DÉBAT SUR LE VOILE : Le Conseil national du laïcat donne sa position

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Tract-Le Conseil national du Laïcat aussi, s’exprime sur le débat lié au voile dans les établissements privés catholiques. Dans un communiqué parcouru par iGFM, il marque son indignation suite aux propos du chef du gouvernement et déclare que l’Église ne saurait «remettre en cause les principes qui sous-tendent son projet éducatif inspiré des valeurs évangéliques.»Le Conseil national du Laïcat déclare, dans son communiqué de presse parcouru par iGFM ce dimanche, que le règlement intérieur des établissements de l’enseignement privé catholique «n’affecte ni la neutralité de l’enseignement dispensé, ni la liberté de conscience des élèves, ni leurs convictions religieuses.»Et donc, il précise que les institutions privées catholiques «ne sauraient tolérer, au nom de quelque conviction ou croyance, les attitudes et comportements contraires aux principes et à l’esprit de son projet éducatif.»«Elles demeurent fermes contre les comportements qui sont en porte-à-faux avec les règles de discipline générale et qui sont préjudiciables au vivre ensemble et au bon fonctionnement de tout établissement», indique-t-il.Ledit Conseil déclare que ceux qui ne souhaitent pas respecter le règlement intérieur des établissements privés catholiques «doivent s’en prendre à eux-mêmes pour leurs attitudes et comportements d’auto ségrégation et d’auto exclusion ; toutes postures en inadéquation avec l’esprit de famille et d’ouverture, du vivre ensemble que promeuvent l’école catholique et le Sénégal.»Pour lui, il revient donc aux parents et aux élèves, qui ont librement choisi ces établissements, «de se conformer aux exigences du règlement intérieur».

CRISE À AFRICOME : Sunu Lamb et Stades suspendus de parution

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Tract-Les quotidiens sportifs Sunu Lamb et Stades édités par le groupe AFRICOME sont suspendus de parution depuis le samedi 03 août 2024. Le directeur de publication des quotidiens Stades et Sunu Lamb, par ailleurs, administrateur général d’africaine communication édition (AFRICOME), Mamadou Ibra KANE donne les raisons de cette décision.Autrement, monsieur Kane parle d’exercices déficitaires et de dettes colossales. « Depuis deux ans, AFRICOME connaît des exercices déficitaires, des dettes colossales vis-à-vis de ses fournisseurs (particulièrement étrangers pour son approvisionnement en intrants), des retards de paiement des salaires, l’arrêt du paiement des cotisations sociales et des frais pour la couverture maladie… », a informé le patron d’AFRICOME.Au regard de la crise actuelle qui secoue les entreprises sénégalaises de presse, Mamadou Ibra Kane a fait dans la prescience. Selon ses dires, « cette crise économique et sociale n’est pas propre à AFRICOME et les entreprises sénégalaises du secteur des médias risquent de tomber comme des mouches ».Dans la note qui nous est parvenue, monsieur Kane est revenu sur les années de gloire de ces deux quotidiens sportifs, l’un spécialisé dans la lutte sénégalaise et l’autre dans le football. A l’heure, informe toujours Mamadou Kane, « avec la fermeture de Stades et Sunu Lamb, ce sont malheureusement 20 journalistes et techniciens des médias qui ont perdu leurs emplois depuis le 31 juillet 2024. Dans les prochains jours, une seconde vague de licenciements va concerner le personnel technique et administratif ».« Avec la suspension de Stades et Sunu Lamb, AFRICOME attend un environnement plus propice pour le développement des médias au Sénégal, pour continuer à assurer sa mission de service public dans le domaine du sport », a souhaité le président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse (Cdeps).

