[TRIBUNE] | Par Ousseynou Nar Gueye | RETRAIT DES BASES MILITAIRES FRANÇAISES – Diomaye, Ouattara, Oligui : Tirailleurs ou P’tits Railleurs ?

(1ère parution dans ‘’Tract Hebdo’’ du vendredii 25 juillet 2025) –Le titre de cette tribune est inspiré de l’adage qui dit : ‘‘Rira bien qui rira le dernier’’. Dans un Sahelistan dans lequel les États de l’AES ont fini d’expulser toute présence militaire ou diplomatique française (au Burkina, au Mali et au Niger), les autres États de cette UEMOA qui se survit à elle–même ne pouvaient être en reste : il fallait que les quelques rares et parcellaires dernières bases militaires françaises décampent, devant surtout le dégagisme des opinons publiques nationales, de ce côté-ci du Sahara.Sur décision de Dakar, d’Abidjan ou de Paris ? Le président Macron, jamais en reste de fortes phrases disruptives, a dit devant les ambassadeurs de France réunis en conférence annuelle à Paris, que la décision avait été prise ‘d’un commun accord’ : mais, a ajouté le mari de Brigitte Trogneux : ‘Comme nous sommes polis, nous les avons laissé l’annoncer eux-même d’abord’. Arrgh. Pour la politesse, on repassera, hein… ‘‘Je suis poli ’’ : il suffit de le dire pour cesser de l’être. Et passer plutôt pour vaniteux et prétentieux ; épithètes que la presse française et l’opinion hexagonale ne se privent pas de décerner régulièrement à leur chef de l’État, alias Jupiter, le président au gouvernement Bayrou qui ne tient que d’un fil, corde raide qui s’effiloche motion de censure après motion de censure, toujours plus près de réussir.Bon, trêve de franchouillardises. A Dakar, la dernière base militaire française a vidé les lieux en cette fin juillet 2025. Laissant quand même 160 travailleurs sénégalais, employés dans des conditions décentes, sur le carreau du chômage de masse, qui est la chose la plus démocratiquement partagée au pays de Goorgoorlous de feu l’écrivain-vétérinaire Birago Diop – ce qui au passage ne nous empêche pas d’avoir aussi plus de milliardaires que de légal dans ce pays nôtre, les voies de Dieu y étant impénétrables.Or donc, comment se fait-ce qu’Abidjan se soit débarrassée de sa dernière base française de Port-Bouët avant Dakar ? Mystère et boule de gomme, sur ce timing étonnant. En tout cas, en les faisant partir en fin janvier 2025, le président éternel, ADO, alias le Mossi, a réussi d’une pierre plusieurs coups :-Réduire la portée du discours de ceux qui le traitent de valet de la France et de dernier Préfet de la Françafrique dans l’UEMOA. -Se poser en panafricaniste sérieux et serein auprès de la jeunesse ivoirienne desquels il s’apprête à solliciter un ….quatrième bail présidentiel de 5 ans, en octobre prochain. -Passer pour le patron de la région Ouestaf, seul à même de discuter de choses sérieuses d’égal a égal avec la France de Macron : d’abord sur l’ex-future Éco, la prochaine (quand ?) monnaie de la CEDEAO ; puis sur la présence militaire française devenue plus qu’encombrante symboliquement. -Se donner un répit dans les piques incessantes des Abeilles Panafriponnes genre Nathalie Yamb, Kemi Seba et Franklin Nyamsi, qui ont moins de grain à moudre et de sucre à casser sur le dos de l’Excellence Alassane Dramane -Se laver du péché originel d’être l’époux d’une Française ? Restons sérieux. Donc, trêve de bon points décernés pour cette décision éburnéenne pionnière de Ouattara, qui éborgne un peu les Gorguis sénégalais, devant lesquels il gagne aux points sur le front disputé de la bataille du titre de plus grand leader souverainiste panafricain dans le Sahel et dépendances.C’est fait aussi. Dakar n’a plus son camp Geille, dernier vestige de présence militaire française, avec juste une poignée de soldats encore ici ces dernières années, les EFS (Éléments Français au Sénégal) comme on les appelait désormais ; une centaine de piou-pious et leurs chefs.Mais, à quoi bon pouvaient encore servir ces résidus-croupions de bases françaises ? Recueillir du renseignement militaire, espionner avec des incursions de drones et des satellites, faire dans l’intelligence économique en direction de leurs tentatives supposées ou avérées pour maintenir le leadership commercial des multinationales à capitaux français ou envers des pays de l‘AES pour les déstabiliser, comme les en accuse le président burkinabè IB qui n’a pas manqué d’indexer Ouattara comme homme-lige des Français, pour plusieurs tentatives avortées (réelles ou pas ?) de putschs et de contre-putschs à Ouagadougou, pays où le pouvoir Ouagabonde souvent ? Ou encore protéger le palais présidentiel sénégalais en cas de tentative de putsch totalement improbable par les si républicains soldats sénégalais ? Nenni. Regrouper les résidents français au Sénégal en ilots sécurisés en cas d’émeutes (astafourllah !) ou de guerre civile généralisée (re-astaghfiroullah !) pour les évacuer du pays ? Well, on ne sait jamais hein, mais il ne faudra pas oublier d’évacuer les binationaux français du fin fond du Fouta aussi et pas que les Français de Dakar et de Saly Portudal. Former l’élite des armées africaines ? On n’est pas obligé d’être stationnés à demeure dans un pays pour y faire de la formation d’homologues militaires.En tous les cas, dans le sillage de la 80ème commémoration si solennelle en décembre 2024 du massacre des Tirailleurs Sénégalais au camp de Thiaroye (en 1944, pour un bilan humain de victimes encore inconnu), la présence d’une base, même miniature, française, si obsolète et tout autant provocatrice, n’était plus possible au Sénégal. On a acté l’évidence et ils sont partis.Pourtant et pour autant, dans le génie civil, les EFS aidaient beaucoup notre armée nationale et nos pompiers sénégalais ; et ce sont eux qui ont dégagé vers le trottoir la passerelle à piétons, tombée il y a quelques mois au niveau de la double voie routière à hauteur de Yoff Tonghor.Mais bon, quand la table est desservie : il faut se lever et partir. Basta. Full stop.C’est la deuxième et dernière mort de l’emprise militaire française au Sénégal. La première mort a été symbolique, lorsque en 2002, le dernier survivant des Tirailleur sénégalais de 14-18 dans notre pays est passé de vie a trépas, la ….veille du jour durant lequel la France officielle devait lui apposer sur la poitrine, dans son lit de grabataire au fond de son village, une médaille pour services rendus à la France. La seule chose que le vieil Abdoulaye Ndiaye (c’est son nom) a demandé avant de mourir était le bitumage de la route entre son village et la route nationale asphaltée. Ce qui fut fait, notamment grâce a la fondation Sococim, plus ancien cimentier du Sénégal.Verdict : Ouattara et Diomaye peuvent se payer le luxe d’être des p’tits railleurs vis-à-vis de Macron.Au Gabon de CBON (Clotaire Brice Oligui Nguema), c’est plus compliqué , comme on dit dans les pages Facebook à la section informations personnelles amoureuses. Même si le président Bongo a été chassé, sa famille pourchassée, cadenassée en geôle, puis tous expulsés du Gabon, ils sont aussi des citoyens français, cette ex-famille présidentielle gabonaise (ils attaquent d’ailleurs l’État gabonais en justice devant les juridictions françaises pour sévices et mauvais traitement en cette qualité de citoyens de Marianne).Oligui, qui a vu son putsch adoubé par Macron ; comme celui-ci l’a fait avec MIDI (Mahamat Idy Deby Itno) veut et va continuer de s’accommoder de la présence militaire au Gabon.On peut donc lui décerner jusqu’a nouvel ordre, une belle médaille en chocolat (excellent dessert, s’il en est !) de Tirailleur Bon Banania dont le sourire éternel de grand danseur pendant sa campagne électorale présidentielle victorieuse n’est pas sans rappeler la banane de dents blanches éclatantes du zouave à chechia rouge, pantalon bouffant et bottes noires, sur les publicités de la coloniale poudre à petit déjeuner Banania, dont Léopold Senghor, dans un poème post captivité allemande, se promettait de tous les arracher -ces sourires – des murs de France.Mais bon, le même Senghor implorait aussi Dieu d’épargner et de protéger du joug nazi la France, fille aînée de l’Église, dans un poème aux accents ardents.Et donc ? On n’est pas sûr d’en avoir fini avec les rapports schizophréniques entre populations francophones subsahariennes d’un côté et Français de l’autre, notamment au niveau des leaders politiques des deux bords. Cela reste toujours du : ‘‘Je t’aime, moi non plus. Et réciproquement’’.Sinon ? A quand le wolof officiellement décrété comme deuxième langue officielle du Sénégal aux cotés du Français ? Cela me semble la prochaine étape la plus urgente à réaliser, après avoir repris la dernière emprise militaire française au Sénégal. ‘‘Naar bu soonné, wakhi wolof’’ !Et pendant ce temps : personne ne moufte sur les bases militaires américaines en Afrique, dont personne ne connait même les localisations exactes, gardées secrète. Pour vivre heureux, vivons cachés ? Je ne savais point que cela faisait partie du American Way of Life et de leur American Dream si ardemment poursuivi depuis trois siècles, par les habitants, autochtones ex-cowboys colons ou par les Ricains d’importation récente.Conclusion de tout cela ? Remettons-nous en à Dieu aussi pour ce qui est du salut de nos pays subsahariens francophones. Comme dit le Dieu-Dollar : ‘‘In God, we trust’’. Que tout le monde s’assoie, et que Dieu nous pousse.Ousseynou Nar Gueye▪︎ Directeur Général de Tract Hebdo et de Tract.sn▪︎ Directeur Général d’Axes et Cibles Com (www.axes-cibles-sn.com)

