AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE : La ferme promesse de Sonko

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Tract-Le chef du gouvernement sénégalais Ousmane Sonko a choisi la foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) pour exposer les ambitions de son équipe sur l’autosuffisance alimentaire.Le moment est symbolique. Et pour parler de l’autosuffisance alimentaire,on ne peut trouver meilleure tribune que la Fiara. Puisque le gouvernement veut faire de l’agriculture et l’élevage son cheval de bataille pour assurer l’autosuffisance alimentaire au Sénégal.Venu visiter les stands des exposants, le Premier ministre Ousmane Sonko de laisser entendre, “je veux dire aux Sénégalais que nous allons relever le défi de l’autosuffisance alimentaire”.Pour le Premier ministre, l’autosuffisance alimentaire reste bien possible au Sénégal. “Il suffit d’y mettre les moyens humains, techniques et financiers. Et le gouvernement du Sénégal est sur la bonne voie “, a assuré Ousmane Sonko.Par ailleurs, Ousmane Sonko a salué la forte présence des femmes à la Fiara. Ces dernières ont fait “des expositions intéressantes”, a-t-il dit. “Elles ont présenté différents plats à base de mil, maïs et même fonio “, a ajouté Sonko.

COLLECTIVITÉS TERRITORIALES : encore 5 jours de grève à partir de ce lundi

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Tract-Les travailleurs des collectivités territoriales ne démordent pas. L’Intersyndicale des Travailleurs des Collectivités Territoriales du Sénégal (ISTCTS) a annoncé une nouvelle série d’actions.Dans un communiqué parvenu à Tract, l’ISTCTS annonce avoir décrété « une grève de 120 heures, s’étalant sur cinq jours, du lundi 27 mai au vendredi 31 mai 2024. » Cette grève va s’étendre sur l’ensemble du territoire national, paralysant potentiellement de nombreux services publics locaux.Selon le communiqué, une conférence de presse est prévue le jeudi 30 mai à la Direction des Affaires Urbaines (DAU) à partir de 10 heures. Cette conférence permettra aux dirigeants syndicaux d’expliquer les raisons de la grève et de détailler les revendications des travailleurs des collectivités territoriales.Cependant, « la marche nationale initialement programmée pour le mardi 28 mai 2024 a été reportée à une date ultérieure », lit-on sur le document. L’ISTCTS promet de communiquer cette nouvelle date dès que possible.

[MBEUK MI] 7 migrants sénégalais périssent au large des côtes tunisiennes

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Tract-Le drame sans fin de la migration irrégulière se poursuit. Une pirogue de fortune partie du Port de Sfax, ville tunisienne, á destination de l’Italy dans la nuit du 15 au 16 mai dernier, avec á son bord 41 migrants de nationalité sénégalaise, a chaviré á quelques kilomètres des eaux international. Le bilan est lourd : 7 sept (7) personnes ont perdu la vie.Le chavirement s’est produit vers 6 heures du matin. Selon Boubacar Sèye de l’Horizon sans frontière qui donne l’information, les rescapés ont été arrêtés par la marine tunisienne avant d’être expulsés vers l’Algérie et la Lybie.Onze (11) parmi eux ont pu rejoindre leurs camarades dans le désert du Niger dans l’espoir d’être rapatriés au Sénégal.Ce qui porte à plus de 200, le nombre de jeunes sénégalais qui, depuis des semaines, demandent de l’aide aux nouvelles autorités sénégalaises, rappelle M.Sèye.

ATTAQUE ARMÉE À LÉFAKHO (KHOSSANTO) : Plusieurs millions emportés

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Tract-Un commando fort d’une dizaine d’individus a semé la terreur à Khossanto, précisément dans le village de Léfakho, hier vers 21 heures.Munis d’armes à feu, des individus se sont dirigés hier samedi au marché de Léfakho, où ils ont tiré en l’air et dépouillé un boutiquier de deux millions de francs Cfa, renseigne nos confrères de Rfm.En se retirant, ils ont tabassé un jeune homme qu’ils ont laissé avec quelques blessures.Alertés, les éléments de la brigade de gendarmerie de Khossanto ont rappliqué. Ils se sont déployés et ont amorcé des patrouilles pour mettre la main sur les malfaiteurs.L’enquête est en cours.

MALIKA : La 38e édition du « mariage collectif » est prévue ce 8 juin

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Tract-Célébrée chaque année avant la fête du mouton, la communauté Layéne notamment le Dahira ANSAROU LAHI DE MALIKA informe les fidèles que la 38 ème édition du mariage Collectif aura lieu le samedi 08 JUIN 2024 à partir de 15 heures à Malika.A cette occasion,les organisateurs tiennent à préciser les règles de cet évènement.« Le Mariage Collectif n’est ni un mariage arrangé, ni un mariage forcé. Quel que soit le nombre de mariage, chaque union est scéllée par un imam selon les régles établies par la charia », lit-on dans l’affiche publiée par les organisateurs.A rappeler que le consentement mutuel des concernés, l’accord des parents ainsi que la présence des tuteurs font partie des exigences pour les amoureux qui souhaitent prendre part à cet événement.La dot est fixée à 10.000 francs.

