[Droit au but] CAN tous les 4 ans ? Les pénaltys du journaliste Gérard Dreyfus contre la FIFA

Tract – ‘Il est temps de le dire avec clarté : le football africain n’a pas à se plier, une fois de plus, à des injonctions venues d’ailleurs. 

La Coupe d’Afrique des Nations n’est pas un simple élément du calendrier mondial ; elle est l’âme du football africain, son moteur économique, culturel et identitaire. Elle appartient aux Africains, pas à ceux qui, depuis Zurich, prétendent en redessiner les contours selon leurs propres intérêts.  La volonté de faire passer la CAN d’un rythme biennal à un rythme quadriennal n’a rien d’innocent. C’est une tentative de réduire la visibilité du football africain, de le rendre plus discret, plus docile, plus compatible avec les agendas européens et les logiques commerciales qui ne profitent qu’à quelques-uns. On voudrait que l’Afrique se contente des miettes, qu’elle renonce à son propre tempo, à sa propre dynamique, à sa propre fête.Or la CAN, c’est la respiration du continent, son rendez-vous majeur, son espace d’expression, son moment de fierté. C’est aussi une source essentielle de revenus pour les fédérations, les joueurs locaux, les médias, les supporters, les économies nationales. La priver de sa fréquence actuelle, c’est l’amputer de sa force. Il faut donc le dire sans détour : L’Afrique n’a pas à accepter qu’on lui dicte la manière d’organiser sa compétition phare.La CAF doit tenir bon, refuser toute pression, et rappeler que la CAN n’est pas négociable. Elle n’a pas à être alignée sur un modèle européen ou sud-américain. Elle n’a pas à être « harmonisée » pour satisfaire les intérêts de clubs qui, depuis toujours, considèrent les joueurs africains comme des variables d’ajustement.La CAN appartient aux Africains. Elle doit rester à son rythme, à son image, à sa hauteur. Ceux qui veulent la réduire devraient commencer par respecter ce qu’elle représente.’Gérard Dreyfus

[Les ‘trois huit’, shifts permanents et humanisés ] Port de Dakar : ​le SATS, syndicat leader des auxiliaires portuaires de transport du Sénégal, et Dubaï Port World (DP World Dakar) signent ensemble pour 03 shifts quotidiens de 08 heures

Tract Hebdo – Ce vendredi 19 décembre 2025, le SATS (Syndicat des Auxiliaires de Transport du Sénégal) et Dubaï Port World, qui opère le Terminal à Conteneurs de la Zone Nord du Port autonome de Dakar (PAD), ont signé un protocole d’accord mettant en place les « trois huit”. Cet accord s’est conclu pour prendre définitivement en charge le souci récurrent qu’il y avait, d’harmonisation des horaires de travail, d’amélioration de la productivité et d’optimisation de la continuité des opérations portuaires, avec la mise en place de cadences de travail successives. Il tient aussi compte, à la fois de la concurrence accrue des autres ports ouest-africains de la côte Atlantique et enfin, de la demande permanente de débarquement de leurs cargaisons par les navires accostant dans les eaux du PAD.  DP World Dakar et le SATS ont ainsi convenu de mettre en place ce dispositif structuré de planification, de rotation et de gestion du pool de dockers.

trois shifts quotidiens de 8h chacun

Désormais, les dockers embauchés (permanents et journaliers)  par le SATS pour le compte de ses membres (acteurs portuaires, maritimes, et logisticiens), débarqueront les marchandises des conteneurs des navires arrivant à quai dans les eaux sénégalaises,  en travaillant sur trois rotations horaires (shifts). Des shifts de 08 heures de temps répartis comme suit : shift de 06 heures à 14 heures, shift de 14 heures à 22 heures​, et shift de 22 heures à 06 heuresAmadou Massar Sarr, en sa qualité de Secrétaire Général du SATS, et Clarence Rodrigues, en tant que Directeur Général de DP World Dakar, ont paraphé et contre-signé les documents de cet accord, qui est un véritable “game-changer”, un moment catalyseur, pour les Ports du Sénégal, y compris le futur port de Ndayane, qui est en perspective dans trois ans, pour bénéficier de ces évolutions modernes de la pratique professionnelle de manutention au sein de la chaîne logistique, dans notre pays qui a besoin d’augmenter sa productivité, pour rester au niveau de ce qui se fait de mieux.

une innovation ‘game-changer’

Un pool important de dockers est concerné par cet accord entre le SATS et DP World : près de 300 dockers, que le SATS forme et équipe gratuitement en EPI (Équipements de Protection individuelle, soit chaussures de chantier, casques de chantier, tuniques). Comme dans tous les ports modernes du monde, et dans la tradition de ce métier d’homme, les dockers présentent plusieurs profils : dockers professionnels, dockers occasionnels et dockers sur carte d’identité.Tous ces dockers bénéficient déjà d’une formation et sont autorisés à accéder au Terminal DP World., Ce sont de grands professionnels, étant donné qu’ils sont tenus de respecter en tout temps les procédures Hygiène, Sécurité et Environnement (HSE), le port des Équipements de Protection Individuels (EPI) et leur maintien à un état de propreté, ainsi que de suivre les formations obligatoires.Conscients des exigences du secteur maritime, le SATS et DP World se sont engagés  à collaborer de manière constructive afin de garantir l’efficacité opérationnelle, la sécurité des biens et des personnes ainsi que la performance globale du Terminal, avec une réévaluation semestrielle de l’accord.Amadou Massar Sarr, Secrétaire général du SATS s’est réjoui de cette avancée, avec cet accord qu’il a qualifié de « gagnant-gagnant, porteur de croissance et de valeur ajoutée, et de véritable déclic pour renforcer le cycle vertueux de la valeur-travail chez nos manutentionnaires ».

