Témoignages recueillis à Saint-Louis
Fatou Ndiaye, 34 ans, commerçante au marché Sor articule :« J’ai voté pour PASTEF parce que je crois en leur programme. Je veux un changement réel pour notre pays, surtout pour les jeunes et les femmes. Ces résultats montrent que beaucoup partagent cette vision. Mais je reste vigilante : on attend maintenant des actes concrets pour améliorer notre quotidien », a-t-elle fait savoir.En réponse à la question posée, Abdoulaye Ba, 52 ans, enseignant :« TAKKU WALLU a ma confiance car ils défendent nos valeurs et nos traditions. Certes, nous sommes loin derrière PASTEF, mais cette défaite n’est pas une fin. C’est une occasion pour nous de renforcer notre mobilisation. Les habitants doivent comprendre que tout ne se résout pas avec des promesses de rupture », a-t-il averti.Quant à Mamadou Diop, 25 ans, étudiant en droit, il soutient :« Je suis fier de voir que PASTEF a gagné ici. Les jeunes comme moi en ont assez des anciens systèmes. Nous voulons une vraie justice sociale et une meilleure transparence dans la gestion publique. Cette victoire est un signal fort que les mentalités évoluent », a-t-il jugé.S’agissant de Aïcha Sy, une artisane de 45 ans, elle confie :« J’ai choisi PASTEF parce que je crois qu’ils incarnent l’espoir pour le pays. Ils écoutent les préoccupations des citoyens, surtout dans les régions comme Saint-Louis. Les résultats prouvent que les Sénégalais en veulent davantage en termes de gouvernance et de développement local », a-t-elle estimé.Notre interlocuteur Cheikh Fall, 60 ans, retraité, nous fait savoir:« Mon choix a été PASTEF car je crois en leur engagement pour un Sénégal nouveau. Ce résultat à Saint-Louis montre que beaucoup veulent tourner la page des anciennes pratiques politiques. Maintenant, il leur reste à prouver qu’ils peuvent répondre aux attentes de tout le monde, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour eux », a-t-il soutenu.Retenons que la large victoire de PASTEF à Saint-Louis reflète une adhésion massive à leur projet politique, surtout chez les jeunes et les actifs.Toutefois, TAKKU WALLU conserve une base solide et appelle à une opposition constructive. Ces résultats illustrent un tournant dans la dynamique politique locale, où l’attente principale des citoyens reste le passage des promesses aux actes.Hadj Ludovic[REPORTAGE-TRACT] VOTES ET RÉSULTATS DES LÉGISLATIVES À SAINT-LOUIS: Les Saint-Louisiens réagissent, confient leur vote et donnent les raisons
TIVAOUNE : Pastef y règne désormais en maitre !
TRIBUNE – Les adeptes du BROUKHLOU : ces hypocrites qui veulent nous gruger en plein jour (Par Souleymane Sene)
ANALYSE DES RÉSULTATS DES LÉGISLATIVES À SAINT-LOUIS: PASTEF, désormais acteur incontournable du jeu politique local, un moment de remise en question pour les autres partis
Une victoire éclatante pour PASTEF
Avec plus de 54.000 voix, PASTEF confirme sa position dominante dans le département de Saint-Louis. Ce résultat, qui représente environ 63 % des suffrages exprimés, témoigne d’une adhésion massive des populations locales au discours de ce parti.Plusieurs facteurs expliquent cette large victoire. D’abord, une implantation solide: PASTEF a su bâtir des réseaux locaux puissants, s’appuyant sur des militants de terrain et une organisation rigoureuse.Ensuite, une dynamique nationale: Le parti bénéficie de la vague de popularité de son leader, considéré par beaucoup comme porteur d’un changement radical pour le Sénégal.Et enfin, des thématiques mobilisatrices : Les propositions du parti en matière de justice sociale, de gouvernance et de lutte contre la corruption semblent particulièrement résonner avec les préoccupations des électeurs de Saint-Louis.Takku Wallu : un bastion en recul
Deuxième force politique du département, Takku Wallu enregistre 19 809 voix, soit environ 23 % des suffrages. Bien que la coalition conserve une certaine base électorale, ce score reflète un recul par rapport aux précédentes élections. La campagne, marquée par des dissensions internes et un manque de dynamisme, a vraisemblablement contribué à affaiblir cette coalition.Le score de Takku Wallu démontre toutefois que cette coalition garde une influence notable parmi les électeurs conservateurs, notamment dans les zones rurales où elle a su capitaliser sur des réseaux traditionnels et un discours centré sur la stabilité.Diam Ak Ndiarign et Sam Sa Kaddu : des alternatives marginales
Les coalitions Diam Ak Ndiarign et Sam Sa Kaddu peinent à se faire une place dans un environnement fortement polarisé.Avec respectivement 3.058 voix (3,6 %) et 1.916 voix (2,2 %), ces formations témoignent de la difficulté des « petits partis » à capter l’attention des électeurs face aux mastodontes politiques.Ces résultats posent néanmoins des questions sur la capacité des partis formant ces coalitions à s’inscrire durablement dans le jeu politique local. Faute de moyens et d’un ancrage territorial suffisant, ils risquent de rester dans l’ombre des grandes coalitions.Une participation à décrypter