DÉBAT SUR LE VOILE : La mise au point du ministre de l’Éducation

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Tract-Suite à la sortie du PM, Ousmane Sonko disant qu’: « on n’acceptera plus l’interdiction du voile dans les établissements scolaires », les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir. La dernière indignation est celle de l’Abbé André Ndiaye. Face à ce malaise, le ministre de l’Éducation nationale se constitue avocat du Premier ministre, Ousmane Sonko et répond à l’Abbé André Ndiaye tout en tentant de justifier le message du chef du gouvernement.Moustapha Mamba Guirassy a regretté les propos du religieux qui selon lui a sorti les propos du Premier Ministre de son cadre. « Il parle de l’Eglise. Ce qui montre qu’il n’a pas bien écouté et s’est empressé de réagir. Pourtant, il devrait même appuyer ce que le Premier ministre a dit c’est à dire qu’on doit protéger l’enfant chrétien, on doit protéger l’enfant musulman et on doit aussi protéger l’enfant musulman qui ne porte pas de voile. C’est ce qu’il devait dire. Mais ses propos sont durs et démesurés par rapport au débat », a lancé le ministre.Ajoutant que le débat qui a été posé est un débat de règlement intérieur et non un débat de religion. « Un règlement intérieur il est bon, il n’est pas bon, cela se règle même au niveau du ministère, a-t-il souligné.

41e ÉDITION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ARBRE : Le Chef de l’État félicite l’engagement de « Touba Ca Kanam »

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Tract-En procédant à une plantation symbolique d’un manguier, arbre parrain de l’édition 2024 de la Journée nationale de l’arbre ce dimanche, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a officiellement lancé la campagne nationale de reboisement à Touba. Dans son discours, il a salué l’engagement de tous les Sénégalais pour le succès de cette journée, mettant en exergue le thème de cette année : « Rôle du reboisement dans la souveraineté alimentaire et le développement économique. »Le chef de l’État a exprimé sa reconnaissance envers l’association « Touba Ca Kanam » pour son engagement exemplaire en matière de reboisement dans la cité religieuse de Touba. « L’association « Touba Ca Kanam » doit être plus que jamais donnée en exemple à toutes les communes du Sénégal, à toutes les associations au sein de ces communes, » a déclaré le Président. Soulignant l’importance de l’effort collectif, il a félicité l’association pour la réalisation d’une pépinière de 28 000 pieds cette année, tout en mettant en avant les recommandations du khalife général des mourides, Serigne Mountkha Mbacké, en faveur de la plantation d’arbres.Bassirou Diomaye Faye a aussi rappelé à tous les citoyens leur responsabilité dans la co-construction d’un Sénégal plus vert, insistant sur la nécessité de planter des arbres tout au long de l’année et de veiller à leur entretien pour garantir un taux de survie maximal des plants reboisés. « Il est de la responsabilité de tout citoyen de se situer dans une logique de co-construction permettant de reverdir le Sénégal, » a-t-il affirmé.Dans l’après-midi, il a été reçu en audience par le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, après avoir officiellement lancé la 41ème édition de la Journée nationale de l’arbre. La rencontre a eu lieu à la résidence de Darou Miname, située au cœur de la ville religieuse.Accompagné d’une délégation restreinte, composée des ministres Serigne Guèye Diop (commerce), Daouda Ngom (environnement) et Jean Baptiste Tine (intérieur), le chef de l’Etat a franchi l’entrée du salon d’honneur de la résidence à 13 heures 15 minutes, rapporte APS. La délégation a été accueillie par Serigne Cheikh Khadim, fils du khalife, et son frère Serigne Thierno Mbacké.Au cours de cette rencontre d’environ une heure, divers sujets ont été évoqués, notamment la Journée nationale de l’Arbre, l’association Touba Ca Kanam et les préparatifs du grand Magal de Touba. Le khalife général des Mourides, a formulé des prières pour la réussite de la mission du président de la République avant de poursuivre l’entretien à huis clos avec ce dernier.