‘Une best practice  qui doit faire tâche d’huile’

Le Secrétaire général Amadou Massar Sarr a tenu à le souligner :  « je salue le caractère précurseur et la vision d’anticipation de cet accord, qui nous aidera à relever déjà les défis actuels du Port Autonome de Dakar ; mais aussi, les challenges du port de Ndayane encore en travaux, dénommé Port du Futur, pour lequel nous devrons être alignés, de longue date, sur les meilleures pratiques de manutention et de chaîne logistique portuaire, dans un monde maritime toujours plus globalisé. Les trois huit étaient déjà en pratique et opérationnels chez DP World Dakar, avec leur personnel. Mais pour nous, SATS, c’est une innovation, et nous espérons que cela fera tâche d’huile chez les autres acteurs. En tous les cas, cela augure bien d’un partage du temps de travail entre d’avantages d’acteurs. Avec, bien sûr, une humanisation, comme cela se fait dans les ports du monde entier. La réalité d’un monde qui bouge, exige de nous, acteurs portuaires, que nous avançons avec notre époque. Et donc, de pouvoir servir des prestations équivalentes à tous points de vue à ce qui se fait dans les meilleurs ports du monde. Nous commençons donc ici au PAD avec DP World. Et quand Ndayane sera en opération, dans trois ans, nos dockers seront déjà rodés à cette qualité de performances, qui respectent la durée légale du travail et les droits des travailleurs, que le SATS est fier de représenter, d’embaucher et de faire embaucher. Nous aurons maintenant 3 équipes chaque 24 heures au lieu de 2 équipes. C’est une ‘‘best practice’’ de standard international, que nous venons de mettre en place” ».

Le SATS, leader manutentionnaire; portuaire et logisticien, avec ses 11 entreprises membres

Il faut noter, en effet, que l’introduction des trois huit au SATS préfigure d’une future importante contribution à la création d’emplois. Car les 11 entreprises membres du SATS ont un fort impact dans leur secteur, comme en témoignent leurs chiffres-clés de 2024 : ainsi,  pour le tonnage, plus de 9 millions de tonnes sont manutentionnées annuellement par eux, sur un total annuel national de 22 millions de tonnes; ils ont un effectif de personnel permanent de 3 000 employés. Et enfin, en termes de travailleurs journaliers, ils comptent 3 000 travailleurs journaliers, avec une moyenne de 800 dockers par jour.

1000 nouveaux emplois permanents à la clé

De ce fait, avec l’introduction des trois huit au sein du SATS, au moins 1000 nouveaux emplois permanents pourraient être créés rapidement. Cela rencontre aussi les attentes des autorités publiques du Sénégal, en la matière, que ce soit celles du Port de Dakar ou la tutelle ministérielle et gouvernementale : un dialogue public-privé permanent existe pour augmenter constamment les effectifs employés et pour que les acteurs portuaires du Sénégal se dotent, toujours plus, des moyens de pouvoir servir les clients armateurs et maritimes  qui arrivent de tous les fuseaux horaires et donc, à toute heure. Dans le cadre de son Agenda National de Transformation « Sénégal 2050 », le Président Diomaye Faye a instruit son gouvernement de mettre en bonne place l’économie bleue, les Ports du Sénégal et les acteurs portuaires, avec une attention particulière accordée au conditions de vie et de travail des manutentionnaires, à commencer par ceux de Dakar, pointe la plus avancée du continent africain dans l’océan Atlantique.

Focus gouvernemental sur l’économie bleue

Pour rappel, le Syndicat des auxiliaires de Transport du Sénégal (SATS) est affilié au Conseil National du Patronal du Sénégal (CNP). Les 11 membres du SATS en sont AGL, Dakar Terminal, SNTT, ITS, SIMAR, MSC, CMA-CMA Ceiba, Maersks, Diamond shipping, TSI et STIA. Quant à DP World Dakar, opérateur du Terminal à Conteneurs de la Zone Nord du Port autonome de Dakar, elle est une filiale du groupe émirati Dubaï Port World, un leader mondial de la logistique et de la gestion portuaire présent dans 69 pays sur tous les continents et employant environ 106 500 personnes en 2025.Par Damel Gueye, journaliste reporter d’images chez Tract Hebdo (www.tract.sn)
Nouvelle ère pour le SATS : Le SG du SATS Amadou Massar Sarr et le DG de DP World Dakar Clarence Rodrigues montrent fièrement leur protocole d’accord

[INTERVIEW-VÉRITÉ] ‘Libérer les joueurs africains à 6 jours de la CAN, c’est pas normal !’ (Habib Béye)

