SITUATION DE CRISE À LA RTS : Le collège des délégués convoque une rencontre ce mardi
Conseil d’administration de la Sodav : Et de trois pour Ngoné Ndour
(Tract)- La nouvelle société du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), est devenue une belle dame que tout le monde veut courtiser. Ah cette structure couvée par la présidente du Conseil d’administration sortante, Ngoné Ndour, suscite tant d’intérêt pour des artistes. Mais la directrice du label « Pince art », n’est pas prête à lâcher le morceau. Elle souhaite récolter les fruits qu’elle a semés.
Ainsi, à l’occasion de l’Assemblée générale de la Sodav, jeudi dernier, elle était candidate à sa propre succession. Pour cette année, le duel opposait Mme Ngoné Ndour et Ousmane Guissé alias Djibi Guissé des « Frères Guissé ». Et à l’issu de l’élection au poste du président du Conseil d’administration (Ca) tenu ce lundi matin dans les locaux de ladite structure culturelle, Ngoné Ndour a été réélue avec la manière. Puisqu’elle a obtenu 33 voix contre 3 pour son challengeur. Ainsi, elle rempile pour la 3e fois pour un mandat de 3 ans.
« On a fait un bon travail. Comme chaque année, le rapport a été certifié par notre commissaire au compte. Et les chiffres également au niveau des perceptions des droits qui ont été collectées dans le territoire sénégalais, on a eu une augmentation de 6,89% » a-t-elle déclaré.
Pour elle, ce qui est important sur les perspectives, c’est la nouvelle plateforme digitale intégrée « qu’on va mettre en place d’ici sous peu. On a une mission. Et cette mission, je veux la terminer avec les nouveaux et les anciens membres du Conseil d’administration. Les acteurs culturels sont très intéressés aujourd’hui par la gestion de la Sodav parce qu’elle est devenue une jolie fille. Quand on a démarré ce projet-là, il y a beaucoup qui n’y avait pas cru. Aujourd’hui, il y a un excellent travail qui a été abattu par le Ca et la direction gérante et ses agents. J’appelle tous les artistes et acteurs culturels au tour de l’essentiel pour le devenir de la culture », a-t-elle déclaré. Avant de remercier les membres qui lui ont renouvelé sa confiance « mais c’est grâce à mon travail que j’ai été réélue pour diriger le Conseil d’administration ».
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Réélection de Ngoné Ndour pour la 3e fois Pca de la Sodav : La vive réaction du Synaprocs
(Tract)- Le Syndicat national des artistes et professionnels de la culture (Synaprocs) n’a pas digéré la 3e réélection de Ngoné Ndour comme présidente du Conseil d’administration de la Sodav. Pour ces artistes, c’est un mandat de trop. Des artistes membres du syndicat étaient devant les locaux de ladite boite pour manifester, pancartes à la main où on pouvait lire « non au 4e mandat », « Ngoné dégage, ça suffit », rapporte le site emedia.
Dans sa déclaration, Vieux Mac Faye, artiste musicien indique : « Aujourd’hui, nous faisons focus sur un 4e mandat qui ne devrait pas être. Tout le monde sait qu’au Sénégal, c’est fini les troisièmes mandats à fortiori un 4e mandat. Aujourd’hui, c’est ça, c’est la volonté artistique ».
Selon lui, ils n’ont pas de problème de personne mais, « briguer un mandat qui ne doit pas l’être, c’est ça qu’on leur reproche. Nous avons revêtu ce costume de syndicalistes pour défendre l’intérêt des artistes, des acteurs culturels, etc. Il y a le cinéma, le théâtre qui nous attendent. Un 3e mandat, c’est trop. Et si la Sodav dit qu’elle est là pour tout le monde, ce n’est pas vrai».