Au-delà des scores, le taux de participation à Saint-Louis reste un élément crucial pour analyser ce scrutin.Si les données exactes ne sont pas encore disponibles, les premières tendances suggèrent une mobilisation modérée, reflétant un certain désenchantement parmi les électeurs.Cette situation pourrait s’expliquer par une méfiance généralisée envers la classe politique, un manque de clarté des programmes proposés par certains partis et des enjeux locaux éclipsés par les préoccupations nationales.Enjeux et perspectives pour Saint-Louis
Ces résultats redessinent le paysage politique de Saint-Louis, confirmant la montée en puissance de PASTEF tout en accentuant le déclin relatif des partis traditionnels constituants les coalitions comme Takku Wallu et Sam Sa Kaddu. Ils reflètent également les aspirations d’un électorat avide de changements structurels dans un contexte économique et social marqué par des défis majeurs : chômage des jeunes, accès à l’éducation, et résilience face aux changements climatiques.Pour les autres formations, ces législatives doivent être un moment de remise en question. Une stratégie plus inclusive et une meilleure proximité avec les préoccupations des citoyens seront essentielles pour regagner la confiance des électeurs.En somme, on peut retenir qu’à Saint-Louis, l’élection législative du 17 novembre 2024 consacre la domination de PASTEF, désormais acteur incontournable du jeu politique local. Ce scrutin, riche en enseignements, souligne également les défis d’une démocratie sénégalaise en pleine transition.Les résultats laissent entrevoir un débat politique renouvelé et des attentes croissantes pour des solutions concrètes à l’échelle locale et nationale.Les élus issus de cette consultation auront désormais la lourde tâche de répondre aux aspirations des populations.Hadj Ludovic[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] Après le GOS – Ousmane Sonko : vers le Perchoir ou la Vice-Présidence (Par Ousseynou Nar Gueye)
GUINÉE EQUATORIALE : Acquitté par la Cour Suprême, Baltasar se dit ‘traumatisé’ et menace de porter plainte
CYBERCRIMINALITÉ : Moustapha Diakhaté convoqué ce vendredi
LÉGISL’HÂTIVES : Les résultats provisoires officiellement proclamés
Tract-La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a proclamé les résultats provisoires des élections législatives anticipées, marquées par une large victoire du parti Pastef. Ces résultats mettent en lumière une domination de cette formation politique dans le paysage électoral sénégalais.
Voici un aperçu des sièges obtenus par les différentes coalitions, d’après les données fournies par la CENA :PASTEF : 1million 991770 voix , 54,97% 29 sièges 130 DÉPUTÉS Takku wallu 16 Diame ak ndiarigne 7 Samm sa kaddu 3 députés Maguette Sene dina 2 Thierno Alassane Sall 1 Tahirou Sarr 1 Abdoulaye Sylla 1 Tafsir Thiouye 1 Moustapha Diop 1 Abdou Karim Sall 1 Brima Magara 1
[Interview] Sally YACOUB, La société civile a un rôle clé dans la promotion de l’égalité des genres »
Tract-Entretien avec Sally YACOUB, expert international, en égalité des genres, inclusion sociale et financière avec plus de vingt ans d’expérience.
Présentez-vous en quelques mots à nos lecteurs.
Je m’appelle Sally, je suis une consultante indépendante en égalité des genres, inclusion sociale et financière avec plus de vingt ans d’expérience. J’ai une vaste expérience dans la fourniture de conseils techniques et stratégiques en matière d’égalité des genres et d’inclusion sociale et financière. Par exemple, j’ai mené de nombreuses analyses de genre (institutionnelles) – pour évaluer où en est une organisation par rapport à l’intégration du genre. Je mène également des analyses du genre de différents pays et secteurs et des recherches centrées sur le genre – pour évaluer les obstacles et les opportunités liés au genre. L’un des aspects les plus passionnants de mon travail est la conception et la prestation de formations, de stratégies pragmatiques, de trousses d’outils et d’interventions de projet qui visent à promouvoir l’égalité des genres et l’inclusion des groupes sous-représentés. Ma carrière s’étend sur plusieurs régions, notamment l’Afrique, les Caraïbes, le Pacifique et le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA), notamment l’Égypte, la Tunisie, le Maroc, l’Ouganda, le Nigeria, la République démocratique du Congo (RDC), le Kenya, le Zimbabwe, le Cameroun, Haïti, l’Amérique du Nord et d’autres, ainsi que sur des domaines et des secteurs tels que les services financiers, l’autonomisation économique des femmes, l’entrepreneuriat, l’énergie et l’emploi des jeunes.