[World Athletics ex-IAAF] 1er patron africain d’un sport international: Feu Lamine Diack réhabilité dans l’asphalte (Par Cheikh T. COLY)

Tract – Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) était un homme pluri-casquettes. Il était le sportif, le politique, le social, l’humanitaire. Il était… La symphonie ‘Lamine Diack’ belle au départ, et on s’attendait à fêter avec lui et en beauté la fin du festival de ses années de gloire à l’international. A l’arrivée, il était… A la fin de sa vie, un homme que le succès a rattrapé et écorché malencontreusement pour le mettre au banc des accusés. Condamné avec une dose de dopage ‘anti-glorifique’, Lamine reviendra au Sénégal ce pays qui l’a vu naitre, à Dakar cette terre qui l’a vu mourir auprès des siens.

 Peut-être avait-il trop brillé au soleil de la gloire pour que le destin l’y oublie jusqu’à le faire brûler ? Était-il trop ébloui par la quiétude offerte – comme un chez-soi tranquille – à cette station de la célébrité qu’il n’aurait pu percevoir ce qui se tramât, avec ou sans son consentement – pour entacher la blancheur de ses années d’allégresse ?Lamine Diack a quitté ce bas-monde, en décembre 2021, sur une note dissonante, une composition embrouillée vers la fin de sa carrière à la grande instance de l’Athlétisme mondial. Le natif de Dakar en 1933 était au sommet de la gloire quand, en novembre 2015, on le fait descendre de son piédestal avec le jeu de la boulette, pardon, la roulette russe. Lamine Diack est mis en examen pour ‘corruption passive et blanchiment aggravé’ dans le cadre d’un scandale de dopage russe. Lui qui était en bisbille avec le président Abdoulaye Wade, est éraflé encore par la justice française pour avoir ‘fait financer en partie’ la campagne de Macky Sall par la Russie. Le jeu en valait-il la chandelle ?
À l’initiative du maire de Plateau Alioune Ndoye, la rue du Général Charles Mangin a été rebaptisée rue… Lamine Diack
Toujours est-il, suspendu provisoirement du Comité internationale olympique – CIO (il démissionnera), Lamine Diack voit encore s’ajouter à son panier d’accusations des rétributions de 3,5 millions de dollars versés en octobre-novembre 2011 selon le fisc américain, à son fils Massata Diack. Là, il est question de famille. Toujours la famille, qui vous embarque dans une question de sang, de spontanéité et de la forte promesse de voir, de montrer, de démontrer et dire que son fils ‘a bien travaillé’. Pourtant le Parquet national financier demande le procès au nom du père et du fils. Les liens de sang vont jusque-là. Non. Lors de son procès ouvert le 8 juin, l’ancien président de l’IAAF ne s’est pas retenu. Il a clashé son fils – Pape Massata Diack poursuivi, est allé se terrer à Dakar loin de son père – le qualifiant, selon la presse, de s’être comporté en ‘voyou’.Alors, pour son implication dans un réseau de corruption destiné à cacher des cas de dopage en Russie, Lamine Diack a été condamné, le 16 septembre 2020, à quatre ans de prison dont deux ferme. Également reconnu coupable de corruption active et passive et d’abus de confiance, il est aussi condamné à une amende maximale de 500 000 euros (environ 330 millions de FCFA). Pourtant, en mai 2021, le célèbre Diack bénéficie d’une levée de la mesure d’interdiction de sortie du territoire français, contre le paiement d’une caution de 500 000 euros. Et, c’est son ancien club de football du Jaraaf dont il a été président à deux reprises qui, sous la houlette de l’ancien footballeur Cheikh Seck, joue pour faire sauter la caution.Son retour au bercail – où il rêvait, après sa retraite de l’IAAF, aller à la mosquée, lire le journal et s’occuper de ses petits-enfants -, résonne comme une défaite sportive, un match perdu de la vie. Athlète de haut niveau, champion de France d’avant le ‘soleil des indépendances’, ancien député socialiste, Lamine Diack décède quelques mois après être rentré au Sénégal, en décembre 2021. Il avait 88 ans…Lui qui est né à Rebeuss, précisément à la rue Mangin, angle Ambroise Mendy, a vu son nom sanctifié à Ndakaru. À l’initiative du maire de Plateau Alioune Ndoye, la rue du Général Charles Mangin a été rebaptisée rue… Lamine Diack. Dans un post Linked in,  sentons le flot affectif de sa fille Anta Diack – qui a également perdu, mardi 15 juillet, un autre parent Pa Ass Diack « un éducateur, un pilier incontournable du football » – s’élever et effleurer la sensibilité de ceux qui ont connu et côtoyé l’ancien président de l’IAAF: « Dans le même souffle d’émotion, nous avons assisté ce samedi 19 juillet à l’inauguration de la rue Lamine Diack dans notre quartier familial de Reubeuss. Un hommage fort à un autre géant, dont le nom et l’héritage méritent d’être inscrits à jamais dans notre mémoire collective ».Et ceci pour la fin. « En tant que fille, je n’ai pas les mots… Juste une immense reconnaissance et une douleur silencieuse face à la perte de ces références », termine Anta Diack, dans sa note mélancolique mais fort empreinte d’affection et de gratitude.Cheikh Tidiane COLY Al Makhtoum

