Dakar traditionnellement frondeuse : Où en sont les relations entre le Maire Barthélémy Dias et le Président Diomaye ?

Tract – La cohabitation entre la ville de Dakar, dirigée depuis 2009 par des maires issus de l’opposition, et l’État central a souvent été difficile. Si, avec Wade, Khalifa Sall avait théorisé la ‘’collaboration intelligente’’ pour dérouler ses projets en toute tranquillité, avec Macky Sall, les contentieux ont surtout débouché sur des poursuites judiciaires.

Un sujet embarrassant. Certains dans l’entourage du maire de Dakar n’ont pas du tout envie de l’aborder. Idem chez certaines voix de Pastef qui se refusent catégoriquement à tout commentaire. “Vraiment, vous les journalistes,

vous aimez les problèmes. En quoi cela vous regarde-t-il ? L’un est élu président de la République ; il déroule son programme. L’autre est maire ; il mène également ses activités. De quoi je me mêle ?”, peste cette collaboratrice du maire de Dakar. À la question de savoir où en est la demande d’audience adressée par le maire au président de la République, elle rétorque : “On y travaille. Mais pour le moment, si vous voulez écrire, dites : Alhamdoulilah ! Tout va très bien, Maacha’Allah. Vivement que la paix continue de régner au Sénégal”, commente-t-elle très taquine.

Nous avons fini par avoir le numéro du maire intérimaire qui s’est montré très disponible. À propos de l’audience qui a été introduite par l’édile de la capitale, Barthélemy Dias, le maire Pathé Ba déclare : “Pour l’instant, nous sommes toujours en attente des services du protocole de la présidence. Mais comme l’avait soulignait le maire, la ville est un déménagement de l’État. Par conséquent, nous sommes condamnés à travailler main dans la main pour la bonne marche de notre collectivité territoriale, au bénéfice exclusif de nos populations. C’est comme ça qu’il faut comprendre cette démarche.”

Contrairement aux appréhensions qui se fondent essentiellement sur le passé tumultueux entre les deux personnalités politiques, lui pense que chaque partie saura mettre en avant l’intérêt des citoyens. “Je pense que le président de la République va donner une suite favorable et que le moment venu, nous nous assiérons pour parler des problèmes de la ville de Dakar”, souligne le maire intérimaire.

Jusque-là, chacun reste dans son domaine, déroule tranquillement ses activités conformément aux principes qui régissent la décentralisation. De l’avis de ce représentant de l’État sous le couvert de l’anonymat, il n’y a pas de raison que cela aille autrement. “Le seul problème est que parfois, certains maires se comportent comme des opposants, alors qu’ils sont au pouvoir. Par exemple, pour la ville de Dakar, c’est Barth et Taxawu qui sont au pouvoir et les autres sont dans l’opposition. Quand celui qui est aux affaires veut se comporter comme s’il était dans l’opposition, ça pose problème”, met-il en garde.

À l’en croire, il est très tôt pour présager de ce qui va advenir des rapports entre la ville et l’État central. ‘Pour le moment, il n’y aucun dossier sur la table qui fait l’objet de contentieux. Là où l’État peut agir, c’est sur les finances. Si, par exemple, le maire ne respecte pas le Code des collectivités locales, l’État peut mettre son veto via le préfet”, informe la source, tout en se voulant optimiste sur la collaboration. “Nous sommes dans un État de droit. La mairie est un déménagement de l’État. Le maire est un agent de l’État. Si le maire joue le jeu, il peut ne pas avoir de problème. Maintenant, s’il va au bras de fer, cela peut être compliqué”, insiste-t-il.

Les attentes de Dakar

Au niveau de la ville de Dakar en tout cas, on reste focus sur l’essentiel. Pour le moment, on attend la suite de l’audience, mais on continue de dérouler un programme très ambitieux pour les Dakarois. Parmi les projets phares mis en oeuvre sans tambour ni trompette, il y a le Projet d’autonomisation des infrastructures et édifices publics en énergie photovoltaïque.

Selon le maire Pathé Mbengue, ce projet entre dans le cadre de la mise en oeuvre de la politique de transition écologique de la ville de Dakar. “Comme vous le savez, compte tenu de la fonction de la ville qui est une ville commerciale, une ville d’affaires, l’empreinte carbone est assez importante. Nous notons beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre au niveau de la ville. C’est pour cela que le maire avait, avec son équipe, souhaité mettre en place une politique qui nous permettrait d’aller vers une énergie propre”, a-t-il expliqué.

Le projet vise essentiellement à équiper en énergie photovoltaïque les établissements recevant du public : lieux de culte, édifices publics de l’administration de la ville… Le projet est déjà en marche avec le démarrage des installations au niveau de la cathédrale, des grandes mosquées de Liberté 3, des Parcelles-Assainies. Prochainement, le projet va être déployé à Masalikul Jinane, puis à la mosquée de la Divinité… “Au-delà de la réduction de l’empreinte carbone, c’est aussi un moyen de contribuer à l’allègement de la facture énergétique de ces édifices”, ajoute M. Mbengue.

Parmi les autres projets phares que la mairie déroule jusque-là sans couacs, c’est le projet de voirie dans certains quartiers de la capitale : Scat Urbam, Hamo, HLM Grand- Yoff, Khar Yalla, un projet d’un montant de 15 milliards que la ville compte dérouler sur trois ans. Sans parler des Jeux olympiques de la jeunesse pour lesquels la ville joue un rôle important au niveau du comité d’organisation.

Le maire intérimaire salue “l’étroite collaboration” qui a jusque-là prévalu, tout en espérant une accélération des travaux. “Nous y travaillons, dit-il, en étroite collaboration avec l’État central à travers le comité d’organisation qui est en train de travailler. Des sites ont été identifiés devant faire l’objet soit de réhabilitation soit de reconstruction. Quoi qu’il en soit, la ville se tient prête pour jouer sa partition pour qu’au finish, on puisse offrir à la jeunesse sénégalaise et africaine de beaux jeux. Nous y sommes résolument engagés”.

Dans cette optique, il y a un besoin urgent d’accélérer la cadence, pour rattraper le temps perdu. Car, selon le constat de M. Mbengue, oui, il y a des travaux qui tardent à décoller. Il en est ainsi de la réfection du stade Iba Mar Diop, de la piscine olympique, etc. “Mais, rassure-t-il, je pense que l’État est en train de prendre toutes les dispositions pour que ces jeux n’échappent pas au Sénégal et qu’ils puissent mettre ces infrastructures à la disposition de notre pays et de toute l’Afrique”.

De l’avis du maire, il faut une franche collaboration entre la ville et l’État central pour un bon fonctionnement du service. “Ce que nous attendons, c’est une franche collaboration avec l’État central, à travers ses services déconcentrés, à travers aussi ses services techniques, pour aider la ville à assoir des projets innovants, à aller de l’avant, mais aussi à simplifier le parcours des projets de la ville de Dakar pour améliorer les conditions et le cadre de vie des Dakarois. Je pense qu’il ne devrait y avoir aucun problème à ce niveau”, indique le maire intérimaire de la ville.

C’est en 2009 que Dakar a basculé dans le giron de ce qui était à l’époque Taxawu Dakar, devenu plus tard Taxawu Sénégal et dirigé par Khalifa Ababacar Sall. Depuis lors, Dakar résiste aux pouvoirs successifs. D’abord à Abdoulaye Wade, ensuite à Macky Sall. Aujourd’hui encore, en attendant de nouvelles élections, Dakar continue d’être contrôlée par Taxawu qui est dans l’opposition.

Cohabitation heurtée avec les pouvoirs

La cohabitation avec les pouvoirs n’a pas été toujours simple. Elle a débouché par moments, sur des issues extrêmes allant jusqu’à la radiation de maires sous le régime de Macky Sall qui, au terme d’une procédure judiciaire, avait fini par déchoir Khalifa Ababacar Sall de son fauteuil. Les relations s’étaient tellement détériorées sous Macky Sall que Khalifa disait avant même son emprisonnement en 2017 que “l’objectif du régime en place est de faire croire à la population dakaroise, le moment venu, que la mairie sous Khalifa n’a rien réalisé. Dès qu’on m’a prêté des ambitions (l’ambition de briguer le suffrage des Sénégalais pour la Présidentielle de 2019, NDLR), les problèmes se sont accumulés. Je commence à regretter le président Wade. On savait à quoi s’en tenir. Si on lui donnait des arguments convaincants, il nous laissait travailler”, disait-il lors d’une émission de “Ça Me Dit Mag” avec Pape Alé Niang.

Sous Wade, malgré quelques difficultés au début de la collaboration, les deux personnalités avaient fini par arrondir les angles à telle enseigne que certains les soupçonnaient de connivence. L’ancien maire de Dakar se défendait en théorisant “la collaboration intelligente” pour l’intérêt des Dakarois. “Il n’y a rien de suspect, disait-il. Il n’y a ni deal ni entente. Il est du pouvoir et je suis de l’opposition. Nous avons juste décidé de travailler intelligemment dans l’intérêt des populations”, se défendait l’ancien maire de Dakar.

Avec l’avènement de Bassirou Diomaye Diakhar Faye, on peut valablement s’interroger sur la nature des relations entre les deux responsables politiques. Vont-ils trouver un moyen de collaborer “intelligemment” comme entre Wade et Khalifa ? Iront-ils au contraire au clash comme Macky et Khalifa ?