JO 2024 : La Vatican condamne la cérémonie d’ouverture

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Tract-Huit jours après la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, le Vatican s’est fendu d’un communiqué officiel pour condamner le spectacle imaginé par Thomas Jolly.La cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 qui s’est tenue le vendredi 26 juillet dernier se voulait spectaculaire, certes, mais avant tout inclusive. D’aucuns en ont regretté pourtant des scènes offensantes pour les croyants, et notamment les chrétiens. Huit jours après le show organisé sur la Seine, le Vatican s’est ému des conséquences d’un tel spectacle.Dans un communiqué officiel publié ce samedi, le fief de la religion catholique se déclare « attristé par certaines scènes de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Le Saint-Siège ne peut que se joindre aux voix qui se sont élevées ces derniers jours pour déplorer l’offense faite à de nombreux chrétiens et croyants d’autres religions ».Des excuses présentées dimanche dernier« Dans un événement prestigieux où le monde entier se réunit autour de valeurs communes ne devraient pas se trouver des allusions ridiculisant les convictions religieuses de nombreuses personnes, peut-on lire par ailleurs en français dans le texte. La liberté d’expression, qui, évidemment, n’est pas remise en cause, trouve sa limite dans le respect des autres ».La communauté chrétienne a particulièrement ciblé le tableau incarné par Philippe Katerine et la DJ Barbara Butch, entourés de drag-queens notamment dans un show jugé blasphématoire pour sa réinterprétation présumée de la Cène, le dernier repas du Christ peint par Léonard de Vinci. Thomas Jolly, le directeur artistique et metteur en scène de la cérémonie d’ouverture, a assuré que la référence en question était erronée, faisant allusion au dieu grec Dionysos et au tableau du « Festin des Dieux ».« Il n’y a jamais eu d’intention de manquer de respect à quelque groupe religieux que ce soit, dixit Anne Descamps, directrice de la communication du Comité d’organisation des JO 2024 (COJO), lors d’une conférence de presse tenue dimanche dernier. Si des gens se sont sentis offensés, nous en sommes vraiment désolés ».

DIÉGUY DIOP SUR SA CONVOCATION À LA GENDARMERIE : ‘C’est pour ma passation de service que j’ai été convoquée’

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Tract-Dieguy Diop, ancienne directrice de la promotion de l’économie sociale et solidaire, a réagi suite à sa convocation à la Brigade de recherche de Keur Massar. Selon elle, cette convocation serait une « manifestation d’acharnement », liée à son refus de procéder à la cérémonie de passation de service.« J’ai remis une lettre de démission que j’ai adressée au président de la République pour les raisons qui sont personnelles depuis, le ministre ne le prend pas de cet œil et a du mal à digérer cette pilule. Il s’est permis de publier la lettre dont il avait mis un saut en confidentiel avec sa signature, il a publié cette lettre pour dire que Dieguy a démissionné parce qu’elle a reçu une lettre de mise en demeure », a-t-elle expliqué sur la RFM.Ensuite, poursuit-elle, « il m’a envoyé un huissier de justice pour que je puisse donner mes documents de passation de service et ces documents, on me l’a demandé cinq jours après la nomination de ma remplaçante et on a dit poste vacant, c’est à ce titre que je me suis dit, qu’il y a un excès de zèle quand même, je n’ai pas été convoquée et que j’ai refusé. J’ai juste reçu un huissier qui m’intime de donner mon document de passation de service dans les 48 heures chose que j’ai signé ».« Je pense que c’est pour ma passation que j’ai été convoquée à la gendarmerie pour une affaire qui est administrative qui doit suivre un certain nombre de procédures avant d’être au niveau de la justice », a laissé entendre l’ancienne directrice de la promotion de l’économie sociale et solidaire.« Je suis droite dans mes bottes. Je suis de l’APR, je suis avec le président Macky Sall et je ne renoncerai pas à ce droit qui est un droit constitutionnel », a affirmé Dieguy Diop.

DIPLOMATIE : L’ambassadeur de l’Ukraine au Sénégal convoqué par les autorités sénégalaises

