Bachelet (Chili) – Ancienne présidente chilienne et ex-Haute-Commissaire aux droits de l’homme.
-Rebeca Grynspan (Costa Rica) – Économiste, secrétaire générale de la CNUCED, experte en développement.
-Macky Sall (Sénégal) – Ancien président du Sénégal et ex-président de l’Union africaine.
Quatre nationalités, quatre trajectoires, un même enjeu : diriger l’ONU dans un contexte mondial marqué par les guerres, les crises climatiques, les tensions géopolitiques et la fragmentation du multilatéralisme.
L’Argentine, le Chili, le Costa Rica défendront naturellement leurs candidats. L’Afrique fera-t-elle de même ?
L’enjeu dépasse un homme
La question n’est pas seulement celle de Macky Sall. Elle touche à notre capacité collective à porter un leadership africain sur la scène internationale.
Peut-on critiquer un ancien président tout en soutenant une candidature stratégique pour le continent ? Peut-on séparer le débat interne d’un pays des intérêts géopolitiques d’un continent ?
Refuser par principe, affaiblir par passion, diviser par réflexe : voilà peut-être le véritable piège.
L’Afrique ne manque ni de talents ni de compétences. Elle manque souvent d’unité stratégique.
À l’heure où le monde redessine ses équilibres, une interrogation demeure :
L’Africain est-il réellement l’ennemi de l’Africain,
ou simplement le prisonnier de ses propres fractures politiques ?
Kémo Daffé




![[LE BIAIS DE NÉNÉ SOW] Humilité, lucidité et une pincée du piment ‘Mimi Touré’ : les ingrédients de Diomaye, concepts non-enseignés dans les écoles du Pastef](https://tract.sn/wp-content/uploads/2026/03/Diomaye-cuisinier-et-Sonko-fache-218x150.png)
![[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] Fin du ‘Tango du Silence’ : PR Diomaye et PM Sonko se disputent la piste de danse…et en pipent mot désormais (Par Ousseynou Nar Gueye)](https://tract.sn/wp-content/uploads/2026/03/Le-Grand-silence-Diomaye-Sonko-218x150.png)


![[Sëmbëxloo bi] Courrier de nos lecteurs sur l’onde de choc ‘Pape Cheikh Diallo – Djiby Dramé kor Maman Chérie’](https://tract.sn/wp-content/uploads/2026/01/Sembexloo-i-218x150.jpg)
![[L’ET DIT TÔT] Gays sénégalais : tolérance sociale oui; mais tolérance zéro si mineurs impliqués ou intention de contamination au sida (Par Ousseynou Nar Gueye)](https://tract.sn/wp-content/uploads/2026/02/Gas-senegalais-justice-ONG-3-218x150.jpg)


![[L’ET DIT TÔT D’O.N.G ] ‘Diomaye Année 2 : l’émancipation d’avec Sonko, mais par Sonko’ (Par Ousseynou Nar Gueye)](https://tract.sn/wp-content/uploads/2026/03/Sonko-An-2-DEF-324x160.jpg)
![[COHABITATION D’OUZ] Tandem Diomaye-Sonko : et si vous faisiez, moins de ‘moi’ et plus de ‘nous’ pour ce qui reste de 2026 ?](https://tract.sn/wp-content/uploads/2026/03/Tract-_-Tandem-Sonko-Diomaye-bon-324x160.jpg)