[INTERVIEW] Arame GUEYE SENE: ‘Changer les lois, refonder les politiques publiques, bousculer les inerties en Afrique de l’Ouest’

Tract – Dans cet entretien sans détour, Arame GUEYE SENE, socio-économiste et activiste panafricaine, revient sur son parcours, ses combats et sa vision d’une Afrique de l’Ouest portée par une jeunesse outillée et des femmes pleinement reconnues comme actrices du changement. De la réforme du Code de la famille au Sénégal à l’entrepreneuriat social, en passant par les défis de la migration, elle bouscule les récits dominants et appelle à une refondation des politiques publiques par et pour les citoyens. Une parole lucide, engagée, et résolument tournée vers l’action. 

 Madame Arame Gueye Sène, nous sommes ravis de vous avoir avec nous aujourd’hui pour discuter de vos travaux et de vos engagements en faveur des droits des jeunes et femmes.Comment votre expérience en tant que socio-économiste et activiste en faveur des droits droits humains vous a-t-elle amenée à mettre sur pieds Social Change Factory ?Mon engagement pour la justice sociale et les droits humains, nourri par mon parcours personnel, m’a conduite, dès mes années universitaires, à co-créer avec des amis des espaces d’apprentissage et de soutien pour la jeunesse. Comme le colibri de la légende, qui tente d’éteindre l’incendie de la forêt avec quelques gouttes d’eau, j’ai toujours voulu faire ma part face à des situations que je trouve injustes. Je pense notamment à l’initiative Objectif Bac, qui nous a menés dans plusieurs villes du Sénégal pour soutenir des centaines d’élèves face au taux d’échec préoccupant au baccalauréat. Je me suis également engagée pour les droits des handicapés, notamment les personnes vivant avec l’albinisme. Ces engagements ont également orienté mes études vers l’économie du développement puis la sociologie avec une spécialisation sur les enjeux et pratiques de développement dans les pays du Sud.Social Change Factory (SCF) est né il y a plus de 10 ans d’une conviction que chaque citoyenne et chaque citoyen, s’il est écouté, outillé et accompagné, peut devenir un acteur et une actrice du changement. On ne transforme pas la société uniquement par des politiques publiques, mais aussi par la capacité des individus à s’emparer de leurs droits et à imaginer eux-mêmes des solutions.Quels sont les principaux objectifs et les réalisations de Social Change Factory en matière de promotion de la jeunesse et de l’égalité des sexes en Afrique et au Sénégal en particulier ?Social Change Factory vise à bâtir une jeunesse outillée, écoutée et influente, au cœur des changements systémiques pour un avenir plus juste et inclusif. Nous sommes convaincus que l’éducation civique, le leadership et la participation active des jeunes sont des leviers puissants de transformation sociale. Depuis notre création, nous avons formé près de 300 000 jeunes dans 18 pays d’Afrique subsaharienne, accompagné la mise en œuvre de plus de 1 000 solutions communautaires et touché des millions de personnes à travers nos productions médiatiques et plateformes numériques.L’égalité des sexes, au cœur de l’ODD 5, constitue l’un de nos axes d’intervention prioritaires. À ce titre, nous avons porté plusieurs initiatives emblématiques, telles que la campagne Kaaraangue Jigéen contre les violences faites aux femmes, le programme Voix des Adolescentes pour le renforcement du leadership et de la participation des filles et adolescentes, Voix des Jeunes – Gender, qui valorise les projets portés par des jeunes en faveur de l’égalité, ou encore le renforcement du réseau Les Expertes Sénégal, qui met en lumière les voix féminines dans l’espace public. Ces actions traduisent notre engagement concret en faveur d’une jeunesse inclusive, représentative et actrice du changement.A travers le cadre de concertation pour le respect et la préservation des droits des femmes vous menez des activités de plaidoyers au Sénégal dont la portée est presque régionale, à l’instant du récent atelier sur la réforme du code de la famille. Dites-nous, quel est votre point de vue sur la réforme du code de la famille au Sénégal et comment pensez-vous qu’elle peut impacter les droits des femmes ?La réforme du Code de la famille est une étape cruciale pour garantir une égalité réelle entre les femmes et les hommes au Sénégal. Le code actuel, qui date de plusieurs décennies, ne reflète plus les réalités sociales, les aspirations des femmes, ni les engagements internationaux pris par l’État. Il contient encore des dispositions discriminatoires qui freinent l’accès des femmes à leurs droits, que ce soit dans le mariage, la garde des enfants, la succession ou encore la capacité juridique.À travers le cadre de concertation pour le respect et la préservation des droits des femmes, nous portons un plaidoyer collectif, avec des actrices et acteurs de la société civile, des juristes, des leaders religieux et communautaires, pour une réforme qui place l’égalité au centre.Cette réforme, si elle est menée de manière inclusive et courageuse, peut transformer en profondeur la condition des femmes au Sénégal. Elle enverrait aussi un signal fort à la région : celui d’un pays qui avance vers plus de justice, de cohérence entre ses lois et les droits humains fondamentaux, et qui reconnaît pleinement les femmes comme citoyennes à part entière.Aujourd’hui, dans un contexte marqué par les polycrises et les bouleversements socio-économiques entraînés par les avancées technologiques, les mouvements politiques et géostratégiques, quels sont les principaux défis et les opportunités que vous voyez pour les jeunes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest ? Aujourd’hui, les jeunes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest évoluent dans un contexte particulièrement complexe. Ce contexte est marqué par une superposition de crises économiques, sociales, politiques et environnementales, auxquelles s’ajoutent de profondes mutations technologiques. Si ces réalités posent de sérieux défis, elles offrent également des opportunités inédites à une jeunesse qui constitue la majorité de la population.Parmi les principaux défis rencontrés figure en premier lieu le chômage et la précarité économique. Malgré leur dynamisme, beaucoup de jeunes peinent à accéder à un emploi décent. Le marché du travail reste saturé, souvent informel, et peu adapté aux compétences disponibles sur le terrain.Un autre défi de taille est lié à un système éducatif encore trop souvent déconnecté des réalités du marché. Les formations proposées ne préparent pas toujours aux métiers d’avenir, notamment dans les domaines du numérique, de l’économie verte ou encore des industries culturelles et créatives.Face à l’absence de perspectives, un nombre croissant de jeunes se tourne vers la migration, parfois au péril de leur vie. Ce phénomène traduit un profond désespoir, une perte de confiance envers les systèmes institutionnels, et un sentiment de marginalisation.Les inégalités sociales et de genre accentuent encore davantage la vulnérabilité d’une frange importante de cette jeunesse. Les jeunes femmes, en particulier, continuent de rencontrer des obstacles spécifiques dans l’accès à l’éducation, à l’emploi, ou encore à la participation citoyenne.Enfin, bien que majoritaires démographiquement, les jeunes restent souvent marginalisés dans les espaces de décision. Leur participation citoyenne et politique demeure limitée, alors qu’ils ont beaucoup à apporter à la transformation de leurs sociétés.En parallèle à ces défis, des opportunités importantes émergent et redonnent espoir. Le potentiel démographique constitue une chance majeure. Si elle est bien formée, accompagnée et impliquée, la jeunesse peut devenir un moteur de développement durable.La révolution numérique constitue également un levier puissant. L’accès croissant aux outils digitaux ouvre de nouvelles voies pour l’innovation, l’apprentissage, l’entrepreneuriat, et l’expression citoyenne.De plus en plus de jeunes s’engagent dans l’entrepreneuriat social et l’économie solidaire. Ces initiatives, à la fois génératrices de revenus et porteuses d’impact social, permettent de répondre concrètement aux besoins des communautés tout en favorisant l’autonomisation des jeunes.On assiste aussi à un éveil citoyen fort : la jeunesse se mobilise de plus en plus autour des enjeux de justice sociale, de lutte contre le changement climatique, de gouvernance inclusive et de droits humains.Enfin, plusieurs dynamiques régionales et internationales contribuent à renforcer cette mobilisation. L’Union africaine, les organisations sous-régionales, les ONG et les partenaires techniques et financiers multiplient les initiatives plaçant la jeunesse au cœur des stratégies de développement.Comment pensez-vous que les jeunes peuvent être encouragés à prendre un rôle de leadership et à s’engager dans la vie citoyenne ?Il faut d’abord leur donner les moyens d’être entendus, leur offrir des espaces d’expression, mais aussi des outils pour comprendre les enjeux de société. Leur offrir des espaces d’expression ne suffit pas si on ne les accompagne pas aussi avec les outils nécessaires pour comprendre les enjeux sociaux, économiques ou environnementaux qui les entourent. Chez Social Change Factory, nous croyons profondément que la jeunesse est une force de transformation, à condition qu’on lui donne les clés pour se mobiliser de manière éclairée et structurée.C’est précisément ce que nous cherchons à faire à travers nos programmes. Des initiatives comme Yaa Ma Gëna Xam / Wayewa, un jeu éducatif centré sur les droits et la citoyenneté qui est devenu un outil pédagogique pour des enseignants au Sénégal et au Niger, ou Voix des Jeunes / Voice of the Youth, un format d’expression et de débat télévisée, permettent aux jeunes non seulement de prendre la parole, mais aussi de renforcer leur esprit critique et leur capacité à proposer et mettre en oeuvre des solutions concrètes auprès de leurs communautés. Nous sommes convaincus que le leadership se cultive à travers l’éducation, la responsabilisation et des exemples inspirants. Notre rôle est donc de créer des environnements où les jeunes peuvent apprendre, expérimenter, se tromper parfois, mais surtout progresser ensemble vers un engagement citoyen actif et durable.Comment l’organisation Social Change Factory travaille-t-elle avec d’autres organisations régionales et internationales pour promouvoir les droits des jeunes et des femmes?Social Change Factory adopte une approche de co-construction et de collaboration stratégique pour promouvoir les droits des jeunes et des femmes, à la fois au niveau national, régional et international. Nous sommes membres fondateurs de plusieurs alliances structurantes telles que le Consortium Jeunesse Sénégal, l’Alliance Jeunesse Côte d’Ivoire, le Consortium Jeunesse Bénin qui regroupe des organisations innovantes engagées dans l’inclusion, l’éducation et l’insertion des jeunes. Nous sommes également membre de Generation Unlimited, une initiative mondiale des Nations unies pilotée par des jeunes, pour des jeunes, visant à accélérer leur autonomisation à travers l’éducation, l’emploi et la participation citoyenne et bien d’autres et du Youth Democracy Cohort, une plateforme inclusive rassemblant les gouvernements, la société civile et le secteur privé pour promouvoir l’engagement politique et civique des jeunes.Ces partenariats nous permettent de mutualiser les expertises, de renforcer les capacités des acteurs locaux, et d’amplifier l’impact de nos actions sur le terrain. Que ce soit en co-développant des programmes, en menant des campagnes conjointes de plaidoyer ou en partageant des données issues de nos recherches, nous croyons fermement que les réponses les plus efficaces aux défis sociaux se construisent collectivement. Travailler en synergie avec d’autres organisations nous permet d’agir à grande échelle, de façon durable, et toujours en mettant la jeunesse et les femmes au cœur des solutions.Quelles sont vos perspectives d’avenir pour Social Change Factory et pour la promotion de la jeunesse et des droits des femmes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest ?Pour les dix prochaines années, notre ambition est claire : toucher directement plus de 250 000 jeunes en Afrique de l’Ouest et du Centre dont plus de la moitié de filles  en leur permettant d’acquérir des compétences de vie, de leadership, de citoyenneté et d’employabilité. Nous voulons renforcer leur pouvoir d’agir, leur permettre de s’insérer socio-économiquement et de mettre en œuvre des solutions concrètes pour améliorer leurs communautés et leurs pays.En parallèle, nous renforcerons plus de 500 organisations locales et ferons émerger une nouvelle génération de colibris, porteurs de solutions durables. À travers nos actions, nous voulons amplifier les nouveaux récits africains, mettre en lumière des modèles inspirants, influencer les politiques publiques et transformer en profondeur les systèmes d’inclusion, d’éducation et de gouvernance. Notre engagement restera centré sur les jeunes et les femmes, en particulier les plus vulnérables, dans une dynamique d’équité, de justice sociale et de durabilitéNos perspectives d’avenir pour Social Change Factory s’inscrivent dans une approche systémique : nous voulons faire évoluer notre modèle pour le rendre encore plus durable, plus ancré localement, et plus influent à l’échelle régionale. Cela passe par l’innovation sociale, le renforcement de nos partenariats stratégiques, la capitalisation sur nos apprentissages, et un plaidoyer fort pour faire évoluer les normes et les politiques en faveur des droits des femmes et de la jeunesse.Nous croyons profondément que l’avenir de l’Afrique se joue dans la capacité de ses jeunes à devenir des acteurs du changement et dans la reconnaissance pleine et entière des droits des femmes. C’est cette vision que nous continuerons à porter avec détermination, solidarité et audace.Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes qui souhaitent s’engager dans la vie citoyenne et promouvoir les droits des femmes et de la jeunesse ?Le message que je souhaite transmettre à la jeunesse africaine, c’est d’abord un appel à la conscience et à la confiance. Conscience que chaque voix compte, que chaque action, même modeste, peut transformer une vie, une communauté, un système. Et confiance en leur capacité à porter le changement. S’engager dans la vie citoyenne ou pour les droits des femmes n’exige pas d’attendre d’être parfait ou expert. Cela commence par un pas, une prise de parole, une main tendue, une idée mise en action.Je dirais aussi : n’attendez pas qu’on vous donne la permission. Notre continent a besoin de jeunes courageux, curieux, ancrés dans leurs valeurs et ouverts à l’innovation. Des jeunes qui refusent le statu quo, qui osent remettre en question l’injustice, qui s’engagent avec cœur et conviction. À travers nos programmes, j’ai vu des jeunes filles prendre la parole pour la première fois, des garçons devenir des alliés pour l’égalité, et des jeunes transformer leurs idées en politiques publiques locales.Alors, à celles et ceux qui veulent agir : formez-vous, connectez-vous à d’autres, cultivez-vous, cultivez votre leadership et surtout, n’ayez pas peur de faire votre part. Engagez-vous avec détermination, humilité et audace. Soyez ce colibri qui, face à l’ampleur des défis, choisit d’agir plutôt que de se résigner. Parce que c’est en faisant chacun et chacune sa part que nous bâtirons une Afrique plus juste, plus équitable et plus solidaire.Propos recueillis par Baltazar ATANGANA, noahatango@yahoo.ca

