[WOLOFAL] : Signification du terme wolof ‘mbokk’

TRACT – Formé en wolof à partir du verbe « bok » (partager), le terme « mbokk » signifie, selon Massamba Guèye, docteur ès-Lettres, spécialiste de la littérature orale, la parenté. La parenté dans le sens où il faut tout partager, les moments de paix tout comme les peines et douleurs. Ce partage doit être aussi intérieur, ajoute-t-il. « Les Wolofs ont l’habitude de dire : « ay mbokk, bougnou bokul dotu niou ay mbokk », (des parents qui ne partagent pas ne méritent pas d’être appelés parents). Ce partage là doit être à trois niveaux : partager ce qu’on sait, partager ce qu’on a et partager la nostalgie », indique M. Guèye. Le vrai « mbokk » aussi réagit toujours quand un des siens est touché. C’est d’ailleurs ce qui fait dire aux Wolofs « guénou golo guduna wayé lothia lal borom yek ko » (littéralement : la queue du singe est longue, mais si vous en touchez le bout, il le sent). Ceci pour dire que quand on touche à un membre de la famille, même éloigné, les autres se déplacent pour réagir. Aussi, lorsqu’on dit « diw sama mbokk la », cela veut dire que nous avons soit la même lignée sanguine qu’on appelle en wolof « guénio », soit nous avons la même lignée maternelle. Les Wolofs parlent aussi de « mbokk » en ce qui concerne le bon voisinage.« Par exemple, quand le wolof dit ‘dekeundo bou yagg dey indi mbokk’ », cela veut dire qu’à force de vivre en harmonie avec ses voisins, on finit par être des parents. « Dans ce sens, la parenté se traduit en quelque sorte par la proximité », explique Massamba Guèye. 

[ET ÇA TU LE SAVAIS ?] La statue en bronze de Demba et Dupont a été déplacée plusieurs fois

TRACT – La statue en bronze de Demba, tirailleur sénégalais, et de Dupont, poilu français, trône aujourd’hui en face de la gare de Dakar. Mais elle n’a pas toujours été là.Voici son histoire.Inauguré le 30 décembre 1923 au rond-point de l’Étoile à Dakar, le monument à la gloire des troupes noires et aux disparus de l’Afrique occidentale française représente un tirailleur sénégalais et un poilu français reposant sur un piédestal où figurent les effigies de cinq « grandes figures » de l’AOF : Faidherbe (Sénégal), Griffon du Bellay, William Merlaud-Ponty, François-Joseph Clozel et Joost Van Vollenhoven. Elle a été réalisée par le sculpteur français Paul Ducuing pour rappeler les moments tragiques et douloureux de la Grande Guerre.La statue a ainsi trôné devant l’Assemblée nationale jusqu’en 1983. Considérant alors qu’elle symbolisait le rappel du colonialisme – le Français pose une main « paternelle » sur l’épaule du Sénégalais – il fut décidé de la déplacer au cimetière de Bel-Air.Lors de la célébration de la Journée du tirailleur, lancée le 23 août 2004, Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal, fait réinstaller la statue au centre de Dakar, place de la Gare Dakar-Niger, rebaptisée à cette occasion Place du Tirailleur. Un monument commémoratif situé à proximité immédiate porte désormais gravé : « À nos morts, honneur et reconnaissance éternelle de la Nation ».

Exposition hommage : Anta Germaine Gaye sublime l’élégance des femmes saint-louisiennes 