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Tract-L’Ambassadeur d’Ukraine à Dakar a été convoqué ce samedi par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères du Sénégal pour se voir rappeler les obligations de discrétion et de non-ingérence qui accompagnent sa mission diplomatique.Cette convocation fait suite à la publication d’une vidéo de propagande de l’armée ukrainienne, accompagnée d’un commentaire de l’Ambassadeur d’Ukraine lui-même, apportant « un soutien sans équivoque et sans nuance à l’attaque terroriste perpétrée entre les 25 et 27 juillet 2024 dans le Nord Mali, par des rebelles Touaregs et des membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) contre les Forces Armées du Mali (FAMA), ayant entraîné d’importantes pertes en vies humaines ».Le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a exprimé sa « surprise » face à cet incident.Fidèle à sa position de neutralité constructive dans le conflit russo-ukrainien, et en accord avec les appels répétés de ses plus hautes autorités à privilégier les voies de règlement pacifique du différend, le Sénégal estime qu’il « ne peut tolérer une quelconque tentative de transférer sur son territoire la propagande médiatique en cours dans ce conflit. »Les autorités sénégalaises, qui rejettent le terrorisme sous toutes ses formes, affirment qu’elles ne sauraient « accepter sur son territoire et en aucune manière des propos et gestes allant dans le sens de l’apologie du terrorisme, surtout lorsque ce dernier vise à déstabiliser un pays frère comme le Mali. »Ainsi, le Sénégal réitère sa condamnation « avec la dernière énergie de l’attaque commise par ces groupes terroristes en terre malienne. »En cette douloureuse circonstance, le Sénégal renouvelle au Gouvernement et au peuple du Mali « sa solidarité sans faille, présente ses sincères condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. »

KAFFRINE : Un accident fait deux (2) morts

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Tract-Un tragique accident survenu sur la route nationale, au niveau du village de Wengui dans la commune de Sagna, département de Kaffrine, a fait deux morts et deux blessés graves.Selon Iradio, le véhicule impliqué dans l’accident était celui du sous-préfet de Dianké Makha, dans la commune de Goudiry.Le sous-préfet, au volant de son véhicule, a perdu le contrôle après l’éclatement d’un pneu. Sa femme et son homonyme sont décédés sur le coup dans cet accident.Le sous-préfet et son fils sont grièvement blessés et sont actuellement admis à l’hôpital régional Thierno Brahim Ndao de Kaffrine.

JO 2024 : Voici le programme des athlètes sénégalais de ce dimanche

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Tract-Le Sénégal sera en lice ce dimanche pour les épreuves d’athlétisme. Louis François Mendy participera aux qualifications du 110 m haies tandis que, Cheikh Tidiane Diouf sera en piste pour le 400m.Louis François Mendy, l’un des athlètes les plus en vue du Sénégal, participera aux qualifications du 110 m haies ce dimanche au Stade de France (9h05 GMT). Porte-drapeau du Sénégal lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, Mendy vise à décrocher une deuxième médaille olympique pour le pays, après celle en argent remportée par Amadou Dia Ba en 1988 à Séoul.Cheikh Tidiane Diouf, actuel champion d’Afrique du 400 m, sera en piste ce dimanche 4 août à 17h05 GMT pour les qualifications de sa catégorie aux Jeux Olympiques de Paris 2024. L’athlète, qui participe à sa première olympiade grâce à son classement mondial (34ᵉ), tentera d’améliorer ses performances et de continuer son apprentissage du haut niveau.Yves Bourhis s’est qualifié ce samedi au deuxième tour finale en Kayak cross. Le sénégalais jouera les huitièmes de finale, qui auront lieu ce dimanche à 13h30 GMT, avec l’objectif de poursuivre sa quête pour une médaille.

[L’ET DIT TÔT] PAR OUSSEYNOU NAR GUEYE- Problématique politique et électorale du concept de ‘Projets de société’ versus ‘Le Projet’ de Pastef

Tract – Dommage : avant mars 2024, « Le Projet » de Pastef, il s’est arrêté pile avant de devenir… « Projet de société ». Émergence foudroyante du « Projet » pastefien dans les urnes, toutefois. Et « noyade » collective des « programmes électoraux » des 17, voire des 18 autres candidats présidentiels de mars 2024. Quel(s) candidat(s) à nous avoir parlé du seul genre de « projet » qui vaille la peine d’être présenté en campagne électorale présidentielle : le « projet de société « ?

Mais d’abord, pour circonscrire cette grande affaire de « projets de sociétés concurrents entre eux », parlons de l’état de la richesse mondiale et de l’égalité de sa répartition ainsi que de la carence cyclique des mécanismes de redistribution de la fortune des riches et des supers-riches, par le mécanisme de l’impôt et des taxes. L’éditorial de Marie- Eve Fournier dans le média canadien « La Presse », le 27 juillet dernier, me fournit le prétexte de cette tribune que je commets ce 3 août 2024.