[TRIBUNE] Devoir de convergence (Par Ciré Clédor Ly)

Tract – ‘Le peuple sénégalais a traversé des épreuves difficiles, offrant sueur et sang, et sacrifiant sa jeunesse. Ce sacrifice était à la hauteur des promesses de souveraineté, de responsabilité, de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, ainsi que de justice sociale et d’épanouissement économique, encapsulées dans un programme ambitieux surnommé «Projet», mené par un leader déterminé. 

 Les compradores, alliés des impérialistes, se sont dressés comme rempart, prêts à justifier un génocide contre le peuple sénégalais. L’omerta régnait, et seules les voix de panafricanistes et d’analystes engagés pour la justice parvenaient à percer le silence assourdissant et l’indifférence des États et des organisations censées défendre les droits humains.Les massacres, tortures, arrestations illégales, détentions arbitraires, traitements inhumains, disparitions forcées et violations graves de la vie privée n’étaient pas des incidents isolés, mais étaient systématiquement couverts par une justice soumise et silencieuse. À l’international, un tribunal qui fondait beaucoup d’espoir choisissait de ne pas répondre a l’attente de toute l’Afrique, en totale contradiction avec les principes de justice et de protection des droits humains qui fondent sa raison d’être.L’histoire retiendra la position constante de l’Union internationale parlementaire, qui a su se dissocier des comploteurs pour faire entendre une voix dissidente face à l’injustice.Coincés et dos au mur, les coalisés ont tenté d’orienter la révolution sénégalaise vers une alternance prétendument démocratique. Pourtant, rien de démocratique ne se dessinait, car tous les moyens politiques, institutionnels, juridiques, humains et financiers mobilisés échouaient à contrer le Projet.Il n’y a pas eu de troisième alternance au Sénégal, mais plutôt une révolution. Une classe opprimée s’est levée, guidée par une direction claire pour renverser le pouvoir en place. Au dernier moment, les compradores et leurs maîtres impérialistes ont opéré un repli stratégique, échappant à la violence en remplaçant leurs fusils et armes blanches par des cartes électorales qui ont eu le même impact à leur détriment, le soir du 24 mars 2024.L’artifice démocratique a été utilisé pour éviter une chute violente du pouvoir. Le premier jalon après le renversement du régime était posé, mais restait à réaliser le deuxième jalon : l’exercice effectif du pouvoir avec le peuple, pour le peuple, et par le peuple, à travers les institutions, afin d’instaurer des transformations structurelles.Aucune révolution ne peut réussir si l’ancien régime n’est pas détruit et ses vestiges nettoyés.Le Sénégal semble avoir failli dès le commencement de cette nouvelle étape, en maintenant au sein de l’appareil d’État, notamment dans l’administration, la sécurité, le renseignement et la justice, des bras armés et des esprits du régime déchu.Des individus qui, par leurs postures passées, avaient tout mis en œuvre pour écraser le mouvement révolutionnaire, ont pu conserver ou se sont vu attribuer des postes stratégiques qui auraient pu revenir à une jeunesse compétente, engagée et porteuse d’espoir encadrée par des patriotes, républicains ou nationalistes d’expérience.Cette jeunesse réserve de talents, longtemps mobilisée et terreau de lendemains imprévisibles, commence à sombrer dans l’oubli et le désenchantement. Pourtant, elle est capable de porter et de remporter ce défi.Du nouveau ne peut éclore dans la puanteur et l’odeur nauséabonde d’une eau usée.La révolution ne doit épargner aucun secteur, aucune individualité. La lutte contre l’enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux ne doit épargner aucun corps professionnel : avocats, notaires, magistrats, hommes politiques, fonctionnaires, hommes d’affaires…L’État a également failli à porter un coup de frein net aux excès et dérives de certaines forces de défense et de sécurité. En laissant perdurer l’impunité, il a prolongé la souffrance des victimes pendant que leurs bourreaux sont épargnés. Rien ne saurait justifier que des individus, présumés coupables de haute trahison ou de crimes contre l’humanité, tardent à rendre compte devant la nation avec toutes les garanties de respect de leurs droits, alors même que les victimes, elles, commencent à sombrer dans le désespoir.Il y a lieu de redouter que les procédures engagées soient entachées de vices, ouvrant la voie à ce que les vampires de l’économie se retrouvent simplement sous bracelet électronique, bénéficient de nullités de procédure, ou soient relaxés pour insuffisance de preuves.Pire encore, ces personnes pourraient se retourner contre l’État, exiger la restitution des biens mal acquis placés en cautionnement, et réclamer des dommages et intérêts.l’État semble avoir aussi manqué de vigilance face à certaines organisations, présentées comme issues de la « société civile », mais qui dissimulent en réalité des réseaux d’influence défendant des intérêts occultes.En instrumentalisant des principes humanitaires qu’elles détournent de leur finalité, ces cellules dormantes contribuent à brouiller les repères et à fragiliser les fondements mêmes de la nation.L’atteinte à la vie privée, à l’honneur et à la considération, les injures les plus abjectes, ainsi que la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler gravement le fonctionnement des institutions sont souvent considérées comme des opinions ou des expressions protégées. Pourtant, leur propre cadre juridique indique clairement que ces protections ne sont assurées que lorsque sont respectées « les droits ou la réputation d’autrui, la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publique ».Il est donc crucial d’engager une réévaluation approfondie pour initier des transformations structurelles durables au sein de l’administration et des grandes directions, afin de conjurer l’immobilisme qui paralyse l’action. Pour ce faire, il est impératif de débusquer et d » anéantir tous les lobbys qui se sont réinstallés et d’activer les services de renseignement et de traquer les profils internes et externe impliqués.La menace persiste, et ceux qui s’opposent au changement n’ont pas désarmé. Dans cette optique, le tandem SONKO-DIOMAYE est une nécessité, une exigence et un devoir impérieux, pour réaliser l’idéal pour lequel le peuple a consenti de lourds sacrifices.Ce qui unit le tandem est plus fort que ce que l’esprit peux imaginer et il y a le devoir de mémoire.En ce moment décisif de l’histoire de l’Afrique, le peuple sénégalais et tous ceux qui portent l’espoir d’un renouveau panafricain sont solennellement appelés à s’unir, à faire front commun et à se rallier pleinement derrière le tandem plébiscité. C’est ensemble, dans l’unité renforcée et la vigilance partagée, que seront préservés et consolidés les acquis pour la réalisation dans une détermination inflexible, du grand dessein de transformation historique qui s’ouvre à notre Nation.Ciré Clédor LYAvocat et Citoyen

[OPINION] Halte à la Sonkophobie et à la manipulation médiatique (Par Amina Badiane)

Assez de mépris, assez d’acharnement : il est temps de faire cesser cette salissure ….

Tract – En tant qu’actrice culturelle investie depuis des années dans la promotion des initiatives citoyennes, patriotiques et panafricanistes, je tiens à exprimer ma profonde indignation face à une dérive médiatique devenue proprement insupportable : celle de la stigmatisation systématique, sournoise et obsessionnelle à l’égard de certaines figures de la scène politique sénégalaise, notamment le Premier ministre Ousmane Sonko et ceux qui lui sont proches. 