Joseph Léon Bachir Dia, membre du Synaprocs et chargé de la formation rajoute : « Ngoné Ndour est à la tête de la Sodav depuis 2016 après un putsch digne de ce nom sur la personne de Angèle Diabang. En 2019, après une Assemblée générale ordinaire, ils sont passés à une assemblée générale extraordinaire pour changer les statuts. Avec ce changement de statuts un vote a été organisé par les membres du Conseil d’administration sous la direction de Ngoné Ndour. Elle a amené les statuts chez les notaires pour changer la formule de vote pour les tiers sortant », accuse-t-il.
Poursuivant son propos, le juriste ajoute : « Au niveau de la Sodav, il y a 36 membres. Chaque 3 an, il y a 12 membres qui sortent. Et c’est Ngoné Ndour qui propose les 24 qui restent. Et ces changements sont survenus avec le changement de 2019. Elle choisit les personnes qui lui sont loyales pour rester. Et c’est ce qu’on doit changer ».
A l’en croire, le combat ne s’arrête pas là. « On va faire le plus tôt possible une Assemblée générale extraordinaire. Et on va prendre le président de la République et le Premier ministre comme arbitres pour changer les statuts qui lui permettent de rester à vie à la tête de la Sodav. C’est ce qu’on veut changer. Les gens de la Sodav ne respectent pas les artistes. On ne peut pas comprendre qu’on soit là et qu’ils prennent l’argent de la Sodav pour payer des nervis qui nous empêchent d’entrer à la Sodav. Ce n’est pas normal » fulmine M. Dia.
Tract
Entretien avec Woz Kaly chanteur, auteur et compositeur « Un artiste doit se méfier des applaudissements et des foules »
(Tract)- Chanteur, auteur et compositeur Woz Kaly, est devenu une des voix les plus respectées de la scène musicale au Sénégal et même en Afrique. Né à Dakar, de parents originaires de la Casamance et du Walo, ce qui en fait un authentique Mankagne et Walo-Walo, Woz Kaly n’est pourtant pas bien connu de la jeune génération. Établi en France, son talent est aujourd’hui reconnu, ce qui lui ouvre des portes pour travailler avec divers artistes de renom. Membre du groupe Missal de la Patte d’Oie dans cet entretien à bâton rompu, revient sur sa vie d’artiste, ses textes qui reflètent la richesse de son métissage et parle de la musique sénégalaise.
Vous êtes issu d’un métissage entre deux cultures, celle de la Casamance et de la région de Saint-Louis. Est-ce pour cela que vous surfer plus sur toutes les sonorités de ces régions en chantant en Peulh, Socé, Bambara, Wolof, Joola… ?
C’est exactement cela. Je suis un Dakarois qui est né dans deux cultures. Mon père est de Ziguinchor, ma mère est de Saint-Louis, du Walo. Donc, c’est une chance d’avoir ces deux cultures. Lorsque je chante, on sent cette influence, cette diversité dans les sonorités. Et tous les enfants de Ziguinchor savent souvent parler plusieurs langues, même si ce n’est pas parfait. C’est la force de cette multiculturelle.
Vous êtes membre fondateur du mythique groupe Missal qui a écrit de belles pages de la musique sénégalaise, voire africaine. Qu’est-ce qui explique son éclatement ?
Avec le temps, il faut avoir une intelligence pour pouvoir consommer un groupe. Le Missal, on était des amis d’enfance, un groupe de copains. En plus, moi, j’ai toujours été dans un groupe, mais j’ai toujours aussi gardé une liberté. Car, pour moi, un artiste doit être libre. Parce qu’il y’a des choses à découvrir dans le monde, à connaitre et à faire. Et moi, j’adore cette liberté d’aller voir ailleurs, de chercher d’autres sonorités, d’autres cultures. En un moment donné, les gens n’étaient plus dans un même lieu, certains sont Etats-Unis, d’autres en France, au Sénégal. Du coup, c’était un peu difficile de les regrouper. Il y’a les contraintes et ce n’est pas évident. Nous avons essayé, mais c’est toujours difficile quand les gens ne sont pas dans la même ville. Cependant, j’espère Inchallah qu’un jour nous allons nous retrouver.
