Diplomatie ? Le Président Diomaye ne doit pas etre contredit par son Premier ministre

Par Souley Wade-Un pays, une ligne. Pour une présidence forte et assumée. Nous avons besoin d’un Président fort, pas dans le sens autoritaire, mais institutionnel. Un Président qui fixe un cap, assume la ligne stratégique, et donne à la politique étrangère la cohérence qu’elle exige. Dans un régime présidentiel comme le nôtre, le Chef de l’État ne peut pas être éclipsé, rattrapé ou contredit publiquement par son propre Premier ministre. Sinon, c’est toute la chaîne de commandement qui se fissure.L’épisode récent sur le dossier de la Guinée-Bissau en est la preuve éclatante : un PM qui va plus loin que la position officielle du Sénégal, au point de brouiller notre message extérieur. Aucun État sérieux ne peut tolérer deux voix concurrentes dans sa diplomatie. C’est un précédent dangereux, qui affaiblit la crédibilité du pays.Sans hiérarchie claire, on installe un duel de légitimités, on nourrit le désordre, et l’administration ne sait plus à qui se rallier. Deux têtes, deux lignes, deux egos : c’est le chaos assuré.Le Sénégal a besoin d’une direction assumée, d’un alignement clair, d’une cohérence durable. Un Président qui préside, un Premier ministre qui gouverne, dans le bon ordre. Pas l’inverse.Un Premier Ministre qui travaille pour le Sénégal, certes, mais sous l autorité et la direction du Président de la République.Au Président maintenant de prendre ses responsabilités.La fonction exige d’incarner pleinement l’autorité de l’état.L’efficacité managériale l’impose : la clarté du commandement est la première condition d’un État qui fonctionne.Et à ce niveau, les faux-semblants ne pardonnent pas.C’est au Président de s’assurer que chacun connaisse son périmètre, sono rôle et son rang, et qu’il y reste.À défaut, il doit agir. C’est sa responsabilité.Car sans cette discipline institutionnelle, il n’y a ni efficacité, ni cohérence, ni crédibilité.

Dialogue imaginaire : De ‘Diomaye mooy Sonko’ à ‘Diomaye moins Sonko’

QUAND SONKO MOOY DIOMAYE TEND VERS DIOMAYE « MOINS » SONKO (PAR LE PROF ABOU KANE)

J’ai l’impression que Sonko et Diomaye se comprennent mais n’ont pas les mêmes préoccupations pour le moment .

SONKO : Président, je dois prendre un vol, je reviens bientôt.

DIOMAYE : quoi ? tu as toujours dit que voler c’est pas bon. Tu veux prendre quoi ?

SONKO : Toi aussi, « prendre un vol » c’est prendre l’avion, tu dois le savoir tout de même !

DIOMAYE : Ah d’accord ! Mais j’ai déjà appuyé sur le bouton qui alerte la justice (que je vais recevoir) et l’armée. On va procéder à une restructuration pour être en sécurité.

SONKO : Pourquoi « restructuration » ? J’ai déjà dit qu’il n y aura pas de restructuration de la dette. Si c’est ce que le FMI veut, on ne le fera pas !

DIOMAYE : qui te parle de restructuration de la dette ? Je parle de la marche de l’Etat; je vais parallèlement restructurer la coalition.

SONKO : La marche de l’Etat ou de l’armée ? Je t’ai vu participer à la marche des militaires !

DIOMAYE : En tant que chef suprême des armées je peux le faire non ?

SONKO : Pourquoi tu amènes la cour suprême dans notre discussion ?

DIOMAYE : Non, j’ai dit « chef suprême des armées »; je n’ai pas dit « cour suprême ».

SONKO : c’est vraiment compliqué ! Écoute, je vais devoir prendre congé de toi pour ne pas rater mon vol; on en reparlera.

DIOMAYE : Mai tu avais déjà pris tes congés ! Si tu en prends encore il faut te reposer jusqu’en 2029.

SONKO : Non ! « prendre congé de toi » c’est une manière polie de te dire que je vais partir.

DIOMAYE : Ah d’accord ! je pense qu’il faudra qu’on parle le même langage pour éviter des divergences inutiles et sans fondement. Je pense tellement à 2029 !

SONKO : c’est parce que tu penses à 2029 qu’on ne parle plus le même langage ; celui de Pastef.

DIOMAYE : Pourtant je mets du Pastef dans tout ce que j’ai fait jusque-là. Pastef signifie « détermination » et je suis déterminé.

SONKO : Moi je parle du parti Pastef et toi tu me parles du mot « Pastef ». Tu as besoin d’une mise à jour ou d’un recyclage car tu oublies vite !

DIOMAYE : C’est vrai qu’au palais on te dit tout ce que tu dois faire et parfois on réfléchit pour toi alors que dans le parti tu réfléchis et tu fais parfois du mimétisme pour pouvoir échapper à certains adversaires.

SONKO : Qu’est-ce que Mimi Touré vient faire dans notre discussion ?

DIOMAYE : Non j’ai dit « mimétisme »; c’est le fait d’imiter ou si tu veux, le fait de montrer un visage qui n’est pas le tien pour te protéger des autres.

SONKO : D’accord, pourtant tu ne m’as pas imité alors que je t’ai bien dit que Sonko moy Diomaye. Je constate que tu veux faire du Diomaye « moins » Sonko ; c’est le signe (-) que tu veux utiliser pour aller sans moi.

A suivre…..

Dans tous les cas, il leur faudra beaucoup de Pastef (détermination) pour régler cette crise au sommet de l’Etat qui ne peut pas être sans conséquences sur l’économie et sur la stabilité du pays.

Pr Abou KANE
FASEG/UCAD

Casamance : le travail d’Aly Ngouille Ndiaye et du Khalife des Mourides devrait être salué par le régime Pastef

CHRONIQUE- Quand le pays s’agite, certains travaillent : et si on revenait à l’essentiel ? Cette semaine, le Sénégal a encore été pris dans une tempête politique. Partisans d’Ousmane Sonko contre partisans de Bassirou Diomaye Faye, sorties virulentes de responsables de PASTEF, répliques des proches du président, polémiques autour de Mimi Touré, Aïda Mbodj ou Abdourahmane Diouf…
Bref, un vacarme inutile qui n’aide personne.

Pendant ce temps, la vie est de plus en plus difficile. Les Sénégalais cherchent du souffle, pas du bruit.

Mais au milieu de ce tumulte, on parle encore de ce geste patriotique fort est venu de Casamance : la libération sans condition du Médecin-Lieutenant de l’armée sénégalaise, retenu depuis avril à Djignaki. Ce résultat n’a pas été obtenu par des discours agressifs, mais par le dialogue, la patience et le travail silencieux de plusieurs médiateurs.

