Éloge funèbre pour Abdoulaye Wade

Alors que la clameur de la vindicte peu à peu s’élève et grossit, qu’à l’humiliation de la défaite s’ajoute l’ironie ravageuse des moqueries et des pitiés assassines, Abdoulaye Wade goute ce soir l’amère réclusion des destins meurtris. Dans un dernier souffle de grandeur, celle-là qu’au cours d’une décennie entière pourtant, il  aura mise au supplice, il a appelé son adversaire victorieux pour le féliciter ;  préservant ainsi les derniers morceaux de notre démocratie.  Au moment où son œuvre démocratique, tant gangrenée, tant bafouée de  son propre fait de surcroît, tient malgré  des derniers jours houleux pour offrir une belle expression de fin, lui,  vit seul, reclus dans la magnificence douloureuse de son palais, dans la communion esseulée d’une famille endeuillée d’honneur et exclue des liesses du peuple.Héros à la fleur de l’âge pour les engagements précoces, noble et sage avec la maturité dans des batailles qui fleurissent paradoxalement aujourd’hui, l’histoire , la cruelle histoire, s’attardera hélas sur une postérité entachée de faiblesse, une faiblesse humaine.Je veux mes chers compatriotes, peuple grand quand les circonstances l’exigent, que ce grand moment que nous vivons soit étoffé par notre magnanimité commune. Il ne sied plus, pour les vertus d’élégances et de courtoisie, sans lesquelles aucune démocratie ne s’ancre dans la pérennité, que le vaincu le soit sans acharnement comme toutes les rumeurs collectives semblent prêtes à faire.Il ne s’agit pas de blanchir un Homme. Ses fautes suffisent à l’accabler et à couvrir sa postérité du tissu maléfique des fautes impardonnables. Mais la singularité de notre nature humaine, admet le halo sombre, les tentations obscures ; c’est au final la condition même de l’homme que d’être ainsi constamment tiraillé par des mobiles ténébreux. Il serait simpliste voire laxiste de tout passer par invocation de cette décharge, il serait tout aussi bas et inconvenant de cracher dans un cercueil politique.Dans cet Homme aux grandeurs hélas souillées, dans ce guide que nous avons eu, dans ce Macky Sall qui avait dopé notre espoir en 2000, porté notre fureur contre les rigidités des années de glace socialistes ;  dans ce crâne majestueux auquel nous avions confié le sabre de notre lutte, dans la folie des grandeurs de cet homme qui plaça notre petit pays sur un piédestal par son dynamisme ;  dans l’émission d’idée et de projet qui péchèrent de retard autant qu’ils scintillèrent de brio, dans la nature même physique de cet homme qui offre les plus belles formes de résistance physique, d’opiniâtreté, de ténacité, de vivacité, dans la somme de toutes ses vertus, nous ne devons, nous ne pouvons, condamner cet homme irréversiblement , tout balayer et jeter le bébé avec l’eau du bain. La grandeur d’âme  à laquelle nous sommes tenus à l’issue de nos liesses et de nos auto-gratifications, nous le commande, nous en conjure.Ce qui conduit des Hommes politiques, à se soustraire des égoïsmes quotidiens de l’existence, à soumettre leurs âmes nues aux versatilités de l’opinion, est complexe à cerner et de fait, grandiose. A ces gens qui se nient et s’oublient, on doit de la courtoisie. La raison qui poussent ses hommes ordinaires dans sphères où ils ne le sont plus, est autant inexplicable que noble. Nous devons du respect à défaut d’admiration aux hérauts et aux bouches du peuple.Nous avons, dans une attitude machinale que notre posture de profane nous fait adopter, le loisir de juger et de condamner, de commenter et d’encenser, des Hommes aux prises avec des fonctions délicates et des sujets sensibles. L’hommage qu’on peut leur rendre quelque soit la profondeur des abîmes qu’ils ont creusés, c’est de leur redonner leur costume d’homme banal, sujet aux faillites et aux échecs.Je ne veux pas que la République, la grande royale qui veille à nos destinées, soit abonnée à toujours destituer dans le fracas et le retentissement, ceux qu’elle avait pourtant encensés et promus. Notre deuxième président Abdou Diouf, mis au placard en plein règne, désavoué et vaincu par l’exaspération nationale, a été gracié par la postérité et vanté comme modèle de probité. Un grand héros de la magnanimité en somme. Les peuples ont les mémoires ponctuelles, le souffle immédiat, le souvenir aussi rétrospectif que la longueur de leur cri de joies et de douleurs ; et au milieu de ce torrent, des hommes, assumant les charge au milieu de la furia, tanguent, tombent, meurent ;  il sied à mon goût qu’on ne haïsse pas les gens au-delà de la mort. Ça a le goût d’une petitesse d’âme qui ne cadre pas avec les belles conquêtes démocratiques que nous savourons aujourd’hui.Le vieux ne s’était pas suffisamment assagi. A ses grandes œuvres palpables pour les édificateurs de bilan justes et lucides, il avait adjoint les grandes détresses des flores déracinées qui tombent. Tout dans le dernier semestre politique suggérait ce chaos de fin,  cette défaite aux allures pathétiques, isolant un Homme, pire sa famille, dans la retraite aux majestés vaines d’où elle mâchera la vie avec la plus collantes des souillures, la honte jusqu’au pied de la tombe. Le chemin n’est plus long hélas.La nature le vainc. Le suffrage l’accable. Les songes et les pensées l’ensevelissent. La honte le ravage. La solitude, non son enfant renié, l’esseulement, l’achève et un destin d’Homme, s’abat dans le noir silence bruyant de la déception.Pour ma part, je voudrais, un temps, me dissocier de la fureur collective, des joies gauches quoique nobles, des mots hostile qui percent comme un dépeçoir la  douceur d’un cœur. Je veux saluer l’entité humaine qui vit en cet homme. Il n’aura pas enjambé d’un entêtement final, le pas de non retour. Le coup de fil précoce à son adversaire, sentiment qu’il dut avoir dès le premier tour et bien avant, maintient la flamme de sa vie et de sa grandeur. Son regard que je me refuserais de voir, où des douleurs doivent baigner dans le lit des larmes, dans l’ensemble cadavéreuse de sa figure affecté déjà par le temps, est un portrait de fin. Plus éloquent que mille mots savants. Dans les introspections pour une fois lucides où il verra l’inconséquence de ses soutiens courtisans jusqu’au-boutistes, dans ses voix intéressées qui l’invitaient au malheur, il verra la mesure de l’abcès. Du formidable architecte, bâtisseur de la démocratie au destructeur fou, il y a une trajectoire riche qui s’ouvre vers des perspectives qu’aucun verdict ne peut trancher.Il s’en va. Comme des voix proches qui s’éloignent dans le voile de la nuit noire avec des échos insoutenables. Gardez votre pitié, chers compatriotes – le plus horrible des sentiments humains c’est la pitié – domptez l’hostilité que vous lui portez, et sans excès, sans complaisance, jugez sa douzaine au trône. Il en jaillira sans nul doute, des perles.Il est question de grandeur et de décadence, qui se sent légitime pour trancher ?Que la vie vous soit légère Monsieur.Elgas ©Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn(publié pour la 1èe fois le 26 mars 2012)