Pour le moment, l’heure est plus à l’observation. Déjà, prévient un représentant de l’État, Barth est un peu affaibli, coincé, parce qu’il pèse sur sa tête une condamnation. “Il est là juste parce que l’État n’a pas demandé sa radiation. Macky Sall ne l’a pas fait ; tout dépend de l’attitude du nouveau président”.

En effet, insiste-t-il, il suffirait que le ministre chargé des collectivités territoriales fasse une demande dans ce sens et que le président prenne un décret pour qu’il soit déchu de ses fonctions. Une véritable épée de Damoclès sur la tête de l’édile de Dakar.

[L’INTERVIEW-DÉBALLAGE ANNUEL DE ROBERT BOURGI] ‘J’ai vu Amadou Bâ à Paris, meurtri par la défaite…Atepa m’a demandé le numéro de portable de Macky’

Tract – Avec lui, c’est toujours de petites anecdotes, de petits secrets. Parce que Robert Bourgi est très souvent dans le secret des dieux… africains et français notamment. Le célèbre et influent «Tonton Robert» de Karim, «ami» de Macky Sall, analyse les conditions du départ de ce dernier du Pouvoir, la défaite de son candidat, Amadou Ba, qu’il a rencontré récemment à Paris. Il revient aussi sur ses échanges avec Atépa et Macky Sall pour la libération de Diomaye et Sonko, un tandem dont l’élection relève de «l’irrationnel», et qu’il prévient par cette petite phrase : «le pouvoir change les hommes». Le Franco-sénégalais ne supporte pas la visite de Mélenchon à Dakar, une «erreur» de Sonko. Tendez l’oreille… Robert allume plusieurs… Bourgi à Questions directes, émission à suivre ce dimanche à 14h.

Comment analysez-vous la visite de Jean-Luc Mélenchon au Sénégal où il a été reçu par l’opposant Ousmane Sonko, mais aussi la polémique qu’il a laissée ici sur l’homosexualité ?

J’ai été surpris par la visite de M. Mélenchon à Dakar, l’invitation ayant été lancée par M. Ousmane Sonko. C’est une bonne chose que ce dernier ait manifesté sa reconnaissance. Seulement, il semble oublier aujourd’hui qu’il n’est plus un insoumis. Il est le chef du gouvernement de la République du Sénégal. S’il reste patron du Pastef, il est le numéro 2 du pays. Et le Sénégal est une République.

Il faut noter qu’il a précisé qu’il a reçu Jean-Luc Mélenchon en tant que chef de parti, pas en tant que Premier ministre.

Il ne peut pas, étant Premier ministre, recevoir un ami en tant que président du Pastef. J’aurais apprécié que M. Ousmane Sonko se garde d’inviter M. Mélenchon, parce que je sais qu’il est un homme intelligent et avisé, et donc il devait savoir que M. Mélenchon, on ne le muselle pas. Je pense que c’est là une erreur de M. Sonko.

Oui, mais il a expliqué que cette visite est motivée par le soutien constant de Mélenchon contre la répression du Pastef par le régime de Macky Sall, alors que Macron soutenait ce dernier.

Je suis surpris d’entendre cela de droite ou de gauche. Le Président Macron, dont je ne suis pas l’allié, n’est pas resté insensible à ce qui se passait au Sénégal dans les périodes de troubles. Je sais que régulièrement Macron appelait le Président Macky Sall pour lui demander ce qui se passe au Sénégal, ce qu’il envisageait de faire. Souvent, il lui disait que les forces de l’ordre n’étaient pas très tendres face aux troubles occasionnés par les jeunes du Pastef. Et M. Sonko peut se souvenir que le Président Macron avait dépêché auprès de lui, au mois de décembre 2023, une conseillère de son cabinet, dans l’ignorance totale du Président Macky Sall. Pratique que j’ai dénoncée moi-même dans une interview dans un quotidien sénégalais. Donc, Mélenchon est arrivé à Dakar. Tant mieux pour lui. Seulement, il s’est trompé d’auditoire. Il y a une différence énorme entre dénoncer la violence de la répression du Président Macky Sall et des forces de l’ordre du Sénégal depuis la France et venir à Dakar, prôner les très bons côtés de Lgbt. C’est pour ça que je dis qu’il s’est trompé d’auditoire. J’ai écouté les propos de Mélenchon lorsqu’il a évoqué la question des Lgbt. Et au fond de moi-même, j’ai dit : «Mélenchon, il y a des choses qui ne se disent pas, qui ne se pensent pas au Sénégal».

A votre avis, quels étaient les enjeux de cette visite ?

Il n’y a aucun enjeu. Que représente monsieur Mélenchon sur le plan international ? Rien, rien, rien. Aujourd’hui, le Sénégal, à travers M. Diomaye Faye et M. Sonko, a besoin de soutien sur le plan international. Ils ont besoin de travailler avec les institutions financières internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire. Mais aussi avec les grands États. Que peut apporter Mélenchon au gouvernement du Sénégal ? Rien. Sinon les incantations, l’esclavage, l’exploitation de l’homme par l’homme, tout ça, nous le connaissons. Nous avons appris cela. Nos populations en ont souffert les siècles passés. Aujourd’hui, il s’agit de construire, de fortifier un État, d’établir des relations.

Il y a quand même une opinion en France qui écoute Mélenchon. Et l’opinion est importante dans les décisions des États…

Attendons de voir le résultat des élections européennes. M. Mélenchon et les Insoumis termineront à la 4e place, au mieux. Il a fait un bon score à la dernière Présidentielle. Je n’ai rien contre lui. J’ai battu le pavé moi-même aux côtés de Mélenchon pendant des années pour dénoncer la dictature d’Omar Bongo. Nous avons marché ensemble et j’ai de l’admiration pour cet homme. Mais, il va quelque fois trop loin et au point d’en abuser. Il aime déranger. Il est vrai que dans le passé, les premières visites des chefs d’Etat du Sénégal étaient dirigées vers la France. Vous parliez de la visite du Président Macky Sall. Quelques jours après l’élection du Président Macky Sall en 2012, le Président Sarkozy m’avait envoyé comme ami pour le féliciter. Il m’avait reçu chez lui. Il n’avait pas prêté serment et m’avait dit : «Grand frère, est-ce que tu peux dire à Nicolas qu’il me manque plus de 150 millions d’euros pour assurer la fin du mois». Je lui ai dit : «Il n’y a pas de problème, Président». Rentré à Paris le soir, j’en ai fait part au Président Sarkozy. Lequel, dans les 48 heures, avait mis à la disposition de l’Etat Sénégalais, donc de Macky Sall, 180 millions d’euros. Cela a validé la première visite du Président Macky Sall en France.

C’est cette manière de faire que déplorent les nouvelles autorités justement…

Je suis tout à fait d’accord avec les orientations nouvelles que prennent les nouveaux dirigeants africains, surtout de l’Ouest. Et je comprends tout à fait que le Président Diomaye Faye veuille inscrire les relations avec la France dans un tout autre contexte. Mais, il ne faut pas oublier quand même qu’à l’heure où nous nous parlons, la France est le premier partenaire du Sénégal. Quel est le pays au monde qui a des relations aussi fortes que celles de la France avec le Sénégal.

Les derniers chiffres contredisent cela. Les premiers partenaires du Sénégal, c’est la Chine, la Turquie… la France est en 3ème position ?

La France est toujours le premier partenaire. Mais, il faut que les dirigeants français sachent aujourd’hui que c’est la fin du primat français. La France est un partenaire parmi tant d’autres. Pour les bases militaires par exemple, c’est dans le mouvement général du monde que s’inscrit la fermeture des bases militaires en Afrique. Mais, en même temps que leur fermeture, il faut mettre fin aux accords de défense. Et d’ailleurs, c’est l’intention qu’à le Président Emmanuel Macron puisse qu’il vient de désigner l’excellent Jean Marie Bockel pour expliquer aux chefs d’Etat africains la nouvelle tournure que doit prendre l’Etat français lorsqu’il s’agit de base militaires. J’ai dit que lorsque l’on ferme des bases militaires, je ne vois pas l’utilité de maintenir les accords de défense. C’est ça la logique.

Vous êtes proche de Macky Sall et de Amadou Ba. On a senti des fissures entre les deux. A votre avis, qu’est-ce qui s’est passé ?

Certes, je suis un ami de Macky Sall. Mais, a-t-il changé de Premier ministre ? Non. Il a désigné le candidat Amadou Ba en toute conscience. Je sais qu’au niveau du parti présidentiel beaucoup de voix s’élevaient pour dénoncer le choix qui a été fait sur Amadou Ba pour conduire les forces du parti vers la victoire. Amadou Ba a perdu mais en ayant combattu courageusement, loyalement. Il est tombé mais le reproche que j’avais fait au Président Macky Sall, c’est de ne pas avoir pesé lourdement pour appeler les frondeurs, à savoir qu’il fallait s’unir autour d’Amadou Ba. C’est la raison pour laquelle la victoire de l’opposition ne m’a pas surpris.

Il y a eu aussi la volonté du Président Macky Sall de vouloir reporter les élections, des accusations de corruption contre des membres du Conseil constitutionnel et Amadou Ba…

Je n’ai jamais entendu Macky Sall dire quoi que ce soit dans ce sens. S’il a signé la décision de reporter ces élections, c’est parce qu’il y a justement ce que vous venez d’évoquer. Cela lui a valu une pluie de critiques nationale et internationale, le dépeignant comme un dictateur. Macky Sall n’est aucunement un dictateur. Le 14 juin dernier, avant qu’il ne le déclare officiellement, il m’avait dit : «Grand frère, il n’est pas question d’un 3e mandat, même si la Constitution me l’autorise. Je veux m’en aller et laisser la place à quelqu’un d’autre.