Avez-vous toujours de bons rapports ?
A oui (il le répète). Parce qu’on habite tous à la Patte d’Oie. On se connait depuis à l’âge de 5 ans, donc nous restons des frères. Nous comprenons le souci des mélomanes. C’est juste la circonstance de la vie qui fait que nous nous sommes séparés, mais nous restons des frères. Cela fait plus de 10 ans que j’ai ma carrière solo, car même en étant dans le groupe Missal, je me suis toujours dit, j’ai des choses à raconter, mais je ne peux pas le faire dans un groupe.
Pourquoi avez-vous senti ce besoin ?
Parce qu’un groupe, il faut l’avis de tout le monde, mais quand tu es seul, tu es beaucoup plus à l’aise. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de musiciens. Par exemple, j’ai joué avec beaucoup de musiciens de jazz, comme Mokhar Samba avec qui j’ai fait 12 ans de scène, Jean Pierre Como du groupe Sixun, Etienne Mbappé, le bassiste jazz sénégalais Cheikh Ndoye, Patrick Bruel, Francis Cabrel, les Frères Touré Kunda, Youssou Ndour, etc. Je suis quelqu’un de très curieux et touche-à-tout. J’adore allait voir, chercher, apprendre. Je vais jusqu’en Russie, en Inde juste pour aller chercher des voix ou des sonorités. Je bouge beaucoup toujours pour la recherche, je ne reste jamais sur place ou dans un groupe.
Avec toute cette expérience, ces échanges et ces collaborations musicales, comment vous définissez votre style de musique. Car, tantôt vous êtes dans le folk, tantôt le jazz, l’acoustique, …
Moi, je joue une musique africaine, mais sénégalaise avec des ouvertures. J’ai fais aussi une partie de ma vie en France. Quand tu fais 30 ans en France, c’est une vie. Et cette France-là m’a ouvert d’autres portes. Donc, ma musique c’est un terme que tout le monde utilise, c’est la world musique. Mais toujours cette coloration sénégalaise et africaine.
On peut dire que cette expérience française a eu un poids sur vos compositions musicales ?
Oui. Parce que je jouais dans un club où il y avait beaucoup de chanteurs : des serbes, français, américains, etc. Pendant des années, j’ai côtoyé plusieurs musiques. Ma musique est une musique ouverte au monde, mais avec une identité surtout africaine (il insiste). Ce n’est pas que je voulais rester en France, mais parfois la vie fait que tu vas dans un pays, tu ne penses pas y rester et tu restes. C’est des circonstances qui arrivent. Après, tu bombes amoureux d’une femme (rires). Après, le mariage s’en suit, les enfants. Après, tu gères. Mais le temps que les enfants arrivent à 18 ans, le temps passe vite. Mais Dieu a fait que je n’ai jamais coupé le lien. Chaque occasion ou chaque 2 an, je viens au Sénégal pour me ressourcer. C’est pourquoi, quand je suis renté, je n’étais pas dépaysé, je suis toujours resté sénégalais, j’adore mon pays. Et cela fait 5 ans je suis rentré dans mon pays.
Comme on dit, on n’est jamais prophète chez soi. Vous êtes plus connus en Europe, plus connu ailleurs que chez vous. Est-ce un manque de respect, selon vous ?
Non ! Les sénégalais qui me connaissent me respectent énormément. J’ai une philosophie, on ne peut pas être connu par tout le monde. Moi, le plaisir que j’ai dans la musique, c’est que je suis en train de faire mon boulot. Et ce boulot-là, c’est le meilleur métier au monde. Tu peux être connu par le monde entier et ce que tu fais n’intéressent pas les gens. Je n’ai jamais été dans ce rôle de vouloir me faire connaitre, parce que ce n’est pas moi la star, mais c’est la musique. Je vous fais une confidence. J’ai eu à composer un morceau, des personnes l’ont écouté et m’ont dit tu le sors ça va faire boom. Et j’ai refusé de la sortir. Parce que je ne veux pas être connu, Je veux avoir ma liberté de vouloir voyager, faire des recherches. Parce que la liberté, c’est bien, mais c’est lourd. J’ai tellement de choses à faire. Ma musique moi, c’est des projets.