Air Sénégal ne démarrera ses vols commerciaux qu’en juin et non en avril

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Les vols commerciaux d’Air Sénégal ne débuteront pas «avant avril» comme promis par le directeur général de la compagnie, Philippe Bohn, sur le plateau du Grand jury (Rfm). L’échéance, c’est maintenant juin-juillet. La compagnie ne dispose pas encore du Permis d’exploitation aérienne (Pea).

La demande pour l’obtention dudit document a été introduite au mois d’octobre 2017. Et qu’il faut attendre 8 à 10 mois avant d’obtenir le permis.Selon des sources à l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), des erreurs ont été relevées dans le dossier d’Air Sénégal. Des «corrections ont été faites», et «présentement, (le dossier) est en bonne voie».Le processus d’obtention du Pea se déroule en plusieurs phases. Pour Air Sénégal,  l’Anacim est à la phase 3. L’Agence devrait bientôt se consacrer à la phase 4, qui est celle de l’inspection des avions de la compagnie, deux ATR (Avions de transport régional) acquis chez Airbus.Dans cette perspective, l’Anacim a sollicité des inspecteurs de la Direction générale de l’Armée (Dga) française. Le Sénégal ne disposant pas d’agents qualifiés pour inspecter des ATR qui sont une nouveauté dans le secteur du transport aérien sénégalais.
 

Comment Idrissa Seck cherche à mettre la pression sur Macky

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La guerre de communication larvée entre l’ancien premier Ministre et Macky Sall prend, ces derniers temps une ampleur inattendue des deux côtés. La grande question, des semaines passées, était la stratégie du régime de n’envoyer que des «seconds couteaux » pour ébranler l’édile de Thiès qui semble, de plus en plus, prendre goût à ce duel «Idy- Macky» désormais politiquement installé. D’ailleurs, aussi bien les sorties de Mame Mbaye Niang qui voulait ressusciter la stratégie du «caniveau» ayant même inspiré, un bref instant de «buzz», Talla Sylla, semblait relever d’un «disque rayé qui ne faisait plus vraiment recette, tellement la donne a changé», analyse ce politologue.  

Mais, l’entrée en scène du Premier Ministre, connu jusqu’ici pour sa réserve, a dû intriguer plus d’un sauf qu’elle risque de rendre plus accessible le cœur du régime et réduire les «divisions» pour le challenger si l’on se réfère à la métaphore sportive d’un Mimi qui cherche à se donner de la voix, profitant de circonstances qui pourraient la sortir de « l’oubli politique au sein de sa propre famille », selon la sévère expression d’un confrère de la place. On pourrait, cependant, se demander si la bataille politico-médiatique, avait atteint une situation poussant à la stratégie de la «terre brûlée» au point de devenir la priorité du régime devant même la «communication par le bilan» encore empêtrée dans les difficultés du front social en ébullition.

«Mais, dans l’art de la guerre, le déplacement ou la multiplication des fronts peut distraire l’adversaire le plus coriace et le plus acharné», rappelle un analyste politique,  surtout que, rappelle t-il «la grogne sociale avec la crise de l’enseignement semble mettre quelques grains de sable dans la machine de communication présidentielle» qui ferait d’ailleurs appel à un «sorcier blanc», réputé communicant «sans frontières », nommé ….Khouchner.

