[ÉDITO] Liberté de la presse à Sunugaal? D’abord, résoudre la précarité de son environnement (Par CT. COLY)

Tract – L’appel des journalistes africains, en 1991, notifiant la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme  et l’indépendance des médias, avait fait échos à la Conférence générale de l’UNESCO. Et l’Assemblée générale des Nations Unies a pris le relais, deux années plus tard, pour faire du 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse.  La liberté de la presse, dites-vous ? Où en sommes-nous, au Sénégal, depuis sa proclamation, il y a 3 décennies ? Des efforts ont été faits, mais il reste encore à la «maison-presse» de balayer dans son environnement pour ses activités ‘libres, sans pressions’.

 En lisant les déclarations, par-ci, par-là, depuis les tribunes des Nations unies et de l’Unesco, en passant pas les Associations de presse, les Ong défenseurs des Droits de l’homme et autres entités de la société civile, l’on note que tous, formulent les vœux d’un engagement louable pour une presse ‘LIBRE ET INDEPENDANTE’. Tout le monde sait : les médias libres et indépendants jouent un rôle crucial dans la promotion de la démocratie, de la transparence et de l’inclusion sociale.  Tous savent  que la presse offre une plateforme essentielle pour la diversité des opinions et la diffusion d’informations pertinentes pour le progrès social. Et encore…Certes, il  est important de parler, aujourd’hui, du thème retenu ‘mondialement’ pour cette Journée 2024 : «La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale». Pour ce qui nous concerne, nous qui avons été secoués ces derniers temps par les ‘politiques’, il est bon de ‘tropicaliser’ le débat, en abordant le véritable sujet de la presse au Sénégal.Il est temps de tenir et d’entretenir l’environnement des médias, en aidant les journalistes à retrouver, véritablement et professionnellement, leur liberté d’expression pour leur éviter la voie des voix sinueuses du griotisme, de l’amateurisme, de l’improbité… Parce qu’il y a crise, il faut la résoudre. D’abord au sein des entreprises de presse, les rédactions etc. Nous ne pouvons pas nous ériger en ‘donneurs de leçons’, en tribune de vérité, en espace de démocratie, alors qu’il y a encore beaucoup à faire chez nous.Et, il est fort estimable de constater que pour cette année, la «Crise dans les médias : les entreprises de presse et les professionnels de l’information face aux défis de la précarité», soit le thème choisi par la Coordination des associations de presse (CAP) du Sénégal pour en débattre à la Maison de la presse Babacar Touré.Ainsi, faut-il déjà saluer le travail de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) qui a mis en lumière des conditions de travail difficiles pour les journalistes, notamment en ce qui concerne les contrats, la rémunération, les cotisations sociales et la couverture maladie. C’est un panorama peu reluisant qui nous est dressé par les jeunes reporters. Il est important cet aspect incontournable, non seulement à l’occasion de la Journée de la liberté de la presse, mais il faut poser le débat au quotidien des reportages, des interviews et le résoudre pleinement et avec courage. C’est à partir de ce moment que nous pourrons nous satisfaire de notre travail en équipe pour une presse libre et diversifiée permettant aux citoyens d’accéder à une information pluraliste et de participer activement au débat public.Dès lors, nous aurons raison de dire, pendant qu’on y est, avec le président Bassirou Diomaye Faye, que la démocratie prospère grâce à des débats animés, une vérification rigoureuse des faits et une diversité de perspectives. Et parce que la prolifération de la mésinformation et de la désinformation dans le paysage numérique est un défi majeur, il est urgent que la presse s’arme organiquement et surtout financièrement pour garantir à ses acteurs de travailler en toute intelligence…Alors, nous pourrons tous promouvoir la véracité et la diversité des idées pour renforcer notre cohésion sociale et protéger nos valeurs démocratiques.Cheikh Tidiane COLYDirecteur de publication

Le Senegal acquiert la bibliothèque de Léopold Sedar Senghor en France pour un montant inconnu

Tract – La transaction, dont le montant n’a pas été communiqué, fait suite à deux semaines de négociations entre l’héritière de Léopold Sédar Senghor et l’État du Sénégal, représenté par son ambassadeur en France, El Hadji Magatte Seye. Mi-avril, une vente aux enchères avait été suspendue en Normandie, dans le nord-ouest de la France, à la demande des autorités sénégalaises.