Dans son communiqué du 12 novembre 2025, le MFDC/La Coalition remercie deux hommes notamment : Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des Mourides, et Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre de l’Intérieur.
Ils ont travaillé loin des caméras, sans polémiques ni coups d’éclat. Leur action a permis la remise de l’officier au CICR et a rouvert un canal de discussion pour la paix en Casamance.
Mieux encore : les ailes dures du MFDC ont demandé officiellement au président Bassirou Diomaye Faye de confirmer Aly Ngouille Ndiaye comme médiateur national pour les futurs pourparlers. Une première historique.

Et pourtant, un fait dérange : jusqu’à présent, ni le président de la République ni le Premier ministre n’ont salué publiquement ce travail décisif.
Aucun mot officiel pour remercier le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké.
Aucune déclaration pour reconnaître la médiation d’Aly Ngouille Ndiaye.

On peut les comprendre parce que la tension politique au sommet de l’État est telle que la sérénité semble absente. Les querelles internes, les attaques croisées et les luttes d’influence prennent le pas sur l’essentiel. Le pays souffre de cette atmosphère pesante, et cela se ressent jusque dans les décisions officielles.

Pourtant, il est temps de revenir à ce qui compte vraiment. Le Sénégal n’a pas besoin de divisions, mais d’apaisement. Pas de guerre de camps, mais de résultats.
Pas de cris, mais d’actes concrets.

L’exemple de Serigne Mountakha Mbacké et d’Aly Ngouille Ndiaye rappelle une vérité simple : c’est en travaillant beaucoup et en parlant peu que l’on sert véritablement la Nation.

Les responsables politiques doivent saluer et encourager ces démarches. C’est ainsi que le Sénégal retrouvera la paix, la sérénité et le sens des priorités.

Par Boubacar Kambel Dieng

‘Camarades Diomaye et Sonko, qui sera notre candidat en 2029 ?’

LETTRE OUVERTE – Nous sommes à peine à deux ans de la victoire et à trois ans de la fin du mandat présidentiel. 

Nous sommes confrontés à l’exigence du « redressement » des finances publiques dans la transition vers la souveraineté nationale. Les dégâts dont nous avons hérités doivent être réparés. Nous devons sur la base des lois et des institutions néocoloniales, en attendant une future révision constitutionnelle pour un régime parlementaire, satisfaire la demande sociale de reddition des comptes financiers et des crimes de sang. Le double jeu des institutions de Bretton Woods (FMI/BM/Agences de notation) a pour objet de nous imposer un diktat impérialiste libéral.

Voilà le contexte dans lequel surgit la contradiction secondaire entre le PR et le PM par ailleurs PR du parti; contradiction qui prend la forme visible de nominations contestées de deux représentantes de la Coalition, l’une venant du PS puis du PDS et l’autre de l’APR/BBY.

Accepter comme alliés des libéraux dans la lutte pour bouter hors du pouvoir la dictature néocoloniale de l’APR/BBY était une tactique juste pour affaiblir puis vaincre l’État hors la loi de l’APR/BBY.

Le parti est l’instrument stratégique de la conquête et de la préservation du pouvoir pour avancer résolument vers la souveraineté nationale et réaliser le moom sunu reew parce que doomu reew moy tabax reew. La tactique doit être et est au service de la stratégie.

Résoudre les inévitables contradictions secondaires et secondairement antagoniques qui vont jalonner notre longue marche est le moyen efficace de faire face victorieusement à la contradiction principale qui oppose notre camp souverainiste au camp néocolonial laquais de l’impérialisme.

Pour résoudre l’actuelle contradiction secondaire, il nous faut :

– écarter les deux nominations à la tête de la Coalition; 

– stopper l’actuel processus vers deux coalitions distinctes;

– nos deux camarades, PR et PM, doivent trouver sur ce point le compromis nécessaire en s’appuyant sur la médiation actuelle du BP;

– refaire revivre le parti comme entité fonctionnelle démocratique de la base au sommet, d’espaces de décisions démocratiques collégiales de la base au sommet et de liaison avec les masses populaires; 

– rétablir le primat du parti (stratégique) sur la coalition (tactique), donc la seconde doit démocratiquement être animée par le premier ;

– Dépersonnaliser les prises de positions pour ou contre un tel pour remettre le parti en tant que collectif organisé de la base au sommet au centre de la vie politique du pays.

A deux ans de la prise du pouvoir et à trois ans de la fin du mandat, nous n’avons aucun intérêt à la division et à une bataille prématurée sur l’élection présidentielle de 2029 :

– 2029 sera l’année où le peuple jugera notre bilan;

– QUI sera notre candidat en ce moment ? Cette question prématurée aujourd’hui, à défaut d’avoir été tranchée par notre candidat naturel empêché arbitrairement et illégalement pour 2024 et notre candidat désigné par le premier, devra trouver une réponse démocratique par le parti au moment approprié; 

– Halte aux propos outranciers visant l’un ou l’autre des camarades membres du parti, l’un PR et l’autre PM; d’ailleurs sur ce point remarquons que le PM et PR du parti n’a pas utilisé les mots « traître » ou « workat »;

– Faisons focus sur le redressement de la transition pour dé-néocoloniser l’appareil d’État néocolonial dont notre camp et notre parti souverainiste, panafricain ont hérité pour préparer efficacement la rupture et la transformation systémique à laquelle nous nous sommes engagés.

Tel est le chemin du dépassement de l’actuelle contradiction secondaire qui ne peut et ne doit diviser durablement notre parti, notre coalition, notre camp souverainiste.

Par Fodé Roland Diagne (France)

Festival des Grillades à Dakar : bis repetita en fin novembre 2025

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Les 29 et 30 novembre 2025, on se retrouve tous, entre Dakarois et hôtes étrangers vivant parmi au Sénégal (comme dirait le Président Senghor) sur l’Esplanade du Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Rose ? Ce sera un occasion unique pour vivre l’édition bis du Festival des Grillades de Dakar, qui s’installe pour de bon dans l’agenda culturel et gastronomique de la capitale sénégalaise, en persistant et signant pour ce grand retour, après l’édition de l’année dernière . Ce sera du 29 au 30 novembre 2025 , donc, Esplanade du Grand Théâtre, Dakar.


Désormais un rendez-vous culinaire et musical incontournable, le festival promet une édition riche en saveurs et sons. Stands pour gourmets gourmands, concerts live, animations musicales pour tous et ambiance conviviale, cet événement célèbre le plaisir de bien manger et de faire la fête ensemble.
Un week-end à ne pas manquer pour les amoureux des viandes, poulets et autres poissons passés au grill ou au feu de bois, dans le cœur battant de Dakar.

Papa Ousmane Diagne

Martin Faye, journaliste retraité : ‘L’Etat ne doit pas confondre régulation et répression’

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L’irruption des gendarmes dans le studio de 7tV, mardi soir, alors que Maïmouna Ndour Faye recevait en direct le journaliste Madiambal Diagne, en fuite en France et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, continue de susciter de vives réactions dans le milieu médiatique. L’ancien journaliste de la RTS et formateur, Martin Faye, estime que cette intervention traduit un glissement inquiétant dans la gestion de la liberté de la presse au Sénégal.

