JUSTICE : Bah Diakhaté et Imam Cheikh Tidiane Ndao déférés ce mercredi !

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Tract-Interpellé par la Division des investigations criminelles (Dic) ce mardi matin, l’imam Cheikh Tidiane Ndao a été placé en position de garde à vue après son audition.Comme Bah Diakhaté, il est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles » et « offense contre une personne exerçant tout ou une partie des prérogatives du Président de la République ».Tous les deux seront finalement déférés au parquet ce mercredi, rapporte Libération Sénégal online.

[TRACT TV] Maurice Coulibaly & Ousseynou Nar Gueye : ‘Que diable va faire Gbagbo dans la galère de la présidentielle 2025 ?’

Tout à Tract – Édition du Mardi 21 Mai 2024
Bonjour à tous et bienvenue sur notre chaîne YouTube pour une nouvelle édition de « Tout à Tract » !
Aujourd’hui, vos éditorialistes Ousseynou Nar Gueye et Maurice Coulibaly vous apportent une analyse approfondie des sujets brûlants de l’actualité africaine.
Voici ce dont nous avons parlé ce mardi 21 mai 2024 :
Les relations se tendent entre le Niger et le Bénin depuis 2023
Depuis 2023, les relations entre le Niger et le Bénin traversent une période tumultueuse marquée par des perturbations économiques et politiques significatives. Le coup d’État au Niger en juillet 2023 et les sanctions de la CEDEAO ont durement impacté les échanges commerciaux. La levée de l’interdiction d’exportation de pétrole en mai 2024 et les négociations en cours, facilitées par l’Etat chinois, montrent des signes de réconciliation, malgré les tensions sécuritaires à la frontière.
Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara : Enjeux et Perspectives pour la Présidentielle Ivoirienne de 2025
Laurent Gbagbo conteste son exclusion de la liste électorale et réorganise le PPA-CI après des élections locales décevantes. Il vise à réformer les lois électorales pour plus d’équité. Alassane Ouattara, malgré la limitation constitutionnelle des mandats, pourrait être encouragé à se représenter, provoquant des tensions politiques mais promettant la continuité de son leadership pour la stabilité du pays.
Sénégal : Symphonie ou cacophonie dans le duo exécutif ?
Alors que Jean-Luc Mélenchon, figure politique française, rencontre Ousmane Sonko, président du PASTEF, occasionnant un tollé à l’Université sur un sujet clivant, celui de l’homosexualité ; Bassirou Diomaye Faye, Président de la République, poursuit sa tournée africaine, visitant des pays comme le Nigéria et le Ghana pour renforcer les liens diplomatiques et promouvoir la coopération bilatérale. Sans tambours, ni trompettes. L’activisme du premier ministre fait elle de l’ombre au président ?
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Merci de nous avoir rejoints pour cette édition de « Tout à Tract » et à très bientôt pour une nouvelle analyse de l’actualité africaine.

AFFAIRE KEUR YEURMANDÉ : Le dossier presque clos, Ndella Madior Diouf dépose une nouvelle demande de liberté provisoire

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Tract-Le dossier « Keur Yeurmandé » avance à grand pas. Le juge d’instruction a fini d’entendre toutes les personnes inculpées ainsi que celles susceptibles d’éclairer sa lanterne. La principale accusée, Ndella Madior Diouf, a alors déposé une nouvelle demande de mise en liberté provisoire. Selon Les Echos, c’est en fin de semaine, que les avocats de la mise en cause ont déposé la requête.Cette fois-ci, les espoirs de la patronne de la radio « Saphir Fm » portent sur le fait qu’elle a fini d’être entendue sur le fond. Lors de la première requête, tel n’était pas le cas. Aussi, toutes les personnes inculpées ainsi que celles susceptibles d’aider le juge dans son investigation ont été entendues par le magistrat instructeur.La directrice de l’établissement « Keur Yeurmandé » a été inculpée et placée sous mandat de dépôt en décembre dernier, par le juge Mamadou Seck pour les faits d’homicide involontaire, complicité dudit chef, traite de personne, exercice illégal de la profession de médecine, privation d’aliment à des enfants ou de soins ayant entrainé la mort, obtention illicite de certificat aux fins d’inhumation, mis en danger et exploitation d’une pouponnière sans autorisation.Dans cette rocambolesque affaire, d’autres personnes ont été inculpées et placées sous mandat de dépôt.