Cette acquisition est une très bonne nouvelle pour Jean-Gérard Bosio, conseiller culturel et diplomatique de Léopold Sédar Senghor pendant 35 ans. « C’est une félicitation à accorder au gouvernement du Sénégal et à son chef d’État d’avoir décidé de tout faire pour retrouver, réacquérir et reconstruire ainsi ce que l’on appelle un patrimoine Senghor », estime-t-il.

« Cette nouvelle équipe de dirigeants poursuit ainsi ces grands dossiers de l’État du Sénégal et pourra aussi, nous l’espérons, conserver et transmettre cette histoire, ces créations, ces visions, ces philosophies Senghor qui sont autant de messages d’éducation pour une jeunesse. Je crois qu’il y a ce besoin d’offrir à la jeunesse d’un pays les enseignements des anciens et les produits des œuvres de beauté qu’ils ont assuré », ajoute Jean-Gérard Bosio.

« Il existe aujourd’hui un moment extraordinaire où ceci peut se faire, pour recevoir et exposer les œuvres d’une façon pérenne. Je crois que c’est une opportunité assez fantastique dont le gouvernement du Sénégal, les hommes du Sénégal se saisiront. Pour nous, senghoriens, c’est notre voeu et notre conseil », conclut-il, sur la radio Rfi.

Ce rachat est aussi une très bonne nouvelle pour Céline Labrune-Badiane, historienne et membre du groupe de recherche sur Léopold Sédar Senghor. Un groupe composé de chercheurs de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar et de l’École normale supérieure. « Nous redoutions la dispersion de cette bibliothèque, dont certains ouvrages portent sur l’émergence du mouvement de la négritude », explique-t-elle.

Néanmoins, le retour prochain de ce patrimoine au Sénégal suscite des réactions mitigées parmi les Sénégalais, selon elle : « Vu du Sénégal, on a un peu du mal à comprendre pourquoi Senghor a laissé l’ensemble de son patrimoine en France. Le fait que l’État sénégalais ait à le racheter, cela génère un peu d’amertume. D’autant que la mémoire de Senghor n’est pas totalement apaisée, notamment du fait de ses liens très étroits avec la France. Mais il y a aussi cette idée que c’est un patrimoine qui appartient au Sénégal ».

En octobre dernier, L’État sénégalais avait déjà acquis pour 240 000 euros des objets de Léopold Sédar Senghor : des médailles, des décorations officielles ou encore des stylos plumes en or. « Il y a encore tout un travail à faire pour rassembler le patrimoine senghorien, qui est dispersé, principalement entre la France et le Sénégal », rappelle Céline Labrune-Badiane, qui espère que les derniers rachats ouvriront une nouvelle dynamique afin d’assurer sa préservation. La chercheuse souhaite que soient transmises au Sénégal des copies numérisées des archives encore présentes dans l’ancienne maison de Léopold Sédar Senghor, à Verson en Normandie, « car c’est tout un pan de l’histoire du Sénégal des années 60 aux années 80 que l’on peut retracer à travers ces archives ».

JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE : Le Président Diomaye Faye envoie une lettre à tous les acteurs

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Tract-Dans une lettre adressée aux acteurs de la presse à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Président Bassirou Diomaye FAYE souligne l’importance cruciale de leur rôle dans le renforcement des fondements démocratiques du Sénégal.Tract.sn vous livre l’intégralité le contenu de la lettre !Mesdames et Messieurs,En ce jour où le monde célèbre la liberté de la presse, je souhaite exprimer, avec la plus grande emphase, le rôle crucial que vous, journalistes et médias, assumez dans la consolidation et la préservation des fondements démocratiques de notre nation. La liberté de presse, véritable pierre angulaire des sociétés démocratiques, garantit que chaque citoyen reste informé, engagé, et participe activement aux débats essentiels qui façonnent notre avenir commun.L’absence de débats d’idées vigoureux, d’une vérification scrupuleuse des faits et d’une diversité de perspectives affaiblit la démocratie. Votre mission se révèle d’autant plus essentielle à une époque marquée par une rapide transformation numérique qui, malheureusement, engendre également une prolifération de la mésinformation, de la désinformation, et des discours de haine. Ces fléaux menacent notre cohésion sociale et ébranlent les fondements de notre coexistence pacifique, affectant parfois même les symboles les plus chers de notre nation.Il est de notre devoir commun de veiller à ce que l’information demeure un bien public accessible et non entravé. Cela requiert un engagement renouvelé pour une presse indépendante et robuste, ainsi qu’une action résolue pour assurer une plus grande transparence des plateformes en ligne et développer l’éducation aux médias et à l’information pour tous les citoyens.Dans cet esprit, je réaffirme mon engagement à soutenir une presse libre et diversifiée, pilier indispensable de notre démocratie. Nous œuvrerons à renforcer les mécanismes de soutien à la liberté de la presse, à protéger les journalistes dans l’exercice de leur fonction et leur quête de la vérité, tout en promouvant une régulation équitable des nouveaux médias.Chacun d’entre nous a son rôle à jouer dans l’édification du Sénégal que nous souhaitons bâtir; celui de la presse n’est pas des moindres. Je n’ai aucun doute que vous serez à la hauteur des défis qui se dressent devant nous et qu’ensemble nous porterons plus haut le flambeau d’un Sénégal démocratique, résilient et prospère.J’avais grandement souhaité partager un moment de convivialité avec vous tous pour célébrer ensemble cette journée significative. Cependant, je dois participer au Daaka à Médina Gounass, événement important pour notre communauté spirituelle. Aussi, le déjeuner auquel, je souhaitais vous convier est-il reporté à une date ultérieure. Toutefois, soyez assurés que nous fixerons une nouvelle date très prochainement, et j’attends avec impatience l’occasion de vous exprimer ma gratitude en de vive voix.Je vous remercie pour votre engagement et votre collaboration inestimable. Ensemble, poursuivons nos efforts à défendre la vérité et à enrichir le débat public par le dialogue et l’information juste.Veuillez recevoir, chers acteurs de la presse et des médias, l’expression de ma plus haute considération.