Le décor était celui d’une émission ordinaire avant que la tension ne s’invite en direct. À peine quelques minutes après le début de l’entretien entre Maïmouna Ndour Faye et Madiambal Diagne, le signal de 7TV est brutalement coupé. La journaliste est interpellée et conduite à la Section de Recherches. Une scène inédite dans le paysage audiovisuel sénégalais, qui intervient en pleine tenue du Salon international des Médias africains à Dakar.

Pour Martin Faye, ce qui s’est passé dépasse le simple incident télévisuel. «Il faut distinguer deux choses : la responsabilité du média et celle de l’État. Si une chaîne invite une personne recherchée, cela soulève des questions déontologiques, mais cela ne justifie pas une descente de gendarmerie en plein direct. Ce n’est pas ainsi qu’on régule les médias dans un État de droit», a déclaré le formateur.

Selon lui, les autorités disposent de moyens légaux pour réagir sans recourir à la force. «Quand la gendarmerie interrompt une émission, elle envoie un message d’intimidation à toute la presse. Ce type d’intervention crée un précédent dangereux. Le gouvernement pouvait saisir le CNRA ou exiger un droit de réponse. Il ne devait pas s’arroger le pouvoir de censurer une émission en direct», a ajouté Martin Faye, dénonçant une forme de «réflexe autoritaire». Toutefois, l’ancien journaliste n’élude pas la part de responsabilité des médias. «Les journalistes ne sont pas au-dessus de la loi.

 Inviter une personne sous mandat d’arrêt exige prudence et rigueur. Le rôle du journaliste, ce n’est pas d’offrir une tribune à un fugitif, mais de contribuer à la manifestation de la vérité. Il faut contextualiser les propos, rappeler le statut judiciaire de l’invité et éviter toute complaisance», a-t-il reconnu. Mais pour lui, la réaction des autorités est restée largement disproportionnée. «On pouvait reprocher à 7TV un manquement déontologique, mais pas justifier une intervention armée dans une rédaction. Cela nous ramène à des pratiques que l’on croyait révolues», a regretté Martin Faye.

«LA LIBERTE DE LA PRESSE ET LA RESPONSABILITE JOURNALISTIQUE NE SONT PAS DES VALEURS OPPOSEES»

Abordant les critiques également adressées à la TFM pour la diffusion d’une émission jugée partisane quelques jours plus tôt, le formateur appelle à une approche équitable dans la régulation. «On ne peut pas avoir deux poids deux mesures : tolérer certaines dérives parce qu’elles viennent de médias proches du pouvoir et punir d’autres parce qu’elles paraissent gênantes. Si l’on veut une presse responsable, il faut d’abord un encadrement juste et cohérent», a-t-il souligné.

En conclusion, Martin Faye en appelle à la retenue de toutes les parties. «La liberté de la presse et la responsabilité journalistique ne sont pas des valeurs opposées. Elles se complètent. Mais l’État, lui, ne doit jamais confondre régulation et répression. C’est à ce prix seulement que notre démocratie pourra grandir.»

L’avocat Amadou Sall empêché par la gendarmerie de Ouakam de voir sa cliente journaliste et sommé de se soumettre à un alcootest

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L’Ordre des Avocats du Sénégal a vivement réagi, dans un communiqué daté du 30 octobre 2025, à l’interpellation controversée de Me El Hadji Amadou Sall survenue le 28 octobre dernier. L’avocat au Barreau du Sénégal « a été empêché d’exercer son office par des éléments de la brigade de gendarmerie de Ouakam, où il s’était présenté pour assister un client qui venait d’être interpellé et d’y être conduit », précise le texte signé par le Bâtonnier, Me Mbaye Sène.

Selon l’Ordre des Avocats, le père de l’avocat, « ces éléments des forces de défense et de sécurité lui ont exigé de subir un test d’alcoolémie pour pouvoir s’entretenir avec son client et exercer sa mission ». Une exigence que le Conseil qualifie de transgression flagrante des principes fondamentaux du droit.

Le communiqué rappelle avec force que « la défense est un droit absolu dans tous les états et à tous les degrés de la procédure », citant l’article 9 de la Constitution du Sénégal. Il souligne également l’article 5 du Règlement n°05/CM/UEMOA sur l’harmonisation des règles régissant la profession d’Avocat, qui stipule que « les Avocats assistent leurs clients dès leur interpellation, durant l’enquête préliminaire, dans les locaux de la police, de la gendarmerie, ou devant le parquet et qu’à ce stade, aucune lettre de constitution ne peut être exigée de l’Avocat ».

L’Ordre des Avocats considère que le traitement infligé à Me El Hadji Amadou Sall « vient s’ajouter à une transgression tout aussi flagrante de la loi commise, une fois encore, par des officiers et agents de police judiciaire ». Le Conseil dénonce cette situation comme une violation récente de l’article 6 du Règlement de l’UEMOA et de la Division des Investigations Criminelles.

Face à ce qu’il qualifie de « dérives graves et inquiétantes », l’Ordre des Avocats du Sénégal lance un appel solennel « au respect scrupuleux par les pouvoirs publics des droits de la défense et à la cessation immédiate et définitive de toute entrave à l’exercice de la profession d’avocat au Sénégal et aux droits et libertés accordés par la loi ».

Le communiqué se conclut par un avertissement : « Il reste attentif à l’observation des principes et règles de l’État de droit », signifiant ainsi la détermination de l’Ordre des Avocats à défendre les prérogatives de ses membres et, plus largement, à garantir le respect de la dignité de l’Avocat et des droits de la défense au Sénégal.

Pactes (et impacts): La cassure entre Abdou Diouf et le Ndigël Mouride

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La religion a toujours eu une place prépondérante dans la vie des Sénégalais. Elle est même au cœur de leur existence. Même la Politique et les politiciens ne peuvent s’en départir. Et souvent, dans cette cohabitation du temporel et du spirituel, l’Etat se voit conforté et soutenu par le pouvoir religieux. Mais, il est arrivé qu’il soit également secoué dans ses soubassements régaliens. Alors les relations entre Khalife général et Chef de l’Etat peuvent être amicales, mais aussi de temps à autres problématiques. A l’exemple de Serigne Abdoul Ahad Mbacké et d’Abdou Diouf qui en parle lui-même dans ses Mémoires.

Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal indépendant était le premier à savoir vivre et grandir à l’ombre du pouvoir des chefs religieux dans la marche politique de notre pays. Sa confession catholique n’a pas été une voilette pour obtenir le soutien nécessaire – contre ses adversaires politiques d’alors de confession musulmane – des  khalifes généraux de Touba, en l’occurrence Serigne Fallou (entre 1945 à 1968) et ensuite Serigne Abdoul Ahad Mbacké (de 1968 à 1989). En définitive, avec les guides religieux de tous les autres – Seng ca kaw (Senghor au sommet) comme l’aurait prié Serigne Fallou – le premier président du Sénégal a toujours su placer le bon mot pour arriver à maintenir d’excellentes relations avec les marabouts de toutes les autres confréries.

Serigne Fallou Mbacké

Le poulain de l’enfant de Joal, le natif de Louga non moins longiligne Abdou Diouf a hérité de ces relations privilégiée et particulière dans une Nation qui fonctionne souvent sous le joug d’une France qui a décapité la religion de son État depuis une certaine révolution de 1789. Ainsi, sous l’aile éclaireuse de Senghor, d’abord en tant que gouverneur, ministre, premier ministre et finalement président de la République, Abdou Diouf apprit à prendre la température de la mesure religieuse en notant surtout la spécificité du ‘ndigël’ mouride.

Mais, Abdou Diouf, surtout formaté dans la fraicheur, puis la rigueur et la raideur de l’administration – pâle copie de celle française – mentionne lui-même le relations parfois compliquées avec Serigne Abdoul Ahad Mbacké. L’héritier de Senghor dans la gestion des relations avec les chefs religieux, notamment les Mourides ne fut pas toujours un fleuve tranquille.

Le troisième Khalife général des Mourides est reconnu pour son attachement intransigeant à la vérité, sa rigueur morale et son rejet de toute forme de duplicité. Surnommé « Gnakk Caaxaan » (l’ennemi de la duplicité), il incarnait une posture éthique qui ne faisait aucune concession, même face aux plus hautes autorités. L’ancien procureur Ousmane Camara l’apprit à ses dépens, en racontant, dans ses mémoires (‘Mémoires d’un juge africain’)qu’Abdou Diouf avait sursis à le nommer premier ministre en 1981. La cause : Revenu de voyage, il était parti directement voir le guide des Mourides. Mais, Ousmane Camara n’a pu attendre le Khalife qu’on disait dans ses appartements et pris le chemin pour Dakar. Abdou Lahad qui n’a jamais compris ce comportement s’en est ouvert à Abdou Diouf…

Serigne Abdoul Lahad Mbacké

Autant dire qu’entre Serigne Abdoul Ahad Mbacké et Abdou Diouf, c’était comme entre père et fils. Laissons le successeur de Senghor nous raconter lui-même leur entente. ‘Pour l’élection de 1988, je bénéficiai aussi d’un très fort soutien du Khalife général des Mourides, Abdou Ahad Mbacké. Il donna un ndigueul dont les termes sont encore présents dans beaucoup d’esprits. « Celui qui ne soutiendra pas le Président Abdou Diouf aux prochaines élections aura trahi le fondateur de la confrérie mouride, Cheikh Ahmadou Bamba », lança-t-il. J’avoue franchement que ce que Abdou Ahad a fait, personne ne l’a jamais fait pour moi-même, Falilou ne l’a pas fait pour Senghor. A la limite, il me couvait comme son propre fils’.

Abdou Diouf en évoquant cet aspect de ses liens avec le guide spirituel de Touba avec une pointe de félicité, n’oublie pas que « le Président Senghor avait de son temps beaucoup contribué à forger cela, car c’est lui-même qui m’avait demandé de faire une visite trimestrielle à chacun des Khalifes généraux de confréries, Abdou Ahad et Abdoul Aziz. Fort de ces soutiens ». Il rempota l’élection présidentielle et son parti, – le  Parti socialiste (PS) – sortit majoritaire des législatives, avec 103 sièges sur 120.

Serigne Abdou Khadre Mbacké

Il faut dire que Serigne Abdoul Ahad ne transigeait jamais avec la vérité, même si cela devait lui valoir l’hostilité du pouvoir en place. Sous son khalifat, Touba connut une modernisation spectaculaire, avec des infrastructures religieuses et sociales financées, souvent sans aide gouvernementale directe. Cette autonomie affichée pouvait-elle être perçue comme une forme de défi au pouvoir central ? En tous les cas, ses rapports avec le président Abdou Diouf furent marqués quelques fois par une certaine mésentente, voire des dissensions.

La posture mouride à la venue du Pape Jean-Paul II au Sénégal

Et le président Diouf de nous faire noter son insistance sur sa conception de la laïcité, qu’il qualifie de « laïcité active ». Il affirme avoir cultivé d’excellentes relations avec les chefs religieux musulmans et chrétiens, dans un pays à majorité musulmane. Il cite notamment sa rencontre avec le pape Jean-Paul II en 1992 comme exemple de cette ouverture religieuse. Justement cet épisode a quelque peu embrouillé ses liens avec les guides religieux de Touba.

Extrait : ‘En 1992 aussi, nous avions reçu du19 au 22 février, le Pape Jean Paul II. En ce qui concerne ce voyage d’ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que le Cardinal Thiandoum s’était lié d’amitié avec le Cardinal Wojtila qui, en 1978, est devenu Jean Paul II. Dès que le Pape a été élu, le Cardinal Thiandoum s’est précipité dans le bureau de Senghor : « Monsieur le Président nous devons être, en Afrique, les premiers à recevoir le nouveau Pape, d’autant que c’est mon ami. ; Senghor lui a alors dit « jamais ; jamais ; tant que je serai président, il ne viendra pas visiter le Sénégal ». Il faut, en effet, se mettre à la place de Senghor. Il était catholique et sa réaction était la bonne. Par la suite, il a dit « Quand un président musulman sera à la tête du Sénégal, il l’invitera ». De ce côté, il me causait des difficultés cependant. Sa réaction était bonne et la phrase qui l’accompagnait n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd, en l’occurrence, celle du Cardinal Thiandoum.

Senghor avait aussi, volontairement ou involontairement, fait passer le message aux Khalifes Généraux des confréries pour leur dire : « bon voilà, Thiandoum voulait que j’invite le Pape, mais j’ai refusé ». Ainsi, quand je suis devenu Président et que j’ai voulu inviter le Pape, les gens m’ont dit : « Ce que Senghor avait refusé, toi tu veux l’imposer, il n’en est pas question ».Ce à quoi, je répondais « il vous avait bien fait dire qu’il a refusé parce qu’il était catholique et que le jour où il y aurait un président musulman, ce dernier pourrait le faire.. » Cette position de Senghor ne m’a pas facilité la tâche pour la gestion de cette affaire.

