[L’ET DIT TÔT DE DIBOR] ‘Entre l’enclume du Trésor Public et le marteau du Peuple’

Tract Hebdo- On ne va pas se mentir : ce début d’année 2026 ressemble à un lendemain de fête où l’on se réveille avec une gueule de bois administrative et une facture d’électricité en guise de croissant. Tandis que le Palais s’encombre de diplomates aux sourires aussi lisses que leurs dossiers, le Sénégalais d’en bas, lui, compte ses grains d’arachide et ses mégots de cigarettes devenus des produits de luxe.

À Tract Hebdo, nous gardons le cap : la main sur le cœur à gauche, mais le poing serré à droite. D’un côté, on nous annonce 106 milliards pour sauver la campagne arachidière. C’est la gauche qui parle : on ne laisse pas tomber les paysans, on injecte, on soutient, on fraternise. Mais à droite, on ne peut s’empêcher de se demander si cet argent public ne va pas finir par s’évaporer dans les rouages d’une bureaucratie qui tourne plus vite que les moulins de la SONACOS. La solidarité, c’est bien ; la reddition de comptes, c’est mieux. Car au rythme où l’on distribue des milliards, le Trésor Public va bientôt ressembler à une calebasse percée si l’on n’y met pas un peu d’ordre et de discipline.

Pendant ce temps, à Dakar, on bétonne l’avenue Blaise Diagne pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse. C’est magnifique, le sport ! Mais pour l’instant, la seule discipline pratiquée par les citoyens est le « saut d’obstacles » par-dessus les tranchées et le « marathon immobile » dans les embouteillages. On nous promet l’émergence, on nous sert la congestion.

Alors oui, le Sénégal avance. On électrifie le Djolof, on traque les brigands en banlieue à coups de drones (le progrès est parfois un peu voyeur) et on voit notre Eurobond remonter en flèche. Mais n’oublions pas que la seule statistique qui compte, c’est celle du panier de la ménagère, qui reste plus léger qu’une promesse de campagne.

Nous resterons donc là : résolument progressistes pour que personne ne soit laissé au bord de la route, mais farouchement exigeants pour que ceux qui conduisent le car rapide de l’État n’oublient pas de vérifier les freins et de respecter le code de la route budgétaire.

Bonne lecture, et gardez la garde haute.

Dibor Faye

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[L’ET DIT TÔT DE DAMEL] SÉNÉGAL 2026 : LE PÉTROLE ARRIVE, MAIS C’EST LA SUEUR QUI COULE !

‘Entre les promesses de l’or noir, la flambée du prix du riz et les drones qui nous surveillent même quand on rêve de thieboudienne… Tract Hebdo fait le point sur un pays qui veut décoller, mais qui cherche encore la piste d’atterrissage.’

Voici l’éditorial de votre édition du mercredi 7 janvier 2026. Un texte ciselé, entre conscience sociale et réalisme musclé, fidèle à l’ADN de Tract Hebdo.

Tract Hebdo – On nous l’avait promis comme le messie en baril, le remède miracle à tous nos maux, le sésame qui ouvrirait les portes d’un Dubaï sur les bords du fleuve Sénégal. En ce début d’année 2026, l’or noir est enfin là. On entend déjà le doux clapotis des revenus pétroliers dans les caisses de l’État. Mais pour le Sénégalais qui attend le bus de 6h dans la poussière des chantiers des JOJ, l’odeur du pétrole ressemble étrangement à celle de la sueur. Car si le brut remonte à la surface, les prix à la consommation, eux, ont déjà atteint la stratosphère sans attendre l’ascenseur.

C’est tout le paradoxe de notre « émergence » (Oups! Mot banni. Disons notre ‘Agenda Vision 2050 de Transformation Systémique’)) : nous sommes devenus un pays pétrolier avec des prix de pays importateur de diamants. À gauche, le gouvernement nous jure, la main sur le cœur et l’autre sur le décret, que les revenus seront « redistribués avec équité ». C’est charmant. On imagine déjà les cliniques rutilantes et les écoles climatisées. Mais en attendant, la seule chose que l’on redistribue vraiment pour le moment, ce sont les factures d’électricité et les taxes sur le tabac. C’est la magie de la macro-économie : les chiffres brillent dans les rapports du FMI pendant que les yeux des ménagères piquent en faisant le marché.