La Québécoise y écrit ceci : « Le fameux palmarès Forbes des milliardaires – en dollars américains – compte aujourd’hui 2712 noms. Grande surprise : 200 Indiens en font partie, dont 10 dans le top 100. Pendant ce temps, 90 % de la population de l’Inde (soit plus d’un milliard de personnes!) gagne moins de 150 $ US par mois, rapporte Paris Match (soit 90.000 FCFA).

Les inégalités dans le pays le plus populeux de la planète ne cessent de croître. Une récente étude du World Inequality Lab a permis de déterminer qu’en Inde, le 1 % des plus riches détient 40 % des richesses du pays. Cette concentration dépasse celle qu’on voit aux États-Unis, en Afrique du Sud ou au Brésil, pays particulièrement inégalitaires.

Certains observateurs accusent le modèle économique du premier ministre indien, Narendra Modi, de favoriser l’élite du pays au détriment de la population pauvre. Ses réformes auraient contribué à l’enrichissement fulgurant des grands conglomérats, dont celui de Mukesh Ambani, 11e fortune mondiale. L’homme qui gère un empire diversifié – pétrochimie, télécommunications, vente au détail, services financiers – vaut 117 milliards.

Le mariage, célébré pendant quatre mois dans différentes villes balnéaires d’Inde et d’Occident jusqu’en mi-juillet 2024, de Radhika Merchant et d’Anant Ambani, fils du milliardaire indien, a coûté 800 millions de dollars US. Pris sur la fortune d’Ambani, qui pèse donc, répétons-le, 177 milliards de dollars US, selon Forbes. Cette somme fait de lui la personne la plus riche d’Asie.

Une donnée permet aisément de saisir l’ampleur de la richesse de cet homme : 0,5 %. Eh oui, la facture de ce mariage qui dépasse l’entendement ne représente que 0,5 % de sa fortune.

Ce n’est assurément pas un cas unique au monde. Les inégalités s’accentuent un peu partout, ce qui met notamment en péril la cohésion sociale. Oxfam qualifie même les inégalités extrêmes de « violence économique ». Les choix politiques biaisés en faveur des personnes les plus riches et les plus puissantes « sont directement préjudiciables pour la grande majorité des citoyens ordinaires dans le monde », plaide l’organisation. Voilà pourquoi il faut trouver des moyens de mieux répartir la richesse. « . C’est ce qu’écrit la journaliste canadienne Mme Fournier.

A mon tour, j’analyse que : le type de « développement » (sic) économique, qui n’est que « violence économique » aussi, que nous voyons avancer en Afrique subsaharienne risque de nous conduire dans 30 ans à la même situation que celle de l’Inde actuelle – et le Sénégal n’y échappera pas, comme on peut le voir en extrapolant la courbe de sa trajectoire historique de « développement économique» – : celle de devenir des pays « riches », peut-être même « développés », ou à tout le moins « émergents », avec 1% de riches ploutocrates prébendiers, rentiers et accapareurs qui possédera 80% (!) des richesses nationales, suivis très loin après en termes de pouvoir d’achat, par une classe moyenne de 10% de la population qui travaille entre les multinationales implantées ici, dans les conglomérats sénégalais à capital et à gestion familiales du 1% cité plus haut, dans la Fonction publique et les collectivités territoriales, dans des activités commerçantes pour lesquelles ils préfèrent « s’arranger » avec les douaniers aux points d’entrée dans le pays (aéroport AIBD, ports et frontières terrestres) puis « amadouer » les contrôleurs fiscaux qui les trouvent dans leurs commerces, plutôt que payer des impôts et taxes en bonne et due forme…: Au total donc, c’est là une classe moyenne qui jongle pour faire face à ses dépenses familiales pendant qu’elle est assaillie par « l’impôt social » des démunis qui leur quémandent inlassablement (membres de la parentèle proche ou éloignée, mendiants des rues devenues cour des miracles des estropiés, des albinos (!!), de quêteurs plus ou moins bien portants, plus ou moins bien ou mal fagotés; les petits mendiants dit talibés aux carrefours devenus les terrains de jeu de leur enfance à l’innocence confisquée; et des gens à métiers précaires et emplois non-décents comme ceux qui crapahutent sur le goudron pour vendre des bibelots made in Asia aux automobilistes pressés, et dont, ceux dits « marchands ambulants » qui ont pourtant un étal fixe ); la classe moyenne est prise en sandwich comme vous le voyez; car enfin donc, près de 90% de la population de ces pays africains sera constituée de miséreux (90% parmi lesquels la longue litanie de quêteurs cités plus haut, pour ne parler que de métiers avouables).