[OPINION] Sauvons la République (Par Souley WADE)

Tract – Une élection donne le droit de gouverner. Mais même une victoire claire ne vaut pas mandat illimité. 

 On l’oublie souvent, 54 % des suffrages exprimés, ce n’est même pas un quart de la population. Et gouverner un pays, ce n’est pas gouverner une majorité : c’est gouverner pour tous.Le temps de la conquête du pouvoir est derrière nous. Celui de l’exercice de l’État a commencé. Et l’État, par nature, dépasse les clivages. Il ne sert pas une idéologie, un groupe ou une génération. Il incarne l’intérêt général.Bien sûr, une majorité a le droit de proposer, de réformer, de mener le projet qu’elle a défendu. Mais cela ne dispense pas du respect des règles qui tiennent la République debout. Ce serait une grave erreur de penser qu’au nom de la légitimité du vote, de l’urgence ou de l’enthousiasme, on peut passer en force.Les institutions existent pour ça : encadrer le pouvoir, éviter les excès, garantir l’équilibre. La Constitution prévoit des chemins pour réformer : le référendum, le travail parlementaire, les propositions de loi.Transformer la République sans elle, en contournant les règles ou en affaiblissant les contre-pouvoirs, ce n’est pas gouverner. C’est dénaturer l’esprit même de nos institutions.Nous devons donc nous féliciter d’un Conseil constitutionnel qui garantit la conformité à la constitution. D’une justice qui encadre. De la contradiction qui nourrit le débat démocratique. De la diversité des profils au sein de l’administration, au nom de la compétence.Gouverner la République, c’est accepter les limites. C’est choisir les principes plutôt que les réflexes partisans. C’est savoir que l’intérêt général ne se décrète pas, il se construit. Avec méthode, respect et sens de la mesure.La République n’a pas à se plier à une volonté passagère. C’est au pouvoir, quel qu’il soit, de rester à sa hauteur.Parce qu’au bout du compte, la République, c’est ce que nous avons en commun. C’est ce qui nous protège. Ce qui nous lie. Et ce qui, toujours, devra nous survivre.Souley WADE

[JIFA CANNES-2025] Hommage vibrant aux femmes africaines qui façonnent le monde

Tract – La Journée Internationale de la Femme Africaine, telle que portée ici par PanAfrica Woman Glam’S Ship (PWGS) dont Aïda Diop est la fondatrice, est bien plus qu’une simple commémoration : c’est une réappropriation de récits « invisibilisés », une scène offerte à celles qui n’ont pas toujours eu le micro, et un appel à la transmission vivante des mémoires et savoirs.

 
Aïda Diop, entrepreneure, Présidente et fondatrice de PanAfrica Woman Glam’S Ship (PWGS)
Depuis 1962, la JIFA célèbre l’héritage de femmes africaines pionnières, bâtisseuses, conteuses, créatrices, passeuses d’histoire. Cette édition de 2025 rend hommage à Aoua Keïta et à toutes celles qui tracent les voies de l’avenir. Et le thème choisi – « Femmes africaines, scènes du monde : entre arts, récits, transmission et pouvoirs » – met  en lumière la puissance créative et politique des femmes africaines dans l’espace mondial. Ce thème renforcé par le slogan fort –  « Celles qui prennent le micro aujourd’hui sculptent les récits de demain. » – tout aussi professé cette année par la présidente de PWGS, Aïda Diop, est une invite à écouter, transmettre et transformer.
Zeyna Diop, actrice, scénariste, réalisatrice, communicante, modèle et entrepreneure
Aïssatou Diatta Ehemba, écrivaine Cannoise
Necy N’dri, animatrice Tv, actrice de cinéma, entrepreneure, auteure
Pourquoi participer à la soirée JIFA Cannes 2025 ? Les organisatrices répondent :
  • Pour découvrir une histoire puissante et méconnue
  • Pour entendre les voix de femmes influentes, engagées, créatives
  • Pour s’ancrer dans un réseau international solidaire
  • Pour célébrer l’art, la culture, la transmission et les savoirs féminins africains
Agnès Mbome Moume, Fondatrice directrice principale de Racine Croisée & Fondatrice de la Fondation Afromonde
Agnès Mbome Moume, Fondatrice directrice principale de Racine Croisée & Fondatrice de la Fondation Afromonde
Cibelle Essouma, Brand builder, éditrice
Hommage à Aoua Keïta et aux femmes africaines pionnièresIl fut un temps où prendre la parole était un acte de résistance. Où porter ses rêves haut, exiger sa place, écrire sa propre histoire était une conquête. Aoua Keïta fut de celles-là. Sage-femme, militante, écrivaine, pionnière du féminisme malien et figure politique, elle a fait de sa vie un manifeste pour l’émancipation et la dignité des femmes africaines.Son courage n’était pas un cri, mais une voix claire qui résonne encore. Sa plume, dans Femme d’Afrique, trace les lignes de nos mémoires, des luttes silencieuses aux victoires éclatantes.Alors, jeudi 31 juillet 2025, hommage sera rendu à toutes ces femmes africaines qui ont franchi les frontières de l’impossible. Bâtisseuses de nations, passeuses de savoirs, tisseuses de récits, elles ont porté sur leurs épaules l’histoire, la culture, la justice et l’avenir. « Leurs voix traversent le temps. Elles nous relient, nous inspirent et nous rappellent que l’histoire de l’Afrique ne se murmure pas, elle se chante, se scande, s’écrit… au féminin pluriel », s’inspire Aïda Diop qui voudra passer le micro, avec respect et gratitude, à celles – artistes, éducatrices, scientifiques, activistes, entrepreneures – qui continuent à ouvrir des voies là où l’on ne voyait que des murs.Cheikh Al MakhtoumTract  