TRACT – « Saint-Louis du Sénégal était le centre de l’élégance et du bon goût sénégalais », disait l’écrivain Ousmane Socé Diop disait dans son roman « Karim ». Loin sans faux puisque l’artiste peintre Anta Germaine Gaye l’a matérialisé dans son exposition. Ceci dans le cadre de la 15e édition du Dak’Art, la reine de la peinture sous-verre a presenté une exposition hommage à l’ex palais de justice du Cap Manuel, à Dakar, où elle exalte l’élégance des femmes de Saint-Louis, sa ville natale. Dans les tableaux accrochés au niveau des cimaises, elle a pu reconstituer certains espaces familiaux ornés de tableaux sous-verre communément appelés en wolof « suweer ». Dans cette exposition, cette dame joviale, maraiine de cette Biennale, avec son sourire ravageur toujours au bout des lèvres, qui est s marque de fabrique reconstitue à l’identique les intérieurs du début du siècle, ces chambres des femmes où l’on retrouve tous les anciens instruments. On peut en citer parmi les objets, de la machine à pédale pour coudre, celle à moudre le café, l’ancien vintage radio en bois, ou encore le fer à repasser, entre autres.On y retrouve également le casque colonial sur le porte-manteau, le « wakhandé » (malle en fer servant d’armoire), les porcelaines, le gramophone pour distiller de la bonne musique, l’encensoir, le tapis de sol carreaux, les portraits de la famille et des marabouts accrochés sur le mur. « Le verre, c’est quelque chose de précieux, on ne s’en défait pas », laisse-t-elle entendre, la professeure d’éducation artistique à la retraite. Ce qui fera dire d’ailleurs le commissaire d’expositionAlioune Badiane que l’élégance est toujours au rendez-vous dans ses œuvres. En effet, elle le lieu en une véritable maison à l’ancienne de « Ndar » (Saint-Louis), avec à l’arrière une grande cour de repos sous l’arbre, met en exergue à travers différentes pièces, ses toiles de couleurs vives ou de portraits de femmes élégantes à son image.Adama Aidara Kanté

DÉFIS ET EMPLOYABILITÉ Plateforme gazière de Saint-Louis – Impacts sur l’emploi des jeunes et les écosystèmes naturels

TRACT – L’Unité flottante de production et de stockage de gaz (FPSO) est installé dans la mer sur le champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA), opéré par Petrosen, contrôlée par l’État sénégalais et associée dans le projet au Britannique BP, à l’Américain Kosmos Energy et à la Société mauritanienne des hydrocarbures. Le FPSO, stationné dans l’Atlantique à environ 40 kilomètres des côtes et raccordé aux puits d’extraction environ 80 kilomètres plus au large, réceptionnera le gaz et en effectuera un premier traitement, avant que le gaz ne soit expédié vers une autre unité flottante qui le liquéfie, à environ 10 kilomètres du rivage, pour faciliter le transport.GTA, un investissement de plusieurs milliards de dollars, devrait produire environ 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an, destinés à la consommation intérieure et à l’exportation.Dès l’état de projet Grand tortue Ahmeyim (Gta), a enrôlé 350 sociétés locales (sociétés sénégalaises et mauritaniennes) et plus de 3000 employés locaux.Le développement de la plateforme pétrolière de Saint-Louis suscite à la fois des espoirs et des préoccupations. D’un côté, cette initiative promet des opportunités économiques et des emplois pour les jeunes Sénégalais, offrant un potentiel de croissance pour une région souvent marginalisée. De l’autre, les impacts environnementaux potentiels inquiètent les défenseurs des écosystèmes marins et terrestres de la zone, cruciaux pour le bien-être des communautés locales et pour la préservation de la biodiversité.

Mensurations de la plateforme

Les plateformes offshore peuvent couvrir plusieurs hectares, incluant des installations de forage, d’hébergement et de traitement.En général, ces plateformes sont massives, avec des structures élevées pouvant atteindre plus de 50 à 60 mètres au-dessus du niveau de la mer et descendant à des centaines de mètres de profondeur pour atteindre les réserves sous-marines.Elles sont construites pour supporter de grandes quantités d’équipements, de personnel et des opérations continues dans des conditions climatiques variées.

Quantité de production pétrolière

Le projet offshore entre le Sénégal et la Mauritanie (dont Saint-Louis fait partie) pourrait permettre une production importante, évaluée dans les prévisions à environ 100 000 à 125 000 barils par jour. Cette production pourrait se maintenir, voire augmenter, avec des prévisions sur environ 30 ans d’exploitation. La production effective peut fluctuer en fonction de la demande mondiale, des avancées technologiques et des politiques énergétiques.