Alors, on nous demande de la patience. « C’est le temps des investissements structurants », disent les experts en cravate. À Tract Hebdo, on a une très bonne droite pour rappeler que si les fondations sont longues à bâtir, l’estomac du peuple, lui, n’a pas de fonction « pause ». On veut bien être les champions de la croissance, mais on aimerait éviter d’être les records du monde de la ceinture serrée. Le pétrole est une richesse nationale, pas un parfum de luxe qu’on ne peut sentir qu’à travers la vitre des ministères.

Damel Gueye

Tract Hebdo (www.tract.sn)

CAN : Lions de la Téranga-Aigles du Mali, le ‘derby du thieb’, ce vendredi 09 janvier à 16h

Tract Hebdo (www.tract.sn) – Qualifiés au terme de huitièmes de finale très différents dans leur scénario, le Sénégal et le Mali se retrouvent en quarts de finale de la CAN 2025 pour un choc régional qui s’annonce intense, engagé et chargé d’histoire. À Tanger, deux voisins aux trajectoires contrastées se disputent une place dans le dernier carré. Voici pour le match Mali-Sénégal toutes les informations à savoir.Le quart de finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Mali se disputera le vendredi 9 janvier 2026, à partir de 17h heure France et Maroc, soit 16h au Sénégal et au Mali, au Grand Stade de Tanger. Un cadre idéal, où le Sénégal a pris ses habitudes, pour ce duel ouest-africain, qui promet une ambiance électrique dans les tribunes comme sur la pelouse.Champion d’Afrique en 2021, le Sénégal arrive avec le statut de favori assumé, après une qualification plus compliquée que prévue face au Soudan (3-1). Menés dès la 6e minute, les Lions de la Teranga ont su réagir avec caractère, portés par un Sadio Mané omniprésent dans le pressing, la création et le leadership. Pape Gueye, auteur d’un doublé, et le jeune Ibrahim Mbaye, buteur à seulement 17 ans, ont confirmé la profondeur et la variété offensive sénégalaise.De son côté, le Mali s’est qualifié au bout de l’ennui et de la tension, en éliminant la Tunisie aux tirs au but (1-1, 3-2 tab) après un match haché, pauvre en occasions et marqué par l’expulsion rapide de Woyo Coulibaly. Réduits à dix dès la 26e minute, les Aigles ont fait preuve d’une résilience impressionnante, avant d’arracher l’égalisation dans le temps additionnel puis de s’en remettre aux deux arrêts décisifs de Djigui Diarra lors de la séance fatidique.Les absents pour le match Mali-SénégalCôté sénégalais, Kalidou Koulibaly, sanctionné d’un carton rouge contre le Bénin, a purgé son match de suspension et sera de retour pour ce quart a annoncé le sélectionneur Pape Thiaw.Pour le Mali, la situation sera scrutée de près après un huitième de finale extrêmement tendu. Woyo Coulibaly, expulsé contre la Tunisie, sera logiquement absent. Une perte importante sur le plan défensif, dans un match où la rigueur tactique sera primordiale face à l’animation offensive sénégalaise. Nathan Gassama et Sikou Niakaté vont aussi manquer à l’appel sur blessure, tout comme Gaoussou Diarra, parti se soigner au Feyenoord avant une éventuelle demi-finale. Hamari Traoré et Amadou Haïdara seront en revanche disponibles.Historique des confrontations du derby Mali-SénégalCe quart de finale s’inscrit dans une rivalité ancienne et équilibrée. Depuis 1985, le Sénégal et le Mali se sont affrontés à 22 reprises, pour un bilan légèrement favorable aux Lions de la Teranga avec 8 victoires, contre 5 défaites et 9 matchs nuls. Des chiffres qui traduisent parfaitement la nature souvent indécise de ce duel.Au-delà des statistiques, ce Sénégal-Mali est un véritable derby régional, surnommé le « derby du thieb », tant il dépasse le simple cadre sportif. Proximité géographique, cultures entremêlées, joueurs évoluant souvent dans les mêmes championnats et fierté nationale exacerbée : tous les ingrédients sont réunis pour un affrontement sans concession.Si le Sénégal semble plus armé sur le papier, avec davantage d’expérience et de certitudes offensives, le Mali a déjà prouvé sa capacité à souffrir, à fermer le jeu et à frapper au bon moment. Dans un quart de finale où l’intensité émotionnelle pourrait rivaliser avec l’enjeu sportif, la moindre erreur pourrait se payer cash.Tract Hebdo (www.tract.sn)