Vous avez une vocalise extraordinaire. C’est naturel ou vous l’avez travaillé ?
C’est inné en moi. J’ai ce don de Dieu de chanter, car depuis tout petit je chante. Je suis né en chantant (pouf de rires). Mais derrière, il y a aussi un travail incroyable. Je travaillais ma voix de 8 heures à 10 heures chaque jour aux temps de Missal. Le don seulement ne suffit pas. Pour moi, la voix, c’est un instrument qu’il faut travailler. Et c’est extrêmement difficile. Il faut avoir la patience de ne pas bruler les étapes, jusqu’à ce que tu trouves ta voix. Trouver sa voix, c’est des années de travail. La voix, c’est ton identité, ta personnalité.
Parlez-nous un peu du commet vous avez fait pour ne pas subir le dictat du mbalax, vous qui êtes toujours resté dans votre registre.
Je suis quelqu’un qui ne suit pas le sens du vent. Je suis quelqu’un de têtue, c’est mon défaut. En plus de ça, il y’a de belles musiques au Sénégal, mais ce n’est pas seulement une musique. Cette musique que les gens veulent nous imposer que moi j’adore, que les sénégalais adorent, ça s’arrête seulement entre nous. Il y’a des artistes qui ont fait connaitre la musique sénégalaise hors des frontières et qui n’était pas du mbalax. Les Touré Kunda qui sont hors normes et avec qui j’ai eu la chance de jouer, ils ont eu des disques d’or avec la musique sénégalais, notamment celle du Sud. Ce mbalax que des artistes font maintenant, c’est un mbalax très mal fait musicalement. En plus, il faut diversifier car nous avons des musiques au Sénégal. Chez les halpulaar, ils ont des sonorités incroyables. Idem chez les peulhs, les maures du Walo, les mandingues, les sérères, les wolof, etc. Mieux, il faut connaitre aussi l’histoire du mbalax. C’est quoi ? Ça vient d’où ? C’est quoi la mère du mbalax ?
Selon vous, c’est quoi la mère du mbalax ?
Le mbalax les gens ne savent pas que c’est du rythme d’une ethnie. Dans le mbalax, il y’a des mbalax. Car, il y’a d’autres percussions rythmiques wolof. Parfois, il faut prendre ce mbalax et voir ce que tu peux y mettre dans un temps où les gens peuvent comprendre. La musique aussi, c’est un peu de la mathématique. Il y’a des personnes qui veulent écouter aussi autre chose. Je suis resté sur ce que je sais faire, je sais faire le mbalax, mais pas comme les gens le veulent. Ce n’est pas que du bon. On a éduqué une génération sur un truc qui n’est pas bon et elle pense que c’est bon, parce qu’il y’a la foule.
Justement où se situe la faille ?
Il y’a un moment où, il y’a beaucoup de radios, beaucoup d’animateurs qui n’ont aucune culture musicale. Parce que nous, avant, nous avons grandi avec des animateurs qui avaient une culture générale dans la musique. Je peux citer Khali Guéye, Michael Soumah, Aliou Diop, etc. Nous, on écoutait de la bonne musique. Après, ces gens on les a mis à coté pour amener des gens qui n’ont aucune culture musicale et qui ont malheureusement éduqué toute une génération sur un truc qui n’est pas bon. Et ces gens-là pensent que c’est ça qui est bon. Jusqu’à ce que tu partes en Europe sur un terrain neutre, c’est là que tu sauras que ce tu fais n’est pas du bon. Donc, il faut se méfier de la foule, un artiste doit se méfier des applaudissements et des foules. Car, ça peut être un piège qui te fait croire à des choses qui sont fausses. Nous tous, on sait que cette musique qui se passe au Sénégal maintenant, ce n’est pas bon. Ce n’est pas pour critiquer, mais nous avons vécu, nous connaissons la musique. Je dis souvent pourquoi les sabar dans les quartiers n’existent plus, c’est parce que ce ‘sabarou med’ là, il est maintenant sur scène.