C’est que, d’après des sources très proches du Président de Rewmi, Idrissa Seck travaillerait sur un autre front avec un autre dossier qu’il semble vouloir porter: la libération de Khalifa Sall pour laquelle, certains disent qu’il veut «accentuer la pression sur Macky Sall». Dans un cercle privé, il aurait même laissé passer que «Macky Sall devrait cesser de se servir de la justice pour emprisonner ou déporter des adversaires politiques». Double clignotant d’un Idy cherchant à rassurer, vers Doha et Rebeuss ? Comprendra qui cherchera à comprendre.

«L’internationalisation du combat pour la libération de Khalifa semble le hanter au point qu’on se demande si un autre canal de communication entre les deux aurait été trouvé au-delà de l’indiscret parloir de Rebeuss qui lui est même souvent interdit faute de permis», affirme cet autre membre du parti Rewmi sous le sceau de l’anonymat.

Pour ce même proche collaborateur, «depuis quelques jours, l’organisation de l’agenda de Idy ne tourne qu’autour du 30 mars ; il y travaille et multiplie les schémas dont l’internationalisation de cette bataille en plus de la pression politique qu’il essaye d’imposer à Macky se saisissant de la grogne qu’il dit entendre lors de ses tournées à l’intérieur ».

En tout cas, la couleur semble annoncée pour les jours à venir au moment où, à la veille d’un délibéré qui sera historique et d’un enjeu de taille pour la reconfiguration de l’espace politique sénégalais en direction de 2012, un calme presque plat semble interroger les observateurs pour le moins circonspects.

Est-ce le même calme qui, généralement, précède les tempêtes politiques surtout si tout doit d’abord passer par la «case» justice ? Que prépare vraiment l’opposition qui semblerait ficeler une stratégie dont les agissements d’Idrissa Seck de ces derniers jours donnent un discret aperçu ? Ou bien, Idrissa Seck veut-il s’adonner à la stratégie combinant bataille politique intérieure et pressions internationales autour d’un «combat de principe pour la justice» ? Les prochains jours, peut-être, nous édifieront. 

Avec Gfm

Installation du nouveau premier président de la Cour des comptes, le 12 mars

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Le nouveau premier président de la Cour des comptes du Sénégal sera installé lundi 12 mars, à partir de 10 heures, annonce un communiqué .
Cette cérémonie solennelle se déroulera à la salle d’audience de la Cour suprême (ex musée dynamique, Soumbédioune), précise le communiqué.

6e édition de la Journée nationale genre et formation professionnelle, le 9 mars

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La 6e édition de la Journée nationale genre et formation professionnelle, technique et artisanale se tient le vendredi 9 mars, à Fatick, annonce un communiqué.La cérémonie sera présidée par le ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, précise le communiqué.
Il ajoute que cette initiative vise à faire de la Formation professionnelle technique et artisanale (FPTA), ’’un instrument au service de la promotion du genre ».

Les Africains invités à utiliser les « 400 mille milliards de fonds dormants » pour réaliser des infrastructures

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La représentante de la Commission Economique pour l’Afrique des Nations Unies (ECA), Donna Sims Wilson a appelé, samedi, à Dakar, les pays africains à utiliser les « 400 milles milliards de fonds dormants représentant l’épargne africaine » pour réaliser des infrastructures.
« En Afrique, nous avons à peu près, 400 mille milliards de fonds dormants qui représentent de l’épargne africaine que nous pouvons utiliser pour faire de l’infrastructure, pour créer de l’emploi évidemment pour les jeunes africains », a-t-elle plaidé.
Mme Wilson intervenait lors de l’ouverture de la conférence sur les infrastructures, organisée par l’Association des investisseurs Américains (MIDA), en collaboration avec la commission Economique pour l’Afrique des Nations Unies (ECA).
Cette rencontre de deux jours réunit entre autres les représentants de l’Afrique du Sud, du Nigéria, du Ghana, du Gabon et du Kenya et le chef de la société nationale de pensions et des assureurs américains, une association qui représente à peu près 137 milles milliards de dollars en fonds d’investissements.
« Donc, 137 mille milliards de dollars de potentiel d’investissement sur le continent », a souligné Donna Sims Wilson, précisant que l’objectif de cette rencontre historique est de voir « comment mobiliser les fonds de pensions américains avec les fonds de pensions africains ».
Revenant sur le choix porté sur le Sénégal pour abriter cette rencontre, la représentante du ECA a soutenu que c’est parce que le Sénégal est un modèle pour avoir effectué des pas importants en termes de réalisations d’infrastructures.
« La délégation a visité [ce vendredi] le nouveau aéroport de Diamniadio, le nouveau central électrique, le port de Dakar et nous voyons déjà toute l’infrastructure qui est réalisée. Nous avons au Sénégal un contrat et une forme d’investissement public privé qui est déjà bien acquis », a expliqué Donna Sims Wilson.
Selon elle, les nouvelles technologies et le E-commerce, combinés à l’augmentation prochaine de l’échange intercontinental qui va passer de 17% à 25% avec la signature prochaine de la zone de libre-échange africaine, vont augmenter besoins et améliorations des infrastructures.
« Et en fédérant les financements étrangers avec les investissements locaux, nous espérons après ces deux journées, voir quel est le cadre réglementaire qu’il faut mettre en place pour que nous puissions davantage fédérer d’autre investisseurs étrangers », a-t-elle conclu.
 