Nombre d’emplois potentiels

Une plateforme pétrolière de cette envergure pourrait employer directement entre 200 et 500 personnes, incluant des ingénieurs, techniciens, personnel de sécurité, opérateurs, etc.Le secteur de soutien pourrait créer plusieurs milliers d’emplois indirects, dans des domaines comme le transport, la maintenance, la logistique et les services locaux.Il est possible qu’un programme de formation soit mis en place pour recruter localement et répondre aux exigences techniques spécifiques du secteur pétrolier.

Les promesses d’emplois pour la jeunesse locale

Avec l’arrivée de la plateforme pétrolière, la question de l’employabilité des jeunes prend une dimension nouvelle et stratégique. Alors que le Sénégal connaît une forte croissance démographique et que de nombreux jeunes peinent à s’intégrer dans le marché du travail, la plateforme est perçue comme une bouffée d’oxygène. Selon les projections, cette installation pourrait créer des milliers d’emplois directs et indirects, dans des secteurs variés tels que la logistique, le transport, la maintenance industrielle, et bien sûr, l’exploitation du pétrole.Cependant, ces opportunités nécessitent des compétences spécifiques et une formation souvent complexe, dans des domaines techniques qui demandent un haut niveau de qualification.Le défi réside donc dans la capacité du Sénégal à former une main-d’œuvre qualifiée pour répondre aux exigences de cette industrie. Les jeunes devront acquérir des compétences en ingénierie pétrolière, en sécurité industrielle, et dans des métiers annexes tels que la gestion de projets et l’administration de sites. Cela suppose un investissement massif dans la formation professionnelle et la collaboration avec les institutions éducatives locales et internationales pour combler ce gap de compétences.Ainsi, bien que la plateforme offre un potentiel énorme pour la jeunesse de Saint-Louis, il est impératif d’assurer un cadre de formation adéquat pour que les emplois créés bénéficient véritablement aux locaux, sans devoir recourir principalement à des expatriés.

Impact sur les écosystèmes naturels : un équilibre fragile à préserver

La région de Saint-Louis est dotée d’une riche biodiversité et d’écosystèmes marins d’une grande valeur, cruciaux pour les populations de pêcheurs et les communautés vivant en symbiose avec cet environnement.Le développement de la plateforme pétrolière, bien qu’économiquement prometteur, fait redouter des dégradations irréversibles pour ces écosystèmes. Les fuites potentielles de pétrole, les rejets de déchets toxiques et la pollution sonore sont autant de menaces pour la faune marine, notamment pour les espèces de poissons dont dépend la pêche locale, ainsi que pour les oiseaux et mammifères marins.Les risques environnementaux soulèvent également la question de l’érosion côtière, accentuée par l’exploitation des ressources fossiles. La préservation des mangroves et des récifs coralliens devient alors un impératif, car ils protègent les côtes de l’érosion, tout en servant d’habitat pour des milliers d’espèces. Les experts appellent à la mise en place de politiques de protection strictes, et surtout, à une régulation renforcée pour minimiser l’impact environnemental de l’exploitation pétrolière.

Conciliation entre développement économique et respect de l’environnement : un défi politique et social

Face à ces enjeux, le Sénégal doit faire preuve de vigilance pour concilier développement économique et préservation des ressources naturelles. La gestion responsable de la plateforme pétrolière de Saint-Louis pourrait permettre au pays de tirer le meilleur parti de ses ressources tout en assurant la durabilité de ses écosystèmes. La mise en place d’une gouvernance écologique forte, de normes environnementales rigoureuses et de mécanismes de suivi est essentielle pour garantir que le développement pétrolier ne se fasse pas au détriment de l’environnement et des populations locales.Les autorités sénégalaises doivent également travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour s’assurer que leurs préoccupations soient entendues et intégrées dans les politiques de gestion de la plateforme. Des compensations et des mesures d’accompagnement, telles que la création de réserves naturelles protégées ou des programmes de reboisement, pourraient être envisagées pour contrebalancer les effets de l’exploitation pétrolière.Le projet de plateforme pétrolière de Saint-Louis se dresse à la croisée des chemins entre modernité et tradition, croissance économique et protection de l’environnement. Ce projet pourrait bien être une chance inespérée pour les jeunes Sénégalais, à condition que l’État et les acteurs impliqués s’engagent dans une démarche responsable et durable. C’est un défi colossal, mais également une occasion unique de prouver que développement économique et préservation de l’environnement peuvent aller de pair.Les générations futures se souviendront peut-être de cette époque comme celle où le Sénégal a su concilier ses aspirations à la prospérité avec son devoir de protéger ses trésors naturels.Hadj Ludovic  