Vous travaillez comme expert genre et inclusion auprès d’organisations internationales dont l’engagement en faveur des droits des femmes en Afrique en particulier, et dans le monde en général, est remarquable tant sur le terrain que sur les plateformes digitales et même à travers de grands rendez-vous (colloques, séminaires , etc.). Selon vous, que reste-t-il à faire aujourd’hui dans la lutte pour les droits des femmes dans le monde ? Quelles sont les priorités aujourd’hui ?
Malgré les progrès accomplis dans la promotion de l’égalité des genres (c’est-à-dire l’égalité des droits, du statut et des chances pour les différents segments des femmes et des hommes), aucun pays n’a atteint l’égalité des genres. Lorsqu’il s’agit de promouvoir l’égalité des genres, nous sommes souvent confrontés à des idées préconçues et à des mythes (concernant l’égalité des genre) qui sont dangereusement liés aux valeurs socioculturelles et religieuses (« des tabous »). Il s’agit notamment d’idées fausses selon lesquelles l’égalité des genres est réservée aux femmes ou qu’elle est contre les hommes (c’est-à-dire que les femmes gagnent alors que les hommes perdent) ou qu’elle est contraire à la religion ou aux traditions locales, par exemple. L’égalité des genres est donc souvent confrontée à de nombreuses résistances dès le départ (souvent citée comme une notion imposée par l’Occident dans de nombreux contextes).
Sinon, l’absence d’une « analyse de rentabilisation fondée sur des données probantes » (c’est-à-dire des preuves de l’importance de l’intégration de la dimension de genre est une autre priorité à laquelle il faut s’attaquer (« pourquoi devrions-nous nous en soucier », « qu’est-ce que cela signifie pour une nation ou pour la communauté mondiale » ou « à qui devrions-nous consacrer des ressources »). En l’absence de compréhension de l’importance de l’égalité entre les genres, il n’est pas justifié d’y consacrer des ressources et d’déployer des efforts intentionnels et concertés en faveur de l’égalité des genres. Cela conduit à ce que j’appelle « l’inertie contextuelle ou institutionnelle » (une sorte de résistance et de ralentissement) dans la promotion de l’égalité des genres. Cela est dû en partie aux préjugés sexistes personnels inhérents, notamment en l’absence de diversité du genre dans les postes de direction et de décision, ce qui peut donner lieu à des points de vue différents.
L’un des principaux défis à cet égard sont les normes et les traditions socioculturelles qui ont désavantagé certains segments de la communauté par rapport à d’autres, tels que les femmes, les personnes handicapées et les communautés autochtones. Bien que les lois et les politiques visant à promouvoir l’égalité des genres soient si essentielles (un domaine qui doit progresser dans notre quête de l’égalité des genres), il est également essentiel que les normes socioculturelles évoluent. Par exemple, les pratiques néfastes telles que les mariages forcés ou précoces ou les avortements sélectifs en fonction du sexe, la violence fondée sur le genre ou l’héritage inéquitable ou préjudiciable (par exemple, priver les veuves et leurs enfants de leur héritage).
Quels sont les principaux défis à relever dans l’intégration d’une perspective genre au niveau institutionnel ?Comme vous le savez, l’intégration de la dimension de genre est l’approche globale de la promotion de l’égalité des genres, en général et au sein d’une institution. En effet, il s’agit d’intégrer une perspective permanente de genre (par rapport à une perspective que nous utilisons sur une base ad hoc) dans la planification, la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de tout ce que nous faisons (par exemple, les politiques, les projets, la formation, etc.). Il s’agit de comprendre les réalités, les besoins, les intérêts des femmes et des hommes (mais aussi les rôles, les attentes sociales, etc.), comment ceux-ci façonnent la situation dans laquelle la politique/le projet/l’initiative est menée. Il ne s’agit pas seulement de comprendre les différents besoins/réalités de diverses femmes et hommes. Il s’agit d’appliquer les connaissances sur le genre pour mettre en œuvre des projets plus efficaces et de saisir les opportunités de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes – avec leur diversité.