Tract.sn – Habib, la Coupe d’Afrique des nations démarre dans deux jours au Maroc. Vous l’avez disputée à quatre reprises en tant que joueur, et vous continuez sûrement à la suivre avec attention. Comment jugez-vous l’évolution de cette compétition ces dernières années ?Habib Beye : La CAN a toujours occupé une place centrale dans le cœur des Africains, mais aujourd’hui elle a pris une dimension supplémentaire. C’est devenu un rendez-vous incontournable, non seulement pour les joueurs africains mais aussi pour les passionnés de football mondial. Son niveau s’est considérablement élevé : autrefois, quelques grandes nations dominaient, mais désormais, on observe une réelle homogénéité. Des sélections comme le Cap-Vert, par exemple, sont capables de bousculer la hiérarchie et de se qualifier pour la Coupe du monde. Cette évolution est aussi portée par la présence croissante de joueurs africains dans les plus grands clubs européens, ce qui tire tout le continent vers le haut. Pour moi, qui ai eu la chance de la jouer quatre fois, c’est avant tout une fête, un moment d’unité et de fierté, mais aussi une compétition d’exigence qui attire de plus en plus de regards. Au-delà de la richesse des effectifs, qu’est-ce qui permet vraiment à une sélection d’aller au bout aujourd’hui ? La dynamique, la préparation, la fraîcheur physique… Où se fait la différence ? Le facteur principal, c’est la capacité à arriver au bon moment dans la meilleure forme possible. La CAN intervient à une période très particulière du calendrier : certains joueurs viennent de disputer cinq mois intenses en club et peuvent être fatigués, d’autres sont dans une dynamique positive. On a d’autres joueurs qui arrivent essoufflés par cette première partie de saison. Il ne faut pas l’oublier, il y a très peu de préparation, on l’a vu avec le débat qu’il y a eu sur la mise à disposition des joueurs pour leur sélection. Cela veut dire que là, les sélectionneurs ont eu très peu de jours pour préparer une compétition majeure. Cela oblige les sélectionneurs à faire des choix rapides et à trouver la bonne alchimie en quelques jours. Ce n’est donc pas forcément la nation la plus « <span;>riche<span;> » sur le papier qui gagne, mais celle qui parvient à aligner le plus de joueurs en pleine possession de leurs moyens, à créer une dynamique de groupe et à s’adapter rapidement aux conditions locales et à la pression du tournoi. Le Maroc a un avantage parce qu’il organise, un peu à l’image de la Côte d’Ivoire lorsqu’elle a gagné chez elle, c’est un atout aussi lorsque vous organisez une compétitionVous avez parlé tout à l’heure de la mise à disposition des joueurs. Qu’est-ce que vous préconisez pour qu’on n’ait plus ce débat à la veille de la CAN ?Ce problème est récurrent et c’est dommageable pour l’image de la CAN et pour l’équité sportive. L’idéal serait de garantir un minimum de dix à quinze jours de préparation pour toutes les sélections, comme c’est le cas pour la Coupe du monde ou l’Euro. Mais la CAN subit souvent les aléas du calendrier international : elle a été déplacée pour laisser la priorité à la Coupe du monde des clubs, ce qui l’a reléguée au second plan. Aux yeux de Gianni Infantino (président de la Fifa), c’était plus important d’avoir la Coupe du monde des clubs que la CAN à cette période-là de l’année. Libérer les joueurs à six jours du coup d’envoi, c’est insuffisant pour préparer un grand tournoi : cela complique le travail des sélectionneurs, perturbe l’organisation et, de fait, dévalorise la compétition. Les clubs européens doivent comprendre que la CAN n’est pas une compétition secondaire : pour beaucoup de joueurs, c’est la consécration d’une carrière, un rêve, et elle mérite la même considération que l’Euro ou d’autres compétitions internationales.Quels sont pour vous les véritables favoris et les outsiders à suivre pour cette CAN ?Le Maroc, à domicile, me semble être l’un des grands favoris : les joueurs restent sur une série impressionnante, ils ont brillé lors des qualifications et l’effet « pays hôte » compte énormément dans ce genre de compétition. La Côte d’Ivoire, forte de son titre et d’un effectif très dense, sera aussi à surveiller, tout comme le Nigeria, qui a cette capacité à toujours répondre présent dans les grands rendez-vous. Mais j’ai envie d’insister sur la régularité et l’ambition du Sénégal : au-delà de l’attachement personnel, c’est une équipe qui a su capitaliser sur son expérience, mélanger jeunesse et cadres, et qui reste redoutable. On n’est jamais à l’abri d’une surprise d’une équipe comme la RDC ou d’autres nations émergentes. Mais je dirais que mon favori ultime est le Sénégal parce que c’est très important qu’on aille chercher cette deuxième étoile.Depuis trois éditions, la CAN est remportée par des sélections coachées par des binationaux, Djamel Belmadi avec l’Algérie, Aliou Cissé avec le Sénégal et Emerse Faé avec la Côte d’Ivoire. Pensez-vous que la réussite des équipes africaines passe désormais par des entraîneurs ayant une double culture ?On ne peut pas réduire la réussite africaine à la seule question de la binationalité, mais il est vrai que les entraîneurs qui ont grandi ou travaillé dans plusieurs cultures ont un atout précieux. Ils comprennent mieux la complexité des groupes, le vécu des joueurs formés en Europe ou en Afrique, et savent tirer parti de cette diversité. Ce n’est pas une recette miracle : la compétence, l’humilité et la capacité à fédérer autour d’un projet restent essentielles, quel que soit le passeport. Pour ma part, la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie, c’est d’avoir été en équipe du Sénégal.Cela a été pour moi une révélation. Ça m’a permis de me rapprocher de ma famille, de mon pays d’origine, puisque je suis né en France, de la culture de mon père. Mais la culture de mon père et de ma mère m’ont donné une richesse. Et cette richesse-là, aujourd’hui, je m’en sers encore dans mon métier d’entraîneur. L’exemple de Pape Thiaw (sélectionneur du Sénégal) montre qu’il faut savoir résister à la pression, imposer ses idées et s’ouvrir à l’autre. Les gens ne le pensaient pas légitime à prendre cette sélection, il a été capable de résister à cette pression-là, de poser ses idées, d’avoir ses résultats. Et maintenant tout le monde considère, à juste titre, qu’il est l’homme de la situation. C’est aussi parce qu’il a cette culture-là, et pour autant lui, aujourd’hui, est né au Sénégal, il est allé jouer à l’étranger, et c’est ce qui lui a amené cette richesse-là. Au fond, c’est l’ouverture d’esprit et la volonté de transmettre qui font la différence, pas seulement la double nationalité.Vous avez évolué en Ligue 1 comme joueur, consultant, et maintenant comme entraîneur. Comment percevez-vous l’évolution récente du championnat français, notamment par rapport aux autres grands championnats européens ?La Ligue 1 a beaucoup changé ces dernières années. On a traversé une période où les meilleurs jeunes partaient très tôt à l’étranger, ce qui a affaibli la compétitivité du championnat. L’arrivée de stars mondiales au PSG a obligé les autres clubs à se réinventer et à hausser leur niveau. Aujourd’hui, avec la baisse des droits TV et la pression financière, beaucoup de clubs reviennent à la base : la formation, la détection, la valorisation des jeunes talents. C’est une bonne chose sur le long terme, car cela garantit la pérennité et l’identité du football français. Même si la Premier League reste loin devant en termes de moyens, la Ligue 1 n’a pas à rougir : elle produit encore beaucoup de joueurs qui s’imposent partout en Europe et elle reste un vivier exceptionnel.Le Stade Rennais, que vous dirigez, a connu un début de saison compliqué mais semble avoir trouvé une vraie stabilité. Comment analysez-vous le parcours de votre équipe depuis le début de la saison et quels ont été les ressorts de ce redressement ?Je vais être très factuel, cette