Mais la société civile considère qu’il y a une répression sanglante, que des jeunes ont été mis en prison ou ont perdu la vie. Ils disent que c’est la dictature de Macky Sall ?

Qui d’autre que Macky Sall a permis que deux opposants soient maintenant les dirigeants du pays ? Qui d’autre que Macky Sall a autorisé la libération de Ousmane Sonko, de Bassirou Diomaye Faye et de centaines de patriotes ? Qui pouvait l’obliger à le faire ? Il l’a fait en toute conscience et Pierre Atépa le sait très bien. Puisqu’il m’a appelé le 1er janvier 2024 pour me demander le numéro de portable de Macky Sall. Je lui ai dit : «Pierre, pourquoi ?» Il me dit : «J’ai l’idée d’amener le Président Macky Sall à être plus clément avec Sonko, Diomaye et les autres membres». J’ai appelé le Président Macky Sall le 1er janvier pour lui dire : «Président, je vous appelle parce que j’ai un coup de fil de Pierre Atépa. Il voudrait avoir votre numéro de portable et vous souhaiter bonne année». Un silence de 10 à 15 secondes, il m’a dit : «Grand frère, donne lui mon numéro de portable. Dis-lui que je lui pardonne ce qu’il m’a fait, comme je lui demande de me pardonner ce que je lui ai fait».

Robert Bourgi, dites-nous ce qui s’est passé pour que le Président Macky Sall change d’avis par rapport à Ousmane Sonko et à Bassirou Diomaye Faye ?

Je vais vous livrer le fond de la pensée du Président Macky Sall. Lorsqu’il a commencé à discuter avec Pierre Atépa Goudiaby et un autre politique sénégalais, je suis arrivé à Dakar et j’ai parlé avec Macky Sall. Il m’a dit : «Tu sais, grand frère, personne ne m’obligera jamais à faire ce que ma conscience m’interdit. Mais, j’ai décidé qu’il était temps de donner la parole à tout le peuple et de permettre à tous de concourir à la présidence».

Mais est-ce qu’il n’était pas persuadé que son candidat Amadou Ba n’avait aucune chance de remporter ces élections face à la Coalition «Diomaye Président» ?

Il n’y a pas que lui qui avait cette pensée. Celui qui vous parle qui a une estime énorme pour Amadou Ba, je savais très bien que les chances de succès étaient de l’autre côté, la jeunesse qui représente 64% de la population était totalement acquise à Diomaye et à Sonko. Et les résultats du 24 mars sont là, nous avons assisté à une victoire que je qualifierai en même temps de logique et d’irrationnel. Je suis un adepte du soufisme. Il y a dans cette élection de Diomaye une action d’une force transcendantale et j’ai envie de dire : «Yallah moo ko beugg !» (C’est la volonté divine). Voici un homme talentueux, qui commence le Ramadan en prison et qui le termine au Palais présidentiel. C’est quelque chose de fou et d’irrationnel.

Beaucoup estiment que Macky Sall a toujours des velléités de revenir au Sénégal, de se présenter en 2029 en conservant son parti l’Apr.

Mais, ce n’est un secret pour personne. Il l’a décidé, il l’a déclaré : «Je reste président de mon parti». Mais, depuis qu’il est parti, je l’ai souvent eu au téléphone, jamais il ne m’a dit qu’il voulait revenir. Mais mieux, à l’international, tant aux Usa qu’en France et dans ses entretiens téléphoniques, il n’a eu un seul propos contre le tandem Diomaye Sonko. Dieu sait qu’il est franc, sincère et loyal avec moi. Jamais il ne m’a dit qu’il veut redevenir président. Il y a Amadou Ba, le candidat qui était parti plus de deux mois après l’élection présidentielle, qui est rentré tout récemment. Il est en train de rencontrer un peu les gens de Benno bokk yaakaar avec qui il était. Il y a des spéculations. Est-ce qu’il va créer son propre parti ? Est-ce qu’il va rester à l’Apr ? Les gens estiment qu’aujourd’hui, Amadou Ba, peut-être, ne sait pas sur quel pied danser. Je vais vous confier quelque chose : J’ai vu Amadou Ba à Paris, il y a une quinzaine de jours. Et il avait à ses côtés son fidèle ministre de l’Éducation nationale (Ndlr : Cheikh Oumar Hann). J’ai vu un homme meurtri par l’échec. Et je me suis isolé avec lui pour lui dire : «Il faudrait que tu te ressaisisses, Amadou». Et il m’a dit : «Je vais rentrer au pays». Il ne m’a pas dit ce qu’il allait faire. Il est évident qu’il ne peut pas rester comme ça. Que voulez-vous qu’il fasse à 63 ans ? Rester en politique ? Mais aujourd’hui, je lui conseillerais de rester dans la ligne du président. C’est le seul qui reste, je parle de Macky Sall, à pouvoir maintenir en vie ce qui reste du parti présidentiel. Mais, aujourd’hui, face à Diomaye et Ousmane Sonko, il n’y a plus personne. C’est le désert. Sans doute, c’est la raison pour laquelle Macky Sall reste président du parti. Mais il ne m’a jamais dit qu’il comptait revenir en 2029. C’est un président qui est parti, mais qui est totalement loyal vis-à-vis de ceux qui, aujourd’hui, occupent le palais.

Sur le plan international, il y a l’avocat Juan Branco qui aurait décidé de porter plainte contre le Président Sall devant la Cpi pour crimes contre l’humanité. Qu’en dites-vous ?

Juan me fait rire. Il m’amuse. L’avocat, oui il est intelligent, mais il faudrait qu’il sache que les menaces de la Cpi ne sont rien. Je lui conseillerais d’acheter le livre des réalités. Au nom de quoi on enverrait Macky Sall à la Cpi ? Il parle des crimes qui ont été commis au Sénégal pendant les cinq ans. Il y a eu des répressions, des troubles à l’ordre public… Je ne veux pas passer l’éponge sur ce qui s’est passé, mais arrive le temps du pardon. Aujourd’hui, le vieux que je suis, qui aime ce pays, qui a accueilli mes pauvres parents, au début du siècle dernier, je conseillerais au Président Diomaye et au Premier ministre Sonko de recoudre le tissu social, de panser les plaies et de faire l’unité nationale.

Le pardon, oui, mais la justice dans tout ça…

Mais que la justice fasse son travail. Mais ne me parlez pas de Juan Branco, s’il vous plaît ! Nous parlons entre adultes et la politique est une chose trop sérieuse pour qu’elle soit contée par un enfant.

Vous, connaisseur des relations France-Afrique, êtes-vous persuadé que les relations entre le Sénégal et la France vont continuer sur le même rythme ?

Il faut que les relations politiques, économiques, sociales entre la France et le Sénégal, comme entre la France et les autres pays africains, épousent les temps nouveaux. C’est fini le temps du bilatéralisme, aujourd’hui, place au multilatéralisme. Et aujourd’hui, le Président Macron sait très bien, que c’est gagnant-gagnant. Fini le primat ! Fini la suzeraineté ! Certains estiment que la France tient beaucoup à ses relations africaines, surtout économiques, parce qu’elle est aujourd’hui dans une crise économique. Elle n’est plus ce qu’elle était en Europe. Certains même commencent à faire des railleries en disant que la France est devenue aujourd’hui une puissance africaine. Je n’irais pas jusque-là, mais la France, bien que l’on dise qu’elle est la 6ème puissance mondiale à cause des armements nucléaires, aujourd’hui elle est de second rang. Il y a la Chine, les Etats-Unis, et l’Allemagne et les autres pays. C’est un constat sévère pour mon pays, mais c’est la réalité.

Sonko disait quand il était dans l’opposition qu’il faut que la France lève son genou sur notre cou. C’est votre avis ?

Mais Sonko a tout à fait raison. Ce temps-là est révolu. Qu’il se rassure. Et vous savez très bien que même pendant la période des troubles, j’ai toujours eu des mots justes pour le Président Sonko. J’ai toujours dit qu’il était un homme intelligent, qui a du charisme, qui est éloquent, qui est intelligent. Mais le seul reproche que je lui faisais, c’est qu’il avait le verbe violent et même guerrier et au mépris des institutions. Aujourd’hui, le Sénégal a son tandem de valeur, mais j’en ai connu des tandems dans ma vie, en 50 années. Les tandems ne tiennent jamais longtemps. Je ne veux pas être un oiseau de mauvais augure.

Mais que dites-vous de ce tandem ?

Je souhaite que Diomaye et Ousmane, unis, travaillent en symbiose, en osmose totale. Mais les gens semblent oublier que Diomaye Faye est l’élu du peuple souverain et qu’Ousmane Sonko émane du seul décret présidentiel. Je pense que les gens vont comprendre ce que je viens de dire.

Vous pensez que Sonko et Diomaye vont éviter les pièges qui ont eu raison de beaucoup d’autres tandems en Afrique comme Blaise Compaoré et Sankara ?

Pensez au général Ghazouani et Aziz (Ndlr : en Mauritanie). Je souhaite que ce tandem résiste à tout. Je lui souhaite le succès. Mais le pouvoir change les hommes.