Serigne Saliou Mbacké

C’est pourquoi, le Pape n’a pu venir au Sénégal qu’en 1992. Quand la visite était en gestation, j’ai demandé au fils de Serigne Saliou Mbacké de venir me voir à Popenguine. Il faut rappeler que quand Serigne Abdou Ahad a été rappelé à Dieu, le 29 juin 1989, Serigne Abdou Khadre qui lui a succédé est resté trop peu de temps, moins d’une année (14 mai 1990) pour nouer un véritable dialogue avec le Gouvernement. Ainsi Serigne Saliou succèda à Serigne Abdou Khadre. Dès l’entame de son khalifat, il mit fin aux rencontres trimestrielles que j’avais jusqu’alors, eues avec les autorités de Touba. Il se passa aussi de porte-parole officiel, chargeant plutôt son fils de missions ponctuelles auprès du Gouvernement. Ainsi, il m’envoyait son fils que je recevais toujours d’ailleurs en présence de Famara Sagna, qui avait de bons rapports avec eux. Donc, quand Serigne Moustapha Saliou vint à Popenguine, je lui annonçai la nouvelle de la venue du Souverain Pontife ; il me dit que C’est un problème qui avait été évoqué du temps de Serigne Abdou Ahad, mais qu’on avait mis en veilleuse ; on verra bien me dit- Il. Il est alors parti sur Dakar et, quelque deux heures après, le téléphone sonne et Famara Sagna me dit « De la part de Serigne Moustapha Saliou ». Ce dernier me dit : « Président, je dois dire qu’il m’est arrivé une chose ; Quoi donc ? Quand j’ai dépassé Diamniadio en allant vers Dakar, Serigne Touba m’est apparu et m’a dit : ce qu’on t’a proposé tout à l’heure, là d’où tu viens, si tu y adhères, je romprai tout lien avec toi. Je lui dis que Serigne Touba se trouvant dans la Maison de la Vérité (celle du Vrai) et nous, dans celle du Mensonge (le fallacieux), je ne crois pas qu’il puisse avoir cette attitude vis-à-vis du problème que nous avons évoqué ; il a une largeur de vue, une ouverture d’esprit qui dépasse ce que nous pauvres humains encore sur cette terre nous avons. Il répond alors : « Je vous ai dit les choses telles qu’elles se sont passées». Je lui fis alors remarquer que le Pape est un chef d’Etat comme moi et en plus, il est le chef de l’Eglise Chrétienne Catholique. Je dois donc le recevoir à un double titre d’autant que nous avons une minorité catholique dans le pays que j’ai le devoir de protéger. Notre conversation s’est arrêtée là.

Puis, j’ai reçu le Pape du 19 au 24 février 1992 et c’était une très belle visite. Quelques mourides y ont été associés et le Pape a reçu des chefs religieux à la chambre de commerce de Dakar. Cependant ce différend est resté entre le Khalife des mourides et moi-même et il l’avait gardé en lui-même puisqu’en 1998 ou 99, il me l’a encore rappelé : « La visite qu’il a rendue au Sénégal n’a pas plu à tout le monde.» Je lui répondis que cela m’étonnait puisque ce pays, nous le partageons avec d’autres qui y ont leur part. « Certes, me dit-il mais je pense que chacun doit garder sa part » et il poursuit : « je ne les accable pas, mais force est de reconnaître que nous n’avons pas la même religion. » Je lui réponds: « c’est certes vrai, mais, j’ai le devoir d’honorer toutes les communautés de ce pays »’.

Alors, les Khalifes n’ont jamais cherché à s’opposer frontalement à l’État, mais ils ont toujours défendu l’autonomie spirituelle et matérielle de la communauté mouride. Leur attitude vis-à-vis du pouvoir était celle de guides religieux soucieux de préserver l’intégrité de leur mission, sans se compromettre dans les jeux politiques.

Cheikh Tidiane COLY Al Makhtoum

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[MAGGAL] Barkè: Y a-t-il un modèle économique mouride win-win? (Par Cheikh T. COLY)

Tract – Fondé sur les  enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, le modèle économique est bien plus qu’un système religieux : c’est un véritable dynamisme socio-économique qui a pris ses marques au Sénégal depuis plusieurs décennies déjà et rayonne aujourd’hui dans la diaspora. Depuis l’allégeance à Serigne Touba, et ensuite l’alliance entre Cheikh Ibra Fall et le premier Khalife de Touba s’est dessinée une symbiose entre soumission spirituelle et engagement dans le travail, piliers du mouridisme. Au-delà des Khalifes généraux – de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké (premier khalife) à Serigne Mountakha Bassirou (actuel) qui restent des puissances financières certaines – le mouridisme puise sa force économique dans la générosité de ses disciples, depuis Cheikh Ibra Fall, qui ne lésinent pas sur les moyens humains, matériels et pécuniaires quand il s’agit de Serigne Touba.