Quand nous serons deux milliards d’Africains, c’est cela qui nous pend au nez.

Cela se voit et se vit déjà dans les « grands pays africains » (Afrique du Sud, Nigéria, Kenya, Égypte…) avec des ghettos-bidonvilles de millions de personnes, sans eau courante et à branchements électriques sauvages, qui ceinturent les hautes tours des centres-villes des capitales.

Cela se vit déjà, aussi, au Sénégal, cette inégalité économique indécente : au moins symboliquement et certainement plus que de façon imaginaire, quand plusieurs dizaines de millions en « briques » de 10.000 FCFA sont théâtralement distribuées dans les cérémonies de mariages des ploutocrates, et changent de mains sans justificatif rationnel, ni origine fiscalement traçable, avec force folklore et déclamations de griottes. Des scènes de ce que l’on se complaît à appeler « la haute », retransmises sur Tik Tok.

C’est aussi cet idéal de richesses furieusement réparties dans un seul bord de 1% de nos happy-few que « nos séries sénégalaises » nous font miroiter comme étant notre avenir indépassable, (notre « American Dream » à la sauce gombo subsaharienne) et qu’elles inoculent comme une drogue dure dans le cerveau des jeunes gens (jeunes filles surtout, à qui ces films tentent de démontrer que le mariage en soi est une option de carrière professionnelle et une sorte d’auto-entrepreneuriat), des « executive women » (pour lesquelles regarder des bouts de ces séries sénégalaises est leur sas de décompression après le boulot) et des « desperates housewives » flanquées de co-épouse(s) (qui peuvent ainsi rêvasser de revanche sociale pour elles et faire un transfert sur les déboires de leur mâle polygame, en se mettant dans la peau des actrices, par l’intermédiaire des amourettes rocambolesques contées dans nos fameuses « séries sénégalaises » donc). Il y a 20 ans ? Ce sont elles qui sont allées accueillir l’actrice indienne Vahidehi à l’aéroport de Yoff, jusqu’à frôler l’évanouissement et la crise de nerfs. La série hindoue Vahidehi, décrivait déjà ces univers glamour et des histoires à l’eau de rose mâtinées de sombres menaces de vengeances aux motifs parfois ésotériques. Le seul progrès? C’est que nous avons désormais nos actrices de séries sénégalaises, en veux-tu en voilà. Si les emballages corporels ont changé, la marchandise proposée reste la même : vendre du rêve, du glamour, du sélect, des fashionables people et des Very Impossible People, du clinquant, l’obtention facile et même miraculeuse de toujours plus de richesses, la présentation ostentatoire des objets de pouvoir économique que sont les voitures 4×4, écrans plasma TV de 10 mètres carrés et autres iPhone 15 pour lesquels salive la populace ; et toujours mettre l’amour à toutes les sauces, sentiment amoureux qui finit toujours, bien sûr, par triompher.

Ce que ne décrivent pas (pas encore…) nos « séries sénégalaises », c’est ceci : la violence brute, les agressions meurtrières, les braquages sanglants qu’il y aura ici dans vingt ans, dans trente ans : quand les Sénégalais(es) qui tentent d’émigrer vers l’Occident par pirogues cesseront de tourner cette auto-violence réelle et cette auto-attentat à leur vie qu’ils s’infligent en s’entassant dans des pirogues, pour devenir des protestataires pour la justice économique, des émeutiers réguliers, des hyènes urbaines qui mordent les mollets et arrachent les biens de leurs concitoyens mieux lotis par Dame fortune; quand aussi, les binômes de scootéristes, ces As du vol à l’arrachée, auront systématiquement sur eux des machettes et puis, pourquoi pas, au fil du temps, évolution et modernisation oblige, de plus en plus d’armes à feu. Quand enfin, les grappes de millions de « jeunes de moins de 19 ans » (qui représentent actuellement 50% de la population sénégalaise) submergeront des services publics à la capacité d’accueil dépassée, des services sociaux qui ne peuvent croître exponentiellement, des infrastructures sursollicitées qu’on ne peut remplacer chaque année, et que leurs diplômes/formations ou défaut de diplômes / de compétences professionnelles, leur interdiront un emploi décent, dans un marché de l’emploi (formel et informel cumulés) où arrivent chaque année 400.000 Sénégalais d’une même classe d’âge. Les voitures des honnêtes gens seront alors braquées aux feux- rouges, avec pistolet sur la tempe du conducteur, obligé de céder le volant et la voiture qui va avec.