Vous avez des compositions thématiques, ce qui est rare dans le landerneau musical Sénégalais. Et vous, vous êtes constant dans ce registre. D’où vous vient cette force ?
J’adore chanter des thèmes. Par contre, il y’a des artistes quand ils écrivent, ils pensent à tik-tok. Mais c’est un truc kleenex, éphémère. Même si tu ne sais pas écrire, il y’a des personnes expertes dans ce domaine. C’est moi qui écrit mes textes, il y’a aussi mon oncle qui est un médecin artiste, il est fort dans l’écriture et on échange toujours. Mais 90% de mes textes, c’est moi qui les écris. Et je prends tout mon temps pour sortir un album. L’album que je dois sortir, je l’ai travaillé pendant 5 ans. Maintenant les gens sont pressés, avec les machines tout est devenu facile. Il ne faut pas jouer avec la musique avant d’être célèbre, il faut avoir des bagages d’abord. Car, rien n’est plus triste et malheureux pour un artiste que d’être célèbre et derrière, il n’y a aucun bagage au préalable. La chute risque d’être terrible. Dans ce métier, seuls les gens patients, performants et passionnés vont réussir. La musique, c’est un long chemin. Si tu regardes Youssou Ndour, il chante depuis combien d’années ? Il est toujours là, c’est sa constance. Il est passionné, c’est un exemple, un modèle, une référence. La musique n’est pas un truc de buzz. L’artiste, c’est comme le voyageur avec ses bagages. Dans sa valise, il y’aura des chemises noires, blanches, bleues, des jupes, des robes… C’est ça la musique. Il faut avoir beaucoup de bagages culturels, savoir c’est quoi son métier.
A vous entendre parler, la jeune génération actuelle doit encore beaucoup apprendre, surtout coté texte ?
Ah oui, car ce qu’on voit c’est des textes vulgaires et simples. Ils ont beaucoup à apprendre. Et parfois, ils ne veulent pas écouter, parce qu’ils te disent : « Oui c’est du vieux », « Old school » (rires). Alors que « Old school yoyou nioy dokh ba taaye ». Quand on est artiste, il faut écouter ceux qui étaient là avant toi, pour créer après. Mais tu ne peux faire de la musique sans avoir écouté les Xalam, les Frères Touré Kunda, les Salif Keita, les Johnny Cley aux temps, les jazzmen. Parce qu’il y’a des choses incroyables qui se passent maintenant. Car, la foule est là, tu penses que tu es meilleur. Non, redescendez sur terre. Un jour le feu sera rouge.
On traite vos textes parfois de féministe, vue votre adoration pour les femmes et les enfants. Est-ce le cas ?
J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour les femmes. Je suis un grand défenseur des droits de la femme. Je veux qu’on les respecte beaucoup plus. Je suis un féministe (rires), mais pas excessif. Toute ma vie, j’ai été porté par une femme, ma mère. Ce qui a fait que je suis un éternel défenseur des femmes et des enfants. J’ai beaucoup voyagé dans les villages à la recherche des sons, des cultures et j’ai vu comment les femmes vivent, d’où la chanson « Yewou roti » qui leur est dédiée. J’adore les enfants, j’aime être entouré par des enfants, c’est des êtres purs, fragiles, innocents, magnifiques. C’est pourquoi, on retrouve dans mes textes, les femmes, les enfants et l’école. Car, mon père était un enseignant et a parcouru beaucoup de villages pour donner du savoir. C’est pourquoi je travaille mes textes, je ne veux qu’ils soient des textes qu’on jette.