Gangstérisme d’ État des USA ? : Menotté, le Président vénézuélien Maduro comparait au tribunal à New-York

Tract Hebdo – (New York) Le chef d’État déchu du Venezuela, Nicolás Maduro, a déclaré qu’il était un « prisonnier de guerre » lors de sa comparution à New York, lundi, où il a plaidé non coupable à des accusations de trafic de drogue.
« J’ai été kidnappé », a martelé l’homme de 63 ans à la cour fédérale, en espagnol, deux jours après sa capture lors d’une opération militaire spectaculaire à Caracas. Sa femme et coaccusée Cilia Flores, 69 ans, a aussi plaidé non coupable.
« Je suis innocent […] Je suis un homme décent », a-t-il ajouté devant le juge de 92 ans du district sud de Manhattan, Alvin K. Hellerstine. Il a lancé qu’il demeurait le « président de la République du Venezuela ».
À Caracas, des milliers de partisans de Maduro ont manifesté dans les rues pour demander sa libération. Aussi visé dans l’acte d’accusation américain, le fils de 35 ans de Nicolás Maduro, Nicolás Maduro Guerra – surnommé « Nicolasito » ou « le prince » dans le document judiciaire –, s’est joint à la foule.
Nicolás Maduro Guerra, le fils du président capturé, manifestant à Caracas
Plus tôt dans la journée, la vice-présidente sortante, Delcy Rodríguez, a prêté serment comme présidente par intérim. La main dans les airs, elle a qualifié l’opération militaire américaine d’« agression illégitime ».
Immunité souveraine ?
Portant un casque d’écoute lui permettant d’entendre un interprète traduire les procédures judiciaires en espagnol, Nicolás Maduro a été inculpé de quatre chefs d’accusations criminelles : narcoterrorisme, conspiration pour importer de la cocaïne aux États-Unis, possession de mitraillettes et d’armes destructrices et conspiration en vue de posséder ces armes. Il sera de retour au tribunal le 17 mars.
L’avocat de M. Maduro, Barry Pollack – qui a représenté le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange –, a mentionné qu’il pourrait plaider que Maduro a droit aux privilèges d’un chef d’État, et soulever des questions sur la « légalité » de son arrestation.
Le vocabulaire utilisé par Maduro pour se présenter est révélateur, en vertu des règles de droit international.
« Les chefs d’État et les hauts dirigeants d’un pays bénéficient de ce qu’on appelle l’immunité souveraine. Ils ne devraient pas être sujets, dans un autre pays, à quelconques formes de poursuites criminelles ou civiles », explique Errol Mendes, professeur de droit constitutionnel et international à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa.
Portrait de Nicolás Maduro brandi lors d’une manifestation à Caracas, lundi
Celui qui est aussi président de la section canadienne de la Commission internationale des juristes souligne que cette défense a déjà été essayée, en vain, par l’ancien dirigeant du Panamá, Manuel Noriega, jugé au début des années 1990 aux États-Unis pour trafic de drogue, après une invasion américaine.
Au pouvoir depuis 2013, Nicolás Maduro a été réélu pour la dernière fois en 2024, au terme d’élections contestées. Cela pourrait-il nuire à une défense d’immunité ?
Il y a beaucoup de pays à travers le monde où les dirigeants ne sont pas légitimement élus, mais ça ne donne pas le droit aux pays d’entrer, de les saisir et de tenter de prendre le contrôle du pays.
« C’est quand même quelque chose qui reste débattu en droit international, mais il n’en reste pas moins qu’en général, la pratique veut que les chefs d’État aient une immunité personnelle », ajoute Me Kristine Plouffe-Malette, professeure en droit international à l’Université de Sherbrooke.
« Ce que je comprends de la position américaine, c’est qu’ils vont dire : il n’a pas d’immunité parce qu’il n’est pas le président démocratiquement élu du Venezuela, et donc, on ne peut pas lui octroyer cette immunité-là. C’est vraiment là qu’ils sont en train de jouer avec les normes du droit international. »
Souveraineté territoriale
Dans un texte lu lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, lundi, le secrétaire général, António Guterres, a appelé au respect de « l’indépendance politique » des États.
L’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz, a pour sa part qualifié l’exercice d’« opération de police chirurgicale contre deux fugitifs ».
‘Comme l’a dit le secrétaire [d’État Marco] Rubio, il n’y a pas de guerre contre le Venezuela ou son peuple. Nous n’occupons pas un pays
 Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis à l’ONU
Noah Weisbord, professeur de droit pénal international à l’Université McGill, rappelle que l’usage de la force sur le sol vénézuélien lors de l’arrestation de Nicolás Maduro contrevient à la Charte de l’ONU, car le Conseil de sécurité n’avait pas autorisé d’usage de la force armée pour maintenir la paix, et qu’il ne s’agissait pas de légitime défense.
Manifestation près du tribunal new-yorkais où comparaissait Nicolás Maduro, lundi