Ce sera ça : la vraie loi des séries. Au sens propre.

Bon. Bref. Revenons à nos moutons. Voici comment la Canadienne Marie-Ève Fournier conclut son éditorial dans « La Presse » :

 » Un projet de taxe mondiale sur la fortune ou d’impôt minimum pour les super-riches se trouve justement au menu de la rencontre des ministres des Finances du G20 qui se tient actuellement à Rio de Janeiro. C’est un pas encourageant. Mais dès le début des échanges sur le sujet, les États-Unis ont dit qu’ils ne voyaient « pas le besoin » d’une telle mesure. Le Brésil en a quand même fait une priorité. Selon le président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, il faut taxer les milliardaires, car « en haut de la pyramide, les systèmes fiscaux ne sont plus progressifs, mais régressifs ». Ainsi, « les super-riches paient proportionnellement moins d’impôts que les travailleurs ». Sa proposition est notamment soutenue par la France, l’Espagne, l’Afrique du Sud, la Colombie et l’Union africaine. Impossible de s’entendre, toutefois, quand le pays qui a permis à Elon Musk et Jeff Bezos de devenir les deux hommes les plus riches du monde s’oppose à toute négociation internationale à ce sujet. Ce n’est guère étonnant, mais il faut s’en désoler avec vigueur, surtout quand on sait que le taux d’imposition du 1 % des plus riches dans les pays du G20 est passé depuis 1980 de 60 % à 40 %, selon les calculs d’Oxfam. Jusqu’où faudra-t-il se rendre pour que les États-Unis, qui carburent aux excès, allument enfin sur les conséquences des inégalités ? ».

En ce qui concerne votre serviteur que je suis, voici ce que je pense et ce que je crois : ceci est aussi, fortement, un débat africain et même sénégalais, sur notre avenir collectif en tant que communautés.

Nous avons nos pirogues d’émigrants que tous qualifient de suicidaires, sauf eux-mêmes ? Les USA ont leur mur-passoire à la frontière Sud avec le Mexique, où dix millions de migrants illégaux sont entrés, rien qu’en 2024, y compris en pataugeant dans le fleuve Rio Grande.

Ceci pour dire que la sécurité et la prévention policière, l’engagement des militaires et des fonctionnaires administratifs pour la gestion des flux migratoires (ces arrivants, légaux ou illégaux doivent être documentés !) seront les premières fondations de l’édifice social pour que la réduction des inégalités ne se fasse pas comme dans la jungle, à coups de « donne-moi ceci! » et de « je te prends, ça! ». Seulement si ce minimum de filet sociétal de la force symbolique de protection de tous, est assurée, alors, les politiciens africains, dont c’est la charge, pourront nous proposer des politiques publiques et des politiques de développement pouvant aboutir au résultat efficace d’une redistribution équitable de la richesse produite.

Pour cela, il faudra que nos politiciens, y compris sénégalais, osent dire qu’ils proposent « un projet de société » à nos compatriotes. Et cesser de parler de « programme électoral ». « Projet de société » doit cesser d’être un gros mot au Sénégal. Et il n’y a pas meilleur projet de société que de bâtir une communauté où les inégalités économiques sont réduites à des gaps « normaux », entre les plus riches (qui doivent être taxés et imposés sur leur fortune dormante – souvent immobilière- et aussi sur leurs revenus ) et les plus pauvres (que des filets sociaux financiers doivent empêcher de finir en itinérance dans la rue, à dormir à la belle étoile sur des feuilles de cartons aplatis, y compris sur les trottoirs de l’avenue Ponty !). Au nom de la lutte contre les inégalités sociales, qui sont souvent des inégalités de classe.