[MBEUK MI] Deux corps sans vie découverts dans une embarcation de migrants

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Tract-Une pirogue avec à son bord plus de 50 migrants clandestins a chaviré hier jeudi 2 mai, dans les côtes saint-louisiennes. Le bilan fait état de deux morts et de 31 blessés.Les migrants ont été immédiatement pris en charge. Ceux blessés ont été transférés vers des structures hospitalières par les sapeurs-pompiers pour recevoir les soins nécessaires.Selon la Tfm, la pirogue en question avait quitté Bassoul, à Joal, il y a quelques jours.Dans la même journée d’hier, une autre pirogue contenant 200 migrants a été interceptée à Pilote Barre (commune de Ndiébène Gandiol) par la marine nationale.Parmi les personnes à bord, il y avait une dizaine de femmes, un bébé de moins de deux ans et un enfant âgé de 10 ans.Une enquête est ouverte pour connaître la provenance de ces migrants, mais également leur destination.

KÉDOUGOU : Une collision entre deux (2) véhicules fait deux (2) morts et dix (10) blessés

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Tract-Une collision entre deux véhicules de transports a eu lieu hier jeudi, à Kédougou (sud-est) sur la Nationale 7. Le bilan de l’accident est lourd, deux (2) morts, 10 blessés et 4 graves.Selon Radio Sénégal international (RSI), l’accident a été causé par un véhicule Tata qui roulait en sens inverse a effectué un dépassement mal apprécié qui a entraîné la collision.Les éléments de la Brigade de la gendarmerie et les sapeurs-pompiers de la 62e Compagnie d’incendie et de secours de Kédougou se sont rendus sur les lieux pour des opérations de constats.Les corps sans vie, toutes des femmes et les blessés, ont été évacués à l’hôpital régional Amath Dansokho de Kédougou. La même source indique que la gendarmerie a ouvert une enquête.

Liberté de la presse célébrée ce vendredi 03 mai : CAP, UNESCO & Cie, à chacun ‘sa’ journée

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Tract  –  Le 3 mai de chaque année est célébrée la Journée mondiale de liberté de la presse ou tout simplement Journée mondiale de la presse, pour sensibiliser à l’importance de la liberté de la presse et rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter le droit de liberté d’expression consacré par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) cette marque également l’anniversaire de la Déclaration de Windhoek, une déclaration des principes de liberté de la presse mis en place par des journalistes de presse africains écrite en 1991. En ce jour, le Rapport (ou Classement des pays) sur la situation de la liberté de presse dans le monde (un classement suivant/par pays) est rendu public et le Prix mondial de la liberté de la presse aussi remis.Pour cette 31ème édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, commémorée aujourd’hui, vendredi, le thème retenu est : ‘La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale’. A l’instar de la communauté internationale, la Coordination des Associations de presse (CAP) du Sénégal donne rendez-vous aux acteurs des médias et représentants des autorités à la Maison de la presse Babacar Touré. Ils sont conviés à échanger sur la situation des entreprises de presse et de leurs travailleurs. ‘Crise dans les médias : les entreprises de presse et les professionnels de l’information face aux défis de la précarité’, c’est autour de ce sujet que ces acteurs sont appelés à débattre, ce vendredi matin.Au même moment, le Bureau régional de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) Afrique de l’Ouest basé à Dakar, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO), Article 19 Afrique de l’Ouest, la Cellule Norbert Zongo pour la promotion du journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) et l’Association des journalistes pour la transparence dans les ressources extractives et le préservation de l’environnement (AJTREPE),  ont décidé de célébrer conjointement cette journée à Dakar, ce vendredi matin.Une conférence de presse est prévue à la Place du souvenir africain, à partir de 9h00, à cet effet. Conformément au thème choisi : ‘La presse au service de la planète: le journalisme face à la crise environnementale’, les acteurs des médias, de l’environnement et des pouvoirs publics vont discuter des ‘types de journalisme à valoriser au Sénégal pour mieux rendre service à la planète qui fait face à une crise climatique’, informe un communiqué.TRACT(Tract.sn)