[TRIBUNE] Conflits inaccessibles : journalisme en terrain fermé… (Par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE)

Tract – Gaza : « Depuis que l’AFP a été fondée en août 1944, nous avons perdu des journalistes dans des conflits, nous avons eu des blessés et des prisonniers dans nos rangs, mais aucun de nous n’a le souvenir d’avoir vu un collaborateur mourir de faim. » Cette chute pathétique du communiqué de la Société des journalistes de l’Agence France presse (Afp), en date du 21 juillet, révèle une facette du drame que vit la Bande de Gaza depuis presque deux ans. Mais surtout elle éclaire notre conscience sur le sort des professionnels de médias qui exercent dans les zones en conflit ou en guerre.

 La situation à Gaza est particulière, en ce sens que les populations sont confrontées, tout comme les journalistes aussi, aux affres de la faim, de manque de vivres, de soins, de l’insécurité, d’hygiène (manque d’eau), d’un blocus déshumanisant… Les dix pigistes qui travaillent avec l’Agence, depuis le départ de ses journalistes staff depuis courant 2024 (la presse internationale étant interdite d’entrée dans la Bande de Gaza depuis pratiquement deux ans), en sont réduits à subir l’atrocité de la guerre, la faim et la soif, avec le bombardement intensif et sans répit de l’armée israélienne qui se donne à cœur-joie dans sa riposte après l’attaque du Hamas contre le territoire israélien le 7 octobre 2023. Le quotidien des reporters de guerre (ils le sont par la force des choses) de la Bande de Gaza est balisé entre la mort et la faim. Un autre conflit moins meurtrier, russo-ukrainien, occupe également la Une de l’actualité mondiale depuis plus de deux ans également. Mais là, les professionnels des médias ukrainiens ne subissent pas le sort de leurs collègues de Gaza.Indépendamment des difficultés quotidiennes auxquelles ils font face et pour lesquelles notre compassion et solidarité sont entières et réelles. Nous avons d’ailleurs récemment vu des confrères africains embarqués par l’Union européenne aller jusqu’à la lointaine Ukraine avec néanmoins toutes les mesures sécuritaires nécessaires. Un scénario impensable dans la Bande de Gaza où la perspective et l’angle de traitement de l’information ne nous sont données, nous autres du Sud global que par l’Occident.L’aide apportée par les différentes organisations de journalistes aux confrères d’Ukraine (gilets pare-balles, aide à sortir du territoire, équipements pour la survie et la pérennité des médias, appuis psychologiques…) n’est pas la même que celle prodiguée aux confrères de la bande de Gaza où la principale difficulté demeure l’accès. Evidemment le critère de proximité joue plus en faveur de l’Ukraine qu’on aimerait, depuis l’Europe, écarter des foudres de l’hydre russe.Le drame pour les professionnels des médias, de par le monde, est l’absence de réaction vigoureuse et soutenue de leurs organisations d’abord pour faire sentir une solidarité sans frontière. Indépendamment de ce qu’ont pu jusque-là apporter les grandes organisations comme Reporters sans frontière (Rsf), la Fédération internationale des journalistes (Fij), Committee to protect journalists (Cpj). Se dessine aujourd’hui la perspective de la couverture des conflits en zone de conflit, surtout si ceux-ci se situent en terrains d’accès difficile. Une réalité pas encore suffisamment connue, étudiée, documentée. Mais qui interpelle, au-delà des professionnels, les opinions publiques, les gouvernements, les défenseurs des droits humains et de la liberté d’expression et de presse.Le journalisme de données (data journalism), combiné à l’Intelligence artificielle (Ia), semble être une alternative par rapport l’impossibilité et aux difficultés d’accès de certaines zones. Une bribe informationnelle peut être grossie par ces outils pour une lecture « visualisée » de l’information, mais la réalité du terrain semble plus prégnante que jamais. Loin de tout parti pris où de l’utilisation de l’information comme arme. Encore que vous n’avez certainement pas vu de morts ou blessés ukrainiens pendant que les horreurs d’enfants affamés, tués, sans soins défilent à longueur de chaînes.Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

[ANGLUS] *REDRESSEMENT?* (Par Abdou DIAW)

Tract – La nouvelle stratégie de développement, l’Agenda national de transformation – Sénégal 2050, a été adoptée le 14 octobre 2024 avec une première phase quinquennale couvrant la période 2025-2029. À peine moins d’un an après l’entrée en vigueur de ce nouveau référentiel, le Premier ministre nous annonce un plan de redressement. 

 Hâte de savoir ce que l’on va réellement redresser. Le redressement portera-t-il sur les premiers mois de mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND) ? Cette première phase a-t-elle été suffisamment mise à l’épreuve pour justifier un redressement ?Ne faudrait-il pas plutôt parler d’une révision du portefeuille de projets et de réformes retenus dans cette phase quinquennale ? Un exercice qui relevait normalement du cabinet d’experts chargé d’élaborer le nouveau référentiel.Quoi qu’il en soit, tout plan de redressement économique structuré, assorti d’un agenda détaillé, devrait s’aligner sur les orientations de ce référentiel, et en particulier sur la SND 2025-2029. À défaut, on risquerait d’assister à un pilotage à vue, où l’État se contenterait de répondre aux urgences conjoncturelles, au détriment des défis structurels qui interpellent l’économie sénégalaise.Abdou DIAW

[FOCUS] Dakar face aux défis de souveraineté alimentaire: plaidoyer pour une agriculture urbaine audacieuse, solidaire et transformatrice (Par Oumar Ba)

Dakar grandit. Dakar bouillonne. Mais Dakar se nourrit-elle mieux ?