[REPORTAGE ‘TRACT’] LE TABAC ET LES ADULTES : Des fumeurs accros à la cigarette se confessent et font le récit de leur début 

TRACT – L’utilisation du tabac par les adultes est souvent causée par des raisons diverses où le fumeur pourrait être considéré comme une victime de son entourage. C’est du moins le constat que nous avons fait lors des entretiens que nous avons eu avec des fumeurs qui se considèrent accros. Si d’aucuns ont été influencés par leurs camarades d’écoles, d’autres, par contre, ont été influencés d’une façon irréfléchie par des membres de leur famille.Nous racontant son histoire, Malick Gueye, étudiant originaire de Thiès en Master 1 en Science juridique confie:“ J’ai commencé à fumer quand je faisais la classe de seconde. Avant je n’avais jamais imaginé fumer un jour mais dans mon groupe tout le monde fumait et comme on dit, les compagnons nous influencent parfois. Ils me passaient le reste de leurs cigarettes et je commençais à goûter peu à peu jusqu’à y être habitué. Maintenant je suis devenu un grand fumeur, je peux fumer jusqu’à 4 à 6 cigarettes par jour. Quand je ne suis pas en activité, c’est la cigarette qui me tient compagnie. Peut-être qu’un jour je vais arrêter mais pour le moment je n’y pense pas, fumer fait partie de moi maintenant, j’en ai besoin pour un bien être psychologique bien que je suis conscient que c’est pas bon pour la santé physique. Je fais régulièrement du sport mais je me rends compte que mes performances ne sont pas les mêmes quand je ne fume pas la journée. Je me sens plus léger, plus performant quand je ne fume pas avant d’aller aux entraînements contrairement à quand je fume une heure avant les entraînements. Je sais que la cigarette est nuisible pour la santé quand on en abuse comme c’est écrit sur le paquet mais toutes ces publicités, ces campagnes de sensibilisation ne nous aident pas à laisser la cigarette, elles n’ont pour le moment aucun effet sur nous”, nous a-t-il fait savoir.Quant à Saliou Gueye, étudiant en deuxième année en communication, ses débuts en tant que fumeur datent de plusieurs années alors qu’il était à l’école primaire:“ J’ai grandi dans une famille où mes grands frères et leurs amis fument. J’étais le plus jeune de la maison du coup c’est moi qu’ils envoyaient pour que j’aille les acheter de la cigarette à la boutique. Au début, le boutiquier de notre quartier refusait de me vendre de la cigarette jusqu’à ce qu’un de mes grands frères lui dise que c’est lui qui m’envoyait. Je ne fréquentais que mes grands frères qui étaient des références pour moi, je voulais être comme eux dans toute chose. Et un jour, je suis allé acheter de la cigarette pour moi sans le boutiquier ne se doutait que c’était pour moi, je commençais à fumer et ça me faisait grave toucher au premier tire mais peu à peu je m’y suis habitué. Mais le jour où ma mère a su que je fumais, j’ai été bastonné comme un âne et j’ai été privé de petit déjeuner pendant une semaine quand je partais à l’école. La punition avait fait son effet parce que j’avais carrément laissé la cigarette et ma mère avait ordonné à mes frères de ne plus jamais m’envoyer pour leur en chercher. Mais après quelque temps, j’ai recommencé avec des camarades de classe. On fuyait les cours et nous allions nous cacher dans une maison en construction pour fumer, loin du regard des yeux indiscrets. Et si je vous dis la vérité, mon plus grand regret c’est d’avoir eu à fumer un jour parce que je suis devenu accro et j’envie beaucoup les hommes lucides qui n’ont jamais fumé de leur vie”, regrette-t-il.Ancien grand fumeur, Omar Mbaye, âgé de 48 ans et qui a arrêté de fumer grace à sa femme, nous laisse entendre:“Vous ne trouverez certainement pas un fumeur aussi grand que je l’étais à l’époque. En 24 heures je pouvais finir un paquet et demi de cigarettes. Je ne pouvais pas rester plus de 30 minutes sans fumer et ça m’empêchait même de jeûner pendant le ramadan. Il m’arrivait de ressentir de la douleur au niveau de la poitrine mais à chaque fois je prenais du lait me disant que ça allait laver mon organisme. La première fois que ça m’est arrivé j’avais cru être atteint de cancer mais figurez-vous que ça ne m’a pas empêché de continuer de fumer en me disant que j’allais diminuer peu à peu jusqu’à laisser complètement la cigarette. Mais en réalité, c’est ma femme qui était à l’époque ma petite amie qui m’a aidé à laisser la cigarette grâce à un marabout sans que je ne sois au courant de ses manœuvres. Elle a toujours détesté me voir fumer et me disait qu’elle n’allait jamais m’épouser tant que je n’arrête pas de fumer. Et quand on avait programmé notre mariage, à peine une semaine avant, j’étais parti chez elle et dans ses habitudes, elle m’avait donné un verre de lait. Mais cette fois elle avait mélangé le lait avec quelque chose qu’un de ses oncles marabout lui avait donné lui disant que j’allais définitivement arrêter de fumer. Ce jour là, je vomissais comme pas possible et il n’y avait que du noir qui sortait. Et encore une fois, j’avais cru que c’était des signes d’un cancer. Mais elle m’a rassuré après en me disant ce qu’il en est. Je lui en voulais au début mais après j’ai fini par comprendre que c’était dans mon intérêt”, nous a-t-il avoué.Hadj Ludovic