« La chose qui me préoccupe, c’est que les droits concernant la souveraineté et l’usage de la force armée ne soient délégitimés, observe M. Weisbord. Je crains que les tyrans du monde entier, comme la Russie et la Chine, décident simplement que les règles ne s’appliquent plus et que tout État vulnérable, y compris le Canada, devienne la cible des États puissants qui voudront simplement s’emparer de nos ressources. »

D’autre pays dans la ligne de mire de Trump

À bord d’Air Force One, dimanche soir, le président Donald Trump a réitéré son désir d’annexer le Groenland, un territoire autonome danois, pour des raisons de sécurité nationale. « Parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il lancé en souriant, devant des journalistes.

La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a vivement réagi lundi.

« Si les États-Unis décident d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors c’est la fin de tout ! », a déclaré Mme Frederiksen à la chaîne de télévision danoise TV2. « Cela inclut notre OTAN et donc la sécurité qui nous est garantie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » En soirée lundi, le proche conseiller de Donald Trump Stephen Miller en a remis une couche : « Les États-Unis devraient avoir le Groenland », a-t-il martelé.

Le président Trump a aussi fait des menaces à peine voilées au président de la Colombie, Gustavo Petro.

« Le président Trump est galvanisé » par le succès de l’opération militaire au Venezuela, avance Noah Weisbord. « Il teste la réaction du monde. »

« C’est de la spéculation, mais ma préoccupation, c’est que si ça marche au Venezuela, il va continuer ailleurs. Il ne s’y limitera pas. »

Daphné Cameron
Tract Hebdo, avec La Presse, l’Agence France-Presse et Associated Press. Selon des informations du New York Times et de CNN.

Trump Boom Boom! Et puis qui? Le Canada? Le Groenland ? La Colombie ?