Chelsea : le Sénégalais Nicolas Jackson marque et bat le record de Drogba (Par Papa Ousmane Diagne)

Tract  –   Le derby tendu entre Chelsea et Tottenham a vu les Blues s’imposer 2-0, avec un but décisif de l’attaquant sénégalais Nicolas Jackson. Cette réalisation a non seulement scellé la victoire de son équipe mais a également marqué un tournant dans l’histoire de la Premier League.Le match était serré, avec Chelsea prenant l’avantage grâce à un but opportuniste de Trevoh Chalobah à la 24ème minute. Cependant, c’est le moment de gloire de Nicolas Jackson qui a illuminé la soirée. Dans les dernières minutes du match, sur un coup franc repoussé par la barre transversale, l’attaquant sénégalais a su faire preuve d’agilité pour marquer de la tête.Avec ce but, Nicolas Jackson a inscrit son 11ème but de la saison en Premier League. Ce chiffre est d’autant plus significatif car il le place devant la légende Didier Drogba. En effet, l’attaquant sénégalais a désormais battu le record de son idole, qui avait inscrit 10 buts lors de sa première saison avec le club en 2004.Malgré les critiques qu’il a pu recevoir pour ses occasions manquées, l’ancien joueur de Villarreal auteur de 11 buts et quatre passes decisives a su faire taire les sceptiques en se positionnant comme le deuxième meilleur buteur de Chelsea en Premier League, derrière Cole Palmer qui compte 20 buts. Avec encore quatre matchs à disputer, il a l’opportunité de poursuivre sur sa lancée et de renforcer davantage sa position au sein de l’équipe.PAPA OUSMANE DIAGNETRACT(Tract.sn)

Dissoudre la Commission de Contrôle des Opérations Domaniales (CCOD) : une œuvre de ‘salubrité publique’