Un prêtre sénégalais sauvagement tailladé à la machette sur le péage à Dalifort

Tract – Un prêtre sénégalais venu d’Espagne en vacances au Sénégal a été victime hier samedi d’une agression sauvage à hauteur de l’entrée de l’autoroute à péage, au niveau de Dakar, précisément à Dalifort. Les images parlent d’elles-mêmes. Reçu dans une structure de santé, il a une partie de son bras gauche recouvert de bandage et cette partie du corps a été immobilisée par le médecin traitant. Le pantalon qu’il portait est tacheté de sang témoignant de la violence de l’agression. L’agresseur armé d’une machette a profité de la panne de son véhicule pour l’attaquer sans ciller. Il a pris son portefeuille et a voulu prendre le portable dans sa poche, le prêtre a tenté de résister mais la machette lui a occasionné des blessures profondes au bras.

Le Pére François Diagne est spiritain originaire de Niakhar. Il a participé dernièrement au pèlerinage marial de Popenguine.

Le putschiste burkinabé montre la voie aux putschistes malien Assimi Goïta et nigérien Tiani : 5 ans de pouvoir de plus pour le capitaine-président Traoré

Tract – Les représentants des différentes couches de la société, chefs coutumiers, religieux, organisations de la société civile, partis politiques, forces de défense et de sécurité avaient rendez-vous pour faire un bilan de la transition depuis octobre 2022 et décider de la suite du processus. La rencontre, qui devait durer deux jours, s’est finalement achevée ce samedi après-midi.

La nouvelle version de la charte signée par le capitaine Ibrahim Traoré prévoit une transition de cinq ans, à partir du 2 juillet prochain. La première mouture du texte qui avait été soumise aux participants proposait « trois ans et demi », soit 42 mois. Ce sera finalement beaucoup plus, constate Rfi.

Des élections marquant la fin de cette période pourront néanmoins « être organisées avant cette échéance, si la situation sécuritaire le permet », précise le document. Le chef de l’État, le Premier ministre et le président de l’Assemblée législative pourront au passage être candidats aux élections présidentielle, législatives et municipales. Par ailleurs, le chef de l’État s’appelle désormais président du Faso, chef de l’État, chef suprême des armées.

Durant les débats, des centaines de manifestants soutenant le régime se sont rassemblés autour de la salle de conférence et ont tenté d’envahir les lieux où se tenaient les travaux. Ils voulaient qu’on accorde un mandat d’au moins dix ans au capitaine Ibrahim Traoré. Ils ont finalement été repoussés par les forces de sécurité.

Le ministre Emile Zerbo a jugé que les Burkinabè amorçaient « un tournant décisif » de leur histoire, nécessitant un sursaut patriotique pour réussir à reconquérir le territoire. « Nous amorçons un tournant décisif qui nécessite un sursaut patriotique pour réussir l’œuvre commune que vous avez confié à la transition. Les grandes épreuves forgent les grands hommes. Nous devons tous travailler à être des hommes qui marqueront l’histoire de notre pays », a-t-il dit.

Un nouvel organe, le Korag, sera mis en place. Sa mission sera de définir, suivre et contrôler la mise en œuvre de la vision stratégique du pays.

Dakar traditionnellement frondeuse : Où en sont les relations entre le Maire Barthélémy Dias et le Président Diomaye ?

Tract – La cohabitation entre la ville de Dakar, dirigée depuis 2009 par des maires issus de l’opposition, et l’État central a souvent été difficile. Si, avec Wade, Khalifa Sall avait théorisé la ‘’collaboration intelligente’’ pour dérouler ses projets en toute tranquillité, avec Macky Sall, les contentieux ont surtout débouché sur des poursuites judiciaires.

Un sujet embarrassant. Certains dans l’entourage du maire de Dakar n’ont pas du tout envie de l’aborder. Idem chez certaines voix de Pastef qui se refusent catégoriquement à tout commentaire. “Vraiment, vous les journalistes,

vous aimez les problèmes. En quoi cela vous regarde-t-il ? L’un est élu président de la République ; il déroule son programme. L’autre est maire ; il mène également ses activités. De quoi je me mêle ?”, peste cette collaboratrice du maire de Dakar. À la question de savoir où en est la demande d’audience adressée par le maire au président de la République, elle rétorque : “On y travaille. Mais pour le moment, si vous voulez écrire, dites : Alhamdoulilah ! Tout va très bien, Maacha’Allah. Vivement que la paix continue de régner au Sénégal”, commente-t-elle très taquine.

Nous avons fini par avoir le numéro du maire intérimaire qui s’est montré très disponible. À propos de l’audience qui a été introduite par l’édile de la capitale, Barthélemy Dias, le maire Pathé Ba déclare : “Pour l’instant, nous sommes toujours en attente des services du protocole de la présidence. Mais comme l’avait soulignait le maire, la ville est un déménagement de l’État. Par conséquent, nous sommes condamnés à travailler main dans la main pour la bonne marche de notre collectivité territoriale, au bénéfice exclusif de nos populations. C’est comme ça qu’il faut comprendre cette démarche.”

Contrairement aux appréhensions qui se fondent essentiellement sur le passé tumultueux entre les deux personnalités politiques, lui pense que chaque partie saura mettre en avant l’intérêt des citoyens. “Je pense que le président de la République va donner une suite favorable et que le moment venu, nous nous assiérons pour parler des problèmes de la ville de Dakar”, souligne le maire intérimaire.