 Ce que nous avons récemment vu sur la chaîne TFM, avec la mise en scène indigne et une sorte de guet apens tendu au député Amadou Ba – manifestement orchestrée pour le ridiculiser et à travers lui son leader politique –, constitue une illustration parfaite de cette nouvelle forme de violence médiatique. Une mise en scène nauséabonde, fondée non sur le débat d’idées, mais sur l’humiliation, le dénigrement, l’insinuation toxique.J’en parle d’autant plus librement que j’en ai moi-même été victime. Ciblée, caricaturée, attaquée sur cette même chaîne, j’ai pris une décision ferme : ne plus répondre à leurs invitations. Non par peur du débat, bien au contraire – mais parce que je refuse de cautionner des plateformes qui ont trahi leur mission d’information pour devenir des instruments de règlements de comptes.Nous ne pouvons pas construire un Sénégal digne sur les ruines de l’éthique et de la morale. Il y a des lignes rouges qu’aucun média, aussi influent soit-il, ne devrait franchir. Le respect de la vérité, la probité intellectuelle, la volonté d’élever le débat au lieu de le tirer vers les bas-fonds des règlements de comptes personnels : voilà les fondements du journalisme responsable.Un appel à la lucidité collectiveDans un contexte où les défis sont immenses – qu’il s’agisse de souveraineté économique, de justice sociale ou de réinvention démocratique –, les médias devraient être des partenaires et des leviers dans la construction du futur. Ils doivent informer, analyser, proposer, éclairer. Pas diviser, travestir, dénaturer, falsifier ou manipuler.Je lance donc un appel solennel : que les forces vives du pays – les citoyens, les intellectuels, les artistes, les partis politiques, le gouvernement, le mouvement PASTEF lui-même – cessent de nourrir ces circuits médiatiques qui se sont éloignés des exigences républicaines. Il est temps d’investir d’autres espaces, plus respectueux, plus éthiques, plus courageux dans la mise en lumière des véritables enjeux.Contre la Sonkophobie, pour l’unité nationaleCe que j’appelle la Sonkophobie, cette forme pernicieuse de bashing médiatique systématique contre un homme et son projet politique, est en réalité un symptôme d’un malaise plus profond : l’incapacité de certains à accepter le renouvellement des élites, la peur d’une rupture avec les pratiques anciennes, l’angoisse de perdre des privilèges acquis sans légitimité démocratique.Mais il faut le dire : ce combat dépasse largement la personne d’Ousmane Sonko. Il s’agit de défendre une certaine idée du Sénégal. Un Sénégal debout, pluraliste, où les divergences se confrontent dans le respect et non dans la haine. Un Sénégal tourné vers 2050, non vers les querelles d’arrière-boutique ou les chroniques des faux intellectuels qui n’ont pour tout viatique que leur suffisance et leur amertume.L’heure est à la culture de la responsabilité et non à l’appauvrissement des moral et intellectuel des masse. L’heure est à l’élégance dans le débat, à la fermeté dans la défense des principes, à la hauteur de vue face aux enjeux nationaux. L’heure est venue de tourner le dos aux aboyeurs de service pour se tourner vers la construction, la transmission, l’unité.Que ceux qui croient au Sénégal s’engagent. Que ceux qui le trahissent par le verbe soient démasqués.Amina Badiane

[FOCUS] ‘PROJET’ Sénégal Vision 2050: Stratégies de redressement économique face à l’endettement et aux défis des bailleurs de fonds (Par Dr. Seydina Oumar Seye)

Un contexte économique sous tension

Tract – Le Sénégal fait face à une crise économique multiforme, marquée par un niveau d’endettement élevé, des contraintes de décaissement du FMI, et une méfiance croissante des bailleurs de fonds. Les agences de notation, quant à elles, brandissent le risque pays, alimentant les inquiétudes des investisseurs. Dans ce contexte, le gouvernement sénégalais, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, doit mettre en œuvre des stratégies rigoureuses pour redresser l’économie, tout en diversifiant ses partenariats et en revitalisant la coopération bilatérale, notamment avec la France, les États-Unis et la Chine,… 

 1. La dette sénégalaise : entre transparence et polémiqueUn héritage financier lourd. Le gouvernement actuel a hérité d’une situation budgétaire obérée par des irrégularités comptables et une sous-évaluation des déficits. Le rapport de la Cour des comptes de février 2025 a révélé un déficit de plus de 10 % du PIB en 2023, contre 5 % initialement annoncé, conduisant à un gel du programme du FMI (1,9 milliard de dollars).Pour rétablir la confiance, les autorités ont mandaté un cabinet international indépendant pour auditer la dette publique sur la période 2019-2024. Les estimations provisoires indiquent une dette de l’administration centrale s’élevant à 20 738 milliards FCFA fin 2023 et 23 563 milliards FCFA fin 2024.La controverse méthodologique Un rapport de Barclays a récemment estimé la dette à 119 % du PIB en 2024, un chiffre contesté par les experts locaux. Le Dr Bocoum, économiste certifié par le FMI, dénonce une « misinformation », soulignant l’absence de base officielle et un biais de perception des marchés.Stratégies adoptées : – Transparence accrue : Audit indépendant et communication proactive. – Refinancement de la dette : Renégociation des échéances et diversification des sources de financement.2. Les défis structurels et les réformes en cours.Une croissance dynamique mais déséquilibrée Le Sénégal table sur une croissance de 5,5 % en 2026-2028 (selon le DPBEP), tirée par le pétrole, mais freinée par des secteurs secondaires et tertiaires en ralentissement. Les faiblesses structurelles persistent : – Dette utilisée pour refinancer des échéances plutôt que pour des investissements productifs. – Disparités régionales (57 % de pauvreté à l’Est contre 9 % à Dakar).La LFR 2025 : un budget de vérité ? La Loi de Finances Rectificative 2025 intègre des dettes cachées (3 384,1 milliards FCFA) et des arriérés dus aux entreprises (500,9 milliards FCFA). Pour le Pr Abou Kane (FASEG/UCAD), cette rectification aurait dû être anticipée dès la Loi de Finances Initiale (LFI) pour éviter une « crédibilité budgétaire fragilisée ».Réformes clés : – Assainissement des finances publiques : Réduction du déficit à moins de 7 % en 2025. – Partenariats Public-Privé (PPP) : Relance des investissements via des projets structurants (ex. : usine Mercedes Trucks). – Transparence Budgétaire et Dette : Un Préalable à la Crédibilité. « La LFR 2025 est un acte courageux » : l’intégration de la dette cachée (3 384,1 milliards FCFA) et des arriérés aux entreprises (500,9 milliards) montre une volonté de vérité. Dans un contexte mondial atone (+3,2 % de croissance en 2025, FMI), cette transparence rassure les partenaires comme le FMI. C’est un signal fort pour négocier des rééchelonnements ou des prêts concessionnels. Cependant, comme souligné à Séville, l’architecture de la dette doit être réformée : clauses de suspension en cas de choc, équité dans les notations financières. Le Sénégal, avec ses alliés, doit plaider pour cette refonte lors du sommet États-Unis–Afrique.3. Les réticences des bailleurs et la diversification des partenariats.Le FMI et les contraintes de décaissement Le gel du programme FMI en raison du misreporting (déclaration inexacte des données) a limité l’accès aux financements. Les autorités travaillent à un retour à l’orthodoxie budgétaire pour rétablir la confiance.Vers de nouveaux partenariats économiques. Face aux réticences des bailleurs traditionnels, le Sénégal diversifie ses alliances : – Espagne : Renforcement de la coopération en agriculture et gestion migratoire. – Chine et pays du Golfe : Recherche d’investissements alternatifs. – États-Unis : Participation du président Faye au sommet États-Unis–Afrique en juillet 2025.Diplomatie Économique : Les Opportunités Post-Retrouvailles Diomaye-Macron « Comment exploiter le réchauffement avec la France et le sommet Trump ? » « Le dialogue renoué entre Diomaye et Macron ouvre des portes : – Énergie et Terres Rares : La France, via l’UE, pourrait soutenir des projets miniers durables (ex : lithium, zircon) avec des transferts technologiques. – FMI : Paris, membre influent du FMI, peut appuyer un programme élargi axé sur les infrastructures critiques, en échange d’engagements climatiques. Quant au sommet Trump, c’est une tribune pour : – Sécurité Sahélienne : Demander un ‘parapluie sécuritaire’ américain (drones, renseignement) contre le terrorisme. – Investissements Privés : Pousser des PPP dans les énergies renouvelables, avec des garanties de l’USAID.Coopération Économique : Priorités et Leviers : « Trois axes sont critiques » : 1. Réforme du FMI : Obtenir des DTS (Droits de Tirage Spéciaux) pour les pays vulnérables, comme proposé à Séville. 2. Diversification : Associer terres rares et agriculture (ex : projets comme ‘Barha’ en Guadeloupe, où la réhabilitation foncière attire des investisseurs ). 3. Solidarité Régionale : Créer un fonds sahélo-sénégalais pour les PME, inspiré des exonérations guadeloupéennes pour les terrains agricoles.4. La nécessité d’une revitalisation de la coopération France-Sénégal.Dans un contexte de crise mondiale, la relance du partenariat bilatéral avec la France apparaît comme une solution stratégique. Historiquement, la France a été un partenaire clé en matière d’investissements, d’aide au développement et de soutien monétaire (via la zone franc).Pistes de collaboration renforcée : – Appui technique et financier pour la réforme des finances publiques. – Investissements ciblés dans les énergies renouvelables et l’agro-industrie. – Soutien diplomatique pour une réforme de l’architecture financière internationale (plaidoyer pour des clauses de suspension automatique de la dette en cas de choc).En conclusion, Un plan de redressement ambitieux mais incertain. Le Sénégal dispose d’atouts (croissance économique, potentiel pétrolier, stabilité politique) mais doit : 1. Consolider la transparence budgétaire pour rassurer les marchés. 2. Accélérer les réformes structurelles (gouvernance, diversification économique). 3. Renforcer les coopérations bilatérales, notamment avec la France, pour sécuriser des financements alternatifs.Vers un Plaidoyer pour l’Audace. « Le Sénégal a des atouts » : transparence budgétaire, leadership jeune, ressources stratégiques. Mais il faut : – Un Plan Marshall Local : Associer FMI, UE, les États-Unis et la Chine autour d’infrastructures et le renouvellement de l’appareil productifs. – Une Diplomatie Agile : Profiter des sommets pour porter une voix africaine unie.In fine, « Ce n’est pas la dette qui est dangereuse, mais l’incapacité à maîtriser les conditions de son financement. » La réussite du redressement économique sénégalais dépendra donc de sa capacité à concilier rigueur budgétaire et innovation partenariale. Dr. Seydina Oumar Seye Sources : – Rapports du Ministère des Finances et du Budget (Sénégal). – Analyses du Dr Seydina Oumar Seye, du Pr Abou Kane (FASEG/UCAD). – Données ANSD, FMI, Barclays. – Conférences internationales (ONU, Somme

[TRIBUNE] (R)évolution française fêtée ce 14 juillet | Sénégal-France, 400 ans de ‘sol(lic)itudes’ : une relation chahutée, mais un lien indéfectible. Quel bilan économique ? (Par Ousseynou Nar Gueye)

Tract – La BPI France, Banque Publique d’Investissement, vient d’organiser ce 8 juillet 2025 à Dakar, à une semaine pile de la fête nationale française qui commémore l’historique ‘(R…)Évolution française’ de 1789 (avènement de la république à laquelle succédèrent deux empires et trois monarchies, avant d’en revenir à la République définitivement en 1870)-; la BPI France donc, a tenu de belle main et avec haute réussite son Forum ‘Inspire & Connect – Afrique de l’Ouest’.

Anglofrancophonie

Notez bien le néologisme anglais – néologisme dès lors que des officiels et agents publics français utilisent l’anglais à l’oral, et pire – ou mieux – à l’écrit – par lequel la France des palais de la République se décolonise de sa propre langue française, avec ce poids du passé si lourd à porter, pour cet idiome international des Indigènes de Toubabie qui a conquis tant de locuteurs par la force des canons et la soumissions à ses visées impérialistes et assimilationnistes d’antan et de naguère. Trop connoté négativement, quand on parle de libertés, de démocratie ou de business, aussi bien chez la vieille France que dans les pays de la Jeune Afrique aux indépendances encore seulement sexagénaires. Et surtout, en ces temps de décolonialisme effréné et forcené à la sauce Kemi Seba né Robert Capo Chichi, Nathalie Yamb (‘Yambb’, l’abeille en wolof: ‘fly like a butterfly, sting like a bee’) et autres Franklin Nyamsi (qui enseigne la philo aux jeunes Normands du lycée à la fac, sans discrimination entre statut de prof de lycée ou de prof d’université ), des ‘Panafripons’ (pour reprendre François Soudan, directeur de la rédaction du magazine négropolitain Jeune Afrique) qui chauffent à blanc sur ces sujets la rue des pays de l’AES et la Twittosphère (X-sphère?) de la jeunesse francophone subsaharienne.