APR : Abdoulaye Diouf Sarr convoque la réunion des cadres

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Tract-Abdoulaye Diouf Sarr, coordinateur de la Convergence des Cadres Républicains (CCR), a convoqué ses camarades de parti pour une réunion.Selon nos confrères du journal Les Échos, cette rencontre est prévue pour jeudi prochain à partir de 18 heures au siège de l’Alliance pour la République (APR) à Mermoz.Parmi les sujets à l’ordre du jour, le quotidien rapporte qu’ils discuteront de la « situation politique nationale ainsi que celle du parti ».

PROPOS OUTRAGEANTS CONTRE SONKO : Après Bah Diakhaté, Imam Cheikh Tidiane Ndao arrêté

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Tract-La Division des investigations criminelles (Dic) poursuit les arrestations. Après avoir cueilli hier lundi, Bah Diakhaté, un activiste proche de l’ancien régime (Alliance pour la République, Apr), un autre vient de tomber. Il s’agit de l’Imam Cheikh Tidiane Ndao qui était activement recherché. Ce dernier aurait rebondi sur les propos jugés outrageants contre le Premier ministre Ousmane Sonko de Bah Diakhaté.Lundi, M. Diakhaté a été arrêté et placé en garde à vue. Face aux enquêteurs, il avait exigé la présence de ses avocats au rituel de questions-réponses des policiers. Ces derniers ont fini par accéder à sa requête. Un pool d’avocats constitué de Maîtres El Hadji Diouf, Amadou Sall, Badara Fall, et Antoine Mbengue, a été constitué pour sa défense.Selon Les Echos qui donne l’information, le mis en cause a maintenu ses propos contre Ousmane Sonko, devant les enquêteurs mais n’a fourni aucune preuve.Il est poursuivi pour offense contre une personne exerçant tout ou une partie des prérogatives du président de la République ( article 244 alinéa 2 du code pénal) et diffusion de fausses nouvelles ( articles 255 du code pénale).

Augmentation des salaires à tout va : Sonko appelle à «une discussion sérieuse sur la question»

(Tract)- Les augmentations de salaires et d’indemnités à tout va opérées par les régimes précédents dans des secteurs de la fonction publique posent problème selon le Premier ministre. Lors du Conseil interministériel de samedi sur la préparation des examens et concours, il a fait des propositions dans ce sens. «Souvent, on parle de rebasing budgétaire qui consiste à revoir ou à réaménager les bases sur lesquelles un budget est conçu et établi. Aujourd’hui, ce qui m’importe le plus, c’est le rebasing social. On ne peut pas aller vers des ruptures structurelles souhaitées si on reconduit systématiquement les mêmes modèles.

Ce qui est sûr, c’est que le système de rémunération dans la fonction publique je ne spécifie pas pour les enseignants- a été déchiré depuis les années 2000 avec une gestion démagogique consistant à une approche sectorielle d’ajouter et d’attendre que les autres crient au scandale pour négocier et prendre des engagements. On ne gère pas comme ça une masse salariale car, il y a des équilibres liés à des grades et à des fonctions qu’il faut respecter, selon Besbi.

Il faut qu’on ait le courage de revenir à une discussion sincère et sérieuse sur la question pour assainir et stabiliser définitivement cette problématique», a dit Ousmane Sonko. Il a donné l’exemple de la grève des agents des collectivités locales. «Comment pouvez-vous inscrire dans un texte qu’à chaque augmentation accordée aux agents de la fonction publique, cela doit profiter aux agents des collectivités locales alors que l’Etat ne transfère pas aux mairies les moyens qui doivent aller avec. Quelle est la mairie au Sénégal qui peut suivre le rythme ? Il n’y en a pas», a-t-il conclu.

Acte d’indiscipline sur la voie du Brt : Un camion conteneur fait des dégâts

(Tract)- Il est mis en circulation à moins d’une semaine, l’axe du Bus rapid transit (Brt), connait des actes d’indiscipline sont déjà notés. Ce, malgré la campagne de sensibilisation auprès des conducteurs et usagers de la route, sur les voies réservées à ce nouveau transport en commun. Un incident a eu lieu hier sur la route empruntée par le Brt à Liberté 6, en direction de Grand Yoff.