Tract Hebdo – «Monsieur le président, nous avons vu les derniers sondages, et vos chiffres ne sont malheureusement pas bons. Même des républicains commencent à vous laisser tomber…– Not good, no. Not good. Bad! Very bad!– Il faudrait un gros coup pour stopper la chute et inverser la tendance. Vous présenter comme un ami des arts en donnant votre nom au Kennedy Center n’est pas suffisant…– Trump for the arts, yeah! It’s gonna be huge! Country music! Horses! Yee-haw!– Voici ce que nous vous proposons: une bonne vieille guerre. Rien de mieux qu’une victoire militaire éclatante pour détourner l’attention du peuple et remonter dans les sondages!– War, yes! Boom boom! Bam bam!– Oui, c’est ça, boom boom, monsieur le président… Après réflexion, nous avons identifié trois pays que nous pourrions attaquer. Premièrement, le Costa Rica.– Bad people! Very bad people!– Ça serait facile, car le pays n’a pas d’armée. Mais justement, il n’y a pas de véritable enjeu, tout le monde se fout du Costa Rica… Deuxièmement, le Canada.– Ooooh, bad! Canada bad!– Oui, Canada bad, mais les Canadiens sont quand même des partenaires économiques importants et nous risquons de nous mettre nos propres entrepreneurs à dos si nous bombardons Ottawa. Reste le Venezuela. Primo, le pays importe de la drogue aux États-Unis…Richard MartineauTract Hebdo, avec La Presse

[‘VIRÉE OVALE’] LE DROIT EST MORT, VIVE LA JUNGLE ? Plaidoyer pour un réveil souverainiste face au banditisme d’État (Par Talla SYLLA)

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Tract – On nous vend une « capture ». Les mots ont un sens, et en politique, leur dévoiement est le premier acte de la tyrannie. Ce qui s’est passé au Venezuela n’est ni une arrestation, ni une opération de justice : c’est un enlèvement. C’est un rapt d’État. C’est la manifestation la plus pure du banditisme international, perpétré non par des groupuscules obscurs, mais par la première puissance mondiale, costumée en gendarme de la vertu. 

Il faut avoir le courage de regarder la réalité en face, sans la naïveté coupable qui paralyse nos élites : le droit international, tel que nous l’avons rêvé au lendemain de 1945, vient de rendre son dernier souffle à Caracas. La Charte des Nations Unies est désormais un astre mort dont la lumière nous parvient encore, mais qui ne chauffe plus rien.La mécanique du prédateurNe nous y trompons pas. Ce n’est pas la démocratie qui débarque à Caracas, c’est le Dollar qui vient récupérer son dû par la force. L’histoire est têtue et elle bégaie tragiquement. Hier l’Irak voulait vendre son pétrole en euros ; il fut détruit. Hier la Libye rêvait d’un dinar-or ; elle fut démembrée. Aujourd’hui, le Venezuela, assis sur les plus grandes réserves pétrolières du monde, a commis le crime de lèse-majesté : vouloir s’affranchir de la monnaie impériale pour embrasser les BRICS. La réponse est brutale, cynique, kissingerienne : quand l’hégémonie économique vacille, la force brute prend le relais. C’est la stratégie du « sac troué » : on s’empare du contenant (le pays, le pouvoir) en se fichant éperdument de laisser derrière soi le chaos, pourvu que le contenu (les ressources) reste sous contrôle.Le blanc-seing aux nouveaux seigneurs de guerreMais le plus grave n’est pas là. Le plus grave est le précédent que cet acte pose pour l’avenir de l’humanité. En violant aussi ouvertement la souveraineté d’un État, en kidnappant ses dirigeants sous les applaudissements ou le silence complice des chancelleries occidentales (France et Grande-Bretagne en tête), les États-Unis viennent de déchirer le contrat social mondial. Ils envoient un message terrifiant aux autres puissances : « La loi, c’est la force ». Dès lors, quel argument moral opposer à la Russie si elle décide de redessiner les frontières de l’Est ? Que dire à la Chine si elle décide, demain, d’user de la même méthode en mer de Chine méridionale ? Que dire aux puissances régionales qui voudront annexer leurs voisins ? Nous venons d’entrer officiellement dans l’ère des zones d’influence exclusives. Le monde est redécoupé en fiefs, et les petits États, les nations sans arsenal nucléaire, deviennent des variables d’ajustement, des vassaux potentiels ou des proies. L’urgence d’une conscience souverainiste Face à ce retour de la loi de la jungle, l’Afrique doit cesser d’être spectatrice. Le silence de nos dirigeants est assourdissant, et ce silence est suicidaire. Si nous acceptons qu’un chef d’État soit enlevé parce qu’il déplaît à Washington, nous acceptons par avance que nos propres souverainetés soient solubles dans les intérêts des puissants. C’est ici que le combat souverainiste prend tout son sens. Il ne s’agit pas de défendre aveuglément un régime ou un homme, mais de défendre un principe. Comme l’enseignait Cheikh Anta Diop, la sécurité précède le développement. Or, il n’y a pas de sécurité possible dans un monde où le droit est à géométrie variable. Les souverainistes, les panafricanistes, les citoyens épris de justice doivent comprendre ceci : personne ne viendra nous sauver. L’« Ordre International » est une fiction qui ne protège plus que ceux qui l’ont écrite.L’espoir dans la luciditéAlors, que faire ? Céder au désespoir ? Penser que tout s’effondre et attendre la fin ? Non. C’est dans la clarté du péril que naît la volonté de résistance. Ce monde qui s’effondre est celui de la domination unilatérale. Ce chaos est peut-être les douleurs de l’enfantement d’un monde multipolaire, certes dangereux, mais où nous avons une carte à jouer. Cette carte, c’est celle du refus de la servitude volontaire. C’est celle de la construction, en urgence, de nos propres mécanismes de défense, de nos propres alliances monétaires, de nos propres solidarités régionales. Nous ne devons plus demander la justice, nous devons l’incarner. Nous ne devons plus pleurer le droit international perdu, nous devons bâtir un rapport de force qui nous protège de l’arbitraire. Le Venezuela est un avertissement. Ne soyons pas les prochains sur la liste. Soyons ces sentinelles de la conscience qui, face à l’obscurité de la force brute, rallument la flamme de la dignité humaine. Debout, citoyens ! Le monde change, ne le subissons pas.Talla SYLLA