Jusque-là, chacun reste dans son domaine, déroule tranquillement ses activités conformément aux principes qui régissent la décentralisation. De l’avis de ce représentant de l’État sous le couvert de l’anonymat, il n’y a pas de raison que cela aille autrement. “Le seul problème est que parfois, certains maires se comportent comme des opposants, alors qu’ils sont au pouvoir. Par exemple, pour la ville de Dakar, c’est Barth et Taxawu qui sont au pouvoir et les autres sont dans l’opposition. Quand celui qui est aux affaires veut se comporter comme s’il était dans l’opposition, ça pose problème”, met-il en garde.

À l’en croire, il est très tôt pour présager de ce qui va advenir des rapports entre la ville et l’État central. ‘Pour le moment, il n’y aucun dossier sur la table qui fait l’objet de contentieux. Là où l’État peut agir, c’est sur les finances. Si, par exemple, le maire ne respecte pas le Code des collectivités locales, l’État peut mettre son veto via le préfet”, informe la source, tout en se voulant optimiste sur la collaboration. “Nous sommes dans un État de droit. La mairie est un déménagement de l’État. Le maire est un agent de l’État. Si le maire joue le jeu, il peut ne pas avoir de problème. Maintenant, s’il va au bras de fer, cela peut être compliqué”, insiste-t-il.

Les attentes de Dakar

Au niveau de la ville de Dakar en tout cas, on reste focus sur l’essentiel. Pour le moment, on attend la suite de l’audience, mais on continue de dérouler un programme très ambitieux pour les Dakarois. Parmi les projets phares mis en oeuvre sans tambour ni trompette, il y a le Projet d’autonomisation des infrastructures et édifices publics en énergie photovoltaïque.

Selon le maire Pathé Mbengue, ce projet entre dans le cadre de la mise en oeuvre de la politique de transition écologique de la ville de Dakar. “Comme vous le savez, compte tenu de la fonction de la ville qui est une ville commerciale, une ville d’affaires, l’empreinte carbone est assez importante. Nous notons beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre au niveau de la ville. C’est pour cela que le maire avait, avec son équipe, souhaité mettre en place une politique qui nous permettrait d’aller vers une énergie propre”, a-t-il expliqué.

Le projet vise essentiellement à équiper en énergie photovoltaïque les établissements recevant du public : lieux de culte, édifices publics de l’administration de la ville… Le projet est déjà en marche avec le démarrage des installations au niveau de la cathédrale, des grandes mosquées de Liberté 3, des Parcelles-Assainies. Prochainement, le projet va être déployé à Masalikul Jinane, puis à la mosquée de la Divinité… “Au-delà de la réduction de l’empreinte carbone, c’est aussi un moyen de contribuer à l’allègement de la facture énergétique de ces édifices”, ajoute M. Mbengue.

Parmi les autres projets phares que la mairie déroule jusque-là sans couacs, c’est le projet de voirie dans certains quartiers de la capitale : Scat Urbam, Hamo, HLM Grand- Yoff, Khar Yalla, un projet d’un montant de 15 milliards que la ville compte dérouler sur trois ans. Sans parler des Jeux olympiques de la jeunesse pour lesquels la ville joue un rôle important au niveau du comité d’organisation.

Le maire intérimaire salue “l’étroite collaboration” qui a jusque-là prévalu, tout en espérant une accélération des travaux. “Nous y travaillons, dit-il, en étroite collaboration avec l’État central à travers le comité d’organisation qui est en train de travailler. Des sites ont été identifiés devant faire l’objet soit de réhabilitation soit de reconstruction. Quoi qu’il en soit, la ville se tient prête pour jouer sa partition pour qu’au finish, on puisse offrir à la jeunesse sénégalaise et africaine de beaux jeux. Nous y sommes résolument engagés”.

Dans cette optique, il y a un besoin urgent d’accélérer la cadence, pour rattraper le temps perdu. Car, selon le constat de M. Mbengue, oui, il y a des travaux qui tardent à décoller. Il en est ainsi de la réfection du stade Iba Mar Diop, de la piscine olympique, etc. “Mais, rassure-t-il, je pense que l’État est en train de prendre toutes les dispositions pour que ces jeux n’échappent pas au Sénégal et qu’ils puissent mettre ces infrastructures à la disposition de notre pays et de toute l’Afrique”.

De l’avis du maire, il faut une franche collaboration entre la ville et l’État central pour un bon fonctionnement du service. “Ce que nous attendons, c’est une franche collaboration avec l’État central, à travers ses services déconcentrés, à travers aussi ses services techniques, pour aider la ville à assoir des projets innovants, à aller de l’avant, mais aussi à simplifier le parcours des projets de la ville de Dakar pour améliorer les conditions et le cadre de vie des Dakarois. Je pense qu’il ne devrait y avoir aucun problème à ce niveau”, indique le maire intérimaire de la ville.

C’est en 2009 que Dakar a basculé dans le giron de ce qui était à l’époque Taxawu Dakar, devenu plus tard Taxawu Sénégal et dirigé par Khalifa Ababacar Sall. Depuis lors, Dakar résiste aux pouvoirs successifs. D’abord à Abdoulaye Wade, ensuite à Macky Sall. Aujourd’hui encore, en attendant de nouvelles élections, Dakar continue d’être contrôlée par Taxawu qui est dans l’opposition.