équipe ne s’est jamais battue pour autre chose que d’accrocher ce wagon de l’Europe. La perception extérieure ne reflète pas toujours la réalité. On a évoqué une crise parce que nous avons enchaîné plusieurs matchs nuls après avoir mené au score, mais en réalité, Rennes n’a perdu que trois fois en seize journées, seule Paris fait mieux. L’équipe n’a jamais cessé de produire du jeu et de rester fidèle à ses principes, même dans les moments plus difficiles.Nous avons su rester solidaires, lucides et patients : la réussite n’était pas loin, il suffisait de persévérer et de corriger quelques détails. Aujourd’hui, la dynamique est très positive, on enchaîne les victoires, et l’objectif européen est à notre portée. Je suis fier du groupe, de la capacité à réagir et du niveau d’exigence que nous avons su maintenir. En restant factuel, aujourd’hui, je suis le deuxième entraîneur avec les meilleurs résultats au Stade Rennais derrière Bruno Genesio. Cela prouve qu’on fait un travail de qualité. Nous sommes arrivés au Stade Rennais il y a maintenant 11 mois, et je pense que notre travail démontre notre qualité avec mon staff.Il y a eu quand même des décisions fortes comme la mise à l’écart de Seko Fofana, Ludovic Blas sur le banc, mais aussi la métamorphose d’Al-Tamari. Ce sont des signes d’une remise en question ou de prise de conscience par rapport à la situation…Quand on ne gagne pas nos matchs mais qu’on ne les perdait pas à ce moment-là, il faut trouver des solutions pour que cette équipe bascule dans cette volonté d’aller chercher son destin. Et ce qui était étrange, c’est qu’on menait toujours dans ces matchs-là, très souvent 2-0, on était rattrapés à 2-2 et donc cela veut dire qu’on manquait de constance dans la durée et qu’il fallait qu’on soit en capacité d’avoir toujours cette volonté d’aller chercher ce troisième but pour nous mettre à l’abri, de continuer à être performant dans la durée du match. Dans l’observation que nous avons faite, on manquait de poids en deuxième mi-temps et on avait une équipe qui avait tendance à reculer. On a fait des choix qui étaient différents, guidés par la performance de l’entraînement aussi, par la richesse de notre effectif. Et ceux à qui on a donné cette opportunité-là à ce moment-là l’ont saisie. Maintenant, Ludovic et Seko n’ont été écartés du groupe qu’un match à Toulouse où ils ont été laissés hors du groupe, mais sinon ils ont été toujours dans l’équipe, soit dans le 11 de départ, soit dans le groupe, amenés à rentrer et donc à prouver leur qualité, et on a eu la chance et aussi l’investissement de chacun, pour que personne ne lâche le groupe et surtout ne lâche le train, parce que c’est important de comprendre qu’un championnat, ça se vit à 19 à 20, et pas seulement à 11 joueurs. Il faut savoir donner leur chance à tous, s’appuyer sur la performance à l’entraînement, et ne jamais figer la hiérarchie.La Ligue 1 va perdre 50 joueurs partis à la CAN. Comment s’adapter ? Par exemple pour vous qui aurez trois joueurs au Maroc ?Depuis le début de saison, on sait que certains joueurs partiront à la CAN. Pour Rennes, cela concerne trois éléments majeurs. Cela nous oblige à anticiper, à élargir la rotation, et surtout à faire confiance à des jeunes issus de l’académie. C’est une belle occasion pour eux de s’exprimer et de se confronter au haut niveau. On a la chance aussi que cette période-là soit composée de deux matchs de Coupe de France, celui qui arrive là dimanche, un match de championnat le 3 janvier, puis de nouveau un match de Coupe de France, ensuite un match au Havre trois jours après la finale de la CAN. Je pars du principe qu’il va nous manquer nos joueurs au plus trois matchs, et par le passé ça pouvait être quatre à cinq matchs. Aujourd’hui, je suis fier de voir nos joueurs représenter leur pays, c’est une expérience unique qui va les enrichir et, à leur retour, renforcer l’équipe.Vous êtes l’un des rares entraîneurs africains à diriger une équipe dans un grand championnat européen. Ressentez-vous une responsabilité particulière vis-à-vis des jeunes générations et du football africain ?Oui, parce qu’aujourd’hui, je la ressens, la responsabilité, parce que je me suis donné les moyens de l’avoir. Je crois que je suis le seul entraîneur africain aujourd’hui dans les cinq grands championnats, en tout cas en première division. On a Omar Daf en Ligue 2 (Amiens). Mais sur la première division, ça m’encourage encore plus à montrer la voie et à essayer de faire en sorte que mon parcours puisse en inspirer d’autres et surtout représenter mon pays et mon continent, mais aussi la culture de ma maman, la France, celle de mon papa, le Sénégal. J’essaie d’être le meilleur possible parce que mon ambition personnelle n’a pas de limite. Je me suis formé en France, j’ai passé quatre ans pour obtenir mes diplômes alors que j’aurais pu aller en Angleterre et le faire peut-être en un an. Je suis allé en National ; j’ai connu des contextes difficiles, mais je n’ai jamais lâché. Je veux inspirer les jeunes, leur dire que rien n’est impossible, qu’il ne faut pas se fixer de limites et qu’on ne doit pas laisser les autres décider pour nous. C’est une ambition saine, fondée sur l’exigence et la persévérance. J’espère que mon exemple ouvrira la voie à d’autres entraîneurs issus du continent africain ou de la diversité.Pape Diouf, l’ancien président de l’OM, se définissait comme une « anomalie sympathique », étant le seul dirigeant noir dans un grand club en Europe. Est-ce que vous vous définiriez comme tel ou vous avez une autre vision ?Non, j’ai une autre vision mais par contre j’ai une vision similaire à Pape sur ce que je pense aujourd’hui vouloir dans ma vie. Et, Pape disait très souvent que les limites, on se les fixe nous-mêmes. Et moi je ne m’en suis pas fixé. Si aujourd’hui vous fermez la porte, je vais trouver un moyen de rentrer. Si aujourd’hui vous construisez un mur, je vais trouver un moyen de le démolir. Si demain vous me fermez une voie, je vais trouver une autre voie. Et je ne laisserai personne définir mon avenir, ni ce que je veux faire dans ma vie. Et à partir du moment où vous avez de la persévérance dans ce que vous faites, vous y arrivez, parce que c’est comme ça que je définis ma vie. Et Pape disait qu’aujourd’hui son ascension était aussi faite par le fait qu’il ne s’était pas limité, et que quand il disait qu’il était une anomalie sympathique, c’est qu’il était à ce moment-là peut-être l’un des seuls dans son cas. Mais je pense que Pape, à travers son parcours de vie, – et je le connais un petit peu parce que c’était un peu mon père spirituel –, m’a donné de grandes leçons comme mon papa qui n’est plus là aujourd’hui. « Habib, le seul maître de ton destin c’est toi-même, et personne ne t’empêchera d’aller là où tu veux aller », me disait-il. Aujourd’hui, je ne considère pas être une anomalie sympathique, je considère que je suis là parce que je le mérite de par mon travail et de par la volonté que j’ai aujourd’hui d’entraîner au très haut niveau et de continuer à progresser et à me confronter à ce qui se fait de mieux. Donc je travaille tout ça, tous les jours, je me lève tous les matins pour ça, avec la même détermination, le même plaisir à faire mon métier, à aimer ce jeu qu’est le football, parce que je suis un amoureux de ce jeu, et personne ne m’empêchera d’aller où je veux aller.Et si je dois donner un conseil à des jeunes qui liront ça, c’est de se dire : vous allez croiser des gens qui vont tenter de vous limiter, parce que c’est comme ça, l’humanité est faite comme ça. Mais il n’y a pas de limite dans ce qu’on veut faire et je pars du principe que c’est une question d’ambition. L’ambition aujourd’hui est vue comme un gros mot, on a l’impression que dire qu’on est ambitieux, c’est d’avoir de l’ego et d’être prétentieux. Ce n’est pas du tout ça, parce que tout ce que j’ai obtenu aujourd’hui, je l’ai obtenu par mon travail.