Justement vous avez parlez tantôt d’un père enseignant, alors si on parle de 1988, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?
Sans hésiter, c’était l’année scolaire qui est invalidée par Abdou Diouf en février à cause d’une succession de grèves des lycéens. Nous étions une génération qui voulait changer le monde, mais désarmer pour affronter ce nouveau monde qui se dessinait. Mais c’était aussi la création du groupe Missal et au début il s’appelle Keur Fiwouh (qui veut dire couvre-feu). Nos parents pensaient que c’était juste passager, après nous allons reprendre le chemin de l’école, le virus nous avez déjà piqué. Mais Dieu merci, on ne regrette rien, c’était notre destin.
Parlons maintenant des structures culturelles, comme la Sodav. Est-ce que vous percevez vos droits ? Votre chanson sur Rfm matin, est-ce que le media paye ?
Sincèrement, la Sodav est en train de faire un travail remarquable. Je perçois tous mes droits comme il le faut. Pour moi, l’argent tout ça, c’est bien, mais il n’y a pas mieux que les gens adoptent ta chanson et la mette tous les jours. L’argent ne peut pas remplacer cela, on ne peut pas payer l’artiste. Le plaisir, le bonheur qu’on donne il n’y a pas de prix. Moi, qu’on donne 10 FCFA ou 10 millions de FCFA, c’est pareil, on ne peut pas me payer. La chance que j’ai, c’est d’avoir une chanson qui fait partie du paysage culturel du Sénégal, c’est ça la paye pour un artiste. Permettez-moi de remercier Babacar Fall de la Rfm. Quand il me demandait de faire cette chanson, nous ne pensions pas que ça allait tenir autant. Et cela fait 9 ans maintenant. Je dis merci aussi à Youssou Ndour qui est un artiste comme moi et qui accepte cette chanson passe en boucle sur sa radio. Pour moi, cela n’a pas de prix.
Vous êtes un enfant de la ville. Comment expliquez-vous ce besoin de parler du terroir, de la terre, l’agriculture ?
C’est vrai que je suis un enfant de la ville. Un vrai dakarois, mais je viens aussi d’une famille qui aime la terre. Mon grand-père m’a transmis l’amour de la terre et de la campagne. Il me disait souvent : « ta force est dans la terre de tes ancêtres ». Il n’avait pas tort. Je ne le remercierai jamais assez de m’avoir initié et fait aimer la nature et la ruralité. L’agriculture fait partie de moi. Dans ma jeunesse, j’allais souvent au village de ma mère à Ross-Bethio, tous les champs de riz appartenaient à mon grand-père et mes oncles. C’est là que j’ai eu l’amour de la terre. Nous aussi, on est terre dans la dimension religieuse. Il n’y a pas mieux que la terre, elle nous supporte, nous nourrit. Pour moi, la terre c’est la première richesse pour l’humanité, la nation. Quand je vois que ce nouveau gouvernement accorde une place importante à l’agriculture, je dis Dieu merci. Le Président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont compris que pour être souverain, il faut retourner à la terre. Je les encourage sur ça, je suis de tout cœur avec eux. Nous avons de la terre, la jeunesse est là, il faut les occuper. Cette initiative est magnifique, je suis à 200% avec eux. Tout le monde fait de la politique, même Dieu est politique. Moi, ma politique je la fais sur du bien et ce qui est bien pour mon pays, ma nation.
Vous avez un projet d’album, c’est prévu comme quand ?
C’est pour bientôt. J’ai sorti un single « Lima yeuk » pour annoncer la couleur. C’est un album de 14 titres intitulé « Yaye » pour rendre hommage à toutes les mères qui sont nos sèves nourricières. C’est un opus que j’ai travaillé entre l’Inde, les Iles Maurice, les Usa, la France, l’Afrique avec de très grands musiciens. Aussi, avec un réalisateur de l’Ile Maurice qui m’a trouvé cette histoire entre le pont l’océan indien et l’Afrique.