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Tract  –    Les nouvelles autorités ont cet avantage comparatif de provenir du secteur stratégique des impôts, des domaines et du cadastre. Ils connaissent donc à merveille les tenants et aboutissants des délibérations de la fameuse CCOD pour l’instruction des dossiers ayant trait au domaine privé de l’État. La Commission de Contrôle des Opérations domaniales (CCOD) est un organe à repenser totalement et/ou à dissoudre sans délai. Les griefs contre cette instance sur laquelle le législateur de 1976 comptait beaucoup, sont nombreux et variés. A ce titre, nous pouvons noter : sa configuration (elle regroupe, sous la présidence du représentant du Ministre chargé des domaines huit autres Directeurs nationaux concernés par le foncier), la périodicité de ses réunions (une indétermination), sa centralisation, etc.Les changements attendus de cette instance dépassent de loin ce qui a été fait à travers le décret n°2020-1472 du 17 juin 2020, abrogeant et remplaçant le décret n°89- 001 du 3 janvier 1989 relatif à la composition de la Commission de Contrôle des Opérations Domaniales (intégration du Directeur de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols -DSCOS- comme membre et changement de la dénomination de certaines structures). C’est presque une aberration, dans le contexte de décentralisation et de déconcentration du Sénégal, que ce soit cette instance, siégeant au plateau, à Dakar, qui doive donner son avis sur l’opportunité et les conditions financières de tout projet intéressant le domaine de l’État et des collectivités publiques.Il y a lieu d’aller vers une déconcentration de cet organe central de gestion du domaine privé de l’État.Cette déconcentration pourrait s’opérer :
  • Par la mise en place d’une Commission Nationale de Contrôle des Opérations Domaniales (CNCOD) présidée par le représentant du Ministère en charge des finances avec la même composition qu’actuellement. Cet organe pourrait entre autres, se voir confier les attributions relatives aux :
  • Opérations foncières d’utilité publique telles que les expropriations ;
  • Les acquisitions d’immeubles par l’État ;
  • Les demandes de régularisations ou d’attributions de terres d’une superficie supérieure à 1 hectare.
 Pour le volet régional par :
  • La mise en place de Commissions Régionales de Contrôle des Opérations domaniales (CRCOD) présidées par le Chef de Centre des services fiscaux du lieu de situation des immeubles, avec une participation des Maires et autres Collectivités locales ainsi que la société civile et les organisations paysannes. Ces organes auraient les compétences relatives aux
  • Lotissements ;
  • les demandes de régularisations ou d’attributions de terres d’une superficie inférieure à 1 hectare ;
  • les demandes de cession définitive des parcelles à usage d’habitation et des parcelles à usage commercial, agricole et industriel inférieures à 1 hectare.
 Une plus grande célérité dans l’instruction des dossiers au sein de l’administration atténuerait grandement les risques et vulnérabilités à la corruption. Les lenteurs excessives – ou au contraire les affectations de terrains en mode fast Track – s’expliquent en grande partie par la multiplicité des intervenants sur la chaine de l’instruction et la parcellisation des fonctions et des tâches (services des domaines, de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire du cadastre ainsi que tout autre service dont la saisine est rendue nécessaire par la nature du projet). Chacun de ces intervenants examine la requête en fonction de ses propres critères d’appréciation (aujourd’hui avec l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière le processus est encore plus complexe) et suivant le calendrier qu’il juge opportun.L’étude réalisée par l’OFNAC dans les départements de Dakar, de Thiès et de Mbour révèle que le non-respect des règles fondamentales d’affectation et de désaffectation des terres du domaine national au niveau de certaines collectivités territoriales a pour origine, une marchandisation du foncier et un laisser-faire flagrant au niveau des autorités chargées d’approuver les actes. Cela produit beaucoup de litiges qui aboutissement parfois au prétoire. L’analyse des décisions judiciaires révèle l’origine diverse des conflits et leur caractère multiforme. Beaucoup d’actes frauduleux sont à l’origine de ces conflits mais certains d’entre eux résultent également de la mauvaise application de procédures pourtant prévues et encadrées par les lois et règlements.L’étude a aussi révélé la raréfaction des terres du domaine national à affecter au niveau du département de Dakar et une ruée vers les terres des départements de Thiès et de Mbour qui disposent encore de réserves foncières importantes. Les projets et réalisations en matière d’infrastructures dans ces zones y accroissent la valeur du sol. Pour preuve, les immeubles qui poussent comme des champignons dans la sphère de Diamniadio jadis occupée par le projet agricole BUD-Sénégal BUD qui employait 6000 agents et produisait 15 000 tonnes à l’exportation, sur une superficie de 1117 ha réservées aux filières horticoles et arboricoles était un des greniers de Dakar et du Sénégal qui assurait un début d’autosuffisance alimentaire dans certaines spéculations. Des réformes dans le système d’administration des terres du domaine national et de gestion du domaine privé de l’État doivent être mises à plat dans le but d’éradiquer tous les risques de fraude et de corruption en rapport avec le sol. L’ineffectivité partielle des règles régissant le foncier au Sénégal est essentiellement due à leur inapplicabilité du fait du caractère dépassé de certaines d’entre elles mais aussi du fait d’insuffisances normatives. Par ailleurs, aucun délai n’est assigné à l’administration du cadastre Commission de Contrôle des Opérations domaniales (CCOD) pour faire parvenir sa réponse (mis à part le piston