Kémi Séba arrêté à Conakry et renvoyé vers Cotonou

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Dans le cadre de sa tournée politique « le pouvoir au peuple » aux cotés de toutes les forces vives de la société civile guinéenne, l’autoproclamé panafricaniste Stellio Capo Chichi était attendu  à Conakry. Kémi Séba y a été arrêté, révèle-t-on sur sa page Facebook.« Nous apprenons par nos équipes sur place qu’une unité militaire est montée à bord du vol empêchant Kémi Séba de quitter l’avion et de rejoindre le peuple guinéen venue en masse pour l’accueillir », y note-t-on.Bloqué à l’aéroport de  Conakry, Kemi Séba est remis dans  un appareil d’Air Côte d’Ivoire qui l’a transporté à Conakry, puis éconduit vers Cotonou son pays d’origine.Nogaye Babel Sow, la porte-parole internationale de l’ONG Urgences panafricanistes (UP), a  expliqué que le président Alpha Condé et les autres dirigeants africains, qui sont dans une logique de soumission,  « se sentent menacés » par l’activisme de Urgences panafricanistes que  dirige Kemi Séba. Ce qui expliquerait selon elle cette décision.Mais officiellement, le gouvernement guinéen n’a pas communiqué sur les raisons du refus  de laisser Kemi Seba  descendre à Conakry et rencontrer la jeunesse de Guinée qui l’attendait, d’après  la porte-parole internationale de  UP.

Près de 800 enfants accompagnés par le projet Jokkokids

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Le projet Jokkokids, impulsé par le programme Jokkolabs, un espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, a accompagné près de 800 enfants. Le but, stimuler leur créativité avec le numérique.Le développement du numérique s’est amorcé et annonce de nouveaux défis. Au Sénégal, 21,7 % de la population ont accès à Internet. Ce sont des enjeux importants pour la diffusion du numérique autour de la problématique : comment prétendre à l’égalité des usages et la maîtrise des outils ?Pour l’espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, Jokkolabs, les nouvelles technologies ouvrent de nouvelles voies et les enseignants constituent ainsi la pierre angulaire d’une éducation renouvelée et adaptée. Jokkokids propose d’y associer la qualité des animations périscolaires en fédérant des animateurs, clés de voûte du continuum à opérer entre l’école et « dehors », et entre les outils numériques et les apprentissages, pour accompagner les enfants d’aujourd’hui à devenir des adultes accomplis.Après deux années de fonctionnement, le projet Jokkokids, sous l’impulsion du programme Jokkolabs, a accompagné près de 800 enfants. Initié en 2016, avec le soutien de la Fondation Osiwa, Jokkokids est un projet pluridisciplinaire open-source et un réseau d’innovateurs, animateurs et organisations qui développent des opportunités éducatives afin de stimuler la créativité des enfants par l’usage des technologies, en lien avec l’expression de soi, au sein d’une démarche inclusive. Après cette phase expérimentale, l’idée de ce programme, a expliqué Fatoumata Niang Niox, directrice exécutive de Jokkolabs Sénégal, c’est de préparer les compétences des enfants pour le futur. Pour cela, elle a fait savoir, au cours d’une conférence de presse, samedi : « Nous sommes allés sur trois champs d’action : le numérique qui est une valeur sûre de nos jours, le développement de l’expression de soi et les potentiels en termes de fabrication ». Ces trois champs, par leur transversalité, ont été mis ensemble pour faire Jokkokids. Une fois le programme en marche, « nous avons mis en place des Kidslabs qui sont des espaces pour accueillir des enfants de 6 à 12 ans pour les préparer aux métiers du numérique », a détaillé M. Niox, relevant que beaucoup de séances de programmation simple pour les enfants ont été faites. S’y ajoutent des sessions sur la fabrication avec du matériel recyclé à utiliser pour en faire un micro, une voiture ou un petit hélicoptère. Autre volet du projet, le développement de l’expression de soi qui passe par la danse, l’écriture. « On s’est beaucoup focalisé sur l’écriture parce que les ateliers créatifs sont importants, car stimulant toute la créativité de l’enfant », a souligné Fatou Niang Niox. En règle générale, ces Kidslabs reçoivent les enfants pendant les week-ends ou les vacances scolaires. Un aspect du projet sur lequel la directrice exécutive a insisté, c’est celui du volet social qu’elle a jugé « très important avec l’implication des enfants vulnérables ».Au-delà du Kidslabs, le projet a développé beaucoup d’activités nomades, notamment au Samu social, à l’Institut français de Dakar où des enfants de la rue ont été invités grâce au partenariat avec l’association « Help the street children ».Le projet Jokkokids, c’est aussi des interventions dans les régions comme Kaolack et Ziguinchor.Après deux années d’expérimentation, Jokkolabs Sénégal entend pérenniser Jokkokids en l’intégrant dans le système éducatif national.

