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[TRIBUNE] Le Président Bazoum toujours séquestré à Niamey : la politique de ‘bas otage’ du régime putschiste Tiani (Collectif d’Avocats internationaux)
Un catalogue d’absurdités. Voilà comment résumer la série d’actes posés contre le président Mohamed Bazoum par les putschistes nigériens depuis le coup d’État du 26 juillet 2023. Neuf mois d’aberrations qui frôleraient le risible si les droits humains les plus basiques et les libertés les plus fondamentales d’un chef d’État élu démocratiquement n’étaient pas écrabouillés par des militaires en quête de légitimité.
Le prix de la démocratie
Mohamed Bazoum a été élu président de la République du Niger en février 2021. Son élection a été démocratique, transparente, inclusive et saluée par la communauté internationale. Aucune crise politique interne majeure, ni aucune situation d’urgence susceptible de mettre en péril la nation n’étaient en perspective. Pourtant, le 26 juillet 2023, des membres de la Garde présidentielle renversaient l’ordre constitutionnel. De nombreuses personnes ont d’abord vu le coup d’État sous un angle géopolitique, mais, au fil des semaines qui suivaient, des éléments publiés dans la presse pointaient plutôt quelque velléité personnelle de défendre des intérêts privés. Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) était né. Dont acte.
Le président Mohamed Bazoum, sa femme, Hadiza, et leur fils Salem Mohamed Bazoum étaient immédiatement arrêtés et retenus dans la résidence officielle, à l’intérieur du palais présidentiel. Commençait alors pour eux un calvaire qui continue aujourd’hui, neuf mois plus tard. Homme politique aguerri et engagé, démocrate reconnu et respecté, Mohamed Bazoum a toujours refusé de démissionner. Sa famille et lui payent aujourd’hui le prix de leur attachement à la Constitution : en ne courbant pas l’échine, il rappelle au monde le prix de la démocratie. La prise d’otages dure depuis neuf mois, neuf mois d’inhumanité.
Il est ici essentiel pour nous, ses avocats, de rappeler avec fermeté que l’arrestation et la détention de Mohamed Bazoum et de sa famille sont totalement illégales. Personne ne peut leur rendre visite, hormis leur médecin. Si, pendant les premiers mois de détention, la famille Bazoum a pu rester connectée au monde extérieur grâce à leur téléphone, celui-ci leur a été retiré en octobre 2023. Depuis cette date, nous n’avons aucun moyen de nous entretenir avec eux. Puisqu’ils sont détenus en dehors de toute procédure, à quel magistrat pouvons-nous demander un droit de communiquer ?
Le soutien de la Cedeao
Dès le coup d’État, la famille Bazoum a pu compter sur le soutien de la Cedeao. L’organisation ouest-africaine et la majorité de ses chefs d’État, à l’exception de ceux issus eux-mêmes de putschs, n’ont eu de cesse de réclamer la libération du président. En vain. Le CNSP a mis en garde la Cedeao contre tout recours à la force pour le libérer : ce serait « son cadavre qu’il [faudrait] venir chercher ». Le 10 décembre 2023, les chefs d’État de la Cedeao ont dépêché leurs pairs sierra-léonais, béninois et togolais pour un « rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel ». Tous, hormis le président Faure Gnassingbé, ont été empêchés d’atterrir à Niamey. Seule réussite : le président togolais a obtenu le transfert de Salem Bazoum au Togo, après qu’il a été inculpé pour complot contre l’autorité de l’État.
Le fils du président vient seulement d’être autorisé à quitter Lomé, où il était soumis à une sorte de régime de semi-liberté. Saisie par nos soins, la Cour de justice de la Cedeao a rendu le 15 décembre 2023 un arrêt historique ordonnant aux autorités de fait du Niger de libérer immédiatement le président et sa famille, et de rétablir l’ordre constitutionnel. Là encore, le CNSP a opté pour la fuite en avant en notifiant sa décision de se retirer de la Cedeao, oubliant que le Niger restait tenu de « s’acquitter des obligations qui lui incombent » pendant une durée d’un an. Mais aujourd’hui, force est de constater que la médiation organisée par la Cedeao est un échec et que les putschistes n’ont cure de la règle de droit.
« Crimen sine lege »
Depuis peu, une nouvelle lubie anime le CNSP. Il faut, coûte que coûte, faire condamner le président Bazoum, quitte à distordre le droit national à l’extrême. Il bénéficie, en tant que président, d’une immunité ? Le CNSP crée une juridiction dont il nomme les magistrats et la saisit le 5 avril pour trancher cette question. Tout en foulant aux pieds les droits fondamentaux de la défense – nous n’avons accès ni au dossier ni à notre client –, la junte oublie sans doute qu’une telle procédure n’est possible que pour un « ancien président ». Mais le président Bazoum n’est pas démissionnaire, il est toujours titulaire de son mandat. Pour justifier le coup d’État, ne faut-il pas l’accuser des pires crimes ? Des poursuites sont en train d’être diligentées contre lui, notamment pour « complot contre la sûreté de l’État ». Le président Bazoum est accusé d’avoir tenté de s’évader alors même qu’il était détenu illégalement…
Avec cette nouvelle procédure, le CNSP veut entériner une situation politique de fait, sans convaincre par le droit. Et la famille Bazoum, dont les droits les plus fondamentaux sont violés chaque seconde, en est la principale victime.
Au nom de l’État de droit et de la dignité humaine, il faut sauver le président Bazoum !