Le mot de la fin ?
Je suis fière de ce changement de régime qu’on a eu dans la paix. Car ça nous a rendus très fière aux yeux du monde. L’hémorragie était tellement terrible qu’il fallait l’arrêter. Et nous l’avons arrêté sans violence. J’ai confiance à ce qui se passe, je sais que Sénégal « dina bakh », il faudra juste de la patience et travailler, pas seulement le gouvernement, mais nous tous. Et le sacrifice, ce n’est pas seulement le gouvernement, mais tout le monde. Pas pour nous, mais pour nos petits-enfants.
Tract avec Besbi
[INTERVIEW] Heyndricks BILE: ‘Réhabiliter l’Histoire de la Musique dans la vie de la nation camerounaise’
Tract – Échange avec Heyndricks BILE co-auteur, avec Thierry MINKO’O et Kaisa PAKITO, de l’ouvrage « 100 titres clés de la variété camerounaise : 1950-2020 » (2024).
Certainement, comme d’autres lecteurs, nous sommes curieux de découvrir ce projet en nous procurant très bientôt l’ouvrage en librairie. Toutefois, pourriez-vous nous présenter brièvement cet ouvrage ?Il s’agit d’une esquisse d’anthologie de la chanson camerounaise, de la période précédant de peu l’Indépendance du pays à 2020. Dans le fond et sans prétention à l’exhaustivité, les auteurs se sont employés à une dissection des œuvres fortes du patrimoine national, en s’appuyant sur leur identité rythmique, leur popularité, leur capacite à traverser les époques et de leur influence sociale vérifiable. Sur la forme, l’option prise a été de privilégier une écriture vivante et un style parfois romancé pour agrémenter la lecture et de-fossiliser certaines œuvres anciennes. Les chansons sont présentées suivant leur ordre chronologique de parution, avec analyse détaillée et références discographiques exactes.Doit-on voir, à travers ce projet, une manière d’anthologie de la musique camerounaise ou une simple analyse sociale de la musique camerounaise des indépendances à nos jours ?Les deux lectures se rejoignent dans l’ouvrage. Certains lecteurs choisiront de n’y voir qu’une succession des «hits» de la chanson camerounaise depuis 1950. D’autres y liront la manière dont la chanson camerounaise a nourri ou construit l’imaginaire collectif, accéléré ou subi les changements politiques, illustré ou anticipé les conjonctures sociales. En ressortant des détails historiques méconnus et gardant le fil de la précision, les auteurs ont, à la fois, voulu réhabiliter l’Histoire et éclairer le rôle de la Musique dans la vie de la nation camerounaise. En cela, nous pensons que l’ouvrage s’adresse autant aux universitaires qu’aux journalistes/animateurs radio, aux mélomanes avertis comme aux simples curieux, etc.