Considéré comme le prototype du disciple mouride Cheikh Ibrahima Fall autrement appelé Cheikh Ibra Fall (1855–1930), surnommé encore Lamp Fall pour avoir « éclairé » la sainteté de Cheikh Ahmadou Bamba joua un rôle qui fut fondamental dans la structuration spirituelle, sociale et économique de la confrérie. En l’instrumentalisant comme un acte spirituel, il éleva le travail manuel au rang de pratique religieuse, en disant : « Le travail est une prière ». Il  est reconnu pour son flair dans les affaires, propriétaire de terres agricoles et de maisons à Dakar, Saint-Louis et Thiès.La relation entre ce disciple emblématique du fondateur de Cheikh Ahmadou Bamba et Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, premier Khalife général des Mourides (1927–1945), marqua une alliance fondatrice qui fut illustrée par une collaboration intense et spirituellement chargée. D’ailleurs, de cette collaboration, de grands projets mourides naquirent avec la Construction de la Grande Mosquée de Touba où l’on vit Cheikh Ibra Fall mobiliser 700 disciples Baye Fall, dont ses fils propres Serigne Modou Moustapha Fall et Serigne Ablaye Fall Ndar, pour participer aux travaux de la mosquée et de la voie ferrée Diourbel–Touba. Cheikh Ibra Fall fut chargé du recrutement et de l’encadrement des ouvriers mourides pour la construction de la ligne ferroviaire, essentielle au transport des matériaux vers Touba. Il a également fourni les ressources humaines et matérielles nécessaires, illustrant son rôle de bras droit dans la mise en œuvre des directives du Khalife.
Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, 1e khalife de Serigne Touba
Ainsi, dès 1928, Serigne Moustapha Mbacké organise – avec le soutien logistique et spirituel des Baye Fall – le premier Magal de Touba tenue après le rappel à Dieu du fondateur du mouridisme, Serigne Touba Mbacké. Mais, entre autres aspects, Cheikh Ibra fonda des daaras tarbiyya où l’on enseignait le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Celui qui instaura le jëbëlu, – acte d’allégeance totale au marabout – forma des générations de disciples à la discipline, à la générosité et à la foi, devenant un modèle pour la jeunesse sénégalaise.
Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma
Dans le sillage de l’évolution du mouridisme, Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma (1912–1978) s’annonce comme un géant spirituel et économique du Sénégal. Petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba, il fut bien plus qu’un guide religieux : il incarna une figure de puissance économique, diplomatique et intellectuelle au service du Sénégal et de l’Afrique. Entre autres créations de modèle économiques, il initia des projets comme les huileries du Sénégal et envisagea la création d’une banque islamique. Pour démontrer son entregent dans les affaires, n’obtint-il pas, en 1974, 50 millions de dollars auprès de la banque américaine Exim Corps, avec le soutien du président Richard Nixon. Il ouvrit, d’après des sources, plus de 250 écoles avec un effectif de 20 000 talibés, et envoya des étudiants au Maroc, en Tunisie et en Algérie.
Serigne Mbacké Sokhna Lo
Son fils Serigne Mbacké Sokhna Lô (1934–2005), surnommé Boroom Taïf ak Beyla, prendra le relais dans cette vision économique contribuant ainsi au développement. Il fut également un guide religieux, intellectuel soufi et bâtisseur visionnaire dont l’impact dépasse largement le cadre spirituel. Héritier du réseau de son père Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, il élargit les connexions avec des leaders politiques, hommes d’affaires et intellectuels à travers le monde. On le verra s’impliquer dans le commerce transfrontalier, tissant des liens avec des chefs d’État comme Théodoro Obiang Nguéma qui lui envoya un avion spécial pour une visite à Malabo.Serigne Mbacké Sokhna Lo n’oublia pas d’investir dans un développement local structuré. Il transforma le village de Taïf en un pôle moderne avec des infrastructures de qualité, dont une mosquée estimée à 3 milliards FCFA et un château de 1,5 milliard FCFA. Il s’investit à encourager les dahiras à devenir des entités de développement économique, éducatif et social, avec des projets agricoles, d’élevage et d’éducation dans tout le Sénégal.Alors, la liste est loin d’être exhaustive quand il faut continuer de parler des figures emblématiques du monde des affaires mouride. Dans cette émergence du monde économique sénégalais et au-delà, on peut encore noter des pionniers historiques comme El Hadji Babacar Kébé (dit Ndiouga). Investisseur dans l’hôtellerie, le textile et l’immobilier, il est considéré comme l’un des plus riches Sénégalais de son époque. A côté de lui, El Hadji Djily Mbaye. Membre du Conseil économique et social, actif dans le commerce et l’immobilier, Djily Mbaye, sollicité par l’État, n’hésitait pas à payer les salaires de l’administration sénégalaise toute entière. A plusieurs reprises. On parlera tout aussi d’El Hadj Serigne Sall, cet importateur de thé, riz et tomates qui réalisa, dès 1967, un chiffre d’affaires d’un milliard FCFA…On arrive aux acteurs actuels et philanthropes tels que Serigne Mbaye Sarr, Serigne Abdoulaye Dia, Serigne Seck, Serigne Kabb Guèye, Serigne Pape Fall qui avaient mobilisé, il n’y a pas longtemps, 250 millions FCFA pour soutenir les sinistrés à Touba. Incarnant le culte du travail et de la solidarité communautaire chère au mouridisme, ce collectif d’hommes d’affaires a aussi contribué à hauteur de 2,4 milliards pour la construction de l’université de Touba.Le modèle économique mouride, en rappelant son fondement sur les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba – est un véritable dynamisme socio-économique au Sénégal et dans la diaspora. Les Mourides financent eux-mêmes des projets d’envergure (mosquées, hôpitaux, routes, universités) grâce à des contributions volontaires appelées adiya, pendant que les dahiras (groupes communautaires) collectent et gèrent les fonds avec une transparence et une efficacité impressionnantes. Touba, ville modèle et cité emblématique du mouridisme, incarne une gestion autonome, avec des projets comme Touba Ca Kanam et Touba Xepp qui s’activent à l’amélioration de l’assainissement, l’hydraulique et les infrastructures. Les disciples de Serigne Touba ne sont pas en reste dans l’investissement des médias. Après les hommes d’affaires comme Cheikh Tall Dioum en son temps (Groupe Com7 et Presse des Almadies…), certains se lancent dans la création de chaines à l’image de Touba Tv (de Mbakyou Faye, milliardaire, représentant du Khalife des Mourides à Dakar) et Lamp Fall, et l’utilisation de plateformes numériques pour diffuser les enseignements et chants religieux.A noter que tout récemment, EDK (fondé en 2012 par Demba Ka) – qui s’est diversifié dans la restauration, l’hôtellerie, puis la distribution alimentaire à travers l’enseigne EDK Low Price, qui compte une cinquantaine d’échoppes – a fait une transaction le 23 juillet, fait noter Jeune Afrique, avec CFAO Retail qui lui a cédé l’ensemble de ses magasins Carrefour Market et Supeco, soit huit sites au total, répartis dans la région de Dakar et ses environs. Aujourd’hui dirigé par fervent un talibé mouride, le groupe sénégalais EDK, qui a bénéficié en juin dernier, rappelle encore JA, d’un prêt de 25 millions d’euros de la Société financière internationale (IFC), étend ses tentacules sur le marché… sénégalais.Sa portée dans la diaspora est certaine. Dans une mobilisation internationale, les Mourides, à l’étranger organisent des collectes massives pour financer des projets dans leurs pays d’accueil. Le Bamba Day – célébré dans plusieurs villes (notamment Harlem), cet événement met en valeur l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba et renforce la visibilité du mouridisme dans l’espace public – en est un exemple. Aux États-Unis, la diaspora mouride a lancé un complexe islamique d’un milliard FCFA, illustrant leur capacité à investir à grande échelle. Et, le Magal de Touba génère, selon certains spécialistes, un impact économique estimé à 400 milliards FCFA, avec une forte participation de la diaspora. Très entreprenants, les Talibés de Serigne Touba ont érigé, à New York, Paris, Rome ou Séville, des mosquées et dahiras qui servent de lieux de prière, d’enseignement et de rassemblement communautaire.Pour ce qui est de la solidarité transnationale, les Mourides envoient des dons aux victimes de catastrophes dans d’autres pays, montrant que leur modèle dépasse les frontières. Cheikh Tidiane Coly Al MakhtoumDirecteur des Publications Tract Hebdo et Tract.sn

[TRIBUNE] Par Ousseynou Nar Gueye | L’AGENCE AFRICAINE DE NOTATION FINANCIERE VOULUE PAR MACKY, ALORS PRÉSIDENT DE L’UA : À QUAND ? 