Le pouvoir politique y aura son rôle primordial à jouer. Il y faudra de l’avoir, pris dans la poche de l’État comme dans les poches des riches et des supers-riches. Il y faudra le savoir et la quête de ce savoir, dans un système éducatif repensé et non-malthusien, pour que le savoir soit la meilleure arme à acquérir pour changer d’échelle sociale, aussi bien par l’entrepreneuriat privé que par l’ascenseur de la méritocratie républicaine, que le pouvoir politique (les élus majoritaires) doivent garantir, sous la surveillance de leur contrepoids que sont les opposants politiques et les alliés objectifs des causes sociales et de la lutte contre les inégalités, qu’est: la société civile. Au nom de « la promotion de l’égalité des chances ».

Parce que tous nos politiciens sénégalais ont déserté l’approche de campagne électorale présidentielle par proposition de « Projet de société » aux électeurs, ayant certainement eu peur de heurter le Sénégalais lambda, qui lui, est présumé être sûr que sa société a finie d’être bâtie et bien bâtie depuis belle lurette, et n’a donc plus besoin d’être remise en projet de déconstruction ou de reconstruction, sauf pour réparer ici et là quelques mœurs anciennes et policées devenues corrompues pas les politiciens (‘‘Na ñu défaraat jikko yi’’, disent-ils…). Le Sénégalais lambda pense-t-il cela ? Rassuré qu’entre les immuables de sa vie que sont le tiéboudiene, les trois normaux d’ataya, ses grand-places, ses matchs de navétanes plus populaires que les matchs de foot du championnat de la ligue Pro, ses intermittents de l’agriculture qui cultivent la terre quatre mois sur douze et dorent leurs orteils en éventail au soleil les autres huit mois de l’année, ses Magals, ses Gamous, ses tours de famille, sa revue de presse en « radiovision », eh bien, il n’y a aucun projet de société qui vaille : puisqu’on a déjà la société parfaite léguée de longue date par nos vaillants ancêtres, nos pères jamais économes de leurs efforts pour ramener la dépense quotidienne pour les repas de la maisonnée, nos mères vertueuses qui nous ont porté dans leur dos avec un pagne- rabal et non pas avec une double feuille de papier-journal, et enfin, last but not least : la longue lignées de nos Sages et Guides religieux, de feus les fondateurs de confréries maraboutiques jusqu’à leurs khalifes actuels sur terre, sans oublier le clergé des « abbés ».

C’est cela le postulat de la plupart de nos « leaders » politiques ? Alors, qui se hasarderait à proposer un « Projet de société » aux électeurs d’un pays où « Tout est déjà Téranga, et cela, de tout temps, cette Téranga » ?. Eh bien, cette façon de voir notre Sénégal est un mépris condescendant de la part des politiciens, pour la grande masse des électeurs, que certains titres de presse sénégalaise désignent impudiquement et impunément comme … « le bétail électoral ».

Résultat de cette politicaillerie à courte vue, sans audace collective d’espérer et sans volonté transformationnelle de notre communauté nationale ? Ceux, les seuls, qui avaient le mot « Projet » à la bouche, et même pas de « Projet de Société » conceptualisé, à part de crier « Rupture! Rupture! »; ceux-là ont préempté l’élection présidentielle de mars 2024 à campagne-éclair, remportée par leur tête de gondole inattendue qu’est le PR Diomaye.

Qu’est donc le « Projet « ? On aura mis du temps à commencer à le savoir. Après 4 mois de pouvoir Pastef et de régime Diomaye-Sonko, il semblerait que « Le Projet » , c’est : Jub, Jubal, Jubanti.

Jub, Jubal, Jubbanti ? Cela me semble l’amorce de ce qui peut devenir un vrai « projet de société ». Même si cela reste encore une auberge espagnole aux couleurs PASTEF, où chacun trouvera ce qu’il y aura apporté. Et où tout le monde prendra ce qu’il croit y avoir trouvé.

Ousseynou Nar Gueye

Éditorialiste (Tract.sn) et Directeur Général d’Axes & Cibles Com

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