Cohabitation heurtée avec les pouvoirs

La cohabitation avec les pouvoirs n’a pas été toujours simple. Elle a débouché par moments, sur des issues extrêmes allant jusqu’à la radiation de maires sous le régime de Macky Sall qui, au terme d’une procédure judiciaire, avait fini par déchoir Khalifa Ababacar Sall de son fauteuil. Les relations s’étaient tellement détériorées sous Macky Sall que Khalifa disait avant même son emprisonnement en 2017 que “l’objectif du régime en place est de faire croire à la population dakaroise, le moment venu, que la mairie sous Khalifa n’a rien réalisé. Dès qu’on m’a prêté des ambitions (l’ambition de briguer le suffrage des Sénégalais pour la Présidentielle de 2019, NDLR), les problèmes se sont accumulés. Je commence à regretter le président Wade. On savait à quoi s’en tenir. Si on lui donnait des arguments convaincants, il nous laissait travailler”, disait-il lors d’une émission de “Ça Me Dit Mag” avec Pape Alé Niang.

Sous Wade, malgré quelques difficultés au début de la collaboration, les deux personnalités avaient fini par arrondir les angles à telle enseigne que certains les soupçonnaient de connivence. L’ancien maire de Dakar se défendait en théorisant “la collaboration intelligente” pour l’intérêt des Dakarois. “Il n’y a rien de suspect, disait-il. Il n’y a ni deal ni entente. Il est du pouvoir et je suis de l’opposition. Nous avons juste décidé de travailler intelligemment dans l’intérêt des populations”, se défendait l’ancien maire de Dakar.

Avec l’avènement de Bassirou Diomaye Diakhar Faye, on peut valablement s’interroger sur la nature des relations entre les deux responsables politiques. Vont-ils trouver un moyen de collaborer “intelligemment” comme entre Wade et Khalifa ? Iront-ils au contraire au clash comme Macky et Khalifa ?

Pour le moment, l’heure est plus à l’observation. Déjà, prévient un représentant de l’État, Barth est un peu affaibli, coincé, parce qu’il pèse sur sa tête une condamnation. “Il est là juste parce que l’État n’a pas demandé sa radiation. Macky Sall ne l’a pas fait ; tout dépend de l’attitude du nouveau président”.

En effet, insiste-t-il, il suffirait que le ministre chargé des collectivités territoriales fasse une demande dans ce sens et que le président prenne un décret pour qu’il soit déchu de ses fonctions. Une véritable épée de Damoclès sur la tête de l’édile de Dakar.

[L’INTERVIEW-DÉBALLAGE ANNUEL DE ROBERT BOURGI] ‘J’ai vu Amadou Bâ à Paris, meurtri par la défaite…Atepa m’a demandé le numéro de portable de Macky’

Tract – Avec lui, c’est toujours de petites anecdotes, de petits secrets. Parce que Robert Bourgi est très souvent dans le secret des dieux… africains et français notamment. Le célèbre et influent «Tonton Robert» de Karim, «ami» de Macky Sall, analyse les conditions du départ de ce dernier du Pouvoir, la défaite de son candidat, Amadou Ba, qu’il a rencontré récemment à Paris. Il revient aussi sur ses échanges avec Atépa et Macky Sall pour la libération de Diomaye et Sonko, un tandem dont l’élection relève de «l’irrationnel», et qu’il prévient par cette petite phrase : «le pouvoir change les hommes». Le Franco-sénégalais ne supporte pas la visite de Mélenchon à Dakar, une «erreur» de Sonko. Tendez l’oreille… Robert allume plusieurs… Bourgi à Questions directes, émission à suivre ce dimanche à 14h.

Comment analysez-vous la visite de Jean-Luc Mélenchon au Sénégal où il a été reçu par l’opposant Ousmane Sonko, mais aussi la polémique qu’il a laissée ici sur l’homosexualité ?

J’ai été surpris par la visite de M. Mélenchon à Dakar, l’invitation ayant été lancée par M. Ousmane Sonko. C’est une bonne chose que ce dernier ait manifesté sa reconnaissance. Seulement, il semble oublier aujourd’hui qu’il n’est plus un insoumis. Il est le chef du gouvernement de la République du Sénégal. S’il reste patron du Pastef, il est le numéro 2 du pays. Et le Sénégal est une République.

Il faut noter qu’il a précisé qu’il a reçu Jean-Luc Mélenchon en tant que chef de parti, pas en tant que Premier ministre.

Il ne peut pas, étant Premier ministre, recevoir un ami en tant que président du Pastef. J’aurais apprécié que M. Ousmane Sonko se garde d’inviter M. Mélenchon, parce que je sais qu’il est un homme intelligent et avisé, et donc il devait savoir que M. Mélenchon, on ne le muselle pas. Je pense que c’est là une erreur de M. Sonko.

Oui, mais il a expliqué que cette visite est motivée par le soutien constant de Mélenchon contre la répression du Pastef par le régime de Macky Sall, alors que Macron soutenait ce dernier.