Forum ‘Inspire & Connect’ ? Onomastique anglo-saxonne identique à plusieurs autres programmes de développement tout aussi officiels de la France officielle de ces dernières années; en direction de l’Afrique francophone et non-francophone, que sont ‘Choose Africa’ ou encore ‘Digital Africa’.

Haut de bilan et bas de bilan

La BPI, organisatrice de cet événement de réseautage de haut niveau, de B2C et de B2G, du 8 juillet 2025 ? Un mécanisme financier et un organisme bancaire qui fait cruellement défaut à notre pays le Sénégal, à côté du fonds souverain FONSIS, du fonds de garanties prioritaires FONGIP, de la banque nationale BNDE et même de la Caisse des Dépôts et Consignations sénégalaise, qui n’arrive pas à pallier cette carence en matière de BPI. Il nous faut une BPI sénégalaise, et vite.

Alors, 400 ans de relations économiques entre le Sénégal et la France, le bilan ? Par où commencer ? Le haut de bilan ou le bas de bilan ?

Des colonisateurs français finalement assez… bana-bana

Eh bien, la rencontre économique entre nos deux pays et nos peuples devenus cousins est d’abord architecturale et passablement commerçante, pour ne pas dire… assez ‘bana-bana’ : la France construit l’île de Saint-Louis, ‘la Ndar d’Art », en 1655 et édifie des bâtiments majestueux sur l’île de Gorée, en 1677; c’est-à-dire les deux premiers postes avancés de comptoirs coloniaux commerciaux. Qui, pour Saint-Louis, est baptisé déjà du nom du roi de France par des mercantis gaulois venus de Nantes, Bordeaux, Marseille, etc. et forts avisés en matière de diplomatie d’influence commerciale et financière privée auprès des gouvernants de ce monde du 17ème siècle, époque faste pour les rois théocratiques, couronnés en France et ailleurs en Europe par la papauté ; une Europe conquérante qui se prend pour le nombril du monde et qui ‘découvre’ les autres contrées et les différentes autres peuplades du monde, comme si celles-ci attendent l’arrivée des grands bateaux à coques rebondies, à voiles et gouvernail, des Rouges d’Oreilles pour cesser d’être et commencer à exister.

Il y a loin, de ce 17ème siècle de colonisation française du Sénégal, entreprise coloniale d’abord commerciale et commerçante; puis militaire et administrative et officielle ; et enfin missionnaire catholique ; évangélisatrice et catéchumène ; jusqu’à ce ‘Inspire and Connect – Afrique de l’Ouest’ de début juillet 2025, qui rassemble dans la capitale du pays de la cantatrice Yandé codou Sène, 700 acteurs économiques et institutionnels autour de 12 secteurs-clés, pour l’industrialisation du continent. Avec pour vision et ambition de renforcer les relations d’affaires intra-africaines et franco-africaines. Autour de nouvelles générations d’entrepreneurs, d’investisseurs et d’acteurs économiques africains et français, dont les organisateurs de la BPI nous disent qu’ils sont ‘tous résolument tournés vers l’avenir et l’industrialisation du continent.’

Entre les deux ères, on passe de ‘la part sombre et du côté obscur de la force’ de l’entreprise coloniale dans laquelle sont intercalés trois siècles de honteux commerce transatlantique pour la vente de de bois d’ébène humains raptés comme des animaux sauvages tout anthropomorphes qu’ils fussent, et transportés en cale de bateaux négriers, avec un fort taux de mortalité en cours de route marine, vers les champs de coton états-uniens et les plantations de canne à sucre du Brésil et des Antilles françaises ; on passe de cela à une époque plus lumineuse, mais pas forcément éclairante, ni éclaircie, on passe à des rapports équitables à défaut d’être égalitaires, avec une aide au développement qui ne veut plus s’appeler que : ‘investissement solidaire’, pour reprendre le mot de Rémy Rioux, patron de l’Agence Française de Développement (AFD), reçu en audience il y a une semaine à Dakar par le président Diomaye Faye.

Sénégal-France : des vases communicants

Mais, passons vite de la colonisation à la période post- Indépendances :

– Léopold Sédar Senghor, avec la Constitution de la 4eme République Française tropicalisée au Sénégal, suscite et auto-fomente le coup d’État perpétré par le Président du conseil, le Grand Maodo Mamadou Dia, qui est le véritable chef de l’Exécutif à deux têtes, sous cette Constitution-là.

– Avec la Constitution de la Vème République Française de 1958 du Général De Gaulle, que Léopoète Senghor fait adopter en 1963 : il fait accoucher à son régime d’un État- garçon; un État fort; centralisé; étatisé et socialisant, qui redistribue les richesses mais finit par n’avoir plus que la pauvreté du plus grand nombre à redistribuer dans les années 1970 de sécheresse prolongée durant plusieurs années. Occurrence climatologique dramatique qui conduit d’ailleurs à l’émigration vers la France dite après des Trente Glorieuses, l’Hexagone des usines Peugeot et Renault qui recrutent à tour de bras et des foyers Sonacotra à lits superposés pour adultes sahéliens, des centaines de milliers de ressortissants du Fouta Toro; du Ferlo et de la Casamance, auxquels la capitale Dakar ne peut plus offrir un travail décent; ni même ce qui pourrait s’appeler un travail:

C’est l’époque où, avec la monoculture de l’arachide, Senghor pérore et se répète sur la ‘déterioriation des termes de l’échange’. En même temps que prophète venu trop tôt, Senghor affirme qu’il y a bel et bien du pétrole dans le sous-sol sénégalais.

En cette époque senghorienne de ‘parti unifié’ et de dure répression de la gauche autoproclamée ‘clandestine’; les commerces (supermarchés Printania, etc.), les PME et les industries sont françaises de capitaux et de personnels, y compris pour ce qui est des staffs subalternes.

Au Sénégal, le vrai Bug de l’An 2000 est… électoral

Vient le longanime Abdou Diouf. Pour vingt ans de pouvoir dominé par ‘les ajustements structurels’ imposés par le FMI et par la Banque Mondiale, ce dont la France (l’Afrance?) se lave les mains comme Ponce Pilate, jusqu’à la brutaliste dévaluation balladurienne de 50% du Franc CFA en janvier 1994.

Puis, ô divine surprise, il s’avère que cette dévaluation donne de l’air, une nouvelle respiration financière et des marges de manœuvre nouvelles et accrues à l’économie de plus en plus désétatisée du Président Diouf (désétatisation qui culmine avec l’emblématique privatisation des PTT qui deviennent la Sonatel en juillet 1997).

An 2000 : le vrai Bug de l’An 2000 a lieu au Sénégal. Dans les urnes sénégalaises, le 19 mars. Quand le longanime et longiligne Diouf pense enfin jouir des fruits de l’embellie économique; le Wade-Man-Show le cueille à froid et Diouf est définitivement…’Abdou des souffle’ .

Wade grand seigneur (la main un peu forcée par le Président français Chirac, parrain de Yacine la fille d’Abdou) expédie Abdou Diouf à la tête du Secrétariat Général de la Francophonie, quelques mois plus tard. Pour un long bail à la tête de l’OIF, de 2000 à 2014. Diouf étant élu à ce poste lors du 10e Sommet de la Francophonie à Moncton, au Canada, en 2000, et est réélu pour deux mandats supplémentaires en 2006 et 2010.

 Wade-Man-Chauve, Wade Man Show

Avec Wade, et son partenaire économique historique ‘de premier plan de tout temps’ qu’est la France, comme dans tous les autres domaines, c’est le grand chamboule-tout. Wadus Laïus démultiplie et diversifie les relations partenariales pour en finir avec le tête-à-tête si long à en devenir mortifère vis-à-vis de la France, en se tournant vers les pays du Golfe (qui financeront ‘SON’ sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique, OCI, en 2008), la Turquie, l’Inde, la Chine qui devient le premier partenaire économique du Sénégal depuis ces années-là, en termes de balance commerciale.

Même si les beaux-parents français d’Abdoulaye Wade Premier (sa Première Dame Viviane Vert Wade étant Sénégalaise d’ethnie toubab) ont beau jeu de crier, depuis l’ère Wade jusqu’en cette ère Diomaye Faye , que la France reste « le premier bailleur du Sénégal avec, en 2025, 1500 milliards de FCFA investis dans 75 projets ».

Wade président arrache un grand terminal portuaire aux Français de Bolloré (devenus depuis AGL) pour le donner aux Dubaïotes de Dubaï Port World; il reprend des bases militaires aux Français; il parle d’apporter l’énergie nucléaire aux Sénégalais. Il se fait souverainiste et panafricaniste avant l’heure, Gorgui Wade, en organisant son troisième Festival Mondial des Arts Nègres -FESMAN -en 2010) ; en érigeant sur fond de vives polémiques y compris avec le sculpteur académicien de l’Académie française des Beaux-Arts Ousmane Sow, le fameux Monument de la Renaissance Africaine. Qui, après avoir fait vomir de dégoût et de dévotion religieuse menacée par cet immense totem gri-gri bien des Sénégalais, est devenu accepté par tous et représente l’emblème désormais le plus connu de Dakar, devant les cars rapides et le tieboudiene; bien que celui-ci soit inscrit à la fin du Salltennat de Macky Sall, comme patrimoine mondial immatériel par l’UNESCO, sur entregent dynamique de mon frère et ami Souleymane Jules Diop, alors Ambassadeur chef de la Délégation du Sénégal à l’Unesco, et de ses collaborateurs dont l’efficace Latyr Diouf, mon non moins frère cher et ami aimé, devenu dans l’opposition en 2025, membre du Secrétariat Exécutif National de l’APR.

Karim Wade, 1er président français du Sénégal ?

Mais Wade père finit mal : sous prétexte de rechercher un troisième mandat, il essaie (vainement !) de nous refourguer un Français comme Vice-Président en devenir rapide de Président de la République par génération spontanée (et du Concret?) élu sur ticket non modérateur au quart bloquant de 25% des électeurs. Karim Wade, son non moins fils, qui nous sort déjà par tous les trous du nez avec les black-outs intempestifs de 2011 dont son ministère en charge de tout est responsable et ses appels à intervention militaire française, lancés à son tonton Robert Bourgi, qui a autant de passeports différents que de personnalités variées.

Que dire de l’ère Macky Sall ? Il continue certes les projets de Wade et les termine, tout en gardant les partenariats internationaux diversifiés. Mais, Macky se livre aussi pieds et poings liés aux Français (qui selon lui, estimaient tant les Sénégalais qu’ils donnaient du dessert au tirailleurs wolofous et assimilés wolofous, et pas au tirailleurs sénégalais des autres territoires africains) : l’Autoroute à péage dite de l’Avenir est cédée à vil prix de redevance à Eiffage, avant que Macky ne réalise la bourde que c’est de ne réclamer que 800 000 frs de redevance d’occupation de terres au DG d’Eiffage Sénégal, Gérard Senac; et y mette bon ordre.