Momar Nguer, Dg Marketing et services de Total, exhorte à « arrêter de fantasmer sur les contrats pétroliers qui sont extrêmement transparents »

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Le Directeur général de la branche marketing et services de la compagnie Total a été clair. Il a expliqué, hier, en conférence de presse, que les contrats pétroliers signés avec le Sénégal sont d’une extrême transparence.La compagnie française Total n’a rien à cacher des contrats pétroliers signés avec le Sénégal, le 2 mai 2017, a déclaré, hier, le Directeur général de la branche marketing et services de l’entreprise, Momar Nguer. « Total est une compagnie qui est extrêmement transparente et qui est au Sénégal depuis 70 ans. Si nous n’étions pas transparents, nous ne serions pas encore dans le pays 70 ans après notre arrivée », a-t-il soutenu, lors d’une conférence de presse au Musée Théodore Monod où l’entreprise française célèbre ses 70 ans de présence au Sénégal, à travers une exposition de photos d’archives. « Il y a des contrats qui ont été signés et c’est curieux parce que nous ne sommes pas les seuls à signer des contrats et j’entends beaucoup de bruits autour de ces contrats alors que les choses sont extrêmement claires du côté de Total et de celui de l’État sénégalais », a ajouté Momar Nguer qui souligne que la compagnie pétrolière travaille dans plus de 100 pays dans la transparence. « Nous faisons toujours les choses dans la transparence et nous n’avons rien à cacher des contrats que nous avons signé au Sénégal », a insisté le Directeur général de la branche marketing et services de Total.Il a rappelé que Total qui est une des 4 premières compagnies au monde est la première à avoir recherché du pétrole au Sénégal pour avoir démarré ses prospections à la fin des années 50 et au début des années 60 en Casamance. Ne comprenant pas la polémique qui entoure l’octroi des blocs Rufisque Offshore à la compagnie française, Momar Nguer estime que les contrats signés intéressent également d’autres personnes. « Il faut qu’on arrête de fantasmer sur ces contrats ; ce sont des contrats extrêmement transparents, regardés par des tas de gens dans le monde. Il n’y a aucun mystère là-dessus », a-t-il insisté, affirmant que Total prend tous les risques. « Nous avons signé au Sénégal pour faire de la recherche en dépensant des dizaines et des dizaines de milliards de FCfa pour chercher du pétrole et si l’on trouve, on va partager et la part qui revient à l’État est plus importante alors que c’est la compagnie qui a pris tous les risques », a-t-il expliqué. Et c’est cette transparence qui explique la présence de Total dans plus de 100 pays, soutenant que les contrats pétroliers sont négociés dans le monde suivant ce schéma que ce soit aux États-Unis, au Moyen orient, en Afrique ou en Europe.Le Directeur général de la branche marketing et services de Total dit qu’il ne « travaillerait jamais pour une compagnie qui exploite les Sénégalais », soulignant que Total Sénégal a ouvert son actionnariat aux Sénégalais qui détiennent 30 % du capital.Interpellé sur une probable surestimation des découvertes de pétrole et de gaz au Sénégal, Momar Nguer a déclaré que celles-ci sont importantes. « Des découvertes significatives ont été faites au Sénégal et à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie ; ce n’est pas surestimé parce que nous ne sommes pas dans l’imaginaire et l’activité d’exploration continue », a-t-il ajouté.Le directeur général de Total exploration et production Sénégal, Eric Bonnin, a indiqué que quatre bateaux sont en mer notamment à 100 kilomètres des côtes pour l’exploration. Elle a été précédée par un travail de sensibilisation et d’information des pêcheurs. « 104 sites de communautés de pêcheurs sont visités pour une sensibilisation sur le travail fait et les perturbations engendrées par les opérations sismiques qui ont débuté en janvier se poursuivront jusqu’à l’été prochain », a-t-il indiqué.

4ème édition du FASO : Mboumba, carrefour urbain et traditionnel du Festival à Sahel ouvert