Je suis surpris d’entendre cela de droite ou de gauche. Le Président Macron, dont je ne suis pas l’allié, n’est pas resté insensible à ce qui se passait au Sénégal dans les périodes de troubles. Je sais que régulièrement Macron appelait le Président Macky Sall pour lui demander ce qui se passe au Sénégal, ce qu’il envisageait de faire. Souvent, il lui disait que les forces de l’ordre n’étaient pas très tendres face aux troubles occasionnés par les jeunes du Pastef. Et M. Sonko peut se souvenir que le Président Macron avait dépêché auprès de lui, au mois de décembre 2023, une conseillère de son cabinet, dans l’ignorance totale du Président Macky Sall. Pratique que j’ai dénoncée moi-même dans une interview dans un quotidien sénégalais. Donc, Mélenchon est arrivé à Dakar. Tant mieux pour lui. Seulement, il s’est trompé d’auditoire. Il y a une différence énorme entre dénoncer la violence de la répression du Président Macky Sall et des forces de l’ordre du Sénégal depuis la France et venir à Dakar, prôner les très bons côtés de Lgbt. C’est pour ça que je dis qu’il s’est trompé d’auditoire. J’ai écouté les propos de Mélenchon lorsqu’il a évoqué la question des Lgbt. Et au fond de moi-même, j’ai dit : «Mélenchon, il y a des choses qui ne se disent pas, qui ne se pensent pas au Sénégal».

A votre avis, quels étaient les enjeux de cette visite ?

Il n’y a aucun enjeu. Que représente monsieur Mélenchon sur le plan international ? Rien, rien, rien. Aujourd’hui, le Sénégal, à travers M. Diomaye Faye et M. Sonko, a besoin de soutien sur le plan international. Ils ont besoin de travailler avec les institutions financières internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire. Mais aussi avec les grands États. Que peut apporter Mélenchon au gouvernement du Sénégal ? Rien. Sinon les incantations, l’esclavage, l’exploitation de l’homme par l’homme, tout ça, nous le connaissons. Nous avons appris cela. Nos populations en ont souffert les siècles passés. Aujourd’hui, il s’agit de construire, de fortifier un État, d’établir des relations.

Il y a quand même une opinion en France qui écoute Mélenchon. Et l’opinion est importante dans les décisions des États…

Attendons de voir le résultat des élections européennes. M. Mélenchon et les Insoumis termineront à la 4e place, au mieux. Il a fait un bon score à la dernière Présidentielle. Je n’ai rien contre lui. J’ai battu le pavé moi-même aux côtés de Mélenchon pendant des années pour dénoncer la dictature d’Omar Bongo. Nous avons marché ensemble et j’ai de l’admiration pour cet homme. Mais, il va quelque fois trop loin et au point d’en abuser. Il aime déranger. Il est vrai que dans le passé, les premières visites des chefs d’Etat du Sénégal étaient dirigées vers la France. Vous parliez de la visite du Président Macky Sall. Quelques jours après l’élection du Président Macky Sall en 2012, le Président Sarkozy m’avait envoyé comme ami pour le féliciter. Il m’avait reçu chez lui. Il n’avait pas prêté serment et m’avait dit : «Grand frère, est-ce que tu peux dire à Nicolas qu’il me manque plus de 150 millions d’euros pour assurer la fin du mois». Je lui ai dit : «Il n’y a pas de problème, Président». Rentré à Paris le soir, j’en ai fait part au Président Sarkozy. Lequel, dans les 48 heures, avait mis à la disposition de l’Etat Sénégalais, donc de Macky Sall, 180 millions d’euros. Cela a validé la première visite du Président Macky Sall en France.

C’est cette manière de faire que déplorent les nouvelles autorités justement…

Je suis tout à fait d’accord avec les orientations nouvelles que prennent les nouveaux dirigeants africains, surtout de l’Ouest. Et je comprends tout à fait que le Président Diomaye Faye veuille inscrire les relations avec la France dans un tout autre contexte. Mais, il ne faut pas oublier quand même qu’à l’heure où nous nous parlons, la France est le premier partenaire du Sénégal. Quel est le pays au monde qui a des relations aussi fortes que celles de la France avec le Sénégal.

Les derniers chiffres contredisent cela. Les premiers partenaires du Sénégal, c’est la Chine, la Turquie… la France est en 3ème position ?

La France est toujours le premier partenaire. Mais, il faut que les dirigeants français sachent aujourd’hui que c’est la fin du primat français. La France est un partenaire parmi tant d’autres. Pour les bases militaires par exemple, c’est dans le mouvement général du monde que s’inscrit la fermeture des bases militaires en Afrique. Mais, en même temps que leur fermeture, il faut mettre fin aux accords de défense. Et d’ailleurs, c’est l’intention qu’à le Président Emmanuel Macron puisse qu’il vient de désigner l’excellent Jean Marie Bockel pour expliquer aux chefs d’Etat africains la nouvelle tournure que doit prendre l’Etat français lorsqu’il s’agit de base militaires. J’ai dit que lorsque l’on ferme des bases militaires, je ne vois pas l’utilité de maintenir les accords de défense. C’est ça la logique.

Vous êtes proche de Macky Sall et de Amadou Ba. On a senti des fissures entre les deux. A votre avis, qu’est-ce qui s’est passé ?