Avec le TER (Train Express Regional) à 800 milliards pour 36 kilomètres reliant Dakar à Diamniadio, Macky fait dans la dépense ‘pharamineuse” et somptuaire. Bon, il est quand même prévu une extension de 19 kilomètres de Diamniadio à l’AIBD, portant la longueur totale à 55 kilomètres et justifiant d’autant l’importance du TER avec cet accès aéroport.

Ce qui se fera sans doute sous le président Diomaye Faye, même si Macky a tenu à aller inaugurer la gare d’accueil du TER à AIBD et à poser aussi la première pierre de ce serpent de mer national fantomatique qu’est le Mémorial de Gorée, projet en cours et au long cours depuis l’époque du Président Abdou Diouf (sic!). Avant de quitter le pouvoir, oui, Sall a fait ça.

Avec Air Sénégal et ses avions Néo achetés neufs par son DG français Philippe Bohn chez Airbus en France, Macky a aussi accouché d’un autre gros et boiteux éléphant blanc, qui aujourd’hui, doit une dette intérieure très importante à ses prestataires nationaux. Le dépôt de bilan pointe le bout de son nez sur le nez des avions d’Air Sénégal, dont certains sont saisis par les créanciers étrangers sur les tarmacs de ce monde sans pitié in bizness.

Un BRT si populaire, si efficace

Trouve grâce aux yeux de beaucoup de Sénégalais, le projet devenu bien concret de BRT, Bus Rapide Transit, qui évacue en 40 mn vers le centre-ville du Plateau dakarois les populations de la banlieue proche et populeuse de Guédiawaye.

Il reste à éloigner du trajet du TER tous ces vieux Tata et taxis clandos qui en encombrent le chemin et causent des embouteillages aux intersections. Il reste aussi à faire en sorte que Dakar Dem Dikk, la belle création de Gorgui Wade qui remplace la Sotrac moribonde, mette en place assez de correspondances (y compris, bientôt, avec des bus roulant au gaz) pour acheminer les passagers-usagers des banlieues environnantes que sont Pikine, Thiaroye, Yeumbeul et Keur Massar vers les gares de départ du BRT à Guédiawaye, afin de maximiser l’efficience de ce beau BRT, opéré de belle manière par une multinationale française. Comme c’est aussi le cas avec le TER, qui se partage entre leadership sénégalais et gestionnaire français, entre SENTER et SETER.

Macky a aussi désaffecté l’ancien aéroport de Dakar Yoff en décembre 2017, sans préavis, pour aéroporter tous les acteurs ‘aviationnaires’ vers AIBD dans la région de Thiès, Aéroport International Blaise Diagne. Les terres de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Yoff, il a commencé à en vendre une bonne part, pour des projets immobiliers à des acquéreurs privés par la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts et Consignations : devenue CDC Habitat sous le PR Diomaye Faye, elle est issue de la transformation de la Compagnie Générale Immobilière du Sahel (CGIS), son ancien nom sous le président Sall.

Enfin, au plan du rapatriement des œuvres d’art spoliées au Sénégal sous la coloniasation, par les guerres de colonisation, par des rapines, par des antiquaires européens peu scrupuleux avant et pendant la colonisation, pour rejoindre les musées français et les collections privées de riches familles françaises anciennement nobles ou actuellement bourgeoises : Macky n’aura réussi qu’à faire rapatrier une pièce unique dans tous les sens du mot : le sabre du résistant anti-colons El Hadj Oumar Foutiyou Tall; et encore, ceci pour un prêt de 5 ans au Musée des Civilisations Noires de Dakar. Car, (re-sic), la législation actuelle de la France ne permet pas de nous rendre nos œuvres d’art. Œuvres d’art qui pour nous sont des objets rituels qui trouvent leur place dans une large cosmogonie œcuménique entre religions révélées et paganisme africain, et non pas des objets décoratifs, aussi beaux ou chers soient-ils.

Le Diomayat 2024-2029 : il faut que tout change pour que tout reste pareil

Puis vinrent Diomaye et Sonko. « Sonko Mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko ». Avec le coup d’État électoral et démocratique de mars 2024 (pour reprendre le journaliste de RFI et écrivain du roman « Mâle Noir’’, Elgas né El Hadj Souleymane Gassama), putsch auquel j’ai activement pris part et avec enthousiasme fait participer par la campagne électorale et la mobilisation de jeunes et de moins jeunes au sein de la Coalition Diomaye Président.

Diomaye et Sonko donc. Le Diomayat, comme le définit le chef de l’État actuel, est souverainiste et panafricaniste de gauche : il faut donc que tout change pour que tout reste pareil. Les bases militaires françaises et toutes autres bases militaires éventuelles d’autres pays étrangers sont expulsées. Et le départ de la centaine de bidasses français résiduel devrait se faire définitivement en fin juillet 2025, avec armes, bagages, compagne, gamins, mobilier et munitions. Avec quand même 160 travailleurs sénégalais de ces bases, laissés au chômage inopiné et sur le carreau. Toutefois, le haut commandement français au Sénégal s’est escrimé à essayer de leur faire retrouver du travail par des formations et par l’organisation de forums pour l’emploi.

Les contrats pétroliers aussi seront renégociés, a fermement indiqué le PR Diomaye. Le PM Sonko veut, sur instruction du PR, travailler à fusionner des agences publiques. Ce n’est pas forcément une bonne idée, écrivais-je ici la semaine dernière. Car ces agences publiques ont une forte et efficace capacité d’absorption des fonds des bailleurs multilatéraux et bilatéraux, que n’ont pas les administrations de la Fonction Publique.

Mais bon : puisque l’objectif du président et du Premier est ‘de dépendre de ressources endogènes’, comme dit dans le communiqué du Conseil des ministres d’il y a 8 jours à ce sujet, ils peuvent bien supprimer des agences publiques et en fusionner d’autres. Toutefois, pouvons-nous vivre en autarcie économique? Sans le FMI ? Sans la Banque Mondiale? Sans les bailleurs bilatéraux ? Poser ces questions, c’est déjà en grande partie y répondre.

Le président Diomaye Faye a aussi érigé la question du massacre en 1944 au Camp de Thiaroye d’un nombre inconnus de Tirailleurs Sénégalais (de toutes nationalités ouest-africaines et pas seulement sénégalaise) comme un combat de principe et une question mémorielle et de retrouvailles dans la vérité et avec une justice qui passe, entre les Sénégalais d’abord, entre les Sénégalais et les Africains ensuite, et entre les Sénégalais et les Français enfin. Une problématique qu’il n’est pas possible d’occulter ou de balayer sous le tapis où sont envoyés les soldats inconnus des guerres coloniales et des guerres mondiales. Le minimum, c’est de savoir combien de soldats ont été tués (entre 35 et 170 selon les historiens) lors de Thiaroye 44 ! Et des fouilles sont opérées, à juste titre, en ce moment au camp de Thiaroye !

Sénégal- France, amour-haine? Il n’y a pas de désamour !

Alors ? Bilan de la relation économique Sénégal – France en 2025, trois cent soixante-dix ans après l’érection des bâtisses coloniales à patio frais et à balcons en ferronnerie de la belle ville-île-Venise du Nord qu’est Saint-Louis, la Ndar d’art ?

Eh bien, il n’y a pas de désamour, selon l’Ambassadeure de France à Dakar. À l’heure de l’agenda « Vision Sénégal 2050 » et de la volonté française de refonder sa coopération internationale, les deux pays sont sur le chantier inédit mais sincère de la révision complète du portefeuille d’actions menées au Sénégal. Pour vite et bien aligner les projets sur les ambitions des nouvelles autorités sénégalaises pour notre peuple, dans le cadre de politiques Nord-Sud de développement équitable.

Avec 220 projets de partenariat en cours, un investissement cumulé près de 2 296 milliards de francs Cfa, et 270 entreprises françaises employant majoritairement des Sénégalais, la France reste un acteur-clé dans les domaines de l’économie, de l’éducation, de l’énergie, ou encore de la santé.

Concernant la restitution d’objets culturels, après celle du sabre d’El Hadj Oumar Tall, Paris se dit ouverte à d’autres démarches… à condition que le Sénégal formule des demandes officielles, comme cela a été fait pour le Bénin avec les trésors d’Abomey.

Sur un autre plan, celui de la querelle des visas et de la question de la liberté légitime de circulation des Sénégalais et de leur droit à la migration, quel que soit le motif : en 2023, 5 300 étudiants sénégalais ont rejoint la France. Une application numérique a été mise en place pour permettre aux candidats d’évaluer en amont leurs chances de succès, et éviter ainsi les démarches coûteuses et vaines. Selon son Ambassadeur au Sénégal, l’Excellence Christine Fages, ‘la France reste attachée à l’accueil des étudiants étrangers, dans un esprit de réciprocité et de partenariat académique’.

A cet égard, Le Sénégal dispose de l’une des plus importantes communautés estudiantines en France : le Sénégal a la cinquième communauté estudiantine étrangère en France, avec quelque 15 mille étudiants : il se classe juste derrière le Maroc, la Chine, l’Algérie et l’Italie. Le nombre d’étudiants sénégalais vivant en France a augmenté de 62% en cinq ans.

Pour ceux qui ne sont pas des étudiants, reste le sujet fâcheux et épineux des délivrances de visas Schengen par la France au Sénégal : au moins 62% des demandes de visas Schengen de court séjour reçues par les services consulaires français au Sénégal sont accordés. Le taux d’acceptation de court séjour est supérieur à 62%». Ce qui est une bonne surprise, à mes yeux d’observateur, dois-je dire. Le Consulat général de France à Dakar a reçu environ 43 000 demandes de visas en 2022 et quelque 46 000 en 2023.

Les Binationaux et les Trinationaux

Alors, l’économie, l’académique, le patrimoine culturel : et après ? La France et le Sénégal, c’est aussi l’histoire de tous ces binationaux (Sénégalo-Français) ou même trinationaux (Sénégalo-Franco-Libanais).

Nous tirons de la fierté de ces binationaux. Au premier rang desquels les Lions du Football qui nous ont ramené le beau trophée de la CAN de foot de Yaoundé lors d’une victoire historique en 2022, au bout de la chaude nuit camerounaise, dans le pays – ‘Continang’ de Samuel Eto’o Père.

Mais quand ces binationaux entrent au gouvernement comme ministre ou prennent des Directions générales du public, cela râle de partout…

Les Binationaux sont aussi nombreux dans le Fouta et le Ferlo, où les pères franco-sénégalais, souvent, ne déclarent que leurs enfants mâles comme français et aussi les enfants mâles de leurs frères et cousins et sœurs comme étant leurs enfants français véritablement nés d’eux. Ce qui fait s’arracher les cheveux aux gens des services consulaires français, à juste titre (de séjour?…), qui vont souvent opérer des descentes-razzias-surprises dans les villages le long du fleuve Sénégal, pour saisir, vérifier et confronter les registres d’état-civil.

Ces Français du Sénégal qui votent Le Pen

La France au Sénégal, c’est aussi tous ces restaurants et pâtisseries, et nous Sénégalais ne sommes jamais en manque de fringale de bon pain (français). Le Sénégal en France, ce sont tous ces restos de divers standing, du boui-boui de cour de foyer au restaurant 4 étoiles, qui servent le tieboudiene et le mafé et le soupoukandia, y compris dans des food-trucks très courus par les clientèles urbaines des employés de barres d’immeuble, indigènes du pays, c’est-à-dire Français ‘de souche’.