politique de la rétribution pour services rendus). Ces lenteurs excessives ouvrent des boulevards de corruption pour l’instruction des demandes d’attribution de terrain du domaine privé de l’État ou d’autorisation de lotissement. DES PRATIQUES ILLÉGALES QUI NE PROFITENT QU’A CERTAINSLa cartographie réalisée par l’OFNAC sur « la perception et le coût de la corruption au Sénégal » pointait le cadre juridique qui restait un élément multiplicateur des risques de corruption dans le secteur foncier. En effet, le cadre juridique et institutionnel du foncier au Sénégal est caractérisé par le fait que le contexte qui a vu naitre la loi n°64-46 et la loi n°76-66 a aujourd’hui, beaucoup évolué. Il en résulte une mise en quarantaine de certaines règles au profit de pratiques illégales qui ne profitent qu’à certains. Ces pratiques favorisent la corruption et génèrent énormément de litiges autour de la terre. La gestion des conflits fonciers est complexe et délicate surtout, dans le contexte où l’on note une juxtaposition entre un cadre juridique formel et des règles coutumières, abrogées mais encore vivaces. L’étude de l’OFNAC, qui soulignons-le a été d’abord partagé à l’échelon national puis lors des fora citoyens régionaux tenus dans les 14 régions du Sénégal avec la société civile, révèle que les nombreux dysfonctionnements autour du foncier trouvent leur source dans l’évolution du contexte dans lequel le cadre juridique du foncier a été élaboré laissant apparaitre beaucoup d’insuffisances de tous ordres. Celles-ci sont mises à profit par des acteurs « pas toujours vertueux » pour en tirer toutes sortes de profits. Cette situation crée une insécurité et exacerbe les tensions et concurrences autour des ressources foncières. Ainsi, il est préconisé des réformes du cadre juridique du foncier pour l’adapter aux exigences d’un développement durable tout en créant les conditions d’une gestion apaisée et en éradiquant toutes les vulnérabilités à la corruption. RÉFORMER LE CADRE JURIDIQUEDes réformes du cadre juridique qui sont nécessaires pour éradiquer les risques de conflits renvoient au régime juridique du domaine national et aux modalités de gestion du domaine privé de l’État. En effet, certaines obsolescences notées dans la loi sur le domaine national militent en faveur du toilettage du texte. Le critère d’appartenance à la collectivité totalement ignoré dans l’attribution des terres devient une hérésie face à la nécessité d’attirer et de sécuriser les investissements. En outre, la notion de mise en valeur, réduite à la seule capacité physique, individuelle ou familiale ne favorise pas l’intensification de la production agricole familiale ou industrielle et pose avec acuité le problème de l’incessibilité des droits et l’intransmissibilité par voie successorale qui ne favorisent ni la mobilité foncière, ni l’investissement familial et sa pérennisation.Au-delà de ces obsolescences, il convient de créer les conditions d’une gestion apaisée du foncier au sein des collectivités territoriales, apte à garantir la bonne information des populations et à favoriser l’exploitation durable des ressources naturelles et la promotion d’activités économiques viables. Cette gestion apaisée peut être obtenue par une meilleure implication des communautés locales dans la gestion du foncier et par une plus grande légitimité des délibérations des Conseils. ASSAINIR LA GESTION DU DOMAINE PRIVÉ DE L’ETATLa restauration de l’égalité des chances pour les demandeurs de parcelles est une condition pour éradiquer toute possibilité d’entretenir et d’encourager la corruption. Le patrimoine foncier de l’Etat a été, depuis une décennie réduite à une peau de chagrin. Ils ne se sont plus limités à racheter pour une bouchée de pain les villas de fonction du Plateau ou ailleurs, le jeu est de créer des châteaux sur pilotis surplombant l’océan, à partir du point le plus avancé du continent africain dans l’Atlantique. Même si l’article 41 du Code du domaine de l’État prévoit la vente de gré à gré des dépendances du domaine privé de l’État, celle par voie d’adjudication offre plus de transparence et garantit mieux, l’égalité des chances pour les potentiels candidats acheteurs intéressés. Il devient urgent d’instaurer une plus grande transparence dans la gestion du domaine privé de l’État. L’acquisition de parcelles ne devrait plus être réservée aux affidés du parti-Etat ou aux thuriféraires et autres laudateurs qui reçoivent des parcelles, sans bourse délier, sur instruction à la CCOD, en rétribution de «services rendus… ». Le mal est profond.L’adjudication est réalisée aux enchères publiques ou par le procès combiné des enchères verbales et des soumissions cachetées. La dématérialisation de toutes les procédures foncières pourrait, en plus d’une plus grande célérité, apporter plus de transparence dans la gestion foncière et domaniale. Des personnes, parce qu’elles sont proches du pouvoir, bénéficient des dizaines voire centaines d’hectares au détriment des populations autochtones ou rachètent le patrimoine de l’Etat à vil prix. Cela passe obligatoirement par l’informatisation de toute la chaine foncière, en milieu rural comme en milieu urbain. Le Système de Gestion du Foncier (SGF) en cours de développement à la DGID et le Projet Cadastre et Sécurisation Foncière (PROCASEF) soutenu par l’Union Européenne et piloté par le Ministère en charge des Finances et du Budget permettra certainement de répondre à cette préoccupation.La décision d’arrêter toutes les constructions litigieuses et de mener des audits et enquêtes approfondies est salutaire et demeure un des piliers de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption (SNLCC). La question foncière est classée en haut des préoccupations relevant d’une affaire de gens aisés, de bras longs et de politiciens de métier qui mènent une course effrénée pour l’obtention de privilèges indus sans avoir à en rendre compte.TRACT(Tract.sn)

