Le PDS rameute le reste de l’opposition pour ce 09 mars

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Suite et pas fin de la levée de boucliers de l’opposition contre le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. Le Parti démocratique sénégalais répond favorablement à l’invite de l’Initiative pour des élections démocratiques (Ied) au Sénégal pour exiger, lors d’un rassemblement pacifique à tenir le 09 mars prochain, le départ du ministre de l’intérieur.
La formation libérale l’a fait savoir hier, jeudi 1er mars 2018, à l’issue de son comité directeur tenue à la permanence Mamadou Lamine Badji.Pour autant, Oumar Sarr et cie affirmeront : « Le Comité directeur constate que la déclaration scandaleuse du ministre chargé des élections, Aly Ngouille Ndiaye, crée une situation politique nouvelle. Lorsque ce ministre déclare que sa tâche principale est de faire élire Macky Sall dès le premier tour, il fait un aveu de taille. Son départ est devenu une exigence fondamentale dans la lutte pour des élections sincères. Le Comité Directeur, le Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) et l’Initiative pour des élections démocratiques (Ied), ainsi que beaucoup de patriotes et des membres de la société civile ont exprimé leur indignation. Au demeurant, notre parti s’associe à l’appel lancé par l’Ied pour un rassemblement pacifique, le vendredi 9 mars, devant le ministère de l’Intérieur pour exiger son départ ».Dans la foulée, le Pds appelle ses militants et sympathisants à participer massivement à cette manifestation et à « se tenir prêts et mobilisés pour des manifestations permanentes jusqu’à son départ et l’installation d’une Haute Autorité Indépendante chargée d’organiser et de superviser les élections ».

La question d’un « Monsieur Élections » neutre à nouveau sur le tapis

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A moins d’une année de la présidentielle de 2019, la nomination d’une personnalité neutre et  indépendante pour organiser les élections refait surface au sein du paysage politique. La dernière sortie du ministre de l’intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, s’engageant à inscrire le maximum des personnes susceptibles de réélire le président Macky Sall au 1er tour de la présidentielle, est passée par là. En réplique aux volets de bois verts de l’opposition réclamant à cor et à cri la démission du ministre ou du moins le choix d’un «Monsieur Elections» à équidistance des camps en face, le pouvoir en place et ses alliés confortent le responsable apériste, maire de Linguère et patron des flics du Sénégal.
La tension préélectorale qui gagne progressivement le Sénégal, à moins d’une année de la présidentielle du 24 février 2019, ne se limitera vraisemblablement pas aux seules divergences pouvoir-opposition autour du fichier électoral. Apparemment, c’est encore parti pour une autre ère de cristallisation autour de l’organisation transparente de l’échéance électorale qui se profile pour le 24 février prochain.Depuis la sortie du ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, attestant de sa détermination en tant que militant apériste à favoriser l’inscription sur le listes électorales du maximum de citoyens susceptibles de réélire le chef de file de la majorité présidentielle, en l’occurrence Macky Sall, l’opposition s’est engouffrée dans la brèche pour remettre au goût du jour la question d’un «Monsieur Elections» au Sénégal.Après avoir tiré, en vérité, à boulets rouges sur le locataire de la Place Washington, siège du ministère de l’Intérieur, dont la démission a été vivement réclamée (Pds de Me Wade, Convergence démocratique Bokk Gis Gis de Pape Diop qui se dit prête à faire un sit-in au centre-ville…), l’opposition ne revendique ni plus ni moins que « la nomination immédiate et sans délai d’une personnalité neutre et indépendante pour organiser l’élection ». C’est le cas avec Rewmi d’Idrissa Seck qui subodore, avec la sortie d’Aly Ngouille Ndiaye, «une manœuvre massive et manifeste de fraude concoctée avec la complicité de la Daf du ministère de l’Intérieur». Or, comme l’a établi le parti de l’ancien Premier ministre et ex-maire de Thiès, « Cette atteinte grave à la transparence de notre processus électoral est une menace directe pour la paix sociale et la stabilité de notre pays ».Ces interpellations de l’opposition alléguant qu’Aly Ngouille Ndiaye ne peut être «juge et partie» dans la mécanique électorale en route vers 2019, laisse toutefois de marbre le pouvoir en place. Et c’est le grand patron, Macky Sall, qui a été le premier à adouber son ministre de l’intérieur pour…la qualité du travail abattu dans l’organisation des concertations autour du processus électoral ou dialogue politique national. Comme dans une sorte de pied de nez à l’opposition, le chef de file de la majorité et chef de l’Etat a adressé de vives félicitations en plein Conseil des ministres (avant-hier mercredi) au ministre de l’intérieur et tombeur du libéral Habib Sy, à Linguère. Les alliés de la mouvance présidentielle comme l’Apr (parti au pouvoir) n’ont pas manqué, eux aussi, d’apporter leur pierre à l’édifice Aly Ngouille Ndiaye. Du Parti socialiste avec Abdoulaye Wilane à l’Alliance des forces de progrès de Moustapha Niasse (voir par ailleurs), le ministre de l’intérieur a reçu son lot de soutiens inconditionnels pour ses qualités de « républicain compétent» à même de diligenter des élections transparentes et régulières, voire de garantir la sincérité du scrutin.Comme on le constate ainsi, la polémique autour de l’organisation de l’élection présidentielle avec un ministre de l’Intérieur appartenant au pouvoir en place n’a pas encore été vidée au Sénégal. Preuve que le manque de confiance entre pouvoir et opposition, ou selon le manque de confiance en la solidité de nos institutions, n’a pas fini d’émoustiller la classe politique. Pour rappel toutefois, et à la décharge de l’opposition, les deux seules alternances politiques à la tête de l’Etat (2000 et 2012) ont été pilotées par deux «Monsieur Elections» indépendants. En l’occurrence, le Général Lamine Cissé, ministre de l’intérieur en 2000, et l’Inspecteur d’Etat Cheikh Guèye, ministre en charge des élections en 2012. Avec Sud