[AMPHI] ‘Recrutement’ d’enseignants-chercheurs sénégalais par la Guinée: ‘Il s’agit simplement et surtout banalement de Xar Matt internationalisé’ (Pr Ibrahima THIOUB)

Tract –  Au Sénégal on aime compliquer les problèmes avec de grandes théories et de belles phrases. Dans cette affaire de « recrutement » d’enseignants-chercheurs sénégalais par la Guinée, il s’agit simplement et surtout banalement de Xar Matt internationalisé. Les conditions de salaire ou de travail ont très peu à faire dans cette affaire.

 Des enseignants titulaires dans le public, bien payés (salaire, prise en charge sanitaire, prime de recherche, voyages d’études et perdiem biannuels, logement ou indemnité compensatrice, pension de retraite substantielle) y conservent leur poste, leurs revenus et avantages et vont travailler au noir dans le privé où ils sont moins bien payés (juste le salaire parfois même payé à l’heure après service fait). Ces pratiques ne sont possibles que parce que le salaire du public est payé quoi qu’il arrive, qu’on fasse cours ou non. Ainsi les adeptes du Xar matt cumulent les deux postes. Conséquence : il travaille à minima pour le poste public, enseigne peu et irrégulièrement, oublie la recherche et estime que le service à la communauté n’a rien d’obligatoire. Ce sont ces pratiques que la Guinée organise aujourd’hui à grande échelle et publiquement. Jusqu’ici cela se faisait au cas par cas. Donc rien de nouveau sous le soleil. Le ministère, soutenu par les enseignants et leurs syndicats, doit prendre une mesure simple : aucun cumul de poste ne sera autorisé ; ceux qui partent en Guinée perdent leur poste au Sénégal. Vous verrez qu’en dehors des vacataires et des retraités personne ne quittera son poste car, les revenus et l’environnement de travail, que procure le poste de titulaire au Sénégal, sont largement supérieurs au salaire que va donner la Guinée. Il en est de même avec le Xarr matt dans le privé national.Le MESRI doit saisir cette « crise » très opportune pour régler définitivement l’usage partagé des ressources humaines entre privé et public au Sénégal. Quant au gouvernement guinéen il peut disposer d’enseignants sénégalais en toute régularité en passant par l’accord récemment signé avec le ministère des Sénégalais en charge des affaires étrangères.Cette pratique du Xar matt (travail au noir) qu’elle soit nationale ou internationale contribue largement à mettre en crise notre système éducatif. Pour rappel, lors de la récente grève des étudiants, j’ai soutenu, sans être une seule fois contredit, que la bourse n’était pas le vrai problème. Qu’il fallait s’attaquer à ce phénomène de Xar matt pour rendre effectifs et réguliers les enseignements en vue d’une maîtrise du calendrier universitaire, le vrai problème auquel personne ne veut s’attaquer. Tant qu’on ne réglera pas ce problème de la relation public/privé dans l’utilisation des ressources humaines, on fera toutes les réformes qu’on voudra le système éducatif continuera de végéter dans la médiocritéque cachent les écoles de privilégiés. Le plus désolant reste que ce n’est pas difficile à faire, ne coûte rien et rapporte une école de qualité pour tous. Il ne demande qu’un peu de courage pour appliquer et faire appliquer la LOI dans toute sa rigueur et sans excès ! Quant au débat sur la mobilité des enseignants ce n’est ici que diversion. Celle-ci a toujours été bien réglementée et bien pratiquée comme cela se fait dans le reste du monde.Vive l’École de la République !Pr Ibrahima THIOUB,Ancien Recteur de l’UCAD