Un douanier sénégalais de 36 ans meurt d’une balle dans la tête

Tract – Un douanier, âgé de 36 ans, qui était en service à Koumpentoum, a perdu la vie d’une balle dans la tête.Birame Djiba a été retrouvé mort chez lui à la commune de Koumpentoum. Il a perdu la vie d’une balle dans la tête.Selon des sources proches de l’enquête, c’est à sa descente de garde, aux environs de 13 heures, hier samedi 25 mai, que les choses se sont passées. Il se serait tiré une balle dans la tête.Son corps a été retrouvé dans une mare de sang. La gendarmerie, qui a été alertée, a dépêché une équipe sur place pour constater les faits. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes du décès.

[TRIBUNE] L’homosexualité sénégalaise informelle dans le passé, est devenue une stratégie mondialisée officialisée (Par Makhtar Diouf)

Tract – Au Sénégal la question de l’homosexualité et du lesbianisme (Lgbt) défraie la chronique depuis quelque temps. Surtout depuis la visite de Jean-Luc Mélenchon. Un bref retour en arrière s’impose.

Homosexuels d’hier et homosexuels d’aujourd’hui au Sénégal

la période coloniale et dans les 30 premières années de l’indépendance, à Dakar, les homosexuels ont pignon sur rue. Ils ne rasent pas les rues. Ils ne se cachent pas. Ils s’affichent publiquement, s’assument pleinement. Ils viennent danser dans les séances de tam tam organisées par des femmes et en organisent aussi, de même que des séances de tann beer et de simb (faux lion). Des homosexuels brillent comme footballeurs dans des clubs du championnat de football de Dakar. A l’angle des rues 6 et 15 dans la Médina, un homosexuel gère un restaurant jamais boycotté. Ces homos ne sont pas alphabétisés et occupent des emplois modestes. Etant célibataires, ils se retrouvent dans leurs milieux appelés mbootaay et ne répugnent pas à la bagarre avec violence si quelqu’un leur manque de respect. L’homosexualité est alors non seulement tolérée mais acceptée. Mon quartier de la Gueule Tapée compte pas moins de 5 homos bien connus dont je me rappelle les noms sans les dévoiler, car ils ne sont plus de ce monde. Surtout qu’en prenant de l’âge, ils se sont repentis et normalisés. Un coopérant français conseiller attitré à la Présidence de la République sous Senghor était connu pour son homosexualité dont il n’a jamais fait mystère. Les homosexuels sénégalais d’aujourd’hui, sortis de l’école française, sont pour la plupart de hauts cadres de l’administration et du business, mariés et chefs de familles. Hors de tout soupçon, ces saay saay qui se cachent sont les produits aliénés du Lgbt occidental. Ils sont ragaillardis par le fait que des personnalités politiques françaises comme un ancien maire de Paris et l’actuel Premier ministre ont publiquement reconnu leur homosexualité.

L’Occident fait la promotion de l’homosexualité

Je dirai que l’homosexualité dans une période passée relevait de l’informel. Maintenant elle est devenue officialisée dans une stratégie planétaire avec la mondialisation. Ce qu’on appelle mondialisation n’est pas un processus historique inévitable. C’est un projet conçu au 19ème siècle en Angleterre et aux Etats-Unis. La colonisation en est partie intégrante. Depuis les années 1980, la mondialisation s’est enhardie grâce à deux phénomènes : l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et une laïcisation- athéisme avec une déchristianisation poussée dans les pays occidentaux.

 L’Afrique et l’Amérique latine sont maintenant les bastions du Christianisme dans le monde. Le volet le plus important de la mondialisation n’est pas l’économie, mais la culture. L’Occident cherche à embrigader l’ensemble du monde dans sa culture. Une seule culture doit prévaloir, celle de l’Occident.

L’ethnocentrisme culturel est l’attitude qui consiste à valoriser sa propre culture sur celle des autres, pour lui conférer une valeur universelle, pour en faire le centre de référence. L’ethnocentrisme culturel est la négation du relativisme culturel qui reconnaît l’existence d’aires culturelles différentes sur un même pied d’égalité. C’est en réaction contre l’ethnocentrisme que le philosophe français Roger Garaudy dira : L’Occident a confisqué l’universel. A partir de là il s’est cru autorisé à situer et à juger tous « les autres » en fonction de sa propre histoire, de ses fins et de ses valeurs (‘’Promesses de l’Islam’’, 1981, p. 157).

L’Occident a cherché à tirer parti de la vulnérabilité économique et financière de l’Afrique pour lui imposer ses valeurs culturelles au rang desquelles le Lgbt. Conscient que l’Islam peut constituer un rempart dans la partie Ouest de l’Afrique au-dessus du Sahara, il faut commencer par ce qui est supposé être le maillon le plus faible, l’Afrique Est-Sud chrétien. Mais quelle surprise et quelle déception !

 En Namibie indépendante en 1990, le Premier ministre Sam Nujoma autour de son slogan ‘’Une Namibie hétérosexuelle’’ déclare la guerre au Lgbt. Lors d’une interview avec une journaliste de la radio anglaise BBC il présente l’homosexualité comme une perversité des Blancs qui cherchent à l’imposer en Afrique et se propose de la déraciner. Il décide de refuser à des Lgbt d’entrer dans le pays, d’expulser ou d’emprisonner ses compatriotes qui cherchent à s’y adonner. La réaction ne se fait pas attendre de l’extérieur : La Namibie est un Etat totalitaire.

Deux autres chefs d’Etat de la sous-région Robert Mugabe au Zimbabwe et Noweri Museveni en Ouganda suivent la même démarche. En 2010 l’Ouganda est éligible auprès de la Banque mondiale à un prêt de 90 millions de dollars pour renforcer son système de santé. En 2014, Museveni promulgue la loi de criminalisation de Lgbt. La BM suspend le prêt sous prétexte que cette loi est anti-développement parce qu’elle prive le pays de travailleurs Lgbt qui constituent une force de travail utile, et que les multinationales vont répugner à venir investir dans le pays. La BM est soutenue par le Danemark, la Norvège, la Hollande et les Etats-Unis. Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry déclare que la loi anti-Lgbt est à l’image des lois antisémites des nazis et des lois de l’apartheid en Afrique du Sud. Il est facile de faire table rase de ces arguments : (1) Durant des années, le développement des pays africains a été perturbé par le Sida transmis par les rapports homosexuels ; le Sida est apparu pour la première fois dans les milieux homosexuels de New York et de Los Angeles (2) les multinationales investissent là où elles comptent faire des profits. (3) La Banque mondiale a enfreint ses propres statuts qui ne lui permettent pas de s’immiscer dans la politique intérieure des pays, confinée qu’elle est au seul domaine économique et financier. C’est là que l’on voit la véritable motivation ethnocentriste des Occidentaux en Afrique. Le Lgbt leur tient vraiment à cœur. C’est par leurs pressions financières que le nombre de pays à loi anti- Lgbt dans le monde est passé de 92 en 2006 à 71 en 2021. Mais dans l’ensemble de l’Afrique Nord et Sud, le nombre de pays anti-Lgbt est de l’ordre de 37.

Débat actuel sur l’homosexualité au Sénégal

Lors de la visite de Mélenchon ce 16 mai 2024, Ousmane Sonko dans son allocution, tout en restant courtois avec son invité, a insisté sur l’ancrage du Sénégal dans ses valeurs africaines et a critiqué le Lgbt. Mais au moment de conclure il a lâché cette phrase malheureuse : L’homosexualité est tolérée au Sénégal. Ce n’est plus le cas. C’est alors du pain bénit pour les naufragés du dimanche 24 mars : Sonko défend l’homosexualité. Ce qui n’est rien d’autre qu’un mensonge politicien revanchard. On ne doit pas faire de la politique avec des insultes. Le mensonge poussé trop loin comme ici devient une insulte. Cette dernière phrase de Sonko ne relève que du lapsus, c’est-à-dire un relâchement de la pensée à un moment donné, au point d’exprimer autre chose que ce qu’on voulait dire. Sans doute du fait de la fatigue en fin de discours. Mélenchon lui, sait que Sonko n’a pas défendu l’homosexualité.

Sur le problème de l’homosexualité, Sonko a été clair : Les velléités extérieures de nous imposer l’importation de modes de vie et de pensée contraires à nos valeurs risquent de constituer un nouveau casus belli. Le casus belli est une locution latine qui signifie un acte susceptible de motiver une déclaration de guerre. Les parties en opposition sont ici l’Occident et l’Afrique. Il ne peut être question de guerre, mais d’opposition culturelle, comme le précise Sonko. Il dit respecter le fait que la défense des minorités sexuelles soit érigée en débat prioritaire au sein des opinions occidentales. Mais dans des pays comme le Sénégal, cela soulève énormément de tensions et d’incompréhensions tant elle met face à face des cultures, des civilisations et des systèmes politiques à la vision diamétralement opposés ».

C’est cela défendre l’homosexualité ? Dans son allocution il a sans ménagement utilisé le terme wolof goor jiggen. N’oublions pas que Sonko avait envoyé un message de soutien au footballeur sénégalais Gana Guèye alors sociétaire du PSG, qui avait refusé de porter un maillot avec une effigie de propagande Lgbt. L’homosexualité n’a aucun avenir en Afrique et particulièrement au Sénégal. Les Sénégalais de toutes ethnies et de toutes confessions la combattent. Le premier garde-fou contre le Lgbt est la réprobation populaire.