Corruption au Sénégal : vulgarisée par le « guichet automatique de banque » qu’était le Président Wade ?

 « Un patrimoine culturel »L’Ofnac (Office Nationale de lutte contre la Corruption) a publié le 24 mai 2016 son « Rapport 2014-2015 ». Il en ressort que l’administration publique reste le lieu le plus fertile des transactions illégales dont les services les plus touchés sont la santé (détournement des malades vers les structures privées), l’éducation (établissement de faux bulletins de notes), les transports terrestres (corruption, concussion), les collectivités locales, les marchés publics.Déclarant, par la voix de sa présidente, Mme Nafi Ngom Keïta, avoir reçu 320 plaintes depuis sa création en août 2014, l’Ofnac explique que 65% d’entre elles – sur les 134 jugées recevables – proviennent de la région de Dakar. Les plaintes contre l’administration qui sont au nombre de 133 frappent les esprits. Des services de l’Etat en l’occurrence le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) de l’Université Cheaikh A. Diop épinglé pour faux et usage de faux portant sur 454 millions de Fcfa et la Poste pour le même délit concernant les fournitures de bureau et l’utilisation de faux bons de commande par son magasinier.Tout cela étant dû, si l’on en croit le rapport, à la lourdeur des procédures administratives, l’insuffisance des informations mises à la disposition des citoyens, les lenteurs dans la délivrance du secteur public, la faiblesse de la tenue de comptabilité et l’insuffisance du contrôle exercé sur l’administration. La structure annonce par ailleurs l’ouverture d’une enquête sur les dossiers « Lamine Diack » et « Pétro Tim » et cherche aussi à en savoir plus sur le financement des partis politiques (ils sont plus de 200 au Sénégal) et la gestion des ressources naturelles.Cette publication intervient au moment où la polémique se met en place sur l’incivisme fiscal des membres de l’Assemblée Nationale. En effet, il est reproché à l’hémicycle de ne pas s’acquitter de ses obligations fiscales.La corruption a fait perdre au Sénégal, entre 2007 et 2011, la somme de 380 milliards de Fcfa, d’après une étude menée en 2014 par le Professeur Ablaye Seck, agrégé d’économie, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop. Et « 30 fois le volume global de l’aide au Développement » aux pays africains, selon le Forum Civil qui se bat pour la bonne gouvernance. De quoi avoir une idée des conséquences désastreuses qu’entraîne ce mal dans la marche de l’économie de ce pays de l’Afrique de l’Ouest où plus de 60% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. De même, on estime chaque année à 62.000 le nombre de personnes qui rejoignent les rangs des pauvres consécutivement à ce phénomène de mal gouvernance.Interrogé sur ce phénomène des plus inquiétants, Mody Niang, un inspecteur de l’enseignement à la retraite, très regardant sur les agissements de la société et du pouvoir, considéré comme un lanceur d’alerte, ayant produit plusieurs ouvrages sur la bonne gouvernance, estime que cette corruption est « pratiquée et entretenue au niveau le plus élevé de l’Etat » qui ne met en place ces institutions que sont l’Ofnac et autres que dans le souci d’ « être en accord avec l’Uemoa et la Cedeao ».Pour lui, « les gouvernants doivent donner l’exemple par leurs comportements vertueux, traquer les délinquants et les sanctionner