 
C’était la grande cause du Salltennat d’un an de Macky à la tête de l’Union Africaine, son mandat entre le 5 février 2022 et le 18 février 2023 : favoriser , impulser et, pourquoi pas, inaugurer la création d’une agence africaine de notation financière. Cela ne s’est pas fait à son époque, ni même avant la fin de son magistère à la tête du Sénégal. Qu’en est-il d’eux ans et demi après ?
On ne peut pas dire que le successeur immédiat de Macky a la tête de l’UA, le Comorien Azali Assoumani, se soit mis martel en tête pour cette question de notation financière africaine sur les dettes souveraines de nos pays tropicaux.
Toutefois, en juin dernier, il a été annoncé que L’African Credit Rating Agency (AfCRA), un nouvel organisme privé de notation de crédit, devrait commencer ses activités en septembre 2025.
Ce projet d’agence est soutenu par des acteurs du secteur privé de toute l’Afrique, et non par des gouvernements, afin de garantir son indépendance et sa crédibilité.
Déjà un retard à l’allumage ? 
Le lancement en était initialement prévu pour juin 2025 lors d’un sommet du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) mis en place par le NEPAD, mais des retards ont repoussé le calendrier.
L’African Credit Rating Agency (AfCRA) ambitionne de « fournir des évaluations de crédit axées sur l’Afrique pour les États souverains, les institutions financières et les entreprises ».
L’AfCRA dit vouloir se spécialiser « dans la notation de la dette en monnaie locale et adaptera ses méthodologies aux économies africaines en utilisant des données régionales et des indicateurs socio-économiques. Sa première notation souveraine est attendue entre fin 2025 et début 2026.
Misheck Mutize, expert en notation de crédit au MAEP du NEPAD, a confirmé que des consultations étaient en cours pour nommer le premier directeur général de l’agence.
Mais pourquoi et pour qui donc une agence de notation « africaine’ ? N’en existe-il pas déjà avec Bloomfield de Stanislas Zézé et Global Credit Rating en Afrique du Sud ? GCR qui a acheté, rappelons- le , WARA, l’agence de notation lancée par le Sénégalais feu Seydina Tandian.
Au niveau des entités publiques africaines, comme a l’ADEPME du Sénégal (Agence de Développement et d’Encadrement des PME), sous son précédent Directeur Général Idrissa Diabira, a prospéré un mécanisme de notation et de profilage des PME appelle ‘e-rating », mécanisme auquel fait entièrement confiance une banque partenaire comme Ecobank, pour financer les PME qui sont fléchées vers elle par l’ADEPME, estimant que l’évaluation du risque effectuée par e-rating de l’ADEPME est suffisamment sérieuse pour être prise en compte, en toute confiance.
Alors donc, pourquoi ce projet d’agence de notation africaine (supposément publique au départ) est -elle une si forte exigence des gouvernements africains, porte a l’époque de sa présidence de l’UA par Son Excédence Macky Sall ? Il est vrai que le Président sénégalais d’alors trouvait injuste que quand il y a des émeutes pendant deux mois en France, Standard and Poor’s , Fitch et Moody’s ne pipent mot, mais des qu’il y a les mêmes émeutes pendant une semaine dans une capitale africaine subsaharienne, les mêmes agences de notation dégradent fissa la note souveraine du pays concerné. Ce qui renchérit d’autant es cout auxquels empruntent ces pays africains, entraînant une déperdition de plusieurs centaines de milliards dans leurs Trésors Publics respectifs .
Car en fait, le maitre mot est …la confiance. La confiance : le mot est lâché. La confiance ne se décrète pas, elle se construit.
La confiance se gagne goutte par goutte et se perd en litres. 
C’est bien pour cela, et on le comprend aisément, qu’en début mai dernier, le Directeur de publication de l’hebdomadaire Financial Afrik, le Mauritanien de Dakar Adama Wade, qualifie cette affaire d’agence de notation africaine de « fausse bonne idée ».
Mais citons plutôt longuement Adama Wade ici :
« Rappelons un principe de base : une notation n’a d’effet que si les créanciers s’en servent. Et ces créanciers, dans le cas de l’Afrique, sont encore largement extérieurs. Ce sont les marchés internationaux, les investisseurs institutionnels, les détenteurs d’eurobonds, les banques multilatérales. Une agence, aussi africaine soit-elle, ne sera utile que si elle parle un langage compris et respecté par ces acteurs.
D’ailleurs, il suffit de regarder ailleurs pour mesurer la marche à gravir. La Chine dispose de plusieurs agences nationales de notation, comme Dagong Global Credit Rating, tout comme le Japon, avec des entités comme Japan Credit Rating Agency (JCR) ou Rating and Investment Information (R&I). Ces agences ont trouvé leur place non parce qu’elles étaient patriotes, mais parce qu’elles sont adossées à des marchés des capitaux massifs, liquides, et bien structurés. Pékin comme Tokyo disposent de bases d’investisseurs locales colossales, de fonds de pension puissants, d’institutions financières disciplinées, et de cadres réglementaires éprouvés. Sans ces fondations solides, leurs agences ne seraient aujourd’hui que des vœux pieux.
L’Afrique n’est pas démunie. Des agences comme Bloomfield Investment Corporation, basée à Abidjan, ou Global Credit Rating, active en Afrique australe, opèrent déjà avec sérieux. Si Bloomfield prospère, c’est parce qu’elle s’inscrit dans un marché réglementé : celui de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), où une note investment grade est exigée pour émettre sur le marché obligataire régional sans avoir à recourir à une garantie. Ce n’est donc pas l’agence qui crée le marché, mais le marché qui donne sens à l’agence.
Il est donc illusoire de penser qu’on pourra faire l’économie d’une vraie réforme structurelle du marché financier africain en brandissant une agence nouvelle. On ne fabrique pas la confiance avec un communiqué. Il faut des statistiques crédibles, des institutions solides, un cadre réglementaire cohérent, et des investisseurs locaux confiants. Sinon, on construit une maison sans fondation – et gare au premier vent.
Ajoutons à cela un réflexe humain mais dangereux : la tentation, pour le débiteur, de contester l’opinion du créancier. Une notation n’est pas un satisfecit, c’est une analyse du risque vue depuis le portefeuille de l’investisseur. Se dire incompris n’est pas une stratégie. Si le coût d’accès au marché est élevé – ce qu’il est, incontestablement – la réponse doit être technique, budgétaire, diplomatique, pas institutionnelle. Notre récente analyse entre les coûts d’emprunt du Maroc et de la Côte d’Ivoire sur des maturités et des montants quasi-similaires montre que lesdits coûts élevés ne sont pas une fatalité.
En attendant, comme l’a rappelé, le rwandais Claver Gatete, sur un PIB cumulé de plus de 3 000 milliards de dollars, l’Afrique ne compte que deux pays classés en catégorie investissement. En fin de compte, claironne l’ancien ministre rwandais, « un écosystème de notation sain va au-delà de l’évaluation du risque : il devient une plateforme de mobilisation du capital, d’amélioration de la solvabilité et de soutien aux objectifs plus larges de développement de l’Afrique « .