La France au Sénégal, ce sont aussi tous ces Français dit de souche, retraités à Saly Portudal ou au Cap Skirring, et aussi des Français d’origine sénégalaise bon teint comme l’on dirait, qui votent le Pen et Zemmour aux dernières présidentielles et législatives françaises. Un peu triste, toujours incompréhensible.

Ce que je ne dois pas à la France, ce que je me dois envers le Sénégal

Puis-je parler de tout ce qui précède sans parler de mon rapport personnel à la France ? Peut-être pas.

J’ai été Directeur de l’Alliance Française de Saint-Louis du Sénégal, nommé à l’âge de 23 ans. Nommé pour trois ans par la Délégation Générale de l’Alliance Française au Sénégal et en Gambie, alors dirigé par celui qui est resté mon frère grand et cher et mon ami depuis 30 ans, Patrick Mandrilly, dont je salue la mémoire de la feue épouse, la si vivante Dominique aux yeux bleu marine et à la peau toujours bronzée.

Cela a été mon deuxième job après celui de professeur d’Anglais, sorti de l’École Normale Supérieure de Dakar.

Après l’Alliance Française de la Ndar d’art, j’ai opéré une reprise d’études pour changer définitivement de la carrière enseignante, en passant un DESS équivalence Mastère en relations Interculturelles Option Gestion des Arts et Politiques Culturelles Internationales, promotion 1999 de l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle.

A mon retour à Dakar en juillet 1999, j’ai refusé le choix de continuer ma carrière avec les Alliances françaises et la promesse au bout d’être naturalisé français pour servir dans des Alliances françaises ailleurs dans le continent noir et sur le globe.

J’ai choisi de persévérer dans mon être de Sénégalais et d’Africain. J’ai pleinement embrassé la double carrière d’ingénieur culturel et de journaliste et éditorialistes, que j’ai débuté en 1995 à Saint – Louis à Radio teranga et avec le quotidien Le Matin de Dakar, où j’exerçe occasionnellement pendant que je suis Directeur de l’Alliance Française de Saint-Louis, en même temps que je m’inscris en cours à distance à la fac de Droit de l’UCAD.

En juillet 1999, à mon retour de Paris, je rejoins trois rédactions simultanément : celle du quotidien Le Matin, celle de l’hebdo Le Témoin pour tenir les pages politiques, avec M.O.N, et celle de Radio Nostalgie Dakar.

En juillet 1999, je sentais bien venir la première Alternance politique (pour laquelle j’ai manifesté en 1998 devant le l’Assemblée nationale française en 1998, lors de la visite du Président Diouf aux députés hexagonaux pour y prononcer un discours). Alternance qui surviendra bel et bien, après 9 mois de grossesse temporelle politique le 19 mars 2000 : je voulais être du côté du pays où l’Histoire se fait. Pas en France où l’Histoire avait déjà fini d’être écrite et faite, et où tout était recommencements, et où aucun projet ne pouvait plus réellement bouleverser la société.

Bon, je me suis un peu trompé car Sénégal, France et reste(s) du monde : nous avons eu la révolution Internet, puis réseaux sociaux, qui a tout chamboulé, pour le meilleur et le pire. Et maintenant, nous avons droit à l’insu de notre plein gré, à la Révolution IA (Intelligence Artificielle) qui n’a pas fini de commencer de mettre la planète Terre et le monde du Travail et le secteur des industries culturelles et créatives et le journalisme et l’éducation : sens dessus dessous, et tête bêche, dans un tout sans queue ni tête.

A propos d’éducation, j’ai travaillé comme consultant international de l’International Trade Center en 2022 pendant un an et demi, mon contrat y étant supervisé par un Sieur Dard …dont l’ancêtre direct Jean Dard a créé la première école du Sénégal au 18ème siecle à Saint-Louis, la Ndar d’Art. La boucle est ainsi bouclée.

Au final, dans ce bilan économique Sénégal- France, je conclus que le bilan est globalement satisfaisant.

Les totems à déboulonner : et non, ce n’est pas la statue de Faidherbe !

Il reste des totems à déboulonner. Pas la statue de Faidherbe qui avait bien sa place à la…Place du même nom devenu Place Baya dans la capitale du Nord, ce qui veut dire ‘‘Place de la Place’’ en wolof et ne veut rien dire.

Non, ce qui doit disparaitre, c’est le nom Franc CFA pour un nouveau nom mais pour une monnaie toujours garantie par la Banque de France, qui est un bon banquier, d’autant qu’elle a totalement cessé d’être intrusive et caporaliste avec nous et nos avoirs et réserves supposées.

Ensuite, j’ai un peu les poils qui se hérissent que je vois confirmée l’information selon laquelle le séminaire intergouvernemental France-Sénégal se tiendra bien au deuxième semestre 2025 : il ne trouverait grâce à mes yeux que s’il se tenait au Sénégal, à Dakar ou Saint-Louis ou Kaolack et Ziguinchor. Sinon, je frémis déjà à la vision paternaliste du spectacle de notre GOS (gouvernement Ousmane Sonko) allant à la queue – leu-leu se faire faire la leçon de comment être ministre, dans les salons lambrissés de l’Élysée.

Bilan ? Je ne peux détester la France. J’ai bénéficié d’une bourse sénégalaise pour mes études supérieures, d’une bourse de la Coopération française pour mon DESS Mastère, de deux bourses de l’OIF pour deux certificats à HEC Montréal en 2004 et en 2006.

Ensuite, je suis un amoureux de la belle langue française (et aussi du wolof bien sûr), le français pour lequel j’enfoncerai une porte ouverte en disant que c’est “un butin de guerre coloniale” pour nous Africains et Afro-descendants, comme a fameusement dit le poète algérien Kateb Yacine.

Mon triple héritage, une richesse : wolofo-négro-africain; islamo-arabe, et afropéen-occidental.

Je déplore la désaffection et la « déconvivialisation » de la langue française au Sénégal, que l’on n’entend plus dans les reportages sportifs, les publicités, dans les cours de récré…: tous ces endroits qui seraient des lieux naturels de  »reconvivialisation’ de cette langue non-morte à qui nous Sénégalais avons officiellement donné « essencerie », « dibiterie » ou encore « Primature ».

Jeune étudiant, j’ai remporté durant trois années consécutives, en véritable bête à concours, les championnats d’orthographe du Sénégal, comme 1er lauréat Senior. J’ai eu le second prix 25 ans-30 ans du concours de nouvelles ‘3 heures pour Écrire ‘. J’ai gagné le concours international organisé par Air France dans le monde entier pour les 100 ans du cinéma en 1995, avec comme prix que j’ai reçu deux invitations full options au festival international du Cinéma de Cannes 1996 et le privilège de voyager dans le cockpit avec les pilotes d’Air France, d’être exfiltrés à Paris directement sur le tarmac pour prendre notre correspondance sur Cannes, sans jamais avoir à faire tamponner nos passeports par la douane. Le trajet retour vers Dakar fut plus prosaïque

Je suis finaliste senior à Montréal de la Dictée des Amériques en 1995. Je suis l’un des quatre Sénégalais sélectionnés à « Questions pour un Champion ‘ de Julien Lepers, première édition spéciale pays de la Francophonie. Je suis auteur de deux romans troussés en français (africain) même si avec beaucoup de wolofismes. Je suis co-auteur de scénarios pour 6 épisodes d’une série télévisée, déposée à la SODAV (Ex BSDA) dont je suis membre écrivain depuis cinq ans.

Enfin, last but not least, je suis aussi parent d’enfant français : l’un des enfants des quatre bouts de bois de Dieu que le Créateur m’a donné le privilège de contribuer à mettre au monde est de nationalité française et (honte à moi…) exclusivement française, alors que cet enfant est désormais majeur. Mais rassurez-vous, l’enfant en question parle aussi wolof.

Alors qui suis-je pour dire que le bilan de la France au Sénégal ne serait pas ou n’est pas globalement bon dans son passé et porteur d’espérance en une relation de co-développement solidaire pour ce qui est de notre avenir collectif entre peuples sénégalais et français?

Conclusion ? En ce qui me concerne, je considère mon triple héritage : wolofo-négro-africain ; islamo-arabe, et afropéen-occidental, comme une richesse. Que je travaille à transmettre. A mes enfants comme à ceux des autres quand ils m’approchent et me fréquentent.

Notre paysannat : des intermittents de l’agriculture et des monocultures ?

La seule France à laquelle je continue d’en vouloir un peu, ce n’est pas le peuple français. C’est à la France officielle quand elle a été incarnée par Sarkozy, que j’en veux (un peu, disons..) Mais ce dirigeant français est bien puni par la justice de son pays depuis lors et il n’en a pas fini d’ailleurs : Nicolas Sarkozy, pour son fameux discours de Dakar écrit par Claude Guéant et son « paysan africain qui n’est pas assez entré dans l’Histoire, répétant les mêmes gestes millénaires…(!!!) ».

Il est bien dommage que sa Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade qui était dans l’amphi de l’UCAD ce jour-là, n’ aie pas giflé Sarkozy. Elle a avoué, Ndèye Ramatoulaye Yade, dans une interview ultérieure, y avoir pensé, à gifler le Petit Nicolas transgressif.

Mais bon, avec le temps qui a passé et moi qui vieillit : le mari de Carla Bruni avait-il totalement tort ?

Je m’explique : Nous entrons dans l’hivernage avec ses pluies torrentielles et ses gros nuages noirs qui ne finissent pas toujours en averses. Et pour quatre mois seulement, notre paysannat c’est-à- dire 70% de notre population travaillera la terre. Pour quatre mois. Et avec les pluies comme seule « technologie ». Sans autres techniques agraires que d’attendre les gros nuages et les fortes pluies. Pour une monoculture, l’arachide, dont on ne peut, depuis 65 ans, ni négocier le prix selon les règles du libre jeu du marché, ni donc en faire une spéculation lucrative.

Cela n’en fait-il pas, pour le minimum, de notre paysannat, des « intermittents de l’agriculture et des monocultures » ?

Ce n’est pas comme cela qu’on développera ce pays, notre pays, le Sénégal. Avec ou sans ‘l’Afrance’. Le temps fait toujours le tri. C’était : si près, si loin avec la France.

Ousseynou Nar Gueye est éditorialiste (RFI et BBC Afrique) et auteur de tribunes (Jeune Afrique), Directeur Général de Tract Hebdo et de Tract.sn, Directeur Général d’Axes et Cibles Com et de Global Com International, Président d’ ‘‘Option Nouvelles Générations – Woornë Niu Gérer’’ (Majorité Présidentielle Jub, Jubbal, Jubbanti), vice-Président de RAPPELS (Réseau des Auteurs et Producteurs de la Presse En Ligne du Sénégal).

ogueye@axes-et-cibles.com

[COLY EXPRESS] Saison des pluies: Le temps de nous assainir (par Cheikh Tidiane Coly)

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Tract – Nous ne cesserons de nous répéter, nous dicter les mêmes leçons, nous répéter depuis l’an… 2000 date de la légendaire première Alternance avec Me Abdoulaye Wade qui balaya par des élections le tenace parti au pouvoir  – le Parti socialiste (Ps) de Léopold Senghor et d’Abdou Diouf. Depuis lors, les élections sont encore restées urnes à problèmes, plutôt politiciens et électeurs sont ‘problématiques’ avant chaque élection. Alors, le hic réside dans les postures de chacun d’entre nous. En replongeant dans la lecture de nos écrits de plus d’une décennie que nous renouvelons ici, nous constatons que rien n’a presque changé dans nos comportements à ‘Sunu gallé’.