Le Coran condamne l’homosexualité à travers l’histoire racontée du prophète Loth (psl), contemporain et neveu du prophète Ibrahim (Abraham, psl) (Coran 7 : 80 – 81 ; 26 : 165- 73 ; 27 : 55 ; 29 : 28-29). La Bible aussi (Genèse 19 : 30-36) condamne l’homosexualité. On apprend que les lieux de naissance de l’homosexualité sont les deux cités Sodome et Gomorrhe du côté de la mer morte entre la Jordanie et Israël. Ces deux cités ont bel et bien existé, ayant été détruites par une giboulée de pierres comme sanction divine, nous dit le Coran. Leurs sites ont été découverts à une période récente par l’archéologue américain Ron Wyatt. Ceci étant, il convient de s’atteler aux véritables problèmes de nature structurelle du pays, et en finir avec le débat sur l’homosexualité. Ce qui n’exclut pas la vigilance, mais il ne faut pas en faire un fonds de commerce.

[LA GRANDE INTERVIEW] PAPE SAMBA MBOUP, ex-Tonton Macoute d’Abdoulaye Wade, raconte ses 400 coups au PDS dont il est désormais retraité

LES CONFESSIONS INTIMES DE PAPE SAMBA MBOUP

Chef du protocole de Wade de 1988 à 2012 (puis chef de cabinet une fois Wade devenu Président), Pape Samba Mboup revient sur son parcours parsemé d’embûches. Ses déboires, ses succès, son départ de l’enseignement, son périlleux voyage vers la Côte d’Ivoire en 1987..;

Chef du protocole de Wade de 1988 à 2012, Pape Samba Mboup revient sur son parcours parsemé d’embûches. Ses déboires, ses succès, son départ de l’enseignement, son périlleux voyage vers la Côte d’Ivoire en 1987, sur invitation de son ami homme d’affaires Loum Diagne, ses rencontres avec Thomas Sankara, Norbert Zongo et Abdoulaye Wade… À plus de 80 ans, fraichement sorti d’un accident vasculaire cérébral qui a failli lui couter la vie, il fait sa grande confession et annonce sa retraite politique, dans le colonnes du quotidien Enquête.

Si vous aviez à conter aux jeunes générations qui est Pape Samba Mboup, que leur diriez-vous ?

Pape Samba Mboup est un instituteur de formation. J’ai servi dans l’enseignement pendant 20 ans, de 1963-1964 à 1984. J’ai servi à Wack Ngouna dans le Saloum, à Kotiari dans le Sénégal oriental, à Diannah Malary  dans le département de Sedhiou, à Tendième le village d’Émile Badiane et plusieurs autres villages dans le Sud, avant de finir ma carrière à Dakar. Je suis né à Ziguinchor où j’ai fait l’école primaire. Ensuite, mon père, qui était dans la magistrature, a été affecté à Tambacounda où j’ai eu le CEP et l’entrée en 6e en 1957. Je me rappelle la dictée qu’on nous avait donnée : ‘’La mort de Samba’’. Je pense que c’était Birago Diop l’auteur. Cette dictée, si on la donne aujourd’hui aux élèves de Brevet, ils ne pourront pas faire zéro faute (rires). Le système éducatif était vraiment très bon. Après l’entrée en 6e, j’ai été orienté au lycée Faidherbe, qui était avec Vanvo (lycée Van Vollenhoven, actuel Lamine Guèye) les meilleurs lycées du pays.

Par la suite, mon père a été affecté à Ouagadougou où j’ai fréquenté le lycée Zemba Kaboré. J’y ai fait la 5e et la 4e avant de rentrer et de rejoindre, en 1960, après l’indépendance, le lycée Djignabo (Ziguinchor). Par la suite, j’ai fait le lycée Vanvo où j’ai connu le général Mara, ancien médecin de la présidence.

Voilà un peu de manière très brève Pape Samba Mboup.

Pouvez-vous revenir sur les raisons qui vous ont poussé à quitter l’enseignement ?

J’ai quitté à cause de problèmes personnels, mais je préfère ne pas en parler. J’ai peut-être connu des erreurs dans ma jeunesse. J’ai tourné la page.

Qu’êtes-vous ensuite devenu après l’enseignement ?

Quand j’ai quitté l’enseignement, mon ami Loum Diagne, qui était en Côte d’Ivoire et qui y vendait des tracteurs, m’a appelé et m’a proposé de le rejoindre pour travailler avec lui. Sur le chemin de la Côte d’Ivoire, arrivé à Bamako, comme je n’avais pas d’argent, je suis allé à l’hôtel Joliba où l’on mettait des lits sur la terrasse. Tu mets ta valise sous le lit et tu dors. Le matin, il y avait des toilettes pour tout ce beau monde. Je suis resté là-bas quelques jours. Chaque matin, j’allais au marché où il y avait des commerçants sénégalais qui me donnaient des montres que je revendais. C’est avec le bénéfice que je subvenais à mes besoins, notamment les 1 500 F pour le lit d’hôtel. Le soir, après le travail, j’allais à l’hôtel Amitié pour écouter de la musique. C’est là-bas que j’ai rencontré le docteur Tiéoulé. Il est médecin, mais le soir il venait jouer de la guitare. Un homme bien qui m’appréciait beaucoup et on a tout de suite sympathisé. Quand il a su que je suis à Joliba, il m’a demandé de venir chez lui à Badalabougou. Sa femme était géologue, la petite sœur de sa femme Korotomi Coulibaly, qu’on appelait ‘’Kotchi’’, a joué dans le ‘’Niamanto’’, un film qui a été sélectionné pour le Fespaco. À l’époque, elle préparait un concours pour aller à la télévision malienne. Je lui ai donné un petit coup de main dans la préparation. Quand elle a su que je devais me rendre à Abidjan pour du travail, elle m’a dit : ‘’Mais pourquoi la Côte d’Ivoire ? Va au Burkina ; le PF (le président du Faso) est mon ami ; je vais vous mettre en rapport.’’ Je lui ai dit : mais comment pourrais-je le rencontrer pour lui remettre la lettre ? Elle m’a dit : ‘’Tu vas la donner à Norbert Zongo.’’ Et elle m’a donné de l’argent pour le voyage. C’était une famille formidable.

Je suis arrivé à Ouaga le lendemain au crépuscule et j’ai passé la nuit dans un hôtel situé à l’entrée de Ouaga.  Le lendemain, je suis arrivé chez Norbert vers 10 h. Quand je lui ai remis la lettre, il m’a dit : ‘’Ça tombe bien, car je dois manger avec le président.’’ Il m’a demandé de revenir à 15 h. Quand je suis revenu, Norbert m’a dit qu’il faut quitter l’hôtel, pour aller loger chez Mory Kané, un Malien qui était à la CEAO. Le soir, le PF est venu en R5 ; il conduisait seul. Je l’ai entendu dire : ‘’Il est où le petit Sénégalais ?’’ Après les salutations, il m’a pris et on est parti ensemble dans une boîte de nuit. À son arrivée, tout le monde scandait son nom et, par moments, il allait jouer. J’ai surtout été frappé par son degré de simplicité. Au bout de deux ou trois jours, il m’a dit qu’il devait présenter le discours révolutionnaire et qu’après il va voir ce que l’on peut faire ensemble. J’en ai profité pour aller en Côte d’Ivoire voir mon ami. Malheureusement, après avoir quitté, j’apprends qu’il a été tué. Je suis donc resté en Côte d’Ivoire deux mois.

Le premier jour en Côte d’Ivoire ?

Ça a été un peu difficile. Arrivé à Abidjan après ce long périple, je n’ai pu joindre mon ami Loum Diagne, parce qu’il était au Brésil d’où provenaient ses tracteurs, je ne pouvais pas débarquer comme ça chez lui. On m’a conseillé d’aller voir l’imam qui est sénégalais. Je suis allé le voir et il m’a dit qu’il n’a pas de place. Par la suite, on me demande d’aller à Keur Serigne bi. Là également, j’ai été éconduit sous le prétexte que c’était plein. Fatigué, je me dis : mais va à l’hôtel ! De toute façon, on ne demande pas de l’argent à l’entrée. Je suis arrivé, on me donne un document à remplir, je remplis et je rejoins ma chambre. Mais j’avais du mal à dormir cette nuit-là. Je me demandais comment j’allais faire. À un moment, je me suis rappelé qu’à Bignona, j’avais un collègue instituteur qui, par la suite, avait regagné Air Afrique et a été affecté à Abidjan. Seulement, je n’avais pas son numéro de téléphone. Il s’appelait Babacar Guèye. J’ai tenté ma chance en appelant le siège d’Air Afrique. J’avais le cœur qui battait la chamade. Quand on m’a dit : ‘’Ne quittez pas’’, j’ai soufflé. Il a pris le téléphone et il m’a dit : ‘’Bagolis’’ (surnom qu’on lui avait donné à Bignona). Je lui ai expliqué ce qui s’est passé et lui ai fait savoir que s’il ne vient pas, je vais me retrouver à la police. Il est venu, il a tout réglé et il m’a emmené chez lui à Marcoury où se trouvait aussi la société de Loum Diagne.  Quand il revenait de son travail, il venait me prendre et on allait dans les maquis pour prendre de l’atiéké ou du poulet braisé. C’était vraiment très bien. Une semaine après, Loum est venu. Il m’a proposé de venir chez lui. Je lui ai dit non parce que lui était très rangé. J’ai préféré rester avec Mbaye Guèye avec qui on a fait les 400 coups ensemble comme on dit. On était tout le temps ensemble. Comme je suis très famille, au  bout de deux mois, j’ai dit à Loum que je rentre.