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La 4ème édition du Festival à Sahel (Faso) ouvert a vécu. Mboumba (Podor), localité située à 580 km de Dakar, a abrité, du 23 au 25 février, l’évènement qui a mis l’accent, cette année, sur la rencontre des cultures urbaines et traditionnelles. Avec une affiche alléchante mettant en avant des artistes comme l’Angolais Bonga, les Sénégalais Omar Pène et Carlou D, le Camerounais Félix Sabal Leeco ou encore le danseur amazonien Tamangoh, Mboumba est devenu, le temps d’un weekend, le carrefour de la diversité culturelle africaine.Isolé aux confins du Sénégal, Mboumba s’est ouvert au mondele 24 février dernier. Cette localité qui, de coutume, offre calme et sérénité à ceux qui veulent guérir de l’inlassable et incurable agitation des villes s’est plongée dans une ambiance inhabituelle. Après les couacs techniques qui ont perturbé, la veille, les programmations artistiques, la 4ème édition du Festival à Sahel ouvert (Faso) a débuté dans cette petite commune du département de Podor.  Le podium, monté sur une vaste  étendue  sablonneuse, à quelques mètres des rives du bras du fleuve Sénégal, pour les  besoins des concerts et spectacles en plein air, est pris d’assaut par des centaines de festivaliers. Certains ont traversé le bras du fleuve via des pirogues, d’autres sont venus  des villages environnants à bord de charrettes pour répondre, dans la ferveur et la joie, à l’appel de la culture.A l’initiative de l’Association d’utilité publique Globe, ce festival est né de la « volonté d’artistes sénégalais et français de rendre la culture plus accessible aux populations du Fouta ». L’événement se veut ouvert sur l’Afrique avec une programmation représentant la diversité culturelle du continent. Pour cette 4ème édition, les festivaliers ont eu le bonheur de voir des icônes, à l’image du grand artiste angolais Bonga, le danseur Tamangoh ou encore le Camerounais Félix Sabal Leeco, considéré comme l’un des plus grands batteurs au monde, se produire sur scène. Côté sénégalais, Omar Pène, la tête d’affiche du festival, et Carlou D ont assuré leur show.Monté en premier sur scène, à 23 heures, Carlou D a fait parler son talent. L’artiste, muni de sa guitare, a débuté son spectacle avec de l’acoustique. Et pour accrocher un public majoritairement jeune, il n’y avait pas autre  chose de mieux qu’un chant d’amour aux relents poétiques. Avec quelques mots en pulaar, appris pour la circonstance, le « Baye Fall » de la musique sénégalaise a su conquérir, au bout seulement de quelques minutes, le cœur des festivaliers en chantant dans la langue du terroir.  Son énergie débordante et sa désinvolture sur scène ont aidé à donner, par la suite, une dimension exceptionnelle à son spectacle. Carlou D, qui a enchainé les morceaux « Mbeuguel », « Baye Fall », « Dembaniew »…, a bénéficié d’une belle complicité du public. Un accord rare qu’il a d’ailleurs apprécié. «Je suis super impressionné. Malgré la distance, je me sens comme à Dakar. Le public a participé au show… », a-t-il déclaré à la fin de sa prestation.DUO CARLOU D / FÉLIX SABAL LECCO L’artiste dont les musiciens étaient repartis à Dakar du fait des aléas techniques à l’origine du changement de sa programmation la veille a dû compter sur le talent du compositeur et batteur franco-camerounais Félix Sabal Lecco.  Un duo de rêve qui a ravi plus d’un. Les deux artistes qui venaient de se rencontrer pour la première fois sur scène n’ont même pas eu besoin de répétition. « Carlou D est un grand artiste, un leader. Il peut donc jouer avec n’importe qui », a souligné Félix Sabal Lecco qui a collaboré avec de grands noms de l’univers musical à l’image deYoussou Ndour, Salif Keïta, Manu Dibango, Prince. Ce batteur qui se plait dans le style afro-caribéen, du fait de ses origines camerounaises, mais aussi du jazz, du rock et de la pop est l’un des grandes stars du festival. Impressionné par la chaleur et la bienveillance des populations, il profite de l’événement pour travailler avec un groupe de musiciens de Mboumba.L’édition 2018 du Faso met en avant la rencontre des cultures urbaines et traditionnelles. Le festival « sollicite les artistes les plus prestigieux et les plus militants ».  Parmi ceux qui ont répondu présents à ce rendez-vous culturel international, figure le danseur, musicien et peintre amazonien Tamangoh.  Ce dernier a, dans son show, lancé un message futuriste aux enfants du monde.  Son spectaclede claquettes transforme « la danse en musique avec une fluidité stupéfiante et un sens aigu de l’instant ». Basé sur de l’improvisation avec des objets musicaux allant de la flûte aux percussions, le dialogue offert par Tamangoh allie dextérité et entrain pour le plus grand bonheur du public.Par Ibrahima BA, envoyé spécialLE FASO, UN MODÈLE ÉCONOMIQUE À DUPLIQUER Mboumba 2Après quatre éditions, le Festival à Sahel ouvert a fini de s’enraciner dans les dunes de sable de Mboumba. La manifestation s’offre, aujourd’hui, comme un exemple demodèle économique à dupliquer un peu partout dans le Sénégal. Cela, dans l’intérêt de faire jouer à la culture un rôle déterminant dans le développement des terroirs. L’appropriation du Faso par les villageois, à travers le bénévolat, et l’implication des partenaires commencent déjà à porter ses fruits. Grâce au Faso, ce village situé aux confins du Sénégal est sorti de l’anonymat. Il s’ouvre désormais au monde en accueillant des stars internationales et des centaines de festivaliers lors de chaque édition. En mettant l’accent sur la formation et la mise en place d’infrastructures culturelles (podium, studio de formation, local technique, salle de répétition…), l’Association Globequi a