Au final, l’Afrique n’a pas besoin d’une énième agence pour exister financièrement. Elle a besoin de marchés profonds, de discipline budgétaire, d’un dialogue régulier avec les agences existantes – et surtout de crédibilité. La meilleure note est celle qu’on ne demande pas, parce qu’elle découle naturellement de la confiance inspirée. Tout le reste n’est que cosmétique. » Fin de citation.
L’analyse du patron de Financial Afrik est froide, brutale et sans concession nais elle reflète certainement la réalité du terrain et du rapport des forces en présence, en matière d’emprunts et de financements en Afrique.
Début juin 2024, la Rédactrice en chef Économie de Jeune Afrique, Aurèlie Mbida, ne dit pas autre chose et renchérit même, en prenant exemple sur ‘ ‘le cas emblématique du Sénégal’’ comme elle l’écrit, dont la note souveraine venait d’être dégradée une deuxième fois (NDLR : depuis lors, la note financière du Sénégal a été dégradée une ….troisième fois !).
Voici ce qu’écrit Mme Mbida : ‘‘Ce n’est pourtant pas une donnée nouvelle : les méthodes d’évaluation de Moody’s, Fitch Ratings ou S&P, les trois leaders mondiaux de la notation, sont conçues pour des économies développées, et donc peu adaptées aux spécificités des pays africains. L’informalité de certaines dépenses, le recours ponctuel à des prêts relais, la complexité des garanties croisées dans les partenariats public-privé sont rarement bien intégrés dans leurs modèles et coûtent, chaque année, des milliards de dollars d’intérêts au continent.
(…) en 2024, la Fondation Mo Ibrahim souligne que les notations financières des pays africains sont inférieures à ce qu’elles devraient être si l’on prenait en compte les fondamentaux macroéconomiques réels desdits États, corrigés des biais de perception. Une injustice qui alimente un cercle vicieux. Une mauvaise note, c’est un coût du crédit plus élevé, donc plus de dette, donc une note encore plus mauvaise. Et ainsi de suite.
Le cas du Sénégal est emblématique. Bien que l’erreur soit réelle, la réaction a été tout aussi disproportionnée (deux crans de dégradation !). Pendant des années, les agences ont applaudi le pays pour ses performances macroéconomiques, adoubé ses eurobonds, salué sa stabilité. Aucun signal fort, aucune alerte publique. Et puis, à la faveur d’un audit interne – non mené par une agence, mais par l’État lui-même, par le biais de sa cour des comptes –, la sentence tombe. Pourquoi ? Parce que les notations sont fondées sur ce que les gouvernements déclarent ? Parce que, même si elles contrôlent 95 % du marché mondial de la notation, les agences ne font que répéter ce que les chancelleries, le FMI ou les directions du Trésor leur soufflent ? Est-ce acceptable ?
À l’heure où l’Union africaine parle de souveraineté financière et où plusieurs voix appellent à créer des agences africaines de notation crédibles, la question prend un tour politique. L’enjeu consiste à ne plus déléguer l’évaluation de la solvabilité du continent à des acteurs qui méconnaissent ses réalités et ne rendent de comptes à personne.
Sans nier les dérives budgétaires de certains États ni blâmer systématiquement les agences pour les fautes commises par certains gouvernements, il est temps d’exiger plus de responsabilité, plus de transparence… des deux côtés. Et, surtout, de construire un écosystème africain d’analyse financière qui produise une notation alternative et qui casse l’hégémonie de Wall Street sur les finances publiques africaines. Car une Afrique mieux notée, c’est aussi une Afrique mieux financée’’. Fin de citation.
On ne saurait mieux conclure, ainsi, en allant dans le sens d’Adama Wade et d’Aurélie Mbida.
Car une place (forte) de marche ne se décrète pas : elle se construit et se constate. 
La place des trois grands de la notation financière sera pour longtemps encore prépondérante pour les écosystèmes d’emprunt financiers des pays africain surtout subsahariens. Cùest comme pour les Big Four du Conseil aux États ( audit, assurance, consulting, conseil financier, gestion du risque et conformité fiscale) que sont Ernst & Young (EY) Deloitte, KPMG, et Price WaterHouse Coopers (PwC), auxquels il faut peut-être rajouter Mc Kinsey : elles n’ont perdu du terrain en Afrique et ont même commence a en partir (comme cela a été récemment le cas de PwC en Afrique centrale) que lorsque de solides firmes de conseil africaines ont émergé, ont grandi et se sont imposées. On peut ainsi citer Mazars ou Performance Consulting au Sénégal.
Ainsi donc, à l’aune d’une absence d’agence de notation africaine leader dont on se saurait décréter l’existence et la performance ultérieure par la simple volonté politique, si forte soit-elle, rappelons pour le déplorer, que :
– La cotation de l’or africain se fait dans une bourse au Canada (Toronto) et dans une autre Bourse en Australie
– Le marché de l’art africain (contemporain ou ancien) a pour places fortes Paris et New-York et pour commissaires – priseurs qui font la cote de nos artistes en arts plastiques Sotheby’s et Christie’s
– Le cours du cacao et du café dont la Cote d’Ivoire et le Ghana sont parmi les plus grands producteurs mondiaux se décide à la Bourse de Londres et au New York Stock Exchange, a Wall Street donc.
On pourrait continuer encore longtemps.
Alors, par où passe le salut africain ? 
D’abord par une augmentation importante des échanges commerciaux et financiers intra-africains, qui, il est vrai, entre 2000 et 2025, sont passés de 3% à 21% des échanges des pays africains. Ensuite, cela passe par la mobilisation des milliards de dollars des diasporas africaines, à faire déposer dans des banques africaines (y compris banques africaines qui installeraient des agences dans les pays (occidentaux) de forte présence migratoire africaine et dans lesquelles les avoirs serait comptabilisées en monnaies (locales africaines) pour que cet argent de la diaspora ne soient pas uniquement fléchés vers le financement de la subsistance mensuelle des ménages de leur parentèle en Afrique ou vers des projets immobiliers privés qui ne créent certainement pas suffisamment d’emploi ni d’emplois décents : que cet argent de la Diaspora qui dépasse maintenant les IDE soit fléché vers l’investissement économique et le financement de projets. Et enfin, il faut plus qu’une Bourse des valeurs Mobilières, fut-elle régionale (Abidjan) dans l’UEMOA : Dakar mérite d’avoir sa propre Bourse ; Lome aussi peut accueillir valablement une Bourse ; tout ceci pour mobiliser les épargnes nationales et celles des investisseurs étrangers dont les fameux fonds de pensions nord-américains (USA et Canada). Mais tant que l’Afrique représentera 2% des échanges financiers mondiaux, tout ceci ne sera qu’un voeu pieux.
Ousseynou Nar Gueye
Directeur Général des médias numériques Tract Hebdo (tous les jeudis) et Tract.sn;
– Directeur Général d’Axes et Cibles Com (www.axes-cibles-sn.com)