Tract – À mesure que la capitale sénégalaise s’étale et se densifie, sa vulnérabilité alimentaire s’aggrave. Chaque cargaison de riz importé, chaque tomate en provenance du Maroc ou de la Hollande est un rappel cuisant de notre dépendance structurelle. Le paradoxe est flagrant : une métropole africaine, entourée de terres fertiles, de savoir-faire ancestraux et de jeunes bras disponibles, dépend pourtant de l’étranger pour se nourrir. 

 La zone des Niayes, autrefois grenier maraîcher de Dakar, se consume à petit feu sous les assauts conjoints de l’urbanisation croissante, de l’aménagement mal pensé et de la spéculation foncière. Et si Dakar redevenait une terre nourricière, fertile et autonome ?Ce n’est pas un rêve. C’est une exigence, une urgence. Et surtout, une promesse d’avenir.I. Cultiver la ville, nourrir l’avenir : le temps de la reconquête nourricièreL’agriculture urbaine est bien plus qu’un jardinage de loisir. Elle est un levier stratégique, un outil de résilience, un acte politique (de souveraineté). Des villes pionnières à travers le monde en ont fait un pilier de leur souveraineté alimentaire, de leur aménagement urbain et de leur transition écologique. Dakar devrait s’en inspirer, sans copier, mais en adaptant et en innovant.En Île-de-France, 80 % du territoire reste rural, boisé ou agricole (à 50%). Paradoxalement, elle est, à la fois, parmi les premières régions urbaines et agricoles d’Europe. Des métropoles françaises, de Paris à Bordeaux, misent sur la végétalisation productive des toits, la reconversion des friches et la mise en réseau de jardins partagés – devenus de véritables communs alimentaires. Ainsi, les Parisculteurs, traduction d’une politique publique audacieuse, ont permis de transformer l’image de la ville dense en oasis nourricières et jardins suspendus.À Montréal, la transition alimentaire devient politique publique avec incitations fiscales, planification intégrée, soutien logistique aux agriculteurs urbains, développement d’incubateurs agricoles. Toronto innove davantage en intégrant une obligation légale de toits verts sur les bâtiments neufs : l’agriculture n’est plus un choix, c’est une norme.À Brooklyn, la ferme Brooklyn Grange montre que l’agriculture urbaine peut devenir un modèle économique viable, créateur d’emplois pour les jeunes des quartiers marginalisés, tout en fournissant des produits “bio” aux restaurants branchés de New-York. De même, l’île de Manhattan se distingue par ses nombreuses community garden bucoliques et jalousement gardées et entretenues par les populations locales, De véritables temples de l’éco-citoyenneté et écoles pour urban gardeners. Là-bas, l’écologie et l’inclusion sociale s’embrassent sur les toits d’usines réhabilitées et les “dents creuses” entre immeubles..À Tokyo, Singapour ou Séoul, les mégapoles compactes relèvent le défi de la contrainte spatiale grâce à des solutions de rupture : fermes verticales, aquaponie, conteneurs agricoles connectés, agriculture souterraine, etc. L’agriculture urbaine s’y déploie comme une stratégie de souveraineté, de recherche-développement et de modernisation du système alimentaire.À Berlin, les Prinzessinnengärten ont converti une friche en ferme urbaine participative, où 500 variétés de plantes sont cultivées sans pesticides – un bel exemple de reconversion urbaine.Et que dire de Cuba ? Soumise à un embargo étouffant, l’île a transformé ses villes en potagers géants. À La Havane, les organopónicos produisent localement, sans engrais chimiques, l’essentiel des légumes consommés par le ville. Le savoir-faire y est collectif, à la fois scientifique et citoyen. C’est une belle leçon de souveraineté et une grande école de résilience.Pourquoi pas nous ? Pourquoi pas Dakar ?II. Pourquoi Dakar doit semer dès maintenant les graines de sa souveraineté ?Dakar ne manque ni de bras, ni de cerveaux, ni de surfaces exploitables. Ce qu’il manque, c’est une vision, un sursaut, une volonté politique à la hauteur des enjeux : produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons.En effet, les bénéfices d’une agriculture urbaine audacieuse sont multiples :– réduire la dépendance alimentaire : cultiver pour se nourrir, c’est réduire notre exposition aux chocs extérieurs (conflits, crises logistiques, fluctuations des prix internationaux) ; – améliorer la qualité nutritionnelle : manger local, c’est manger frais, sain, diversifié et de saison. – créer de l’emploi et du sens : l’agriculture urbaine peut former une génération de jeunes cultivateurs, de bio-entrepreneurs, d’éco-innovateurs. Un nouvel écosystème d’activités peut émerger ; – valoriser les déchets et les eaux usées : compostage des déchets organiques, réutilisation des eaux traitées de Cambérène, transformation des boues de vidange en fertilisants ; – lutter contre les îlots de chaleur et améliorer le microclimat urbain ; – réduire les risques d’inondation : les bassins de rétention végétalisés peuvent infiltrer les eaux pluviales et retenir les crues ; – transformer les écoles en micro-fermes pédagogiques : les cours de récréation peuvent devenir des jardins comestibles, alimentant les cantines et les consciences.III. Faire de Dakar une capitale verte, nourricière et solidaire : des actions concrètesCette ambition appelle une stratégie intégrée, structurée et transversale. Il ne s’agit pas de verdir quelques façades ou cours intérieures, mais de repenser la ville comme un système agro-écologique complet. Souvenons-nous que la région s’appelait, jadis, Cap-Vert.Voici quelques leviers essentiels :1. Planifier l’agriculture urbaine comme une fonction à part entière de la ville (au même titre que le logement, les transports ou les équipements).2. Sanctuariser les terres agricoles restantes, notamment les Niayes et interdire toute mutation foncière non stratégique.3. Créer un Fonds d’investissement pour l’agriculture urbaine, appuyé par la coopération, la RSE, les associations et les banques de développement.4. Adopter, dans les codes de l’urbanisme et de la construction, une partie relative à l’agriculture urbaine et définissant statuts, règles, incitations et protections pour les acteurs du secteur.5. Mobiliser les bâtiments publics (écoles, hôpitaux, mairies, ministères) pour expérimenter les cours et toits cultivés.6. Lancer une “Charte Dakar Ville Verte et Nourricière”, assortie d’un label pour encourager les initiatives citoyennes, scolaires et entrepreneuriales locales.7. Mettre en place une gouvernance multi-acteurs : collectivités, État, société civile, universités, jeunes, femmes et diaspora au service de cette politique innovante.8. Déployer une “armée” verte d’agriculteurs urbains volontaires – citoyens, élèves, prisonniers, retraités, jeunes en quête d’insertion – qui cultiveraient la ville au nom de l’intérêt général.9. Travailler sur toute la chaîne de valeur, depuis les circuits courts, de commercialisation et la transformation artisanale ou semi-industrielle des produits.IV. Un appel à l’action collective : pour que Dakar se nourrisse elle-même, dignement et durablementDakar peut devenir un modèle de résilience urbaine en Afrique. Pas seulement une ville moderne, mais une ville nourricière. Pas seulement une capitale administrative, mais une cité cultivée, vivante, verte et écologique.Ce combat pour l’agriculture urbaine est un combat pour la dignité, pour la justice sociale, pour l’autonomie collective. Il est aussi culturel et identitaire : renouer avec la terre, avec les savoirs paysans, avec les pratiques autochtones tout en innovant.Oui, il ne s’agit pas seulement d’agriculture. Il s’agit aussi d’éducation, de santé publique, d’écologie, de jeunesse, de transports (avec les circuits courts), d’économie locale, etc.Et si le XXIe siècle voyait émerger non pas des villes toujours plus verticales, mais des villes plus fertiles ? Et si la révolution verte partait des toits et interstices de Dakar ? Et si, dès aujourd’hui, nous semions les graines du changement ?Le moment est venu : Cultivons Dakar ! Nourrissons notre avenir ! Ensemble.Par Oumar Ba Urbaniste / Citoyen sénégalais umaralfaaruuq@outlook.com