Avec FixSénégal, chaque Sénégalais (e) : Acteur contre les nuisances urbaines et ‘contrôleur’ citoyen envers son Maire

Tract Hebdo Par Babacar Gueye, Consultant en gouvernance des donnéesLe Sénégal change rapidement. Nos villes grandissent, nos quartiers se densifient et les attentes des citoyens deviennent de plus en plus fortes. Pourtant, une question centrale demeure : comment mieux identifier, prioriser et résoudre les problèmes urbains du quotidien ?C’est de cette interrogation simple, largement partagée par les citoyens, qu’est née FixSénégal (https://fixsenegal.com/).Routes dégradées, éclairage public défaillant, gestion des déchets, inondations récurrentes, occupation anarchique de l’espace urbain : ces situations font partie du quotidien de nombreux Sénégalais. Les citoyens alertent. Les collectivités agissent, souvent sous pression. Mais trop souvent, l’information reste dispersée, peu structurée et difficilement exploitable, ce qui limite l’efficacité et l’impact des actions entreprises.FixSénégal est une plateforme citoyenne pensée pour canaliser les constats du terrain, transformer les frustrations en informations utiles et contribuer à l’émergence de solutions concrètes et priorisées. L’idée est simple mais ambitieuse : partir de la réalité vécue par les citoyens, structurer cette réalité avec méthode et créer un pont intelligent entre citoyens, experts et collectivités territoriales.La plateforme vise à recueillir les problèmes urbains signalés par les citoyens, à les analyser et les catégoriser, à faire ressortir des tendances territoriales claires et à contribuer à une prise de décision plus efficace et plus proche du terrain.FixSénégal se veut une approche constructive et orientée impact. Chaque signalement compte. Chaque donnée peut faire la différence. Chaque contribution peut aider à mieux décider et mieux agir.Dans des villes de plus en plus complexes, la donnée devient un levier essentiel de gouvernance urbaine. Savoir où les problèmes se concentrent, lesquels sont les plus fréquents et lesquels nécessitent une action urgente permet de passer de la réaction à l’anticipation et de bâtir des politiques urbaines plus pertinentes.C’est dans cette logique que Samorem, cabinet de conseil sénégalais spécialisé en gouvernance des données et solutions numériques, accompagne le développement de FixSénégal. Samorem apporte l’expertise technique, la structuration intelligente des données et la conception de solutions numériques adaptées aux réalités locales. FixSénégal repose ainsi sur une base à la fois citoyenne, technologique et pragmatique.Ce projet s’inscrit également dans un parcours personnel. Sénégalais d’origine, j’ai quitté le Sénégal après mon baccalauréat pour poursuivre mes études et mon parcours professionnel au Maroc, où j’ai vécu près de quatorze ans, avant de m’installer aujourd’hui au Canada. Ce chemin m’a permis d’observer différents modèles de gouvernance, d’innovation et d’usage de la technologie au service des citoyens. Mon ambition est simple : contribuer, à mon échelle et avec humilité, au développement de mon pays à travers des réalisations concrètes et utiles. FixSénégal s’inscrit dans cette démarche et n’en constitue qu’une première étape. Avec mon équipe, nous travaillons également sur une plateforme d’éducation augmentée par l’intelligence artificielle, convaincus que l’accès au savoir et à des outils modernes est un levier fondamental de transformation durable.FixSénégal commence avec les citoyens, parce que ce sont eux qui vivent la ville au quotidien. Mais la plateforme s’adresse également aux mairies et municipalités, en première ligne face aux défis urbains. L’objectif est de mieux connecter le terrain à la décision et de contribuer à des villes plus fonctionnelles, plus inclusives et plus résilientes.FixSénégal n’en est qu’à ses débuts. Son ambition est claire : faire de l’intelligence collective un levier concret de transformation urbaine.Citoyens, partagez vos constats, vos idées et vos priorités. Collectivités, intéressons-nous ensemble à ce que disent réellement les territoires. Experts et acteurs locaux, contribuons à construire des solutions adaptées.Une ville ne se répare pas toute seule. Elle se fixe ensemble.Babacar Gueye •Consultant en gouvernance des données •Fondateur de Samorem (https://www.samorem.com/) •Initiateur de FixSénégal (https://fixsenegal.com/)  