[BAD BUZZ] La TotalÉnergies CAN Maroc 2025 clashée par Xuman et Keyti (JT Rappé)

 Tract.sn – Voici une version courte, accessible, incarnée, pensée pour passer facilement dans les journaux, sites d’info et communiqués, tout en gardant le ton Xuman, les infos clés, et le contexte de la campagne. JT RAPPÉ – Campagne KICK POLLUTERS OUT Pourquoi nous interrogeons le sponsoring de Total à la CANPar Xuman – JT RAPPÉJe m’appelle Xuman. Avec le JT Rappé, je fais de l’information citoyenne en rap depuis plus de dix ans, pour rendre accessibles des sujets qui concernent directement nos vies. Dans le cadre de la campagne KICK POLLUTERS OUT, nous avons choisi de poser une question simple et légitime : que signifie le sponsoring de la Coupe d’Afrique des Nations par TotalEnergies ? La CAN est un événement majeur pour l’Afrique. Elle rassemble, elle inspire, elle porte des valeurs de jeunesse, de fierté et d’avenir. Justement pour cette raison, l’omniprésence d’une entreprise du pétrole et du gaz dans les stades et les retransmissions interroge. Le sponsoring sportif n’est jamais neutre : il associe une marque à des émotions positives, tout en éloignant le débat sur les impacts réels de ses activités. La campagne KICK POLLUTERS OUT vise à rendre visibles ces mécanismes de communication, souvent qualifiés de greenwashing, dans un contexte où l’Afrique est l’un des continents les plus exposés aux conséquences du dérèglement climatique. Cette campagne est portée collectivement avec des partenaires africains et internationaux, dont Magamba Network (Zimbabwe), Buni Media (Kenya), Greenpeace Afrique, ainsi que d’autres organisations, médias indépendants et artistes engagés sur le continent.Avec le JT Rappé, nous ne remettons pas en cause le football, ni la CAN, ni les supporters. Nous appelons simplement à un débat public honnête : le sport africain peut-il continuer à être financé et habillé par des entreprises dont le modèle repose encore largement sur les énergies fossiles ? Informer, questionner, donner les clés de compréhension au plus grand nombre : c’est le rôle que nous assumons. Xuman Journaliste-rappeur – JT Rappé Campagne KICK POLLUTERS OUT

[‘TRACT.SN’ fait sa ‘CAN’] Football au Sénégal : une équipe quasi prête pour la CAN 2025

Tract.sn – À quelques jours du coup d’envoi de la CAN 2025, l’équipe nationale sénégalaise n’entend pas rester les bras croisés, et compte regagner le premier rang du football africain. Deux ans après avoir été prématurément éliminés en huitièmes de finale face à la Côte d’Ivoire, les Lions sont de retour au Maroc, avec un effectif riche et un statut de favoris. Mais avant de pouvoir aspirer au titre, les Sénégalais devront passer un premier tour qui paraît assez compliqué, au sein d’un groupe où chaque adversaire possède des atouts non négligeables. Au stade Ibn Batouta situé à Tanger, ils devront se montrer à la hauteur, car leur parcours vers la victoire ne sera pas de tout repos.

Un premier tour contre des équipes de taille pour les Lions

Le Sénégal disputera ses trois matchs du premier tour à Tanger. Si le cadre semble idéal, le calendrier promet cependant des affrontements variés et spécialement mouvementés. Pour les Lions, le tournoi démarrera le 23 décembre prochain, au cours duquel ils s’opposeront à l’équipe du Botswana.Si jamais vous envisagez de parier sur l’une de ces deux équipes, pensez à le faire sur un site fiable, comme NetBet.fr, qui dispose d’une plateforme totalement sécurisée. Et il faut souligner que même si les Zèbres ne sont qu’à leur deuxième qualification depuis 2012, les Lions devraient se préparer en conséquence, car cette rencontre pourrait prendre un tournant inattendu. Voici un point à ne pas négliger au cas où vous seriez tenté de placer des mises sur ce duel.Lors du second match qui se tiendra le 27 décembre, le Sénégal affrontera la RD Congo, une équipe plutôt redoutable. Particulièrement confiants, après avoir vaincu le Cameroun et le Nigéria pendant les éliminatoires du Mondial 2026, les Léopards pourraient changer la donne. La RDC détient des éléments offensifs solides, que le Sénégal devrait craindre.Après cela, les Lions achèveront le premier tour contre le Bénin le 29 décembre. Bien que les Guépards aient déjà essuyé un échec face au Sénégal durant les présélections de la CAN 2023, ils ont, depuis, renforcé leurs jeux. Grâce à leur capacité et leur endurance, les joueurs béninois pourraient bien mettre la pression aux Sénégalais.En tout cas, quand bien même le groupe semblerait abordable pour le Sénégal, l’équipe a une longue route à parcourir avant de pouvoir s’en sortir. Entre la RDC qui évolue, le Bénin imprévisible et le Botswana, le Sénégal devra faire preuve d’un grand sérieux dès le début du tournoi s’il souhaite finir en tête et éviter une élimination précoce.