 L’on a pensé que depuis cette prise de conscience populaire qui a mis au pouvoir Me Wade l’opposant de ‘tous le temps’ à Sunugaal que les élections n’avaient plus besoin de convoquer violence pour désigner un président. Cherchez l’erreur ! Entre Macky Sall et Abdoulaye Wade son prédécesseur et ensuite son successeur Bassirou Dimaye Faye, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, du sang a dégoutté abondamment sous les autoponts, des vies et carrières détruites, des citoyens au cachot.Alors, après le dialogue national initié par les nouvelles autorités comme pour répondre aux exigences d’un calendrier déjà établi, mais surtout en ce début d’hivernage où l’on prie beaucoup pour ‘attùm naatangé’, il faut prendre le temps de se regarder dans la glace des éclairs du ciel, de se desquamer dans le grondement des tonnerres en se laissant bénir par les eaux de pluie qui n’arrêtent pas de nous laver de nos péchés. C’est le temps de nous assainir.Car, quelques années après les scénarii d’affrontements qui se sont déroulés dans Sunugaal, entre ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir et ceux qui l’ont perdu hier, nous avons remarqué que les tensions sont toujours présentes, mais plus soutenues. On parlerait de chasse aux sorcières…Toujours est-il que nos vœux les plus ardents sont de voir le pays fonctionner comme l’ont souhaité Serigne Touba, Maodo Malick, Mame Limamoulaye, Baye Niass… et non une nation qui s’érige dans la désinformation, la délation, la contestation, la froideur, la fuite en avant etc.Alors, pour construire notre pays, il faut la participation de tous. A tous les niveaux. Des gouvernants aux gouvernés, des électeurs aux élus. Parce qu’avant de changer nos comportements collectifs, il faut d’abord que nos élans individuels métamorphosent positivement. Chaque individu doit prendre ce symbole qu’est la liberté d’expression, non pour noyer un adversaire dans une mare baveuse de salives, mais pour sauver l’autre, le citoyen. Parce qu’il ne faut pas oublier, chacun d’entre nous est le reflet de son vis-à-vis qui lui permet, par conséquent, de s’améliorer, de s’élever ou de ne pas tomber dans les mêmes erreurs qu’il a commises par le passé. Alors, on doit se libérer de nos émotions égocentriques. C’est cela la leçon à retenir. Il est vrai que quand on vous confit une parcelle de pouvoir, – parce que le Pouvoir est de Dieu, ne l’oublions pas ; surtout pas – on doit se donner toutes les chances pour le faire fonctionner à bon escient. Face à ce désordre qui semble habiter notre pays, il faut lui appliquer, c’est le lieu de le révéler, une grande pression pour ne pas dire une certaine répression pour donner à l’Etat toute sa Puissance, lui rendre tout son Respect. Pour que règnent l’engagement et la responsabilité.Mais alors, il faudra l’apposer avec la juste mesure. Parce que nous ne voudrions pas terminer dans une jungle où règne la loi du plus fort. Nous ne voudrions pas nous embrouiller dans un système de délation en nous amusant avec cette phrase de Lafontaine : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère… Ou quelqu’un des tiens ». Parce que la loi du plus fort n’est pas toujours la meilleure. Surtout à Sunugaal, depuis ces fameuses années 2000, 2012, 2024… Et, il y a toujours des témoins pour se rappeler de l’incurie des uns. Et des autres aussi.Par Cheikh Tidiane COLY Al Makhtoum

[POINT DE VUE] Le Sénégal du redressement dans la tradition: Organiser les ruptures avec les continuités coloniales (Par Diagne Fodé Roland)

Tract – ‘Dès le rapport de la Cour des Comptes connu, nous avions signalé que l’actuelle phase de transition va nécessiter une sous phase de redressement des finances publiques. Le premier ministre et président de notre parti Pastef confirme ce que nous tirions de notre analyse des rapports des corps de contrôle, notamment du rapport de la Cour des Comptes. Les audits sectoriels et centraux montrent à suffisance que la gestion calamiteuse de la tyrannie hors la loi des libéraux de l’APR/BBY a mis le pays dans le précipice de la ruine avec en prime 4000 milliards de dette cachée confirmée même par les complices des Institutions de Bretton Woods. 

L’opposition libérale néocoloniale cherche coûte que coûte à dénigrer le souverainisme vainqueur porté au pouvoir dans les urnes, certains, parfois de bonne foi, pointent du doigt le « contraste grandissant entre les attentes nourries et les transformations concrètement engagées. Si des signaux de changement existent, la promesse d’une rupture profonde se heurte aux réalités sociales, institutionnelles, culturelles et économiques du Sénégal ». Les bavures policières de Rosso et Cambérène contre des manifestants, la non abrogation de l’arrêté Ousmane Ngom, la frilosité sur les articles 80, 254 du code pénal, les mouvements grévistes des secteurs de la justice, de la santé, de l’éducation nationale, les passifs sociaux hérités de l’ancien régime en attente, les appels au secours persistants dans le monde agricole, chez les paysans, éleveurs, pêcheurs, les inondations à craindre durant l’hivernage, la vie chère, les énormes écarts de salaires entre les travailleurs du pays, etc sont autant d’épreuves et de défis à relever de l’actuelle période de transition. Or, le gouffre réel des finances publiques héritées du pouvoir hors la loi de l’APR/BBY est un véritable couteau sur la gorge du nouveau pouvoir souverainiste. C’est ce que signale le président de la République quand il déclare « nous faisons face à un État contraint, dont les marges de manœuvres budgétaires et financières n’existent quasiment plus. Ensuite une administration républicaine, certes, mais manquant de cohérence, et figée dans des schémas dépassés ». C’est ce que dénonce le premier ministre quand il dit que « plus grave que ce que nous envisagions, nous avons découvert un pays au quatrième sous sol ».Il devient urgent que la reddition des comptes prenne son envol judiciaire pour faire rendre gorge aux voleurs pilleurs de la République, que l’Assemblée Nationale qui a mis en place la Haute Cour de justice s’empare de la saisine du député Guy Marius Sagna pour juger l’ex-président de la République en exil et que justice soit rendue aux martyrs et victimes des répressions arbitraires du règne de l’APR/BBY.La sous phase du redressement préalable qui nous est ainsi imposée dans l’actuelle transition exige aussi un jub, jubbal, jubbanti exemplaire de la part de l’actuelle gouvernance souverainiste. Or, l’État néocolonial dont nous avons hérité a, durant 64 ans, formaté notre administration à l’image de l’administration coloniale dans l’esprit et la pratique que le peuple colonisé et le citoyen sont des vaches à lait et que les deniers publics servent d’abord les privilèges des détenteurs des pouvoirs Exécutif, Législatif, Judiciaire, etc. Ayant abdiqué en se soumettant aux bourgeoisies impérialistes, la gestion gabegique et népotique de l’appareil d’État néocolonial est le chemin le plus court pour devenir milliardaires en francs CFA pour nos bourgeoisies nationales politico-bureaucratiques.Les « schémas dépassés » dont parle l’actuel président de la République sont ceux de l’habitus néocolonial multi-décennal de 1960 à nos jours qui fait que notre appareil d’État est composé d’un personnel qui se divise en trois catégories : – une minorité patriotique – une minorité de profiteurs – une majorité conformiste qui par habitus balance entre les deux minorités selon qui est au pouvoir.Il faut ajouter que le parti souverainiste, Pastef, qui a renversé avec le sacrifice de plus de 80 martyrs le régime libéral néocolonial est aussi composé de cadres militants dont on peut dire comme nous l’écrivions : «L’opposition frontale à la mal-gouvernance des corrupteurs et corrompus, à la servilité abrutissante à la françafrique, l’eurafrique et l’usafrique pilleuses de nos richesses nationales et l’option souverainiste de la jeunesse pour une vie meilleure au pays contre l’émigration piroguière ou désertique macabre pour devenir sans papiers dans les « eldorados » en déclin d’Europe et des USA met en présence trois courants au sein même du camp souverainiste uni : – le souverainisme libéral mondialiste qui considère que seul le secteur privé crée des emplois et permet la transformation industrielle des richesses nationales pour obtenir une valeur ajoutée en vue d’exporter ; – le souverainisme conservateur libéral mondialiste qui ramène le souverainisme à sa dimension culturaliste sans différencier ce qui est progressiste et réactionnaire ; – le souverainisme révolutionnaire qui œuvre pour que les classes laborieuses (ouvrier, paysan, éleveur, pêcheur, travailleur de l’informel) s’invitent dans le grand débat national pour le ‘’moom sa réew, bokk sa réew et defar sa reéw’’».De cette composition socio-politico-idéologique diversifiée découle des conceptions différentes du jub, jubbal, jubbanti qui se sont manifestées dans ce débat salvateur sur « les dépenses de certains ministères, sukoroukor, les voitures, les billets de pèlerinages, les millions des groupes parlementaires, la rationalisation des dépenses de l’État, etc. ».Le redressement annoncé par le premier ministre rend indispensable de maîtriser et réduire de façon drastique le train de vie de l’État. Or, il est clair que redresser l’économie de ce pays va exiger que « tous et chacun serrent la ceinture ». Il y va donc de la crédibilité de la nouvelle gouvernance que l’effort demandé à tous et chacun commence d’abord et de façon visible par les gouvernants eux-mêmes. L’exemplarité dans le jub, jubbal, jubbanti des pouvoirs Exécutif, Législatif, Judiciaire est une exigence de salubrité publique base de la crédibilité des politiques de redressement des finances publiques. Il nous faut donc repérer les continuités néocoloniales souvent liées à l’habitus conformiste qui tend à reproduire le passé et organiser la rupture fondé sur le jub, jubbal, jubbanti et le don de soi.Fondamental donc que les bouches s’ouvrent pour ne rien laisser passer, car « le linge sale se lave en famille » démocratiquement en toute transparence d’abord au sein du groupe parlementaire et dans le parti, mais ensuite fondamentalement devant le peuple seul juge et garant en dernière instance de la réussite de notre expérience souverainiste.Une certaine incompréhension et colère s’empare des bases militantes de Pastef, notamment à propos des nominations, mais aussi à propos de la léthargie dans laquelle Pastef est quasiment plongé depuis la victoire. Une des sources de cette léthargie réside dans le cumul des mandats entre postes de responsables de Pastef et postes dans le gouvernement, dans les agences dont il faudrait par ailleurs évaluer leur fonction de doublons et leur utilité, de PCA ou encore au parlement. Ce cumul de mandats fait qu’il n’y a plus de responsables pour s’occuper et faire fonctionner à plein temps le parti Pastef pour qu’il maintienne et développe le lien avec les bases militantes et le peuple, la force de contrôle et de proposition de l’action publique. Il nous faut sortir de ce sentiment d’abandon que vivent certains militants des premières heures et militants, notamment de la gauche historique résistante, arrivés par les fusions dans Pastef. La « masse critique » à laquelle fait appel le président de notre parti Pastef ne peut être obtenue qu’à travers l’engagement soutenu d’éducation populaire des bases militantes auprès des populations. L’objectif du jub, jubal, jubbanti est de faire émerger un nouveau type de militants, de députés et de citoyens pour libérer le Sénégal et l’Afrique de l’oppression néocoloniale.Ceux et celles qui ont peur du peuple deviennent facilement les proies de l’ennemi néocolonial et impérialiste. Nous n’avons donc rien à cacher au peuple, mais à l’informer pour le réarmer comme cela a été fait face à la tyrannie meurtrière de l’APR/BBY pour obtenir la victoire présidentielle du 24 mars et législative du 17 novembre 2024.Oui, Diomaye/Sonko ont eu raison de dire la vérité sur l’état catastrophique des finances publiques dont ils ont hérité. C’est au parti Pastef, du sommet à la base, et dans la perspective de son indispensable 1er congrès d’occuper le terrain de la scène politique au sein du peuple en faisant vivre dans les faits l’enseignement suivant du grand révolutionnaire communiste Amilcar Cabral : « Ne pas avoir peur du peuple et l’amener à participer à toutes les décisions qui le concernent, telle est la condition fondamentale de la démocratie révolutionnaire que nous devons réaliser progressivement ». Il faut ajouter à ces points éthiques et déontologiques mobilisateurs cardinaux : – l’initiative annoncée par le FRAPP d’un audit publique de la dette afin d’en établir ce qui est légitime, illégitime et vautour; le parti Pastef doit s’y engager pleinement;

[TRIBUNE] L’audition des magistrats, une rupture majeure ! (Par Abdoulaye Tassé NDIAYE)

Tract – Dans une démocratie pour qu’il y est équilibre des pouvoirs il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Ce n’est pas un secret de polichinelle que de dire, les magistrats bénéficient d’une protection que même le Président de la République n’a pas en tant que Premier (1er) citoyen sénégalais. Celui-ci est redevable devant le peuple et la haute cour de justice selon la constitution. Il peut être poursuivi par l’Assemblée pour haute trahison. 