Un camion conteneur tente de forcer le passage, causants des dégâts matériels à cette station. Dans des vidéos amateurs largement partagées sur les réseaux sociaux, les témoins de la scène rapportent que le conducteur du camion a ignoré les signaux de circulation et a tenté de s’engager sur la voie du Brt.

Il faut rappeler que lors de la réunion préparatoire de la mise en circulation du Brt, le 13 mai, le gouverneur de Dakar avait averti. «Ce couloir est dédié au Brt, donc on n’acceptera point qu’un corps étranger puisse y évoluer. Et par rapport à cela, des instructions fermes ont été données et des dispositions claires, nettes et précises prises pour que ces choses là soient bannies et que véritablement qu’on évite des accidents», avait dit Alhassane Sall.

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«Offense au Premier ministre» L’activiste Bah Diakhaté arrêté

 (Tract)- «L’activiste Bah Diakhaté a été arrêté par la Dic pour avoir  tenu des propos injurieux  à l’endroit du Premier ministre, selon plusieurs sources. Mais l’homme, proche de l’ancien régime, a souvent pris des libertés dans ses «lives» sur sa chaine Baatou deugg. Cette fois-ci, dans son live, plus qu’avoir déclaré que Ousmane Sonko «défend et fait l’apologie de l’homosexualité», il l’accuse d’avoir commis des actes contre-nature. La charge est suffisamment lourde que l’activiste a pris les devants. «Nous sommes dans un Etat de droit, je suis clair et formel. Si j’ai offensé quelqu’un, que la justice fasse son travail», a-t-il conclu.

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[Tribune] ‘C’est quoi un magicien en management ?’ (I.Nour Eddine Diagne)

Tract – On a tendance à limiter le rôle du manager à la simple gestion des équipes, ce qu’il fait effectivement, mais pas dans la perspective d’une finalité. La finalité est la production de résultats.Pour cela, le manager organise des ressources pour les convertir en performance, alignée sur des objectifs découlant d’une stratégie construite sur la base de la vision de l’organisation.Ce modèle rationnel exige plus de la rigueur et un sens de l’organisation que du talent. C’est un univers où les ressources sont suffisantes, les aléa prévisibles et les données de pilotage disponibles et analysables.Celui dont on ne parle pas assez, c’est le Magicien. C’est quoi un magicien en management ?Dans le Management, le magicien c’est celui à qui on demande des résultats en le privant de ressources et en l’exposant à tout ce qui décourage.Le magicien n’est souvent pas conscient de son talent. Sa norme devient le contraire de la rationalité et son carburant la recherche d’impact. Le magicien n’a pas besoin de spectateurs car il ne recherche pas de l’approbation mais de l’impact.Souvent, le Magicien n’a pas besoin d’une autorité derrière lui car son amour du résultat est plus puissant que mille ordres qu’il recevrait.D’ailleurs, quand une organisation possède des magiciens, elle fait tout pour faire semblant de l’ignorer. La parabole, c’est lorsqu’on loge un hôte et qu’on ne le nourrit pas et que malgré tout, on constate qu’il ne meurt pas. On a alors peur de lui demander comment il fait car on ne veut pas recevoir une réponse qui nous obligerait à le nourrir alors qu’on veut garder le maximum de nourriture pour nous-même.Il y a plus de magiciens que de managers. La créativité, la résilience, l’agilité, la persévérance, la curiosité, l’humilité, l’audace et parfois l’esprit rebelle caractérisent le Magicien.Le Magicien est-il dangereux dans une organisation ? Bien sûr. Quand c’est le grand patron qui est le magicien ça passe. Autrement, le magicien dévore l’organisation tout en produisant des résultats. Il oblige à repenser toute l’organisation pour ne pas la voir imploser.Nous sommes pourtant dans un monde où sans magiciens, les organisations sont destinées à disparaître. Les mutations sont trop rapides et les fondations de la rationalité trop fragiles. La capacité de réaction d’une structure bien organisée est insuffisante pour braver une succession d’imprévus.Ce qui est rassurant, c’est qu à la base nous sommes tous nés magicien. Dans nos vies privées, nous pratiquons la magie tous les jours.La seule chose nuisible au magicien comme au manager, c’est l’excès. Excès de confiance, excès de confort, excès de mépris, excès de zèle, excès d’autorité, excès d’exigences, excès d’ego, excès…de tout.le temps des magiciens est venu. laissez les éclore et érigez vous en surveillant bienveillant à moins que vous ne soyez vous même le magicien.Ibrahima Nour Eddine DIAGNEAdministrateur de Gaïndé 2000
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‘Un plan d’action se mijote entre Pastef et La France Insoumise’ (Mélenchon)