Parlez-nous de votre rencontre avec le Parti démocratique sénégalais qui va fêter cette année ses 50 ans. Comment avez-vous connu ce parti et son chef Abdoulaye Wade ?

C’est en 1988 que j’ai effectivement rejoint le PDS, quatre ans après avoir quitté l’enseignement. Mais en 1978, quand j’étais directeur d’école à Dioulacolon dans le département de Kolda, j’ai eu à défendre le PDS sans même être intéressé par la politique. C’était la première élection de Wade. Le jour du vote, comme j’habitais dans l’école où il y avait deux bureaux de vote, Ndiassé Guèye, qui représentait le parti, m’a demandé de l’aider un peu au moment du dépouillement, parce que la plupart des mandataires n’étaient pas formés. Il m’a demandé de me présenter au niveau du bureau comme scrutateur. Malheureusement ou heureusement, dans ce bureau où j’étais scrutateur, le PDS a gagné et le président a interverti les résultats. Je suis allé dire à Ndiassé qu’ils ont gagné. En voyant que les résultats ont été changés, Ndiassé a arraché les PV des mains du président du bureau. Il les a donnés à quelqu’un qui devait les remettre à Boubacar Sall qui était superviseur à Kolda. Les gendarmes nous ont embarqués tous les deux à Kolda. Avant d’y aller, Ndiassé m’a fait une carte de militant pour me couvrir.  Le juge m’a demandé quels sont les résultats, puisque j’étais là. Je lui ai donné les bons chiffres. Après, ils ont voulu me faire signer d’autres PV ; j’ai refusé…

C’était ainsi mon premier contact avec le PDS. Mais c’était en 1988 que j’ai effectivement rejoint.

Qu’est-ce qui a été déterminant dans votre engagement militant ?

D’abord, j’étais fasciné par Abdoulaye Wade. En 1988, lors du meeting de clôture, j’y suis allé juste pour assister. Wade était flanqué de Dansokho, Bathily… Il avait fait un grand discours comme à son habitude. En concluant, il dit : ‘’Nous avons gagné, j’ai gagné. Mais comme je connais ces gens-là, ils vont encore créer des problèmes. Je donne donc rendez-vous à tout le monde à la permanence le lundi matin, lendemain du scrutin.’’ Le jour du scrutin, j’ai passé la journée dans les centres de vote, notamment à Grand-Yoff. À l’heure du dépouillement, je constate que Wade avait gagné presque partout. Grande a alors été ma surprise quand j’entends Sokhna Dieng donner à la télévision d’autres résultats. Je n’ai pas dormi cette nuit-là. Ça m’a fait très mal.

Le lendemain, je suis allé à la permanence. C’est la première fois que je vois le journaliste Mamadou Omar Ndiaye, qui était au journal ‘’Sopi’’ ; il prenait des notes. Je me suis mis à côté. Nous avons tous les deux été arrêtés avec beaucoup d’étudiants et on nous a emmenés au commissariat central. Le commissaire était très correct, à la limite paternel. Mais certains des éléments ont voulu raser les étudiants avec des tessons de bouteille. On s’est opposé Omar Ndiaye et moi. En prison, quand il s’est agi de choisir un chef de chambre, tout le monde m’a désigné. Je peux dire que c’est le premier grade que j’ai eu en politique : chef de chambre d’une cellule de prison. Grâce à ce statut, tout le monde voulait être ami avec moi, parce que tout passait par le chef. Omar Ndiaye m’a dit : ‘’Tu vois cette injustice que tu as subie ? Tu n’as rien fait, mais te voilà en prison. On se bat contre ces injustices.’’

À notre sortie de prison, c’est lui qui me présente à Abdoulaye Faye ; un homme formidable. Tout ce que j’ai eu, c’est grâce à lui (Abdoulaye Faye). Sa mère était la responsable des femmes de Dakar ; elle s’appelait Thioumby Thiam, une très grande dame. Elle était tellement contente et fière de nous, du combat qu’on a mené en 1988, qu’elle nous a emmenés voir Wade en prison. C’est pendant ce temps que j’ai connu Clédor Sène. Quand Wade est sorti de prison, il a fait de moi son chef du protocole, je l’ai été jusqu’en 2000. Meissa Niang, qui était jusque-là chef du protocole est devenu chef de convoi. J’ai été arrêté plusieurs autres fois parce que je ne fuyais jamais. Au pouvoir également, j’ai été son chef de cabinet. Il a eu à changer plusieurs fois de directeurs de cabinet, de secrétaires, de conseillers, mais il ne m’a jamais changé. Partout où on allait, c’est moi qui m’occupais des Sénégalais. Une fois, on a été en Alaska, dans une localité où il y avait un seul Sénégalais, j’ai tout fait pour le rencontrer. Même quand l’avion a failli tomber, j’étais avec lui. Tout le temps, on était ensemble.

Ah bon ? Parlez-nous un peu de cet épisode de l’incident de l’avion ?

On allait à La Mecque. On a fait escale à Palma de Majorque. Quand on a quitté l’aéroport, au bout de 30 minutes, un hublot a pété. Aussitôt, l’avion a piqué comme s’il allait tomber. Le ministre d’État Habib Sy – c’est mon ami – qui avait enlevé sa veste, l’a tout de suite remise. Certainement pour se protéger des requins (rires). Abdoulaye Wade est sorti de sa cabine et est venu nous regarder. À un moment, l’avion s’est stabilisé. Le colonel Madické Seck qui était le commandant de bord  nous a dit : ‘’Situation maîtrisée.’’ Il nous a expliqué qu’il fallait qu’il redescende parce qu’en haut, on risquait d’être éjecté. Il nous a expliqué que comme on vient de faire le plein, si on atterrit, cela peut provoquer un incendie. On a donc tourné pour vider un peu le kérosène. Ce soir-là, on a dormi dans l’avion. Wade a appelé son ami, le roi du Maroc qui, le lendemain, nous a envoyé un avion.

Durant ces nombreuses années que vous avez passées ensemble, qu’est-ce qui vous a le plus marqué chez l’homme Wade ? 

C’est un homme honnête, un grand intellectuel. Wade était un homme qui sait reconnaitre ses erreurs. Il est souvent arrivé que l’on soit en désaccord sur des questions, parce que moi je lui disais toujours la vérité. Mais après réflexion, quand il se rend compte que j’avais raison, il a l’humilité de revenir et de te dire tu avais raison. Aussi, il est profondément sénégalais ; le pouvoir ne l’a pas changé. Il aimait aller voir les gens, aller dans les baptêmes, dans les funérailles, partout. C’est pourquoi il avait cette relation particulière avec les Sénégalais qui l’aiment beaucoup. Ils se sont débarrassés de lui simplement parce qu’on leur a dit qu’il veut mettre son fils. Malheureusement, notre communication n’était pas bonne. Les gens ont laissé faire.

Vous parlez de Karim Wade. Souvent, il a été cité comme étant à l’origine de plusieurs départs au sein du PDS… Qu’en est-il, selon vous ?

L’erreur qu’il avait commise, c’est d’avoir créé au sein du parti la Génération du concret. Ce n’était pas intelligent de mettre une structure dans la structure.

D’aucuns lui ont reproché de n’avoir pas été là durant les temps de braise ? 

Ça, par contre, je pense que c’est une fausse accusation qui ne repose pas sur un fondement solide. Karim était jeune ; ensuite, il est parti poursuivre ses études en France, avant d’être recruté à la fin de ses études dans une banque. Pendant les vacances, il venait au Sénégal et il assistait aux manifestations quand il était là. On ne peut quand même pas lui reprocher cela.

Qu’est-ce qui oppose réellement Idy et Wade au point qu’il semble leur être impossible de se retrouver, vous qui avez été si proche de l’ancien président ?

Il était surtout reproché à Idy d’être trop pressé. Parce qu’aussi, il faut dire la vérité,  en 2000, quand on prenait le pouvoir, Wade avait 74 ans. Il avait dit qu’en 2007, il aurait 81 ans, il  avait promis qu’il allait se retirer pour donner le flambeau à Idy. Mais chemin faisant, son fils vient et a lui aussi des appétits. Je pense que le problème est venu de là. Moi, je n’étais pas d’accord avec la méthode utilisée par Karim. Je lui ai dit : ‘’Bats-toi dans le parti, mais pas en mettant une structure (la Génération du concret) au sein du parti. Et j’ai eu raison parce que ces gens ont été les premiers à l’abandonner pour aller chez Macky, à la perte du pouvoir. Idy lui en a voulu. D’ailleurs, quand Karim a été envoyé en prison, je suis allé personnellement le voir pour lui demander de revenir soutenir son père, il m’a dit : ‘’Sama gaume bi wereu gul’’ (Ma plaie ne s’est pas encore cicatrisée).

Quelle analyse faites-vous du score d’Idrissa Seck qui a fait moins de 2 % à la dernière Présidentielle ?

