Conseil des Ministres du 11 mars 2026 : le ‘Capital Humain’ au menu, les ventres attendront le ndogou

Diomaye et Sonko serinant le capital humain au marché Tilène...
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Tract Hebdo – Le Palais de la République a vibré, ce mercredi 11 mars 2026, sous les décibels d’un concept qui commence à sérieusement faire chauffer les oreilles du Sénégalais moyen : le « Capital Humain ». Autour de la table, le Président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont rivalisé d’envolées lyriques pour nous expliquer que, désormais, l’humain est au centre de tout. C’est beau, c’est noble, c’est presque de la poésie romantique du XIXe siècle, le romantisme révolutionnaire en prime.

Pourtant, à force de placer  » l’humain » au cœur de chaque communiqué de presse, on finit par se demander si nos dirigeants ne confondent pas le citoyen avec une bon obligataire de l’UMOA-titres ou une action coté à la bourse BRVM d’Abidjan. Parce que le « capital », dans le jargon de la gauche de combat — la nôtre —, c’est normalement ce qu’on combat ou ce qu’on redistribue. Ici, il semble qu’on le mette à toutes les sauces pour masquer une réalité un peu plus morose : la conjoncture économique est dure pour tous less Goorgorlous.

La question que tout le monde se pose: ce fameux « capital humain » pourra-t-il bientôt s’échanger contre un sac de riz de 50 kg au marché Tilène ou à Sandaga ? Pour l’instant, pour comprendre les bienfaits de la politique actuelle, il semble qu’il faille posséder au minimum un Master 2 en macroéconomie appliquée ou être un expert en sémantique politique. Le Jubanti est en marche, certes, mais le dos du citoyen, lui, commence à se courber sérieusement sous le poids des promesses non comestibles.

Nous, on aime le socialisme, le vrai, celui qui remplit les bols de thiéboudienne avant de remplir les rapports de la Banque Mondiale. Si l’humain est au cœur de tout, n’oublions pas que cet humain a un estomac qui ignore superbement les courbes de croissance et les théories du « don de soi ». On veut bien investir dans nos cerveaux et notre éducation, mais on n’hésitera pas à ruer dans les brancards si ce capital humain finit par ressembler à un capital… tout court, stocké dans les coffres d’une nouvelle élite qui parle trop bien pour être honnête et promet trop fort pour être cru sur parole.

En attendant la transformation structurelle promise pour 2029, on conseille aux Sénégalais de mâcher lentement les communiqués du Conseil des ministres : c’est riche en fibres littéraires, mais ça manque cruellement de protéines.

Néné Sow, journaliste de Tract Hebdo

www.tract.sn

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