Certes, je suis un ami de Macky Sall. Mais, a-t-il changé de Premier ministre ? Non. Il a désigné le candidat Amadou Ba en toute conscience. Je sais qu’au niveau du parti présidentiel beaucoup de voix s’élevaient pour dénoncer le choix qui a été fait sur Amadou Ba pour conduire les forces du parti vers la victoire. Amadou Ba a perdu mais en ayant combattu courageusement, loyalement. Il est tombé mais le reproche que j’avais fait au Président Macky Sall, c’est de ne pas avoir pesé lourdement pour appeler les frondeurs, à savoir qu’il fallait s’unir autour d’Amadou Ba. C’est la raison pour laquelle la victoire de l’opposition ne m’a pas surpris.

Il y a eu aussi la volonté du Président Macky Sall de vouloir reporter les élections, des accusations de corruption contre des membres du Conseil constitutionnel et Amadou Ba…

Je n’ai jamais entendu Macky Sall dire quoi que ce soit dans ce sens. S’il a signé la décision de reporter ces élections, c’est parce qu’il y a justement ce que vous venez d’évoquer. Cela lui a valu une pluie de critiques nationale et internationale, le dépeignant comme un dictateur. Macky Sall n’est aucunement un dictateur. Le 14 juin dernier, avant qu’il ne le déclare officiellement, il m’avait dit : «Grand frère, il n’est pas question d’un 3e mandat, même si la Constitution me l’autorise. Je veux m’en aller et laisser la place à quelqu’un d’autre.

Mais la société civile considère qu’il y a une répression sanglante, que des jeunes ont été mis en prison ou ont perdu la vie. Ils disent que c’est la dictature de Macky Sall ?

Qui d’autre que Macky Sall a permis que deux opposants soient maintenant les dirigeants du pays ? Qui d’autre que Macky Sall a autorisé la libération de Ousmane Sonko, de Bassirou Diomaye Faye et de centaines de patriotes ? Qui pouvait l’obliger à le faire ? Il l’a fait en toute conscience et Pierre Atépa le sait très bien. Puisqu’il m’a appelé le 1er janvier 2024 pour me demander le numéro de portable de Macky Sall. Je lui ai dit : «Pierre, pourquoi ?» Il me dit : «J’ai l’idée d’amener le Président Macky Sall à être plus clément avec Sonko, Diomaye et les autres membres». J’ai appelé le Président Macky Sall le 1er janvier pour lui dire : «Président, je vous appelle parce que j’ai un coup de fil de Pierre Atépa. Il voudrait avoir votre numéro de portable et vous souhaiter bonne année». Un silence de 10 à 15 secondes, il m’a dit : «Grand frère, donne lui mon numéro de portable. Dis-lui que je lui pardonne ce qu’il m’a fait, comme je lui demande de me pardonner ce que je lui ai fait».

Robert Bourgi, dites-nous ce qui s’est passé pour que le Président Macky Sall change d’avis par rapport à Ousmane Sonko et à Bassirou Diomaye Faye ?

Je vais vous livrer le fond de la pensée du Président Macky Sall. Lorsqu’il a commencé à discuter avec Pierre Atépa Goudiaby et un autre politique sénégalais, je suis arrivé à Dakar et j’ai parlé avec Macky Sall. Il m’a dit : «Tu sais, grand frère, personne ne m’obligera jamais à faire ce que ma conscience m’interdit. Mais, j’ai décidé qu’il était temps de donner la parole à tout le peuple et de permettre à tous de concourir à la présidence».

Mais est-ce qu’il n’était pas persuadé que son candidat Amadou Ba n’avait aucune chance de remporter ces élections face à la Coalition «Diomaye Président» ?

Il n’y a pas que lui qui avait cette pensée. Celui qui vous parle qui a une estime énorme pour Amadou Ba, je savais très bien que les chances de succès étaient de l’autre côté, la jeunesse qui représente 64% de la population était totalement acquise à Diomaye et à Sonko. Et les résultats du 24 mars sont là, nous avons assisté à une victoire que je qualifierai en même temps de logique et d’irrationnel. Je suis un adepte du soufisme. Il y a dans cette élection de Diomaye une action d’une force transcendantale et j’ai envie de dire : «Yallah moo ko beugg !» (C’est la volonté divine). Voici un homme talentueux, qui commence le Ramadan en prison et qui le termine au Palais présidentiel. C’est quelque chose de fou et d’irrationnel.

Beaucoup estiment que Macky Sall a toujours des velléités de revenir au Sénégal, de se présenter en 2029 en conservant son parti l’Apr.