 Par contre, le juge n’a de conscience à rendre qu’à la loi. Il n’est redevable devant personne. Une incongruité majeure que les constitutionnalistes, ceux-là qui écrivent les lois suprêmes ont sciemment oubliée pour échapper à toute poursuite dans le cadre de leur fonction.L’outrage à Magistrat est même plus sanctionné que l’outrage au Président de la République. Cette dernière disposition est d’ailleurs sous le feu de l’action des hommes de droit, de la société civile, et des organisations des droits de l’homme. Pendant ce temps, le juge se conforte dans son ultime conviction pour sabrer qui il veut.L’Assemblée Nationale en introduisant dans son nouveau règlement intérieur la possibilité d’auditionner un juge se donne les compétences qu’avait un juge à demander via le ministère de la justice la levée de l’immunité d’un député pour être auditionné.Une réforme majeure qui sans doute emmènera les acteurs de la justice à réévaluer leur contrat avec la justice qui est rendue au nom du peuple. Malheureusement ce dernier n’avait aucun moyen d’attaquer, d’entendre ou de poursuivre un juge.Les magistrats bénéficiaient d’un privilège de juridiction à l’interne qui ne garantissait pas une neutralité totale, une indépendance qu’ils ne cessent de proclamer d’ailleurs.Le corporatisme installant des affinités prenait le dessus sur l’objectivité et la rigueur des sanctions. Celles-ci même sont décriées à l’interne comme étant subjectives suivant les jeux d’intérêt et d’égo.Par ailleurs, cette réforme est un signal fort à l’endroit des autres corps de métier comme le journalisme qui a tendance à crier partout une faveur juridictionnelle. En effet, se considérant comme le quatrième (4ème) pouvoir, les journalistes ont érigé un tribunal des pairs, le CORED qu’ils voudraient renforcer afin d’échapper à la judiciarisation disent-ils des délits de presse. Ils veulent ainsi échapper à la justice civile. À la longue, seuls les civils se retrouveront justiciables devant la société. Or la démocratie ne saurait exposer un peuple en protégeant un corps ou des corps qui bénéficient d’une protection les épargnant de toute poursuite à leur encontre par des citoyens lésés. Ces derniers n’ont aucun lieu pour déverser leur amertume. L’Assemblée Nationale leur offre ainsi la possibilité d’une auto saisine pour entendre les magistrats.Nous osons croire que cette possibilité sera élargie dans la grande muette qui bénéficie aussi d’un privilège juridictionnel avec un tribunal militaire et un encadrement de gestion sous le sceau du secret défense.Toutefois ces réformes ne doivent avoir comme soubassement que le renforcement de la démocratie et de la redevabilité envers la société.Abdoulaye Tassé NDIAYE

[FOCUS] La dette au Sénégal: une crise de narratif, pas une crise économique (par Dr Seydou Bocoum)

Non à la manipulation du gouvernement, de l’opposition, du FMI… et de certains médias internationaux

 
« Une chose n’a pas besoin d’être vraie tant que les gens y croient. » Cette maxime illustre parfaitement le traitement de la dette publique sénégalaise en 2024.
Tract – ‘Le chiffre brut est connu : le stock de la dette publique est estimé à environ 23 273.4 milliards de FCFA. Ce chiffre en lui-même ne suffit pas à caractériser une crise. Ce qui est instrumentalisé, c’est le ratio dette/PIB, présenté comme “explosif” par certains analystes. Or, cette interprétation est fondamentalement erronée pour une raison simple : le PIB 2024 post-rebasing n’est toujours pas officiellement publié.Un ratio dette/PIB sans base de PIB actualisée = manipulation Le rebasing (recalcul statistique du PIB pour intégrer les nouvelles réalités économiques) modifie fortement la taille de l’économie. Le dernier exercice de ce type, en 2014, avait entraîné une hausse du PIB de plus de 30%. Il est donc probable que le ratio dette/PIB de 2024 soit artificiellement gonflé, car basé sur un ancien PIB, sous-évalué. Toute analyse sérieuse devrait attendre la publication du nouveau PIB pour évaluer la soutenabilité de la dette.Barclays, Bloomberg, RFI : quand l’international amplifie la désinformation Certaines publications récentes notamment celle de Barclays, reprise sans recul critique par Bloomberg, puis par des médias généralistes comme RFI évoquent un ratio dette/PIB de 119 %, sans indiquer les hypothèses ou la méthodologie utilisée. Aucune de ces sources ne précise que le Sénégal est en pleine révision statistique de son PIB. Résultat : une crise de confiance sur les marchés, non fondée sur les fondamentaux économiques, mais sur un défaut d’information ou une volonté de manipulation.⚠️ Gouvernement, opposition, FMI : chacun joue sa partition politique • Le gouvernement s’efforce de minimiser les risques en insistant sur la viabilité de la dette sans publier de données actualisées. • L’opposition utilise les chiffres pour agiter l’idée d’une faillite économique imminente, sans faire preuve de rigueur analytique. • Le FMI, quant à lui, joue un double jeu : rassurant en interne, alarmiste dans certains rapports, selon les objectifs géopolitiques du moment.✅ Ce qu’il faut exiger : 1. La publication immédiate du nouveau PIB post-rebasing par l’ANSD. 2. Une clarification officielle sur la méthodologie utilisée par Barclays et Bloomberg. 3. Une relecture critique des narratifs médiatiques locaux et internationaux. La dette du Sénégal est une réalité. Mais ce qui est toxique, c’est la manière dont elle est racontée. Une dette mal expliquée peut tuer plus sûrement qu’une dette mal contractée. Dr Seydou Bocoum
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[IN MEMORIAM] Ndeysaan 1 année déjà! Baba Diaw, le grand homme d’affaires sénégalais, à tiré sa révérence (Par Majib Sène)

Tract – En décidant de consacrer une chronique à celui qu’on appelle « ITOC » à cause de ses activités dans le secteur des hydrocarbures, j’ai voulu lui rendre un hommage à la mesure de ses capacités. Ce thiéssois bon teint, grand intellectuel de surcroît, n’en demeure pas moins un vénérable ardo qui n’est lui-même que quand il est dans sa ferme, entouré de ses vaches laitières qui font sa fierté.

 Peu de sénégalais savent que Abdoulaye Diaw est un intellectuel d’une rare espèce pour avoir fréquenté les bancs du très célèbre Lycée Louis Le Grand à l’instar de son aîné feu Habib Thiam, ancien Premier Ministre du Président Abdou Diouf. Originaire d’une modeste famille qui manquait presque de tout, Dieu lui a donné, dans sa jeunesse estudiantine, une intelligence hors du commun à tel point que partout à l’école, il est premier surtout en mathématiques. Ce privilège qui n’est réservé qu’aux êtres doués, ne lui a jamais fait défaut raison pour laquelle il ne cesse d’accumuler des succès. Refusant la facilité, il a retroussé les manches pour travailler dur à l’instar des bâtisseurs d’empires. Ingénieur diplômé de l’École Centrale de Lille, puis ingénieur de l’Institut Français du Pétrole, il rentre au bercail et se met à la disposition de son pays. Intelligent, travailleur acharné, engagement et détermination sans faille, il a servi son pays d’appartenance dans toute la mesure de ses capacités. Son surnom ITOC résulte de sa cohabitation avec le pétrole, ce liquide précieux qu’il connaît à merveille pour l’avoir étudié en profondeur au point d’en être un exceptionnel manipulateur.Loin d’être un perroquet, encore moins un tonneau d’autant plus vide que sonore, il mène une vie tranquille conformément à son éducation de base, mais également à sa formation scientifique. Malgré une situation sociale proche de la stabilité, l’homme déteste le m’as-tu-vu et préfère la sobriété dans ses actes et dans son comportement dans la société. Beaucoup de sénégalais ignorent que cet homme d’affaires est un brillant intellectuel bardé de diplômes, parce qu’il ne se comporte pas comme un paon, cet oiseau le plus vaniteux d’entre tous. Parler en temps opportun, agir avec méthode et discernement et ne faire que ce qui est utile, tel pourrait être catalogué cet homme aux élans féconds. Jadis adulé par le Président Senghor en raison de sa grande intelligence, ami du Président Abdou Diouf en raison de ses immenses capacités managériales, bien considéré et respecté par le Président Abdoulaye Wade et conseiller privilégié du Président Macky Sall qui a la même formation que lui, voilà Baba Diaw ITOC.Il fait partie des meilleurs fils du Sénégal compte tenu de son engagement patriotique, de son ancrage permanent dans les valeurs et vertus d’un peuple toujours debout, jamais couché. Il peut être offert en exemple à la jeunesse d’aujourd’hui hélas trop souvent pressée pour atteindre les sommets de la gloire. Le Sénégal tel qu’il est aujourd’hui, porte l’empreinte indélébile de nos braves devanciers qui nous ont balisé les chemins incontournables qui mènent vers la réussite. Notre marche résolue vers les terres promises de l’émergence, doit être l’affaire de toutes et de tous car c’est dans ce pays que Dieu a tracé notre destin commun. Vivement que d’autres Baba Diaw émergent dans notre cher Sénégal, terre d’échanges et de rencontres, et carrefour de germination des plus belles fraternités.Hélas, c’est ce matin du mercredi du 3 juillet 2024, au moment où les trombes d’eau annonçant le prochain hivernage tombaient sur une partie de Dakar, que l’annonce a été faite du rappel à Allah SWT, de ce grand homme aux élans féconds. La mort sème partout le désarroi et la désolation. Celle du riche et celle du pauvre, celle du saint et du mécréant, elles ont toutes la même signification parce que marquant la fin de la vie sur terre. À sa famille éplorée, à ses amis et à tous ceux qui l’ont connu et aimé, nous présentons nos condoléances attristées et prions pour le repos de son âme dans les splendides jardins de Firdawsi. Amine.Majib Sène