C’est parce qu’il a fréquenté celui qu’il ne devait pas fréquenter. Il avait sa place dans l’opposition, mais Macky l’a trompé. Lui-même me l’a dit dans son verger à Bandia avant l’élection. À l’époque, il était encore dans la mouvance présidentielle et il m’avait dit qu’il va quitter parce que Macky l’a trompé. Pendant la pandémie, il l’a appelé et lui a proposé de le rejoindre pour travailler avec lui. Macky avait promis à Idy de faire de lui le candidat de Benno en 2024. Malheureusement pour lui, il est tombé dans le piège. Il (Idy) m’a dit si Karim n’est pas candidat, il souhaiterait que le PDS soutienne sa candidature. Je lui ai donné mon accord de principe et j’avais commencé à travailler dans ce sens. Quelques jours après, je le vois tenir un discours en disant qu’il est pour des retrouvailles libérales, mais sans Abdoulaye Wade. Alors que c’est Wade qui a apporté le libéralisme en Afrique. Même les gens que j’avais commencé à mobiliser m’ont dit comment il peut vouloir l’électorat de Wade et insulter Wade ? Le projet était ainsi tombé à l’eau.

Macky Sall l’a donc utilisé et l’a jeté. Vous savez, Macky il est comme ça. Comme dans toute formation politique, il y a des affinités qui se forment. Macky était dans le même groupe que les Ousmane Masseck Ndiaye, Cheikh Tidiane Touré, Kader Sow, Baila Wane et Adama Ba. Il n’y a qu’Adama Ba qu’il a nommé PCA ; tout le reste, il les a trahis. Comme il a trahi Abdoulaye Wade, comme il a trahi Alioune Badara Cissé, Mimi Touré jusqu’à Amadou Ba. C’est dans son ADN. Il n’est pas fidèle en amitié.

Le 23 juin 2011, le poste de vice-président que Wade avait voulu créer avait suscité beaucoup de polémiques. On a pensé que c’était pour Karim. Qu’en était-il ?

En fait, nous avons eu des échanges sur la question avant même le 23 juin. Wade avait huit noms, toutes des femmes. Il voulait en vérité que le poste soit pour une femme. Lors de la réunion en comité restreint, plusieurs s’étaient dits favorables. Arrivé à moi, je dis non je ne suis pas d’accord. Après on a donné la parole à Pape Diop qui lui aussi a dit qu’il n’est pas d’accord. Madické Niang a dit la même chose et a donné des arguments de droit. Embarrassé, Wade se tourne vers Mamadou Seck qui était président de l’Assemblée nationale et lui demande le dossier pour complément d’information. Je ne peux pas en dire plus pour ne pas déflorer le secret d’État. Mais je connais celle à qui il voulait confier le poste. Je ne pas peux le dire cependant.

Perdre le pouvoir, est-ce chose facile, si l’on sait tous les privilèges qui vont avec ?

Pour moi, cela s’est passé le plus naturellement du monde, parce que le pouvoir ne m’est jamais monté à la tête. Même mes amis sont restés les mêmes ; ce sont d’anciens camarades de classe et anciens collègues instituteurs. Les autres que j’ai connus dans la politique et à la présidence, ils s’arrêtent au palais.

Aujourd’hui, encore je suis avec les mêmes amis, parce que ce qui nous liait, ce ne sont pas ces privilèges comme vous dites.

Si vous étiez le conseiller de Bassirou Diomaye Faye, que lui auriez-vous recommandé pour réussir là où vous aviez échoué ?

D’abord, je dois dire que je l’ai soutenu et je pense que cela a un peu influé sur la position du PDS. J’avais fait une déclaration pour demander aux amis du PDS qu’ils ne peuvent pas soutenir Macky Sall et sa bande qui les ont pourchassés et qui leur ont mené la vie dure, qu’ils avaient l’obligation de soutenir Diomaye. Et je pense que le message a été entendu. Maintenant, je  le conseille surtout de tout faire pour continuer d’être en de bons termes avec Sonko. Je donne le même conseil à Ousmane Sonko. Il faut qu’ils sachent qu’ils sont les deux yeux d’un même visage. Les gens feront tout pour les monter l’un contre l’autre ; ils ne doivent pas tomber dans ce piège. Ils doivent tout faire pour éviter les mauvaises langues qui, pour leurs intérêts personnels, vont essayer de les éloigner. Je leur dis aussi : il faut la reddition des comptes. Moi, je suis d’accord avec la réconciliation, mais après la vérité. Il faut que Diomaye et Sonko sachent que ces gens qui les ont plébiscités ont un grand espoir dans ce sens. Le pays est à l’envers, il faut le remettre à l’endroit. Cela prendra le temps que cela doit prendre.

Vous semblez en vouloir à Macky Sall alors que c’est vous-même qui l’avez soutenu en 2019 ? Qu’est-ce qui explique cette colère ?    

Non, je ne suis pas en colère. D’abord, je l’ai soutenu en 2019 parce que j’ai été exclu du PDS. Samuel Sarr est venu ici et il me l’a passé au téléphone. Il m’a dit: ‘’Toi, tu n’as plus de parti et moi je suis un libéral comme toi. Il faut donc venir pour qu’on travaille ensemble.’’ Bon, je l’ai rejoint. Encore une fois, j’ai été exclu du PDS et j’étais dans la rue. En le soutenant, je me suis rendu compte qu’on n’avait pas les mêmes préoccupations. Je lui ai toujours montré mon désaccord et j’ai dit non à chaque fois qu’il le fallait.

Vous dites être contre l’amnistie pour les crimes de sang, alors que votre régime a amnistié l’assassinat de Me Babacar Sèye dans lequel votre nom a été cité. N’est-ce pas contradictoire ? 

C’est Abdoulaye Wade qui a fait voter la loi d’amnistie. C’est lui qui sait pourquoi il l’a fait voter. Moi, je n’aime pas trop revenir dans cette affaire. Je pense qu’il faut laisser le grand juge reposer en paix. À sa famille aussi, on doit les laisser tranquilles. Il y a des choses plus urgentes à mon avis que de vouloir sans cesse ressasser cette affaire qui s’est passée il y a maintenant plus de 30 ans et qui n’avait pu être élucidée en son temps.

Cela ne montre-t-il pas que vous n’êtes pas à l’aise sur le sujet ?

Non du tout ! Je veux juste respecter la quiétude de cette famille. Moi, je n’ai rien à voir avec cette affaire. En fait, il y a beaucoup de confusions. C’est vrai que dans un premier temps, on m’a cité dans cette affaire, mais très vite on s’est rendu compte que je n’y suis pour rien. J’ai plutôt été arrêté à cause de l’affaire Nicolas Balique qui était le correspondant de RFI à Dakar. Un matin, il s’est levé et a dit que Wade a demandé la vice-présidence à Diouf. Wade était dans tous ses états et m’a demandé de l’appeler à sa maison, au Point E. Quand il est venu, Wade lui a dit : ‘’Comment vous avez pu écrire ça ? Vous êtes tous des corrompus, du directeur jusqu’au planton.’’ Il avait dit qu’il allait prendre son enregistreur pour venir prendre sa version. Wade lui a dit : ‘’Sors !’’ Il ne voulait pas sortir ; je l’ai pris par le collet et je l’ai foutu dehors en lui donnant un coup de pied au seuil de la porte. Les gens qui étaient là ont brûlé sa voiture. C’était trois mois avant l’affaire Me Babacar Sèye. Quand l’affaire Babacar Sèye s’est présentée, on m’a arrêté, mais ils se sont vite rendu compte que je n’avais rien à voir avec cette affaire. On m’a alors collé l’affaire Balique. J’ai été amené en prison pour cette affaire Balique. D’ailleurs, quand le juge m’a demandé pourquoi je lui ai donné un coup de pied, je lui ai dit : nous on ne connaissait pas les coups de pied, c’est leurs ancêtres qui nous ont appris le coup de pied. Je leur ai dit que vous devriez plutôt me remercier au lieu de me mettre en prison, parce que je vous ai tous vengés. Abdoulaye Wade a négocié avec RFI et ils ont fini par me laisser partir. J’ai laissé là-bas les autres.

Je voudrais enfin, si vous le permettez, profiter de l’occasion pour annoncer ma retraite politique. Entendons-nous bien : je suis un citoyen sénégalais, un notable dans ce pays. À chaque fois que j’en jugerai nécessaire, je pourrais donner mon point de vue sur tous les sujets, y compris la politique. Mais j’arrête l’engagement militant au service de partis politiques.