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[TRIBUNE] Par Ousseynou Nar Gueye | VERS 2029 : COMMENT DIOMAYE DÉSAMORCE TOUTE ‘CONFLICTOGÉNÉITÉ’ AU SOMMET DE L’ÉTAT

Tract – ‘Circulez, y a rien à voir !’. Président Diomaye a désamorcé derechef toute idée (et velléité?) de ‘conflictogénéité’ au sommet de l’État. Entre lui et son Premier ministre souhaité ‘super-fort’, Ousmane Sonko. ‘C’est mon ami. Il n’y a aucun problème entre nous’.Le patron du GOS (Gouvernement O.S) peut se rendormir sur ses deux oreilles, après avoir mobilisé le ban et l’arrière-ban de l’Etat-Pastef et déclaré mâlement au King Fad Palace qu’il ‘interpelle’ le chef de l’État pour qu’on lui laisse les coudées franches dans son action gouvernementale, afin qu’il puisse cheffer comme un chef  : ‘Soit le président Diomaye règle la question, soit il me laisse la régler!’, a tempêté le prophète (Astagfiroullah!) des masses pastéfiennes, ‘Ousmane-the-man’ .La lucidité sereine de président Bassirou Diakhar, pour rétorquer à cette sortie ; pour le moins ébouriffante de Premier ministre Sonko, a de quoi se faire arracher les cheveux à l’opposition radicale et à ses fourriers d’avant-garde avant-centres qui squattent les médias à longueur d’heure, jours et nuits et à longueurs de débats télé non intercalés de reportages (ce qui nous permettrait de respirer…) : mes chers Hamidou (Anne), Madiambal (Diagne), Dr Yoro (Dia), Seydou (Gueye), Bougane (Gueye)…et autres personnalités publiques moins pratiquées par ma modeste (à défaut d’humble!) personne : comme Kirikou l’honorable Abdou ou Pape Malick Ndour ex-icône de la feue jeunesse apérisante chloroformée et stipendiée dans les megas-meetings mackysants. Jeunesse désormais hors de portée des euphorisants du double Salltennat passé de Macky Toroodo.Alors ? Verdict ? Diomaye a-t-il tendu l’autre joue après la soufflante symbolique de Sonko ?Notre président de la République est en tout cas une figure quasi-christique (Re-astagfiroullah!) dans sa capacité à encaisser et à endosser.Mais n’est-ce pas cela qu’on attend d’un kilifa ? Oui, si : ‘Mu nekk ku mana jélelé, mu doon ku mana jégelé’. Qu’il ait le dos large. De ce point de vue, Diomaye remplit bien tout son fauteuil de président. Comme l’on dit en wolof, je crois pouvoir m’aventurer à conclure, au moins provisoirement jusqu’en 2029, que : ‘fèèss na sissam’.Pour délaisser l’exemple de la figure christique et aller vers les préceptes de la Sunna islamique, en notre peuple si fervent croyant musulman, j’ajouterais qu’il sait ‘dilater sa poitrine’ pour supporter la pression, les pressions, de toutes part qu’elles viennent : du camp d’en face ou du sien propre.Avec la sortie fracassante par live sur réseau social de Sonko au KFP où il installe il y a une semaine, jeudi dernier, le Conseil national de Pastef, d’aucuns, sinon beaucoup se sont laissé aller à pronostiquer une rapide et funeste  issue du duo au pouvoir, à la Senghor-Dia ou même à la Sankara-Compaoré. Il n’en est rien. Et parions qu’il n’en sera rien. Car le duo Diomaye-Sonko est un binôme de deux personnes toutes aussi stoïques, chacun à leur façon.Président Diomaye par la parole rare, le débit monotone et la colère froide, rentrée, cachée et brève. Premier minstre Sonko, qui l’a prouvé à suffisance pendant dix ans d’opposition intranquille, par l’expectoration de phrases fortes et définitives, fracassantes et fermes, le débit menaçant et les révélations en cascade comme pour former un bouclier, un ‘totem d’immortalité’ comme dans les émissions de téléréalité de survie en milieu hostile (‘je suis politiquement indestructible’, dixit le Premier ministre). Mais ce sont là les deux faces d’une même sorte de patience, de capacité de résilience et de foi en ce que tout ce qui arrive et arrivera est deja écrit. Mektoub. L’on comprend que Sonko, avec son ‘rabat d’arrêt Mambaye Niang’ pour diffamation qui le rend inéligible (jusqu’à survenance d’un fait nouveau dans cette affaire, comme m’en prévient mon frère Cheikh Oumar D.?), forclos donc pour la présidentielle de 2029, ait eu un vague à l’âme, un coup de blues, une descente au fond du fleuve Sénégal : eaux profondes dont il ne pouvait remonter qu’en frappant fort du talon pour revenir à la surface des choses essentielles de la République : rester focus sur la conduite du char de l’État et l’assumation de la responsabilité d’être totalement et en pleine capacité aux affaires. Oui, Diomaye détermine la politique de la Nation. Mais oui aussi, Sonko conduit la politique de la Nation.En ma qualité de soutien politique assuré et assumé de Diomaye et Sonko depuis bien avant la présidentielle de 2024, j’en appelle surtout à Sonko d’accepter que les critiques fusent jusqu’à en être redondantes : de la part d’une bonne partie de la presse, opposante par nature et rétive à tout regime politique même si et quand elle a objectivement contribuée à l’élire ; de la part de chroniqueurs souvent ‘ânes-pas alpha-bêtes’, c’est-à -dire toujours adeptes de parler de l’anal et de la bête à deux dos, toutes choses triviales qui ne resteront pas dans les annales de la République dans la suite du cours de ce 21ème  siecle ; de la part d’opposants radicaux aussi par force de l’habitude, de l’habit (de la camisole de force?) et de l’habitus : ils n’ont que le ministère de la Parlotte pour exister : Alors, Premier Sonko, souffrez de le leur laisser exercer un peu et de temps en temps ?Aussi, j’en appelle à l’élargissement de prison des chroniqueurs enfermés et à des jugements rapides, avec des peines de