sévèrement ». Une attitude de justice loin de s’ériger en règle, surtout lorsque le président de la République Macky Sall, cité par M. Niang, déclare « publiquement » qu’il « met le coude sur les dossiers compromettants ».Me Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH), estime, pour sa part, que la corruption au Sénégal qui va du petit agent prestataire de service public – police, tribunaux, cadastre n’étant pas non plus épargnés – aux politiques en passant par les hommes d’affaires, « a souvent des soubassements politiques » ; d’où les marchés de gré à gré ou des fractionnements de marché avec tous les conflits d’intérêts que cela entraîne. « Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne révèle une affaire de nébulosité, une affaire d’opacité. Même si on ne peut pas parler de corruption en tant que telle, les règles procédurales ou de comptabilité publique ne sont jamais respectée », explique l’avocat qui pense que « tant que le procureur sera sous le joug du pouvoir exécutif » et que le président de la République qui reçoit les rapports publiés ostentatoirement, ne soit pas animé d’une réelle volonté de punir sévèrement les cas de prévarication des deniers publics, de corruption, il sera très difficile de combattre ce fléau qui « gangrène la vie publique sénégalaise de 2000 à nos jours ». Une difficulté qui ramène sur la table la question de l’indépendance de la justice.  Un espoir demeure quand même avec le renforcement des pouvoirs de l’Ofnac qui a aujourd’hui les moyens juridiques de saisir le Procureur de la République.Un vieux artiste-peintre, Tita Mbaye, rencontré lors d’un vernissage d’une exposition dans le cadre de la Biennale de l’art contemporain africain – qui avait lieu du 03 au 02 mai 2016 -, laisse entendre que le terme corruption « est rabâché dans tous les sens ». « La mondialisation a étranglé les valeurs et les identités. La conséquence est que les gens sont devenus machiavéliques : peu importe la manière, l’essentiel est d’être riche », déclare-t-il. Finalement, « la corruption, comme le croit la conscience populaire, est devenue un patrimoine national », ironise-t-il. Histoire de conforter dans leur position ceux qui croient fortement que ce phénomène est foncièrement lié à nos réalités socio-culturelles. Ou pour parler simple, au mode de fonctionnement de la société contemporaine sénégalaise.Outre les initiatives initiées par le gouvernement pour lutter efficacement contre la corruption, des Ongs et organismes internationaux ne sont pas en reste ; elles organisent, entre autres, des rencontres de sensibilisation surtout dans le but d’amener les populations à adhérer pleinement à cette lutte. Parmi elles, on peut citer l’Usaid, le Forum Civil. Insistance a été faite sur la législation, la culture de la sanction, le changement de mentalités devant conduire à l’intégration de valeurs que sont l’intégrité, l’honnêteté, l’objectivité, le sens des responsabilités, etc.Le cocasse dans l’affaire de la corruption au Sénégal, c’est cette appellation populaire assimilant le président Wade, il y a quelques années de cela, au « guichet automatique du palais ». Les largesses de l’homme émerveilleront tellement un vieux retraité qu’il confia à son fils que chez le président, il y avait certainement une fabrique de billets de banque.Bassirou Niang© Tract.sn 2018. Publié pour la 1ère fois in Notre Afrik.