L’équipe du Sénégal affiche une sélection plutôt satisfaisante

Affichant l’un des effectifs les plus complets du continent, le Sénégal se rend au Maroc avec un mix entre joueurs tantôt expérimentés et matures, et tantôt jeunes et talentueux. À l’arrière, nous retrouvons Kalidou Koulibaly, le pilier incontesté de la défense, toujours solide et irréprochable dans l’engagement.Ce dernier s’entoure de Moussa Niakhaté, Ismaïl Jakobs ou encore de jeunes footballeurs, tels que Mamadou Sarr et El Hadji Malick Diouf, qui apportent de la fraîcheur et de la polyvalence. Cette sélection aurait pu être complétée avec de jeunes footballeurs prometteurs, comme Lassana Traoré, qui a dernièrement signé à Saint-Étienne.Dans les buts, Édouard Mendy reste jusqu’ici une valeur sûre. En milieu, Idrissa Gana Gueye se veut toujours indispensable, et cela n’est pas étonnant, étant donné son expérience et son volume de jeu. Il joue aux côtés d’une nouvelle génération brillante, incluant Pape Matar Sarr, Pape Gueye, sans oublier Mamadou Lamine Camara qui progresse à une vitesse impressionnante.À l’avant, le Sénégal peut se targuer de profiter d’une véritable armada. Malgré ses faibles performances en 2021, Sadio Mané demeure le leader technique de l’équipe. Autour de lui, les options sont multiples : Nicolas Jackson, Iliman Ndiaye, Habib Diallo, Boulaye Dia, Ibrahim Mbaye ou Assane Diao. C’est ainsi que se composera l’équipe sénégalaise à l’occasion de la CAN 2025. Si vous désirez connaître le calendrier officiel de la compétition, sachez qu’elle est déjà disponible.La rédaction / Tract.sn

Aminata Mbengue Ndiaye ‘s’assoie’ sur le Congrès du PS : ‘une forfaiture’ dénoncée par les frondeurs réformateurs d’IR/PS

Tract – Nous avons reçu à notre rédaction ce communiqué de l’IR/PS, frange frondeuse et réformatrice du PS sénégalais, qui ruent fort dans les brancards après le report sine die du Congrès du Partis socialiste, par son apparatchik en chef Aminata Mbengue Ndiaye. Ils dénoncent rien moins qu’une forfaiture. Lisez plutôt ? :COMMUNIQUÉ DE L’INITIATIVE POUR LA RÉFORME DU PARTI SOCIALISTE (IR/PS)Face à la forfaiture, l’impérieuse nécessité d’une résolution.La conclusion s’impose, irréfutable et accablante : le congrès de refondation, initialement reconvoqué pour ce mois de décembre après une première programmation, est ajourné. Cet ajournement sine die ne surprend que ceux qui persistaient à croire en la probité d’un processus dès l’origine vicié. Il sanctionne l’échec d’une entreprise caractérisée par une impréparation notoire et un manque de volonté politique flagrant, dont l’issue ne pouvait être que l’impasse.Le mécanisme de régénération a été détourné de sa finalité. La commission spéciale, instituée pour effectuer le travail de prospection, de réflexion et de propositions, s’est illégitimement dotée d’une mission jumelle, alimentant l’équivoque et la confusion des rôles. Mu en comité de relance des activités du Parti, il a ainsi marginalisé la mission primordiale que le bureau politique lui avait confiée pour calmer les ardeurs des militants et prolonger le dilatoire.Aux plénières incontournables, censées fonder un consensus éclairé autour d’une lettre de mission structurante, ont été préférées des orientations unilatérales approximatives, occultant les vrais problèmes. Les sous-commissions, toutes aussi illégitimes que la commission spéciale, ont été boycottées par les militants et livrées à elles-mêmes     . Elles ont œuvré la bride au cou sans orientation précise, illustrant un déficit d’organisation criant et volontaire dont le résultat improbable était une évidence.L’ajournement sine die, ainsi que la perspective autoritaire de reconvoquer l’assemblée sans l’aval du donneur d’ordre, le BP en l’occurrence, sont symptomatiques de l’état d’esprit des responsables actuels, plus attachés à un agenda apocryphe qu’au salut de l’institution.Les rumeurs se font plus insistantes : il se susurre même que des réglages sous terrains sont en cours afin de positionner quelques camarades dans une vaine perpétuation du statut quo de tous les risques. On évoque jusqu’à un appel du pied au pouvoir en place, préparant le terrain d’une distribution rétributive destinée à récompenser les fidèles et à châtier les anticonformistes.Cet ultime coup de force ne passera pas. Nous en redoutons le caractère létal ; il conduirait à la scission du parti et pourrait précipiter sa disparition.Devant cette dérive autocratique et cette forclusion de la démocratie interne, l’IRPS, dans l’exercice de sa pleine responsabilité, réactive sa mobilisation et annonce la reprise de ses actions.L’unique alternative sérieuse qui persiste exige d’engager sans délai des réformes profondes et courageuses.Aussi, dans les tous prochains jours, nous rendrons public un plan d’action exhaustif et opérant. Celui-ci, s’appuyant sur ce constat sans concession, définira les modalités concrètes pour exiger et obtenir :
  • Un renouvellement et un rajeunissement profond de la direction du parti, condition sine qua non de sa crédibilité.
  • Un remodelage des structures afin de les adapter à l’environnement nouveau et aux exigences du temps.
  • Une opposition résolue, en républicains, sans hésitation ni faiblesse, aux manœuvres de confiscation.
  • L’élaboration d’un nouveau projet de société, respectueux des valeurs de la social-démocratie et répondant aux enjeux économiques, sociaux, sociétaux actuels et futurs de notre Nation et de l’Afrique
  • L’émergence et l’affirmation d’un véritable leadership, assumant pleinement ses responsabilités et ses ambitions pour la conquête des cœurs de nos concitoyens 
  • Le lancement d’une stratégie d’accession à la magistrature suprême.
Le temps des avertissements est révolu. Face à l’obstination des appareils, seule une action collective, ferme et structurée peut préserver l’avenir. Notre légitimité émane de notre engagement militant et de notre attachement aux statuts ; nous la ferons valoir.L’IRPS appelle tous les camarades socialistes d’ici et de la diaspora à se mobiliser pour le salut de notre Illustre Institution.Signataires :L’Initiative pour la Réforme du Parti Socialiste.