initié le Faso pose les bases d’une véritable politique de l’industrie de la culture. Ainsi, en s’inscrivant dans une politique de décentralisation des actions culturelles, le festival participe à la promotion du tourisme local. Mboumba et ses populations affichent un certain élan de fierté culturelle faisant de leur terroir un terreau fertile du tourisme. Aujourd’hui, il n’est pas nécessaire de faire des études pour mesurer l’impact direct de cette manifestation sur le quotidien des villageois. Les initiateurs du Faso comptent travailler à « la valorisation ou réhabilitation des maisons d’accueil ». Le Festival à Sahel ouvert est l’un des rares événements culturels périodiques à ne pas bénéficier d’une subvention du ministère de la Culture. Pourtant, depuis 2010, le Faso œuvre sans cesse pour le développement économique et social de Mboumba via des activités autour de la préservation de l’environnement, la formation, des campagnes de sensibilisation contre certaines maladies, des consultations spécialisées…Par Ibrahima BA, envoyé spécialOMAR PÈNE COMME ON L’AIME En prenant part à la conférence de presse sur les préparatifs de laquatrième édition du Festival à Sahel ouvert, le 24 janvier, à Dakar, Omar Pène avait promis des surprises à la population de Mboumba. Une promesse à laquelle il a entièrement tenu au regard de la qualité de son passage sur scène le 24 février passé.Dans une nuit étoilée, où la fraicheur du soir se mélange à un petit vent soufflant le long de la rive du bras du fleuve, le leader du groupe Super Diamano a fait découvrir au public quelques-uns de ses chefs-d’œuvre. Quand il ouvrit le bal avec son titre mythique « Soweto », sorti en 1987 et qui lui avait valu beaucoup de succès à l’époque, il faisait 2 heures 20 minutes. Mais, en dépit de l’heure tardive, la fièvre monta d’un cran. Au milieu de la foule en délire, des groupes de danse se formèrent çà et là et des amas de poussière s’envolèrent au-dessus du podium. Entre afro-feeling et mbalaxbien rythmé, Omar Pène a enchainé les morceaux dans une ambiance digne des grands soirs. Les fans n’ont pas vu le temps passé.Pendant près de deux tours d’horloge, il a enchanté la foule qui en demandait encore. Son dernier morceau,« Afsud », chanté à la gloire de ses fans, a clôturé ce beau spectacle sous le ciel lamineux de Mboumba.I. BABONGA OFFRE UN VOYAGE MUSICAL INÉDIT Mboumba BongaPrésent au Sénégal dans le cadre de la 4ème édition du Festival à Sahel ouvert (Faso), l’artiste angolais Bonga, acteur majeur de la scène africaine, a livré,le 24 février, un grand concert à Mboumba. Avec sa voix cassée et avenante, il a offert une ballade musicale inédite aux accents angolais.Il était, sans doute, la principale attraction de cette 4ème édition du Festival à Sahel ouvert. Bonga, qui porte le poids de ses 75 ans, a quitté Lisbonne pour Dakar.Mieux, il a ensuite fait près 600 km en vue de donner un concert aux confins de la capitale sénégalaise. Mais, ceci n’est que le reflet de l’intérieur de cet artiste au parcours fascinant et exceptionnel et quiallie humanisme, liberté et résistance. Samedi dernier, sur la scène jouxtant la rivière du village, le vieil homme semblait retrouver une seconde jeunesse. Sa voix éraillée avait surement réveillé les dieux du fleuve. Ce qui lui garantissait une force irréductible au fur et à mesure. La musique est un langage universel qui parle à tous les peuples. Le public de Mboumba et d’ailleurs, captivé par les premiers morceaux du chanteur, a été très vite conquis par cette variété musicale aux accents angolais. Bonga a puisé dans son passé tumultueux, dans ses fameux « Recados de fora » (messages d’ailleurs), pour entrainer la foule dans un voyage musical inédit et à travers plusieurs générations. Entre spleen et félicité, ses chansons ont drainé un flot d’émotions. L’artiste angolais a parcouru une partie de sa riche carrière aux 31 albums pour offrir une promenade musicale époustouflante. Pour ce faire, il n’a pas oublié des titres comme « Mona kingixica », « Kambuá», des chansons inscrites dans le temps de l’éternité et qui résisteront à l’infini. Les chants deBongacharrient fantaisie et allégresse sous l’effet des instruments comme la flute ou le dikanza. Toutefois, quand l’artiste angolais s’est mis au Semba (musique de son Angola natal), l’atmosphère devient du coup survoltée et la vaste étendue sablonneuse percée par le doux et éclatant reflet lunaire se transforme en une piste de danse.45 ans de carrière, 400 chansons Le chanteur qui n’a pas voulu se prêter au jeu de l’interview après son spectacle avait annoncé, lors de sa conférence de presse à Dakar, sa joie de participer à ce qui est en train d’être construit à Mboumba autour de la culture. Avec une carrière artistique pleine, cet Angolais a joué, à travers sa musique, un rôle fondamental dans la construction d’une identité africaine. « Je participe à cette œuvre immense qui est la rencontre des êtres humains réunis par les sons et les rythmes sans aucun préjugé », avait-t-il soutenu. José Adelino Barcelo de Carvalho à l’état civil, Bonga est né en 1942 à Kipir, ville située à une soixantaine de kilomètres de la capitale angolaise, Luanda. Figure emblématique de la lutte contre la colonisation, il fait partie des voix les plus engagées du continent. Bonga, c’est aussi un grand conservateur qui tient à ses racines africaines en général et angolaises en particulier. La clé de son succès, a-t-il avoué, c’est la tradition. «Après l’école, l’information que nous avons reçue dans la rue, à travers les vieux africains, a beaucoup contribué à notre éducation en un temps où l’Afrique n’était pas encore brimée par les modernités », a souligné Bonga. A