Mais, ce n’est un secret pour personne. Il l’a décidé, il l’a déclaré : «Je reste président de mon parti». Mais, depuis qu’il est parti, je l’ai souvent eu au téléphone, jamais il ne m’a dit qu’il voulait revenir. Mais mieux, à l’international, tant aux Usa qu’en France et dans ses entretiens téléphoniques, il n’a eu un seul propos contre le tandem Diomaye Sonko. Dieu sait qu’il est franc, sincère et loyal avec moi. Jamais il ne m’a dit qu’il veut redevenir président. Il y a Amadou Ba, le candidat qui était parti plus de deux mois après l’élection présidentielle, qui est rentré tout récemment. Il est en train de rencontrer un peu les gens de Benno bokk yaakaar avec qui il était. Il y a des spéculations. Est-ce qu’il va créer son propre parti ? Est-ce qu’il va rester à l’Apr ? Les gens estiment qu’aujourd’hui, Amadou Ba, peut-être, ne sait pas sur quel pied danser. Je vais vous confier quelque chose : J’ai vu Amadou Ba à Paris, il y a une quinzaine de jours. Et il avait à ses côtés son fidèle ministre de l’Éducation nationale (Ndlr : Cheikh Oumar Hann). J’ai vu un homme meurtri par l’échec. Et je me suis isolé avec lui pour lui dire : «Il faudrait que tu te ressaisisses, Amadou». Et il m’a dit : «Je vais rentrer au pays». Il ne m’a pas dit ce qu’il allait faire. Il est évident qu’il ne peut pas rester comme ça. Que voulez-vous qu’il fasse à 63 ans ? Rester en politique ? Mais aujourd’hui, je lui conseillerais de rester dans la ligne du président. C’est le seul qui reste, je parle de Macky Sall, à pouvoir maintenir en vie ce qui reste du parti présidentiel. Mais, aujourd’hui, face à Diomaye et Ousmane Sonko, il n’y a plus personne. C’est le désert. Sans doute, c’est la raison pour laquelle Macky Sall reste président du parti. Mais il ne m’a jamais dit qu’il comptait revenir en 2029. C’est un président qui est parti, mais qui est totalement loyal vis-à-vis de ceux qui, aujourd’hui, occupent le palais.

Sur le plan international, il y a l’avocat Juan Branco qui aurait décidé de porter plainte contre le Président Sall devant la Cpi pour crimes contre l’humanité. Qu’en dites-vous ?

Juan me fait rire. Il m’amuse. L’avocat, oui il est intelligent, mais il faudrait qu’il sache que les menaces de la Cpi ne sont rien. Je lui conseillerais d’acheter le livre des réalités. Au nom de quoi on enverrait Macky Sall à la Cpi ? Il parle des crimes qui ont été commis au Sénégal pendant les cinq ans. Il y a eu des répressions, des troubles à l’ordre public… Je ne veux pas passer l’éponge sur ce qui s’est passé, mais arrive le temps du pardon. Aujourd’hui, le vieux que je suis, qui aime ce pays, qui a accueilli mes pauvres parents, au début du siècle dernier, je conseillerais au Président Diomaye et au Premier ministre Sonko de recoudre le tissu social, de panser les plaies et de faire l’unité nationale.

Le pardon, oui, mais la justice dans tout ça…

Mais que la justice fasse son travail. Mais ne me parlez pas de Juan Branco, s’il vous plaît ! Nous parlons entre adultes et la politique est une chose trop sérieuse pour qu’elle soit contée par un enfant.

Vous, connaisseur des relations France-Afrique, êtes-vous persuadé que les relations entre le Sénégal et la France vont continuer sur le même rythme ?

Il faut que les relations politiques, économiques, sociales entre la France et le Sénégal, comme entre la France et les autres pays africains, épousent les temps nouveaux. C’est fini le temps du bilatéralisme, aujourd’hui, place au multilatéralisme. Et aujourd’hui, le Président Macron sait très bien, que c’est gagnant-gagnant. Fini le primat ! Fini la suzeraineté ! Certains estiment que la France tient beaucoup à ses relations africaines, surtout économiques, parce qu’elle est aujourd’hui dans une crise économique. Elle n’est plus ce qu’elle était en Europe. Certains même commencent à faire des railleries en disant que la France est devenue aujourd’hui une puissance africaine. Je n’irais pas jusque-là, mais la France, bien que l’on dise qu’elle est la 6ème puissance mondiale à cause des armements nucléaires, aujourd’hui elle est de second rang. Il y a la Chine, les Etats-Unis, et l’Allemagne et les autres pays. C’est un constat sévère pour mon pays, mais c’est la réalité.

Sonko disait quand il était dans l’opposition qu’il faut que la France lève son genou sur notre cou. C’est votre avis ?

Mais Sonko a tout à fait raison. Ce temps-là est révolu. Qu’il se rassure. Et vous savez très bien que même pendant la période des troubles, j’ai toujours eu des mots justes pour le Président Sonko. J’ai toujours dit qu’il était un homme intelligent, qui a du charisme, qui est éloquent, qui est intelligent. Mais le seul reproche que je lui faisais, c’est qu’il avait le verbe violent et même guerrier et au mépris des institutions. Aujourd’hui, le Sénégal a son tandem de valeur, mais j’en ai connu des tandems dans ma vie, en 50 années. Les tandems ne tiennent jamais longtemps. Je ne veux pas être un oiseau de mauvais augure.

Mais que dites-vous de ce tandem ?

Je souhaite que Diomaye et Ousmane, unis, travaillent en symbiose, en osmose totale. Mais les gens semblent oublier que Diomaye Faye est l’élu du peuple souverain et qu’Ousmane Sonko émane du seul décret présidentiel. Je pense que les gens vont comprendre ce que je viens de dire.

Vous pensez que Sonko et Diomaye vont éviter les pièges qui ont eu raison de beaucoup d’autres tandems en Afrique comme Blaise Compaoré et Sankara ?

Pensez au général Ghazouani et Aziz (Ndlr : en Mauritanie). Je souhaite que ce tandem résiste à tout. Je lui souhaite le succès. Mais le pouvoir change les hommes.