Tract – « Retour du Sénégal » vDans l’ambiance d’une révolution citoyenne victorieuse au Sénégal, il faut s’imaginer ce qu’a été pour notre délégation insoumise ce temps, hors du commun. Sur place : la dynamique, l’enthousiasme, l’intervention citoyenne à tout propos. La joie ! Mais par connexion, le contraste avec l’ambiance pourrie de la France raciste et néocoloniale mobilisée dans les violences, les haines, les insultes et les menaces sur les Insoumis. La France…. et son écœurante caste officielle entièrement mobilisée pour l’invisibilisation du génocide des Palestiniens de Gaza. Quelle tristesse !Mais l’action permet de dépasser la démoralisation nauséeuse répandue par la France. Oui, heureusement l’action politique permet de garder espoir. Pour nous, depuis là-bas, c’était le suivi des meetings et des émissions de télé de la méthodique campagne européenne menée par Manon Aubry, l’action des milliers de groupes d’action insoumis et leurs porte-à-porte géants, la campagne de Younous Omarjee en Guyane et aux Antilles. Et bien sûr les échanges avec le groupe parlementaire que mène Mathilde Panot, à l’œuvre sur les dossiers brulants Nouvelle-Calédonie, fin de vie et loi de programmation agricole. Et chaque jour des manifs et rassemblements pour la fin du massacre à Rafah.Le Sénégal d’Ousmane Sonko, c’est une révolution citoyenne victorieuse. Elle a commencé dans l’ambiance d’une insurrection contre un pouvoir décidé à s’octroyer la possibilité d’un troisième mandat présidentiel. Pour cela, il n’hésita pas à agresser physiquement le peuple, emprisonner les chefs de l’opposition, tuer des manifestants, reporter les élections. En vain. Il s’effondra sous la pression de l’action du peuple, jamais relâchée. Il eut tout juste le temps de reconvoquer une élection présidentielle en dix jours ! Et elle fut gagnée dès le premier tour par le parti de l’insoumission sénégalaise : le Pastef d’Ousmane Sonko. Un parti dont le président était sous le coup de procédures judiciaires absurdes et diffamatoires, ainsi qu’une bonne partie de la direction du mouvement. Domestication de la justice et diffamation intense étaient devenues le quotidien de l’opposition dans les registres habituels des campagnes médiatiques contre les nôtres dans le monde entier : accusations d’antisémitisme, d’extrémisme islamique et, bien sûr, de terrorisme.Comme partout ailleurs, la « goche », d’abord alliée au Pastef, a rompu l’alliance au nom du « style » (« le problème c’est Sonko »). Elle a servi de tireur dans le dos en maintenant des candidats et en laissant dire les pires calomnies contre le Pastef. Pour finir, l’ancien maire de Dakar, candidat, a fait un score du type de son amie la maire de Paris : moins de deux pour cent. Toutes les nuances, « sensibilités » et autres pacotilles mondaines furent balayées. Pour se faire une idée, disons que cette ambiance de décomposition c’est celle qu’encourage l’entité politique « Libération » en France à chaque élection. Face à cela, Ousmane Sonko a maintenu contre vents et marées la « ligne de rupture ». Cette ligne, c’était celle du programme du Pastef. Elle est sur le fond et sur la forme très largement similaire à « l’Avenir en commun ».Ce n’est pas un phénomène isolé, cette révolution citoyenne sénégalaise ! Au contraire, elle est regardée avec passion par tous les peuples et nations africains. Le mouvement, commencé en Amérique latine pour répliquer aux politiques néolibérales qui avaient dévasté les sociétés du sous-continent américain, continué dans le Maghreb, avait déjà produit des effets au cours de la décennie dans l’Afrique subsaharienne comme au Soudan, au Burkina et au Mali par exemple. Mais ici, pour la première fois, l’insurrection débouche sur une victoire électorale et un programme complet. C’est pourquoi ceux qui ne veulent pas voir tout finir dans une impasse et une répression de type tunisienne ou soudanaise, ou bien dans les coups d’État type Mali, Burkina, etc. se tournent, pleins d’espoir, du côté de la méthode démocratique Sonko et son Pastef. Ce mouvement politique continental va