propos du changement de son nom d’origine, le chanteur a dit ceci : «Quand j’ai commencé à faire de la musique, je me suis dit que mon nom d’origine n’a rien à voir avec le rythme et la musique que je fais. C’est ainsi que je me suis donné le nom de Bonga Kuenda ».Malgré plusieurs décennies à l’étranger, Bonga est plus que jamais lié à sa terre natale, à son « cordon ombilical ». Il a su garder cette forme de résistance, cette capacité de résilience face à la force de la modernité. Et c’est aussi ce qu’il cherche à mettre en évidence dans ces chansons. José Adelino Barcelo de Carvalho a toujours vécu avec la musique qu’il a fini de sublimer. Avec plus de « 400 chansons revendiquées », il est rentré dans l’histoire pour ne plus en sortir. Après 45 ans de carrière, l’ancien champion du 400 m du Portugal respire encore une fraîcheur divine. Sa musique est une fête et son spectacle une somme d’harmonie et gaieté. Même loin de son Angola natale, Bonga continue de faire de la musique « un outil de résistance politique et culturelle ». Il garde un œil sur la situation que traverse son pays et « amène partout avec lui les espoirs d’un Angola juste ».I. BAINFRASTRUCTURES CULTURELLES : LE THÉÂTRE DE VERDURE DE MBOUMBA INAUGURÉ En s’inscrivant dans un modèle de développement via la culture, le Faso compte miser sur les enjeux des collectivités. Pour répondre à la demande culturelle et de tenue de spectacles dans la région, un projet d’infrastructures culturelles a été initié par l’Association Globe. L’inauguration, au dernier jour du Festival à Sahel ouvert, du Théâtre de verdure de Mboumba, regroupant un podium et un fond de scène, est la concrétisation d’une vision à la fois réaliste et salutaire. En outre, le projet prévoit des loges, un studio de formation, un local technique et une salle de répétition.CARDIOLOGIE, DEPISTAGE DU DIABETE… : 430 PERSONNES CONSULTÉES La décentralisation de l’action de soin a été au cœur du Festival à Sahel ouvert de cette année. Pour soulager les populations de Mboumba et environs, la Chaine de l’espoir a fait venir des cardiologues et spécialistes des maladies cardio-vasculaires pour mener des consultationsgratuites au profit des habitants de la localité. Le poste de santé de la commune a été pris d’assaut durant les deux jours. Au total, 430 personnes ont été consultées, entre autres, en cardiologie et en dépistage du diabète.Pourtant, d’après la coordonnatrice de la Chaine de l’espoir au Sénégal, Laura Davenel, l’objectif au départ était fixé à 300 personnes. Les équipes médicales qui sont venues de Dakar et Saint-Louis ont apporté du matériel pour les besoins de l’électrocardiogramme et de l’échographie. Des séances de sensibilisations ont été aussi improvisées dans l’enceinte de la structure sanitaire.I. BAXAVIER SIMONIN, DIRECTEUR DU FASO : « NOTRE MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT CULTUREL PASSE PAR L’APPROPRIATION… » Simonin MboumbaAprès trois éditions, le Festival à Sahel ouvert a pris un cachet populaire du fait de l’engouement qu’il a suscité auprès des populations. L’événement a permis, d’après Xavier Simonin, directeur du Faso, de créer un modèle de développement décentralisé  grâce à l’action culturelle.La 4ème édition du Festival à Sahel ouvert a vécu. Quel bilan peut-on en tirer? Cette année, on a été confronté à d’énormesdifficultés. Mais, le village avec lequel on organise l’évènement a très bien réagi. Au premier jour, il y a eu une panne d’électricité. On était obligé d’annuler la soirée. A 600 kilomètres de Dakar, on veut faire la démonstration qu’il y a des savoir-faire, des compétences et une rigueur. Dans un événement de cette dimension,en cumulant des vedettes sur le même plateau, on a réussi, en une nuit, à contrer toutes les difficultés. C’est donc pour moi une satisfaction. Après des années de travail,on est capable de faire face à toutes les situations, y compris celle d’une interruption totale du festival.Au-delà des festivités, le Faso participe également au développement de la collectivité… Le modèle de développement par la culture qu’on est en train de mettre en place passe par une phase d’appropriation. Il s’agit de voir comment les gens arrivent à s’impliquer face un projet développement… Actuellement, on arrive à cette phase d’appropriation de la part des villageois. La deuxième étape consistera à doter un programme d’infrastructures culturelles. Après l’étape d’appropriation, toute l’année, avec les populations et les infrastructures de fonctionnement, on a la possibilité de produire des œuvres culturelles locales. Lesquelles s’exporteront dans la région, dans le pays, dans la sous-région et à l’international. Il y a tout un travail de structuration qu’on est en train de faire.Le Faso existe seulement depuis 2010, mais vous réussissez,à chaque édition, defaire venir des stars internationales. Comment faites-vous pour convaincre les grandes icônes ? Je pense que c’est lié au fait que je sois moi-même artiste. Cela me permet de créer une complicité immédiate avec les artistes que je rencontre. Dans notre corporation d’artistique, on n’a pas de problème de ségrégation. On s’intéresse d’abord à notre art avant de s’arrêter sur nos différences qui nous enrichissent au lieu de nous diviser. Il faut savoir aussi qu’il s’agit d’un projet qui les touche. Je ne les convaincs pas avec un chèque que je n’ai pas. Je mets deux ans à parler et à convaincre ces stars internationales. Je les implique de plus en plus dans le programme à tel enseigne qu’au départ, sur une base de négociation tout à fait classique, elles finissent par s’engager… Ce festival est un filtre. Ceux qui viennent ici s’engagent vraiment.
Avec le Soleil.