Diplomatie ? Le Président Diomaye ne doit pas etre contredit par son Premier ministre

Par Souley Wade-Un pays, une ligne. Pour une présidence forte et assumée. Nous avons besoin d’un Président fort, pas dans le sens autoritaire, mais institutionnel. Un Président qui fixe un cap, assume la ligne stratégique, et donne à la politique étrangère la cohérence qu’elle exige. Dans un régime présidentiel comme le nôtre, le Chef de l’État ne peut pas être éclipsé, rattrapé ou contredit publiquement par son propre Premier ministre. Sinon, c’est toute la chaîne de commandement qui se fissure.L’épisode récent sur le dossier de la Guinée-Bissau en est la preuve éclatante : un PM qui va plus loin que la position officielle du Sénégal, au point de brouiller notre message extérieur. Aucun État sérieux ne peut tolérer deux voix concurrentes dans sa diplomatie. C’est un précédent dangereux, qui affaiblit la crédibilité du pays.Sans hiérarchie claire, on installe un duel de légitimités, on nourrit le désordre, et l’administration ne sait plus à qui se rallier. Deux têtes, deux lignes, deux egos : c’est le chaos assuré.Le Sénégal a besoin d’une direction assumée, d’un alignement clair, d’une cohérence durable. Un Président qui préside, un Premier ministre qui gouverne, dans le bon ordre. Pas l’inverse.Un Premier Ministre qui travaille pour le Sénégal, certes, mais sous l autorité et la direction du Président de la République.Au Président maintenant de prendre ses responsabilités.La fonction exige d’incarner pleinement l’autorité de l’état.L’efficacité managériale l’impose : la clarté du commandement est la première condition d’un État qui fonctionne.Et à ce niveau, les faux-semblants ne pardonnent pas.C’est au Président de s’assurer que chacun connaisse son périmètre, sono rôle et son rang, et qu’il y reste.À défaut, il doit agir. C’est sa responsabilité.Car sans cette discipline institutionnelle, il n’y a ni efficacité, ni cohérence, ni crédibilité.

Dialogue imaginaire : De ‘Diomaye mooy Sonko’ à ‘Diomaye moins Sonko’

QUAND SONKO MOOY DIOMAYE TEND VERS DIOMAYE « MOINS » SONKO (PAR LE PROF ABOU KANE)

J’ai l’impression que Sonko et Diomaye se comprennent mais n’ont pas les mêmes préoccupations pour le moment .

SONKO : Président, je dois prendre un vol, je reviens bientôt.

DIOMAYE : quoi ? tu as toujours dit que voler c’est pas bon. Tu veux prendre quoi ?

SONKO : Toi aussi, « prendre un vol » c’est prendre l’avion, tu dois le savoir tout de même !

DIOMAYE : Ah d’accord ! Mais j’ai déjà appuyé sur le bouton qui alerte la justice (que je vais recevoir) et l’armée. On va procéder à une restructuration pour être en sécurité.

SONKO : Pourquoi « restructuration » ? J’ai déjà dit qu’il n y aura pas de restructuration de la dette. Si c’est ce que le FMI veut, on ne le fera pas !

DIOMAYE : qui te parle de restructuration de la dette ? Je parle de la marche de l’Etat; je vais parallèlement restructurer la coalition.

SONKO : La marche de l’Etat ou de l’armée ? Je t’ai vu participer à la marche des militaires !

DIOMAYE : En tant que chef suprême des armées je peux le faire non ?

SONKO : Pourquoi tu amènes la cour suprême dans notre discussion ?

DIOMAYE : Non, j’ai dit « chef suprême des armées »; je n’ai pas dit « cour suprême ».

SONKO : c’est vraiment compliqué ! Écoute, je vais devoir prendre congé de toi pour ne pas rater mon vol; on en reparlera.

DIOMAYE : Mai tu avais déjà pris tes congés ! Si tu en prends encore il faut te reposer jusqu’en 2029.

SONKO : Non ! « prendre congé de toi » c’est une manière polie de te dire que je vais partir.

DIOMAYE : Ah d’accord ! je pense qu’il faudra qu’on parle le même langage pour éviter des divergences inutiles et sans fondement. Je pense tellement à 2029 !

SONKO : c’est parce que tu penses à 2029 qu’on ne parle plus le même langage ; celui de Pastef.

DIOMAYE : Pourtant je mets du Pastef dans tout ce que j’ai fait jusque-là. Pastef signifie « détermination » et je suis déterminé.

SONKO : Moi je parle du parti Pastef et toi tu me parles du mot « Pastef ». Tu as besoin d’une mise à jour ou d’un recyclage car tu oublies vite !

DIOMAYE : C’est vrai qu’au palais on te dit tout ce que tu dois faire et parfois on réfléchit pour toi alors que dans le parti tu réfléchis et tu fais parfois du mimétisme pour pouvoir échapper à certains adversaires.

SONKO : Qu’est-ce que Mimi Touré vient faire dans notre discussion ?

DIOMAYE : Non j’ai dit « mimétisme »; c’est le fait d’imiter ou si tu veux, le fait de montrer un visage qui n’est pas le tien pour te protéger des autres.

SONKO : D’accord, pourtant tu ne m’as pas imité alors que je t’ai bien dit que Sonko moy Diomaye. Je constate que tu veux faire du Diomaye « moins » Sonko ; c’est le signe (-) que tu veux utiliser pour aller sans moi.

A suivre…..

Dans tous les cas, il leur faudra beaucoup de Pastef (détermination) pour régler cette crise au sommet de l’Etat qui ne peut pas être sans conséquences sur l’économie et sur la stabilité du pays.

Pr Abou KANE
FASEG/UCAD

Casamance : le travail d’Aly Ngouille Ndiaye et du Khalife des Mourides devrait être salué par le régime Pastef

CHRONIQUE- Quand le pays s’agite, certains travaillent : et si on revenait à l’essentiel ? Cette semaine, le Sénégal a encore été pris dans une tempête politique. Partisans d’Ousmane Sonko contre partisans de Bassirou Diomaye Faye, sorties virulentes de responsables de PASTEF, répliques des proches du président, polémiques autour de Mimi Touré, Aïda Mbodj ou Abdourahmane Diouf…
Bref, un vacarme inutile qui n’aide personne.