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Une rare photo de Caroline Faye le 29 octobre 1973 à Moscou lors du congrès mondial de la paix
Son nom semble tomber dans l’oubli et nombre de jeunes d’aujourd’hui ignorent la grande dame que fut Caroline Faye. Première femme sénégalaise choisie à différents postes nominatifs et électifs, ministre et député, elle apparaît comme la pionnière et la référence de toutes les femmes qui aspirent à plus de pouvoir dans la sphère politique au Sénégal et au-delà. Sa vie se conjugue au passé certes mais son vécu reste toujours une flamme qui illumine aux femmes la voie vers plus de pouvoir et convainc les plus grands phallocrates de la capacité de la Femme à diriger.Aujourd’hui le parcours de Caroline Faye peut ne plus impressionner comme avant puisque des femmes ministres et députés se comptent en dizaine au Sénégal et peut-être en centaine en Afrique. Mais si l’on remonte à la première décennie après l’indépendance du Sénégal, on se rendra compte que le statut de cette dame de convictions et de principes était plus qu’enviable. Caroline Faye aura fait toutes les stations, aussi bien en tant que membre du gouvernement qu’en tant que représentante du peuple. Son mérite réside par-dessus tout dans le fait qu’elle fût première femme députée du Sénégal et première femme ministre de toute l’Afrique.Un vécu dans l’enseignementNée en 1923, Caroline Faye est de la génération qui servira d’exemples et de modèles à la gente féminine. Après un parcours scolaire sanctionné par un diplôme en 1945, elle s’engage à l’instar de nombre d’intellectuels d’alors dans l’enseignement. Pour une femme, occuper un tel poste à cette époque-là n’était pas seulement un défi mais une grande responsabilité. Parce qu’à cette époque-là, le regard de la société sur la femme était d’un œil injuste, basé sur le sexisme et souvent sans fondements. A cette époque-là, la Femme était confinée dans les travaux ménagers et elle s’y plaisait ; ce qui réduisit sa compétence et son ingéniosité. C’est avec Caroline Faye donc que ces chaînes qui entravent la marche de la Femme ont été brisées. La hiérarchie est bousculée, l’ordre établi jusque-là défié et l’émancipation engagée. On aurait dit le type de femme instruite que raconte Mariama Ba dans sa longue lettre. Son vécu d’enseignante ayant roulé son bosse à Louga, Thiès, Matam et Mbour permettra à celle qu’on peut appeler La Pionnière d’être davantage attentive aux problèmes sociaux, économiques et culturels de son entourage. Cette situation va précipiter son entrée en politique alors qu’elle était en service à Mbour, en tant que directrice d’école entre 1951 et 1962. Son séjour à Mbour n’impactera pas que sur son destin en tant qu’agent de l’Etat ; c’est là que le sort la liera pour toujours à Demba Diop qui deviendra son époux en 1951.L’engagement politique face à des frères qui ne lui font pas cadeauParallèlement à son métier d’enseignante, Caroline Faye Diop s’impliquera aussi dans la politique en intégrant le Bloc démocratique sénégalais (Bds) de Senghor en 1945. Au fur et à mesure de l’évolution politique, elle fera partie des femmes ayant mis en place le mouvement féminin de l’Union progressiste sénégalaise (Ups) dont elle sera à la tête à partir de juin 1954. Cette présence active dans la scène politique sera couronnée par son élection comme député en 1963. Un évènement inédit. Caroline Faye devient ainsi la première femme députée du Sénégal ; elle siègera à l’Assemblée nationale jusqu’en 1978. Pendant son séjour parlementaire, elle occupe le poste de 4èmevice-présidente de l’institution. La présence d’une seule voix féminine au sein d’une assemblée de voix masculines ne peut constituer un réel poids. Mais celle de Caroline a compté lors du vote du Code de la famille, portant la voix de toutes les autres femmes aphones jusque-là. Sa détermination et son parcours montrent à toutes les femmes qui veulent s’identifier à elles qu’en politique rien ne s’offre ; tout s’arrache.Ministre des présidents Senghor et DioufAprès la parenthèse parlementaire, Caroline Faye Diop est promue dans l’attelage gouvernemental. Elle devient ainsi première femme ministre au Sénégal et en Afrique. C’est en 1978 qu’elle dirige le ministère de l’Action sociale ; puis elle devient ministre délégué auprès du premier ministre après l’avènement du président Abdou Diouf, entre 1981 et 1982. Le curriculum vitae de Caroline Faye Diop se renforce avec le portefeuille de ministre d’Etat de 1982 à 1983.Le passage à ces différents postes est marqué par des initiatives aussi pertinentes que diversifiées dont certaines vont dans le sens de promouvoir la Femme sénégalaise. Il s’agit surtout de la création des Groupements de promotions féminines, des allocations familiales pour les femmes et de façon générale le Code de la famille en tant que député. Caroline Faye Diop a dédié toute sa vie à la lutte pour l’émancipation de la femme, et au renforcement des capacités de la femme connu aujourd’hui sous le vocable de « women empowerment ».Caroline Faye Diop n’était pas une féministe dans le sens de militante pour l’égalité mathématique des genres ou la suprématie même de la femme sur l’homme. Mais son dévouement à la cause féminine l’a portée au-devant de tous les combats politiques impliquant les femmes de 1960 à 1992, date de sa mort. De l’émancipation de la femme sous le président Senghor à la loi sur la parité votée sous Wade, la trajectoire et le vécu de Caroline Faye ont servi de guide aux militantes des droits de la Femme au Sénégal.Ne serait-ce que pour cette raison, le nom de Caroline Faye ne mérite pas de tomber dans l’oubli. Même si à Mbour, son fief, un stade porte son nom, cette brave dame doit être plus présente dans nos réminiscences, en reconnaissance à son inestimable travail.

KOUMPENTOUM : Nouvelle saisie de centaines de kilos de cocaïne

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Tract-Une nouvelle grosse saisie de cocaïne au Sénégal. Elle a été effectuée par la brigade des Douanes de Koumpentoum. Il s’agit de centaines de kilos pour une contrevaleur de 21 milliards de francs Cfa.La nouvelle saisie, effectuée à Koumpentoum, a été réalisée la Brigade mobile des Douanes de la localité. Ces gabelous de la Région douanière du Sud-est, ont mis la main sur 264 kilogrammes de cette drogue. La saisie a eu lieu hier jeudi, vers 23h, selon un communiqué de presse des Douanes.La saisie a été opérée lors d’un contrôle routier portant sur un camion frigorifique immatriculé à l’étranger et en provenance d’un pays voisin. Ledit camion a fait l’objet d’un ciblage sur la base d’éléments pertinents. La drogue était dissimulée dans une cachette aménagée sous forme d’un réservoir de carburant.Mais ce subterfuge n’a pas échappé à la vigilance des agents des Douanes, puisque 228 plaquettes de cocaïne ont été découvertes dans le faux réservoir pour un poids total de 264 kilogrammes. La contrevaleur de la drogue saisie est estimée à plus 21 milliards de francs Cfa.Le communiqué de presse renseigne que deux personnes, dont un ressortissant d’un pays de la sous-région et un autre d’un pays nord-africain, ont été arrêtées au cours de l’opération.

PUBLICATION DES RAPPORTS DES CORPS DE CONTRÔLE: Il y’aura des « poursuites » selon le ministre de la Justice

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Tract – Les rapports rendus publics dernièrement par les corps de contrôle ne resteront pas sans suite. L’assurance est donnée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice lui-même. 

 «La plupart des corps de contrôle, à commencer par la Cour des comptes, dans leurs conclusions, ont demandé des poursuites. Il appartiendra aux organes de poursuite, en particulier les services du procureur de la République et du Parquet d’examiner les rapports au cas par cas, et d’apprécier la suite à donner », a notamment fait savoir Ousmane Diagne, dans un entretien avec l’Agence de presse sénégalaise (APS), publié ce vendredi.L’ancien procureur estime que « l’attitude la plus responsable est de laisser au juge de décider de la suite à donner à chaque affaire sans faiblesse et d’une façon tout à fait objective ».Car, a-t-il rassuré, « il n’y a pas de règlement de comptes ».« Il faut juste répondre de ses actes. Il faut que les personnes concernées puissent répondre des reproches et griefs qui sont formulés contre elles », ajoute-t-il.Le ministre de la Justice a, par ailleurs, tenu à rappeler que «la finalité d’un rapport, dès lors que ses auteurs préconisent des poursuites, ne saurait être que des poursuites qui seront initiées et confiées à des magistrats indépendants expérimentés appelés à décider de la suite à donner et éventuellement des peines à distribuer».

CONFÉRENCE ZIONS BANK: Macky Sall fait la promotion de ‘l’investissement en Afrique’

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Tract – Dans une publication sur sa page X, l’ancien Président du Sénégal, Macky Sall souligne avoir plaidé pour l’investissement en Afrique, lors de la conférence de Zions Bank. 

 «J’ai pris part ce 23 mai à Salt Lake City (Utah, USA) à la conférence de Zions Bank sur le commerce et l’investissement en compagnie des anciens Pdts G. Bush Jr des USA et Vicente Fox du Mexique, et de l ‘ancien PM du Canada S. Harper. J’ai fait un plaidoyer pour l’investissement en Afrique», a posté l’ancien Président du Sénégal.Il a aussi tenu à remercier le Gouverneur de Utah pour sa disponibilité à promouvoir le commerce en Afrique. «Je remercie le Gouverneur GovCox de Utah, le PDG de Zions Bank, La Fondation Stirling et la Chambre de commerce de Salt Lake City pour leur accueil et leur disponibilité à promouvoir le commerce et l’investissement avec l’Afrique», lit-on sur sa page X.

NOYADE À LA PLAGE DE MERMOZ : Le corps du lycéen toujours introuvable 48 heures après

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Tract-Quarante- huit heures après sa noyade à la plage de Mermoz, le corps du jeune lycéen est toujours introuvable.Ses parents, proches et amis sont dans le désarroi. Les appels à l’aide pour retrouver son corps fusent de partout. Dans ce cadre, les pêcheurs des plages de Soumbédioune, Ngor et Ouakam sont sollicités. » Ngor est une zone de plongeurs, nous sommes réputés pour l’être. D’ailleurs, les parents du jeunes lycéens qui s’est noyé à la plage de Mermoz sont venus me voir. Ils sollicitent notre aide pour retrouver le corps de leur fils. Et mon équipe et moi nous nous préparons à y aller juste après la prière du vendredi », nous avait confié un peu plutôt Diaga , un jeune pêcheur et plongeur de Ngor membre de l’union nationale des pêcheurs artisanaux (Unapas).