sursis et une totale ‘déprisonnalisation’ des sanctions contre les gens de médias. Laissons tout le monde déblatérer, quoique certains débitent des sornettes pour lesquelles « on ne frapperait pas son enfant », pour le dire en parler wolof.Oui, ‘que mille écoles (et mille médias!) rivalisent’, comme disait le Grand Timonier chinois Mao, qui n’était pourtant pas démocrate ou multipartite pour un sou (avec ses fameux camps de rééducation culturelle). Laissons proliférer les médias : à la fin des fins, le public sénégalais, l’opinion nationale, le bon peuple toujours souverain par principe, je le pense, je le crois, fera toujours les bons choix : regarder et écouter ce qui leur apporte de la connaissance en instruction et en culture générale, du renforcement dans leur connaissance de leur foi, et qui éclairent leur choix politiques et citoyens. Même ceux non instruits à l’école en français (que je me refuse à appeler ‘l’école française’) et la jeune génération des moins de 35 ans et qui représente 70% de la population de notre pays, accros à Snapchat et a Tiktok qui sont leurs seules sources ‘d’information’.Eh bien, tous ceux-là finiront bien par préférer la qualité de fond et de forme, à toutes ces invectives perpétuellement débitées et répétées à longueur d’antenne par des pessimistes professionnels : ce qui relève de la paresse intellectuelle.Mais une fois de plus, on comprend le Premier ministre Sonko auquel le président Diomaye a fait plusieurs clins d’oeil pour lui indiquer que lui Sonko devait pouvoir prendre la succession présidentielle dès l’élection de 2029 : ‘j’ai dit a Sonko de ne pas lorgner le fauteuil, mais de bien le regarder » , ‘je donne comme second prénom à ma dernière fille celui de la sainte mère de Sonko, Dame Khady’, etc, etc.On serait Sonko ou pas, qu’on serait bardé de certitudes quant à son avenir à moyen terme, pour beaucoup moins que cela, et surtout de la ferme conviction, pour Sonko, que le martyre communicationnel qu’il est forcé d’endurer pendant le quinquennat Diomayat, en tant que bouclier auto-proclamé du chef de l’Etat, en tant que fusible qui refuse de disjoncter, n’est rien d’autre que ce chemin pavé d’épines  qui mène ; ), lentement mais sûrement, au Palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor, dès 2029.2029 s’éloigne donc (un peu? beaucoup?) pour le chef du GOS. Et alors? Un double quinquennat de Diomaye est toujours bon à prendre. Et Sonko ne devrait pas chipoter sur une accession potentielle à la magistrature suprême en 2034, inch’Allah, à l’âge de 60 ans, soit d’une cuvée bien plus jeune que pour Gorgui Wade, qui accède à l’Everest des fonctions électives à l’âge avancé de 74 ans, celui-là même où Senghor démissionne un certain 31 décembre 1980.Duo au sommet de l’Etat? Ou plutôt trio, plus assurément ?Duo de choc ? Chocs de trio ? En effet, il n’est pas impossible que le trio président-Premier ministre-président de l’Assemblée, soit le tiercé dans lequel il faille (re)trouver les présidents sénégalais pour les vingt prochaines années, c’est-à-dire, pour la prochaine génération de Sénégalais.Mais bon, ‘de la coupe aux lèvres, il y a loin’, comme vient encore de le constater Monsieur Sonko, et il ne faudra donc pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué : ‘Digeunté khaatj ak door, lépp khatch na ci’. Mais, travaillez, prenez de la peine, il en  sortira toujours quelque chose de bon. A propos du trio aussi, l’absence du territoire national du président et du président de l’Assemblée, les deux premières personnalités  de l’Etat, quand la troisième qu’est le Premier ministre fait sa sortie fracassante d’interpellation, me rappelle un événement similaire : je pense à 1958, lors de la tournée special combo ‘Communauté française’ du Général de Gaulle en AOF et en AEF alors, quand Senghor et Dia se retrouvent comme par enchantement à Paris, alors que le ministre de l’Intérieur Valdiodio Ndiaye dut aller à la corvée pour répondre, en Place Protêt (actuelle Place de l’Indépendance) au discours à la ‘vous-voulez-l’indépendance-alors-prenez-la’ du Grand Charles, chahuté par les porteurs de pancartes sur lesquelles on lisait : ‘Vive l’Indépendance’,’Nous voulons l’Indépendance’, ‘L’Indépendance immédiate’.Enfin, parlant de voyage, Sonko revient récemment de Chine, dont il est bien de ramener des dizaines de milliards de FCFA en dons, aides et prêts, mais dont il faut laisser là-bas le centralisme démocratique du Parti Communiste Chinois. Alors, dans cette affaire de karaté verbal de jeudi dernier, entre le premier ministre, le président et le président de l’Assemblée nationale : lequel aura fait le plus de chinoiseries ? On ne saurait trop le dire.Mais assurément, avec des techniques de judoka qui prend appui sur la pression du poids de l’adversaire ou même de yoga (pour l’élasticité observée..), Diomaye sait résister à tous les supplices, même pouvant être qualifiés de chinois, tant il font mal ou vous rongent à petit feu. Bref, cela n’a rien à voir, mais, quoique… : les deux épouses du président Bassirou Diakhar doivent être bien fières et bien rassurées, pour elles-mêmes et pour le peuple sénégalais, d’avoir un époux aussi maître de ses nerfs. ‘Borom tchaakë, du khèèkh’. Qu’on se le tienne pour dit.Ousseynou Nar Gueye est Directeur Général des médias numériques Tract Hebdo et Tract .sn, Directeur Général d’Axes et Cibles Com et de Global Com International, président du mouvement politique ‘Option Nouvelles Générations – Woorna Niu Gérer’.ogueye@axes-et-cibles.com www.axes-cibles-com.sn