Collectif des avocats pour la libération de Bazoum
Brahim Ould Ebety, ancien bâtonnier de Mauritanie,
Florence Loan, bâtonnière dauphine de Côte d’Ivoire,
Mohamed Seydou Diagne, avocat au barreau de Dakar,
Moussa Coulibaly, ancien bâtonnier du Niger et
Reed Brody, avocat au barreau de New York.
[ÉDITO] À l’heure de la ‘Fonction publique’ : Contre retards et absentéismes, créer la dynamique d’un changement significatif (Par C.T COLY)
‘Addina kenn defaru ko ci benn fan’*
Tract – À plusieurs moments de notre existence, nous prenons des décisions qui influencent nos comportements, ceux de notre entourage, nos parents, nos amis, nos collègues, et parfois de la société dans laquelle nous évoluons. Et encore si pareilles décisions sont prises pour une bonne gestion du travail et de son environnement, comme décidé aujourd’hui au Sénégal, les facteurs déterminants de sa bonne disponibilité et de son utilité sont perturbés par la coutume traditionnellement absentéiste de l’univers «Fonction publique».
Toutefois, le ministre de la Fonction publique n’a pas trainé les pieds. Récemment nommé à la tête du ministère, Olivier Boucal est très vite passé à l’acte. Par une circulaire signée vendredi dernier, il a informé l’ensemble du personnel de son département qu’«il sera procédé au démarrage effectif du système de pointage biométrique déjà mis en place, à compter du lundi 29 avril 2024». Cela, dit-il, dans le cadre du contrôle et du suivi de la présence effective des agents.
Ces lignes directrices couvrent donc une transposition qui se situe au-delà d’une dimension de notre conception sur l’administration publique en abordant la question du changement comportemental dans ce milieu défini humus d’une aire de développement. Notre vision commune pour vaincre, sous toutes leurs formes, ces postures laxistes et fainéantes, ne sera une réalité que si nous renforçons, non seulement les capacités socioprofessionnels des individus mais également l’impulsion d’une culture du respect des lois, des règlements et principes qui sous-tendent la fonction publique, et par-delà, toute l’administration.
Nous nous moquons de nous-mêmes quand il s’agit d’un rendez-vous, n’importe lequel. Nous y allons, évoluons et arrivons à « l’heure sénégalaise », avec plusieurs minutes ou heures de retard. Et nous nous en amusons, sans fausse honte. C’est sinistre ! Etre présent et à l’heure, au lieu de travail et même dans tout autre circonstance, doit être un sacerdoce : c’est un contrat moral, social et religieux.
Il est donc important de le savoir et, il est temps de mettre en branle ce culte du travail. Mais, il nous faut changer, nous départir de ces conduites trompeuses qui veulent que l’on s’amuse avec notre conscience en pensant que ce que l’on acquiert en terre sénégalaise, en nature tout comme en espèces sonnantes et trébuchantes, vient de notre capacité à se jouer des tours de passe-passe. Et cela a l’air de marcher, surtout face aux gens qu’on l’on nomme, en gloussant, les « gëm serwis », indexant de la sorte ceux pour qui le travail reste et demeurera un devoir appliqué à soi-même pour son bien propre mais surtout en faveur de la Société.
‘Sanctionner clairement les comportements inappropriés, encourager une culture du travail responsable, valoriser les comportements exemplaires’
Il est vrai, il n’existe pas de solution rapide pour le changement de comportement. La déclaration du ministre Boucal pourrait dégouter les fauteurs de troubles, mais il est temps de s’armer de courage pour le changement à long terme en chacun de nous. De cette acceptation, viendra la récompense de la persévérance qui déterminera notre ambition commune à vouloir développer notre pays.
Il nous faut, et les politiques doivent nous y aider, asseoir des lois, règles et règlements durables, inclusifs et sensibles aux questions du « comportement sénégalais » d’abord chez/en lui, ensuite dans la rue, à son lieu de travail. Mais alors, il faut que nos décisions reposent sur des choix avisés qui concernent tout le monde, gouvernants comme gouvernés, citadins comme villageois…
Alors, pour contrer les retards et les absentéismes, il est essentiel de créer une dynamique de changement significatif. Cela peut passer par des mesures telles que l’instauration de systèmes de pointage précis, la sensibilisation à l’importance de la ponctualité et du travail assidu, ainsi que des sanctions claires pour les comportements inappropriés. De plus, encourager une culture du travail responsable et valoriser les comportements exemplaires peuvent également contribuer à instaurer un changement durable.
Et pourtant, nos élans culturels et religieux nous exhortent en longueur d’heures – entre salves de proverbes, bouquets de parole d’apôtre et chapelet de hadiths -, pour nous définir notre statut de l’appartenance à des groupes sociaux qui doivent travailler dans la veine du « fulla, fayda ak jom». Et cela, avec une mesure de «kersa» jaillissant dans le bien-être pour tous et entrainant la satisfaction individuelle.
Il est dommage que ces valeurs que nous chantons et ressassons à travers des générations ne s’appliquent que dans l’oralité. Il est grand temps de nous ressaisir pour passer à l’action, au travail sans tricherie, ni mesquinerie. Et cela nécessite, faut-il encore le rappeler, un engagement à long terme tant des gouvernants que des citoyens pour créer la trajectoire d’un passage déterminant dans la société SÉNÉGALAISE.
Cheikh Tidiane COLY
Directeur de publication
*Le monde n’a pas été créé en un jour
Photos – Le Président B. Diomaye Faye en visite à Guinée-Bissau