‘Carnage’ foncier à Dakar, Thiès et Mbour : l’Ofnac a sonné l’alerte dès 2020

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Tract  –  Malgré la sonnette d’alarme tirée depuis plus de quatre ans sur la situation du carnage foncier qui a eu cours dans les régions de Dakar, Thiès, Mbour, les autorités sortantes ont fait semblant de ne rien entendre. Les conclusions et recommandations de l’étude sur les ‘ vulnérabilités à la corruption dans le secteur foncier dans les régions de Dakar et de Thiès ‘ commanditée par l’OFNAC dans le cadre du PARI-BG ont été tout simplement rangées dans les tiroirs. Tout avait été passé en revue : des villas de l’Etat situés entre le Cap Manuel et les Almadies en passant par Fann Résidence ou le point E, aux immeubles qui poussent comme des champignons dans la sphère de Diamniadio. La patate chaude du carnage foncier héritée du précèdent régime doit être arrêté.Doivent aussi être arrêtées les spéculations qui ont cours sur le domaine national, à l’instar des forêts classées qui ne doivent pas être déclassées pour y édifier des constructions. Parce que le Domaine national n’appartient pas à l’Etat mais plutôt à l’ensemble de la Nation sénégalaise, il transcende en effet les prérogatives du président de la République. Les études sur la cartographie des risques et les stratégies de mitigation des vulnérabilités à la corruption réalisées par l’OFNAC entre 2018 et 2021, en partenariat avec l’Union Européenne avaient identifiées plusieurs secteurs à incidences financières. Il s’agissait du secteur extractif, du code de la pêche, du code forestier, du code de l’urbanisme, du code des douanes, du code des impôts, de l’Acte 3 de la décentralisation ou du code de l’environnement, …).Cependant l’étude qui a le plus alarmé du fait des troubles sociaux engendrés portait sur le foncier, coordonné par l’OFNAC avec l’expertise du Consortium pour la Recherche Économique et Social (CRES). Pour mémoire, le Programme d’Appui à la Promotion de l’Intégrité et de la probité dans la gestion des affaires publiques -PARI-BG-a impliqué outre la société civile, l’Inspection Générale d’Etat et la Cour des Comptes.Il ressort des rapports de l’OFNAC que plus de 80% des plaintes, dénonciations et litiges qui ont menés à des Ordres d’Ouvertures d’Enquêtes relèvent de problèmes fonciers.  Déjà, en avril 2018 à l’Office national de lutte contre la Fraude et la Corruption, avait reçu une dénonciation sur des faits de ‘transactions immobilières irrégulières et de détournements de deniers publics’ portant sur un montant de 94 783 159 000 FCFA. Sur l’affaire du Titre foncier TF1451/R évoqué dans son rapport rendu public, l’OFNAC avait estimé que ‘ les investigations menées ont permis de confirmer la quasi-totalité des griefs soulevés par le plaignant ‘. Le rapport de conclure que ‘ Toutes ces entorses à la procédure régulière pourraient faire penser à une volonté inavouée des fonctionnaires concernés de tirer le maximum de profit pour SOFICO et CFU dans une seconde procédure d’indemnisation, tout en sachant qu’il y a eu un premier cas d’expropriation ayant abouti à une indemnisation portant sur le montant de 605.853.850 frs CFA ‘. Conclusions restées sans suite !TRACT(Tract.sn)

Meissa Babou, économiste, sur les rapports OFNAC : ‘Une véritable catastrophe financière’