Pendant ce temps, la vie est de plus en plus difficile. Les Sénégalais cherchent du souffle, pas du bruit.

Mais au milieu de ce tumulte, on parle encore de ce geste patriotique fort est venu de Casamance : la libération sans condition du Médecin-Lieutenant de l’armée sénégalaise, retenu depuis avril à Djignaki. Ce résultat n’a pas été obtenu par des discours agressifs, mais par le dialogue, la patience et le travail silencieux de plusieurs médiateurs.

Dans son communiqué du 12 novembre 2025, le MFDC/La Coalition remercie deux hommes notamment : Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des Mourides, et Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre de l’Intérieur.
Ils ont travaillé loin des caméras, sans polémiques ni coups d’éclat. Leur action a permis la remise de l’officier au CICR et a rouvert un canal de discussion pour la paix en Casamance.
Mieux encore : les ailes dures du MFDC ont demandé officiellement au président Bassirou Diomaye Faye de confirmer Aly Ngouille Ndiaye comme médiateur national pour les futurs pourparlers. Une première historique.

Et pourtant, un fait dérange : jusqu’à présent, ni le président de la République ni le Premier ministre n’ont salué publiquement ce travail décisif.
Aucun mot officiel pour remercier le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké.
Aucune déclaration pour reconnaître la médiation d’Aly Ngouille Ndiaye.

On peut les comprendre parce que la tension politique au sommet de l’État est telle que la sérénité semble absente. Les querelles internes, les attaques croisées et les luttes d’influence prennent le pas sur l’essentiel. Le pays souffre de cette atmosphère pesante, et cela se ressent jusque dans les décisions officielles.

Pourtant, il est temps de revenir à ce qui compte vraiment. Le Sénégal n’a pas besoin de divisions, mais d’apaisement. Pas de guerre de camps, mais de résultats.
Pas de cris, mais d’actes concrets.

L’exemple de Serigne Mountakha Mbacké et d’Aly Ngouille Ndiaye rappelle une vérité simple : c’est en travaillant beaucoup et en parlant peu que l’on sert véritablement la Nation.

Les responsables politiques doivent saluer et encourager ces démarches. C’est ainsi que le Sénégal retrouvera la paix, la sérénité et le sens des priorités.

Par Boubacar Kambel Dieng

‘Camarades Diomaye et Sonko, qui sera notre candidat en 2029 ?’

LETTRE OUVERTE – Nous sommes à peine à deux ans de la victoire et à trois ans de la fin du mandat présidentiel. 

Nous sommes confrontés à l’exigence du « redressement » des finances publiques dans la transition vers la souveraineté nationale. Les dégâts dont nous avons hérités doivent être réparés. Nous devons sur la base des lois et des institutions néocoloniales, en attendant une future révision constitutionnelle pour un régime parlementaire, satisfaire la demande sociale de reddition des comptes financiers et des crimes de sang. Le double jeu des institutions de Bretton Woods (FMI/BM/Agences de notation) a pour objet de nous imposer un diktat impérialiste libéral.

Voilà le contexte dans lequel surgit la contradiction secondaire entre le PR et le PM par ailleurs PR du parti; contradiction qui prend la forme visible de nominations contestées de deux représentantes de la Coalition, l’une venant du PS puis du PDS et l’autre de l’APR/BBY.

Accepter comme alliés des libéraux dans la lutte pour bouter hors du pouvoir la dictature néocoloniale de l’APR/BBY était une tactique juste pour affaiblir puis vaincre l’État hors la loi de l’APR/BBY.

Le parti est l’instrument stratégique de la conquête et de la préservation du pouvoir pour avancer résolument vers la souveraineté nationale et réaliser le moom sunu reew parce que doomu reew moy tabax reew. La tactique doit être et est au service de la stratégie.

Résoudre les inévitables contradictions secondaires et secondairement antagoniques qui vont jalonner notre longue marche est le moyen efficace de faire face victorieusement à la contradiction principale qui oppose notre camp souverainiste au camp néocolonial laquais de l’impérialisme.

Pour résoudre l’actuelle contradiction secondaire, il nous faut :

– écarter les deux nominations à la tête de la Coalition; 

– stopper l’actuel processus vers deux coalitions distinctes;

– nos deux camarades, PR et PM, doivent trouver sur ce point le compromis nécessaire en s’appuyant sur la médiation actuelle du BP;

– refaire revivre le parti comme entité fonctionnelle démocratique de la base au sommet, d’espaces de décisions démocratiques collégiales de la base au sommet et de liaison avec les masses populaires; 

– rétablir le primat du parti (stratégique) sur la coalition (tactique), donc la seconde doit démocratiquement être animée par le premier ;

– Dépersonnaliser les prises de positions pour ou contre un tel pour remettre le parti en tant que collectif organisé de la base au sommet au centre de la vie politique du pays.

A deux ans de la prise du pouvoir et à trois ans de la fin du mandat, nous n’avons aucun intérêt à la division et à une bataille prématurée sur l’élection présidentielle de 2029 :

– 2029 sera l’année où le peuple jugera notre bilan;

– QUI sera notre candidat en ce moment ? Cette question prématurée aujourd’hui, à défaut d’avoir été tranchée par notre candidat naturel empêché arbitrairement et illégalement pour 2024 et notre candidat désigné par le premier, devra trouver une réponse démocratique par le parti au moment approprié; 

– Halte aux propos outranciers visant l’un ou l’autre des camarades membres du parti, l’un PR et l’autre PM; d’ailleurs sur ce point remarquons que le PM et PR du parti n’a pas utilisé les mots « traître » ou « workat »;

– Faisons focus sur le redressement de la transition pour dé-néocoloniser l’appareil d’État néocolonial dont notre camp et notre parti souverainiste, panafricain ont hérité pour préparer efficacement la rupture et la transformation systémique à laquelle nous nous sommes engagés.

Tel est le chemin du dépassement de l’actuelle contradiction secondaire qui ne peut et ne doit diviser durablement notre parti, notre coalition, notre camp souverainiste.

Par Fodé Roland Diagne (France)