s’approfondir en même temps que se creusent les conditions qui le provoquent.Le nombre des humains est le moteur de l’histoire. L’Europe vieillissante n’a pas idée de la dynamique qui soulève le continent africain, où aura lieu une naissance sur deux d’ici 2050. Dans le Sénégal actuel, 50 % de la population a moins de 19 ans et 70 % a moins de trente ans… L’adage dit : « Chaque génération est un peuple nouveau ». Connecté, urbanisé, alphabétisé, le « nouveau peuple africain » entre sur la scène de son histoire. La poussée démographique africaine achève de mettre en tension un système aux abois. Car le système est incapable d’inclure la nouvelle génération dans un quelconque projet d’avenir.Cette impuissance est le résultat d’un désastre organisé de longue main par les néolibéraux. À la fin du vingtième siècle, dans les années quatre-vingt, l’Afrique a servi de cahier de brouillon aux politiques dites « d’ajustement structurel ». Elles furent ensuite appliquées avec le même aveuglement féroce à la terre entière, dévastant nations et peuples. La logique à l’œuvre est bien connue : moins d’État et plus de marché. Formule se réduisant vite à plus simple : le marché remplace les services publics. Donc, pour cela, il faut détruire l’État et les services publics. À l’époque, là où l’État était naissant, là où les services publics commençaient seulement, le désastre fut complet. Du peu qu’il y avait, il ne resta rien. Et rien ne remplaça ce qui était détruit.Non seulement les PIB reculèrent, mais les différences entre pauvres s’accrurent. L’Asie pauvre, plus alphabétisée, moins démunie d’écoles, de routes, de voies ferrées et d’hôpitaux, résista. Et elle se releva. L’Afrique néocoloniale s’enfonça. Utilisée comme atelier du monde, l’Asie développa son activité en direction du marché mondial et s’inséra dans la division internationale du travail de l’ère de la mondialisation. L’Afrique, tournée encore largement vers son marché intérieur, accepta pourtant de s’ouvrir aux marchandises mondialisées. Elle se fit donc écraser et, pour finir, elle fut même remplacée sur son marché intérieur. C’est à ce désastre organisé que répondent les soubresauts politiques africains qui accompagnent le déploiement du nouveau siècle.Notre étude de la révolution citoyenne sénégalaise confirme point par point les thèses de « la théorie de l’ère du peuple et de la révolution citoyenne ». Dans les échanges, nos interlocuteurs le découvrirent avec une joyeuse surprise. Et nous aussi, autant le dire. Les phases de l’action (instituante, destituante), les outils de celle-ci (réseaux et boucles de messageries), rythmes et phases, transcroissance des revendications, tout y est comme dans plus de vingt cas étudiés dans mon livre « Faites mieux ». La même remarque vaut pour les formes et moyens d’action déployés par le parti-mouvement, le Pastef, lui-même par comparaison avec le mouvement insoumis (le vrai, pas celui que raconte la classe médiatique sur la base de ragots).Portées par une écrasante majorité de jeunes femmes et hommes, ces méthodes sont quasiment sans rapport avec le fonctionnement des partis traditionnels, notamment ceux de gauche. Gazeux, auto-organisé, il inclut d’amples zones floues où s’effacent les limites du mouvement et celles des structures de l’auto-organisation populaire. L’osmose dans l’action, ici, se combine avec la symbiose des organes de l’action concrète. Réseaux sociaux et méta-réseaux (un réseau de réseaux) forment la vraie trame de coordination au fil de l’action, chaque jour plus dense. Et cela jusqu’au détail. Au Sénégal aussi, chacun se faisait un devoir de « ne pas attendre les consignes ».Un plan d’action se mijote entre Pastef et France insoumise. Notre choix n’est pas d’être des « partis frères » style années soixante, mais des partenaires attelés à des « causes communes ». Il s’agit de construire une mobilisation des opinions sur des sujets délimités. Nous ne sommes pas identiques, parce que nos sociétés ne le sont pas. Nous partons de cette évidence pour éviter de la nier au prix d’abstractions qui finissent