[EXPOSÉ] Un mal et une porte de sortie pour l’université sénégalaise: les antagonismes de personnalités qui contredisent l’effervescence intellectuelle (Par Pascal Oudiane)

Tract – ‘Deux objectifs sont incontournables en ces temps actuels. D’abord il faut sauver l’université sénégalaise et ensuite il faut en faire un instrument fiable pour soutenir l’Etat et prendre en charge les demandes sociales.

 Comment sauver l’université ? En 2016 nous avons déjà dénoncé des insuffisances qui datent depuis le régime des socialistes et qui se sont accrues. Des maux qui s’enracinent d’années en année deviennent un danger pour nos institutions surtout celle dont nous discutons aujourd’hui. Si ce ne sont pas les infrastructures sociales et pédagogiques au regard du surpeuplement progressif des étudiants, ce sont leurs conditions de vie ou simplement celle du personnel enseignant et administratif.La montée du chômage qui certes relève de la responsabilité de l’autorité publique pousse les sénégalais à s’interroger sur la qualité des enseignements dans nos universités. Nous savons que pour être en sécurité, il faut envoyer ses enfants dans les écoles supérieures privées. Malheur aux ménages par conséquent qui ne disposent pas de moyens pour financer les études de leurs enfants.L’autorité publique de l’enseignement supérieur sous le régime Macky Sall avait brandi l’idée d’augmenter les droits d’inscription et à la longue d’augmenter le coût des études à supporter par les ménages afin de donner à l’institution universitaire les moyens de son fonctionnement à l’instar de certaines universités d’Europe ou d’Amérique. C’était une mauvaise idée. Il faut d’abord régler le problème du pouvoir d’achat donc de l’économie nationale avant de penser à la marchandisation des études dans nos institutions publiques universitaires.La qualité a un prix. Mais pour ce cas précis, l’erreur est de réfléchir en économiste. Une recherche bien organisée et bien pensée peut documenter un enseignement adapté et répondre aux attentes sociales de l’Etat et de la nation. Je cautionne l’idée qu’il faut un recrutement massif pour assurer les enseignements, les encadrements et éviter l’enchevêtrement des années académiques qui s’étalent sans fin sur d’autres années académiques. Cela a un coût mais ceci n’est rien comparé aux dégâts potentiels que peuvent entrainer les faits non économiques.Nous ne pourrons jamais avoir la qualité escomptée dans nos universités si le relationnel entre PER ou entre PER et étudiants en fin de 2e ou 3e cycle n’est pas éthiquement encadré. De gros potentiels pour la recherche se perdent à côté des lots visibles de nouveaux chercheurs qui sont créés et les quelques exceptions qui sont recrutés. Il y a lieu de réfléchir sérieusement sur ce complexe relationnel dont le premier versant se structure entre l’apprenant et le professeur ou le disciple et le maitre.Le second versant dudit complexe réside dans le relationnel entre PER eux-mêmes qui est fait de fond de mésentente entre personnalités, de querelles silencieuses et subjectives et découragent toute solidarité et émergence intellectuelle pro universitaire. Dans une ambiance pareille, l’innovation que l’on attend d’une institution de recherche de qualité ne peut pas émerger. Il faut régler ce problème sinon la déception en termes d’attente sur la qualité de nos universitaires sera toujours présente.Au-delà du tissu relationnel à éthiciser, il faut des actes d’innovation avec une nouvelle systémique sur la carte pédagogique universitaire. Il a toujours été recommandé de mettre en place des équipes pluridisciplinaires notamment des enseignants chercheurs qui travaillent en permanence en équipe inter-département et inter-section, inter-facultaire et inter-UFR ( unité de formation et de recherche). Cela n’existe toujours pas dans nos universités. Les enseignants sont pressés de candidater pour l’étranger afin d’extravertir leurs expertises à cause des gains monétaires et symboliques.Le complexe du développeur international est toujours là tapis dans l’ombre dans nos universités. Dans les processus de recrutement, les pairs sénégalais sont prompts à préférer des produits formés à l’étranger que leurs propres produits formés au Sénégal. Cette manie continue à nous affaiblir depuis les années 80. C’est une situation qui frise le spectacle. Les maitres de conférence et professeurs titulaire de laboratoire devraient avoir honte de recruter à l’extérieur et d’abandonner les docteurs qu’ils ont produit. Certains vantent l’amélioration et la perfection du système de recrutement mais le malaise est encore là.Le système n’intègre que ceux qui sont dans le système. Il y a lieu de prendre en compte toutes les variables y compris le fonctionnement des laboratoires locaux et le besoin national qui doit porter le choix de la section ou du département sur les profils à recruter. Il faut faire attention aux variables sociologiques et celles du nombre de publication qui fait certes le chercheur mais celui-ci doit être dans les capacités de répondre au besoin national de l’Etat et des masses pour leur formation et leur insertion.Quant aux étudiants actuels, ils savent comme les ainés ce qu’ils veulent. Le porte-parole du jour des étudiants dans son discours au lancement de « l’ANTESRI 2050 » par le MERSRI le jeudi 17 juillet 2025 au CICAD a insisté sur les points suivants qui sont très légitimes : Plus de licence en 5 ans Plus de master très long Plus d’université qui forme des chômeurs Plus de système qui abandonne les étudiants sans mécanisme de récupération Leurs anciens ont souffert des mêmes problèmes. Pour satisfaire des attentes et sauver l’étudiant qui est la relève active tout en relançant l’université sénégalaise, il faut revoir ces leviers précités qui organisent et opérationnalisent la recherche et les enseignements. C’est à partir de la qualité que lesdits leviers vont produire qu’on pourra repenser nos propres épistémologies, adapter nos enseignements, revoir le bac qui est le premier diplôme universitaire et former ce que nous appelons les profils de l’avenir capables d’assumer les besoins du développement endogène du Sénégal.Pascal OUDIANE Docteur de l’UGB Enseignant chercheur Gouvernance Sans Parti