[TRACTOPELLE] ‘Les États-Unis ont confirmé la nature et la vocation de leur États : dominer, piller, extorquer, soumettre les autres peuples’ (Par Samba Diouldé Thiam)

Tract – ‘Le Venezuela est entrain d’être réduit à l’état de colonie et le même destin est programmé pour tous les peuples qui aspirent à être maîtres chez eux. 

En ces moments de retour à Berlin 1885, tous les anciens possesseurs d’empires, invités à copier l’Amérique, fourbissent leurs plans.Personne ne doit être dupe de ce qui attend le continent africain. Le choix est entre résister ou se soumettre.Ceux dans ce continent qui n’avaient à la bouche que l’exemplarité de la grande démocratie américaine sont servis par leur naïveté et leur manque de culture historique.Ils n’ont jamais prêté attention à la nature de la démocratie outre atlantique, une démocratie au service des monopoles. Nous exprimons nos sentiments les plus profonds pour le peuple de Venezuela que l’Amérique réduit à l’esclavage.Une époque sombre s’ouvre pour ce pays héroïque qui a payé très cher ses efforts pour vivre libre.Les États-Unis proclame que l’Amérique latine est leur chasse gardée et que personne n’y mettra les pieds pour commercer !La brutalité de l’invasion américaine est à la fois signe de force brutale et de faiblesse congénitale.Une force brutale contre plus bien faible que soi n’a aucune valeur militaire.Et c’est parce que la tare congénitale de tout empire est de cesser d’être un empire, la brutalité l’action, sans base légale et éthique, expose l’incapacité de l’empire à demeurer l’empire, sans renoncer aux masques de sa domination.Le pétrole du Venezuela devient une propriété américaine.La jeunesse africaine est directement interpellée par l’envahissement du Venezuela : voilà ce qui attend nos terres et nos êtres !Les richesses de notre continent et notre retard historique nous exposent à être des combattants ou des collaborateurs : tel est votre dilemme, jeunes du continent.L’Amérique veut retarder la multipolarité du monde à défaut de la brider.L’un et l’autre objectifs sont difficilement atteignables, d’où la dangerosité de la situation internationale.Les pays des BRICS sont en ligne de mire, l’Afrique du Sud étant directement visée par les États-Unis.L’année 2026 s’annonce assez difficile pour les peuples non occidentaux. Samba Diouldé THIAM