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Tract   –  L’économiste et enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Meissa Babou, est désappointé par le carnage financier révélé par les rapports des organes de contrôle (Cour des comptes, Inspection générale d’Etat, Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). ‘ On ne pouvait pas croire, face à une armada de contrôle aussi variée qu’on pouvait en arriver là ‘, s’est-il d’abord étonné avant de laisser entendre que ‘c’ est une véritable catastrophe financière sous nos yeux ‘. Et de poursuivre qu’aujourd’hui, il va falloir faire dans un premier temps l’état des lieux pour en avoir une idée nette de ce qu’il faut faire.Et l’économiste d’espérer voir une suite à ces rapports. ‘ Je crois que le nouveau régime contrairement au précédent ira plus loin cette fois-ci ‘. Parce que tel est ‘ l’engagement pris vis-à-vis des populations ‘, tient-il à souligner. Dans cet engagement, il donne crédit au nouveau régime car jusqu’à ‘ preuve contraire, ils y sont ‘. Convaincu que les nouvelles autorités ne feront pas faux bond, il dira : ‘ Premièrement, ils avaient promu de déclassifier tous les rapports, et les transmettre au procureur (justice). Ce qui est en train de se faire ‘. Et de faire savoir qu’il appartient au procureur, à son tour, de les transmettre aux juges concernés pour engager des poursuites. Franchement, ‘ c’est une histoire rocambolesque de détournement de deniers publics qui a profité à un groupuscule politico-maraboutique qui a fini de polluer aussi bien les finances publiques que les terres ‘, dénonce l’économiste et enseignant à l’Ucad. Mais, ‘ cette fois-ci, on peut espérer que c’est la bonne ‘, relève-t-il avant d’affirmer avec fermeté : ‘ Cette forfaiture ne passera plus ‘. Et d’autant plus, a dit Meissa Babou, que  cette manne financière appartient à tous les Sénégalais.Par conséquent, ‘ ils doivent y accéder à travers les secteurs sociaux de base et de qualité comme les écoles, les universités, les hôpitaux, l’eau, l’assainissement, le bon cadre de vie, les infrastructures de transports ‘. A l’en croire, ‘ il faut arrêter cette saignée financière et se mettre définitivement sur la voie de l’éthique et de la vertu ‘, comme envisagé par les nouvelles autorités.  Pour l’économiste, ce qui est dramatique, ‘ ce sont les dépenses engrangées par l’Etat et qui ne profitent pas aux ayants droit ‘. Et cela tout simplement parce que des ‘ gens véreux ont choisi librement de défier l’Etat au nom de l’impunité ‘, clame-t-il.Cependant, il va de soi qu’on n’arrête pas ‘ la mer avec ses bras ‘, reconnait-il. Aussi a-t-il fait comprendre qu’il ne suffit pas ‘ d’avoir le dispositif répressif sans effets tel que connu jusqu’ici mais convaincre par la diffusion de ces rapports annuellement et que tous les coupables soient punis au vu et au su de tous ‘. Et l’économiste de soutenir qu’on n’a pas un problème d’institutions mais d’hommes crédibles et suffisamment culotés pour garantir le droit. Pendant longtemps, ‘ nous avons été gouvernés par des hommes sans éthique, sans aucune dignité, sans moralité ‘, regrette Meissa Babou. Et cela du sommet au niveau inférieur de l’Etat. A présent, a-t-il signifié, ‘ le peuple attend des tenants du pouvoir de siffler la fin de la récréation pour amorcer la voie du développement durable qui passe inéluctablement par le travail bien fait, le respect du bien commun, l’honnêteté, la transparence, la justice, l’intégrité… ‘.Un carnage financier qui datePar ailleurs, l’économiste Meissa Babou a tenu à rappeler que le carnage financier au Sénégal ne date pas d’aujourd’hui. A l’en croire, quand le premier président de la République du Sénégal, feu Léopold Sédar Senghor quittait le pouvoir, il savait que les gens détournaient beaucoup d’argent. En réponse, il a filé le tuyau à son successeur Abdou Diouf qui, automatiquement pour combattre politiquement et par ricochet endiguer la criminalité économique et financière, créait la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Cette juridiction ad hoc a obligé ‘ certains même de mes parents à quitter définitivement le pays ‘, a dit l’économiste. Parce qu’Abdou Diouf avait ce ‘ caractère assez méchant, comme aimait le dire Senghor ‘, a-t-il dit. Par la suite, ‘ des dignitaires religieux se sont rués sur lui ‘, explique-t-il. Conséquence : ‘ il a laissé tomber après avoir pu régler certains comptes ‘, fait-il savoir.Depuis lors, la Cour des comptes et l’Inspection générale d’Etat (Ige) font leur job mais sans suite. Après l’ajustement structurel, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi) ont fait leur come-back (retour) en insistant sur la nécessité de promouvoir la transparence, notamment le recours à l’appel d’offre international. Une façon de contrecarrer ces manquements. Dans le même sillage, le président Abdoulaye Wade créait, lui, la Commission nationale de lutte contre la non-transparence, la corruption et la concussion (Cnlcc). Laquelle commission sera remplacée sous Macky Sall par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) qui n’a pas fait grand- chose en termes d’attentes.TRACT(Tract.sn)