Au niveau institutionnel, l’APPLICATION de ce principe général d’ensemble passe par des interventions visant à intégrer le genre dans deux voies… au niveau de l’organisation (c’est-à-dire à l’intérieur / en interne… disons au sein de cette organisation) et au sein de ses interventions ou programmes (c’est-à-dire en face de l’extérieur). Dans un contexte organisationnel, pour que l’intégration de la dimension de genre soit appliquée de manière systémique, elle doit travailler à plusieurs niveaux, y compris la conscience individuelle, les comportements, les règles informelles au sein de l’organisation (y compris son actualité, la façon dont l’information circule, la façon dont les choses se font, etc.) et sur les règles formelles (par exemple, les politiques, les barèmes de salaire, etc.). Cela devrait se traduire, par exemple, par l’inclusion du genre comme objectif clé dans la stratégie d’une organisation, par l’adoption d’une stratégie de genre ou par l’intégration de considérations de genre dans le système organisationnel, comme suit :
Quelle est la place de la société civile dans ces avancements à venir ?
La société civile a un rôle clé à jouer dans la promotion des efforts en faveur de l’égalité des genres. Leur rôle comprend 1) le plaidoyer pour les questions de genre – à différents niveaux, y compris aux niveaux individuel, communautaire, local, régional et national –, 2) le renforcement des capacités et la sensibilisation de divers acteurs sur des thèmes clés, y compris l’apport d’une expertise dans la réalisation et l’utilisation d’analyses liées au genre dans divers secteurs. Par exemple, soutenir divers acteurs dans l’analyse des questions liées au genre, par exemple sur le marché du travail ou dans la participation politique, 3) faciliter la production et le partage de connaissances sur les questions de genre. Par exemple, mener des recherches liées au genre sur des thèmes variés tels que les questions liées au genre sur le marché du travail ou dans les secteurs de la santé, de l’énergie ou de l’éducation.
Pensez-vous que les femmes puissent changer le monde ?
Je crois que chacun d’entre nous a un rôle à jouer, les femmes et les hommes. Ensemble, nous pouvons changer le monde. C’est grâce au travail et aux efforts conjoints que nous, en tant qu’individus (femmes et hommes), en tant que ménages, en tant que communautés, en tant que localités et en tant que nations, pouvons réaliser notre plein potentiel. Changer le monde commence en fait par une introspection interne de croyances et de pratiques justes et équitables qui se traduisent ensuite par des comportements justes, justes et équitables entre les genres – dans notre vie quotidienne, de l’estime de soi à la valeur des autres et aux interactions entre les individus au sein du foyer, dans les communautés, au travail, et ceux-ci culminent à une vie nationale où tout le monde – femmes et hommes – a sa place et a des chances égales de réaliser son plein potentiel.
Personnellement, quels sont vos engagements actuels et futurs en faveur des droits des femmes dans le monde ?
J’ai le plus grand privilège de m’associer à une multitude d’organisations à travers le monde dans leur quête de l’égalité des genres. Je suis fière de collaborer avec le ministère du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale (MoGCSP) du Ghana pour soutenir les données/statistiques sensibles au genre et le suivi et l’évaluation, notamment dans le suivi de la mise en œuvre de la loi sur l’action positive (Affirmative Action Act) qui a été adoptée en septembre 2024 (une victoire historique pour le Ghana). J’ai le plus grand plaisir de soutenir les chambres de commerce et les organisations d’entreprises membres d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes dans l’intégration du genre au sein de leurs institutions, dans le soutien de leurs membres et dans leur dialogue public-privé. Je suis également engagée dans la conception d’un cadre d’intégration du genre dans la finance durable. En partenariat avec le Global Gender-Smart Fund (GGSF) financé par la KfW, j’ai le privilège d’aider les institutions financières à promouvoir l’égalité des genres au sein de leurs institutions et dans leurs services et produits financiers. En plus, j’ai de nombreuses autres interventions dans 1) la conduite de recherches liées au genre, 2) l’élaboration, la conception, le développement, la mise en œuvre et le suivi de programmes sensibles au genre, 3) la conception, le développement, la mise en œuvre et la prestation de formations sur le genre et de boîtes à outils pratiques pour différents publics et utilisateurs.Votre mot pour les jeunes filles et les femmes du monde entier qui vivent dans les conditions de marginalisation et de vulnérabilité face aux injustes diverses (climatiques, politiques, sécurité etc.)
Croyez toujours en vous. Ayez une vision de ce que vous voulez que votre vie représente et prenez des mesures quotidiennes pour y parvenir. Malgré toutes les difficultés que vous avez rencontrées, vous pouvez être le changement que vous voulez voir dans le monde, comme l’a dit M. Gandhi. Écoutez votre cœur, il vous dira ce que votre esprit ne capturera pas encore.
Propos recueillis par Baltazar ATANGANA