N’est-il pas un peu prétentieux de se prêter au jeu de vouloir condenser les sens et les variations de plus de 5 décennies de la musique camerounaise dans un pareil projet ?L’ouvrage n’a aucune prétention à l’exhaustivité et ne ferme pas la porte à d’autres recherches et projets d’écriture plus approfondis. Il est donc moins question de «condenser/enfermer» l’étude que de l’élargir voire l’enrichir de notre contribution. On dit souvent qu’il est temps que l’Afrique écrive sa propre histoire, pour les générations actuelles et à venir. Avec ce livre et la mine d’informations qu’il contient, nous croyons apporter notre modeste pierre à l’édifice.Est-ce que les titres qui figurent dans cet ouvrage sont qualifiés de » titres clés » parce qu’ils offrent une grille de lecture générale de la musique camerounaise?Ils sont «clés» parce qu’ils laissent éclater la splendeur du génie camerounais aux oreilles du monde et que, de ce fait, leur trajectoire se confond à celle du pays. «Soul Makossa» de Manu Dibango ou «Zangalewa» des Golden Sound appartiennent à ce registre.Ils sont «clés» parce que leur originalité rythmique ou textuelle leur a conféré popularité, puis immortalité auprès de millions de mélomanes. «Essingang» des Têtes Brûlées ou «Mbambambe» des Rrum Tah répondent à ces critères.Ils sont «clés» parce qu’ils préfigurent ou reflètent, de manière singulière, une camerounité insoluble dans les acides de la mondialisation. Il est significatif, de ce point de vue, de dire qu’on ne peut pas voler les paroles de «Si tu vois ma go» de Koppo ou «Hein Pere» de Stanley Enow aux camerounais.Ils sont «clés» parce qu’ils constituent la boussole ou le repère historique capital pour saisir les mutations de la société camerounaise à un moment donné. «Bolo Cellucam» de Samson Chaud Gars est un marqueur essentiel pour comprendre le désastre des «Eléphants blancs» dans les années 1980. Les chansons «Mbimba Kunde» de Jean Bikoko, «Bien entendu» de Oncle Medjo me Nsom et «Merci» de Tsimi Torro laissent apprécier, chacune à une décennie bien définie, les variations entre l’Assiko, l’Assiko Bulu et l’Assiko Bon b’Eton ; révélant du même coup la richesse rythmique du patrimoine national. L’esprit frondeur des années 1990 ou de février 2008 transparait admirablement dans «No Make erreur» de Lapiro de Mbanga, «Mot Nnam» de Sala Bekono ou «Ce pays tue les jeunes» de Valsero.Toutes les chansons majeures de la scène nationale ne sont peut-être pas traitées dans l’ouvrage mais nous avons la conviction que chaque camerounais digne de ce nom se reconnait dans 80% au moins du corpus.Propos recueillis par Baltazar ATANGANA(noahatango@yahoo.ca)AFFRONTEMENTS À MALEM-HODAR : Un berger tué, le chef de village arrêté
ASSISES DE LA JUSTICE : ‘Le rapport sera remis au Président de la République jeudi prochain’, annonce le Pr Babacar Gueye
CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA MAGISTRATURE : Le Président Diomaye désigne Mamadou Diop au poste de secrétaire général
Un changement a été apporté au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature.En effet, le Président Bassirou Diomaye Faye a désigné par décret, le magistrat Mamadou Diop, secrétaire général du Conseil Supérieur de la Magistrature.Il succède Alioune NDIAYE, qui est appelé à assumer d’autres fonctions. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux ainsi que le ministre des Finances et du Budget, sont chacun chargés, en ce qui les concerne, de l’exécution de ce décret.Ce dernier sera officiellement publié dans le Journal officiel.OPÉRATIONS DE DÉGUERPISSEMENT : La circulaire qui contredit Ousmane Sonko dévoilée !
Tract-Sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Ousmane Sonko a déclaré, le samedi 29 juin, avoir « constaté » avec son gouvernement « une vague subite de déguerpissements et de désencombrements entrepris par les collectivités territoriales ». Une déclaration qui peut sous-entendre que le gouvernement n’a pas commandité ces opérations.Pourtant, à travers une circulaire signée par le ministre de l’Intérieur Jean-Baptiste Tine datée du 7 mai 2024, il a été demandé aux autorités décentralisées « d’initier des actions de désencombrement de la voie publique occupée du fait de ces activités », de « mettre en place un cadre de suivi des actions de désencombrement entreprises » et de « veiller à la non-réoccupation des espaces libérés ».Ces opérations ont été demandées suite au constat fait par le gouvernement du Sénégal des « phénomènes de débordement des marchés hors de leurs limites et l’occupation des ronds-points par des marchands, rendant ainsi difficile la circulation des personnes et des biens », a-t-on lu sur la circulaire.