toujours mal. « Mal », cela veut dire dans la confusion, les malentendus et les bavardages. C’est d’un ensemble volontairement limité d’actions concrètes dont nous partirons donc. J’en réserve le récit au moment où les deux organisations en auront convenu noir sur blanc.La délégation insoumise était entièrement « fonctionnelle ». Cela veut dire que ses membres avaient tous une raison d’être là pour leur tâche. C’étaient Manuel Bompard (Bouches-du-Rhône) coordinateur du mouvement insoumis, Nadège Abomangoli (Seine-Saint-Denis), membre du bureau de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Arnaud Le Gall (Val-d’Oise), coordinateur international de LFI, Aurélien Taché (Val-d’Oise), rapporteur sur la francophonie à l’Assemblée nationale. L’agenda était dense. Nous étions répartis sur des tâches et rencontres diverses, publiques ou non. Une rencontre au sommet des deux organisations politiques a eu lieu dès le premier jour, regroupant une centaine de hauts cadres du Pastef, en présence d’Ousmane Sonko et du nouveau secrétaire général du parti Sinon, nous n’étions regroupés que pour les conférences dont le prononcé me revenait.La conférence à l’université publique de Dakar a été organisée à l’initiative d’Ousmane Sonko en tant que président du Pastef. C’était sa première expression publique depuis son élection. Son discours a donc fonctionné sur le mode d’une déclaration de politique générale. L’ambiance survoltée dans la salle s’explique par ce contexte. Pour ma part, j’en suis resté à la démonstration « théorique » initialement prévue. Car, dès lors que le Premier ministre s’exprimait en général, en incluant la relation avec la France, il va de soi que je ne pouvais pas être celui qui pouvait « répondre » sur les sujets qu’il soulèverait. L’ambiance dans la salle et autour d’elle était extrêmement ardente, engagée mais aussi bienveillante à notre égard. En nous situant comme « l’autre voix de la France », Ousmane Sonko a désamorcé les confusions de rôle qui auraient pu paralyser la rencontre.Quand on est entrés dans l’énoncé de nos divergences, l’exercice a été très sain car il a inauguré une autre façon d’avoir des relations internationales, non seulement moins formelles, mais plus ouvertes. Personne n’a plus besoin de faire semblant. Je ne m’attendais pas à l’évocation du sujet de la polygamie et des droits LGBT. La vidéo de ma réponse a beaucoup tourné. En France, et aussi au Sénégal. Je n’y ajoute rien. Il est clair qu’une majorité très nette de la salle ne partageait pas mon point de vue. Cependant j’ai eu le sentiment, en regardant les visages, que la réflexion avait aussi son chemin. Mais je veux témoigner du fait qu’il n’y eut jamais la moindre agressivité à ressentir. J’ai été formidablement accueilli et raccompagné dans la même ambiance amicale par les étudiants comme par Ousmane Sonko, enchantés de l’échange. Rien à voir avec la France et son ambiance de méchanceté, quand des commandos violents de type « Nous vivrons » ou de l’Union des étudiants juifs de France cherchent à pourrir l’ambiance des salles dans les facs.À l’école supérieure de commerce, l’ambiance était évidemment dans le ton et le style d’une conférence académique, et de ce point de vue je m’y trouvais plus à l’aise, car j’en revenais à la présentation de mon livre. Je pense mettre en forme le texte de ce prononcé pour en faire une brochure sur mon blog. En tous cas, ce fut aussi le moment d’une certaine solennité. Il y avait des étudiants de huit pays d’Afrique et divers patrons de multinationales. Peu banal, des ambassadeurs avaient tenu à être présents : Afrique du sud, Algérie, Arabie saoudite, Égypte, Maroc, Palestine, RDC, Tunisie. Lamentable, la France des interdictions et du sectarisme n’avait pas trouvé le temps d’accompagner une délégation de cinq de ses parlementaires. Il y a dix ans, un tel sectarisme ne s’imaginait pas. Au contraire. Si, affectivement, cela me déçoit, il n’en reste pas moins qu’aux yeux des autres pays, ce n’est pas moi, ni les insoumis, qui sommes diminués par cette situation. »(Jean Luc Mélenchon)