08 MOIS DE GESTION DIOMAYE DANS LA PÊCHE  Qu’ont apporté aux pêcheurs traditionnels les réformes et la transparence sur les bateaux étrangers?

TRACT – Le secteur de la pêche au Sénégal traverse une période charnière avec la fin des accords de pêche entre le Sénégal et l’Union Européenne. Ces accords, en vigueur depuis plusieurs décennies, autorisaient chaque année des dizaines de navires européens à exploiter les eaux sénégalaises pour des tonnages allant jusqu’à 10 000 tonnes de thon et 1 750 tonnes de merlus noirs.Ces espèces étaient principalement ciblées par les flottes industrielles européennes, notamment espagnoles et françaises, créant souvent des tensions avec les pêcheurs traditionnels qui voyaient leurs ressources s’amenuiser.Avec l’arrêt de ces accords, l’impact se fait sentir à plusieurs niveaux. D’une part, les autorités sénégalaises espèrent que cette décision apportera un soulagement aux pêcheurs locaux en réduisant la pression sur les stocks halieutiques. D’autre part, la gestion Diomaye, mise en œuvre depuis huit mois, est confrontée à de nouveaux défis : elle doit désormais encadrer cette nouvelle donne et s’assurer que les ressources maritimes bénéficient davantage aux communautés locales.

La transparence sur les bateaux étrangers : Une avancée vers un secteur plus juste

Avant la rupture des accords, l’accès des navires étrangers aux eaux sénégalaises était souvent jugé opaque. Pour les pêcheurs locaux, l’ampleur des prises industrielles européennes exacerbait leur sentiment de désavantage.La gestion Diomaye, avec son approche de transparence accrue, a instauré des réformes pour une meilleure régulation des activités de pêche industrielle. Les licences accordées aux bateaux étrangers ont été réévaluées, et une obligation de déclaration des prises a été mise en place. Cette initiative visait non seulement à réduire l’impact des pratiques industrielles sur les stocks, mais aussi à établir un suivi rigoureux des quotas pour éviter toute exploitation excessive.Aujourd’hui, avec la fin des accords de pêche avec l’UE, le défi est de garantir que cette transparence s’étende aux activités des navires étrangers qui continueront d’opérer dans les eaux sénégalaises sous d’autres régimes, comme les accords bilatéraux ou les licences spéciales.Depuis l’instauration de la gestion Diomaye dans le secteur de la pêche, huit mois se sont écoulés et ont apporté une série de changements marquants pour les pêcheurs traditionnels.L’un des objectifs primordiaux de cette réforme était d’instaurer une plus grande transparence concernant les activités des bateaux étrangers, qui longtemps ont été accusés de piller les ressources halieutiques du Sénégal. Aujourd’hui, après plusieurs mois de mise en œuvre, il est temps de faire un bilan de cette gestion, de ses impacts sur les pêcheurs locaux, et de l’évolution de la régulation dans un secteur clé de l’économie nationale.

Tournant historique sur la transparence sur les bateaux étrangers

Actuellement, 132 navires sénégalais et 19 navires étrangers sont autorisés à opérer dans les eaux sénégalaises.Cette liste a été officiellement publiée en mai 2024 par le ministère des Pêches, conformément à une politique de transparence sous l’administration du président Bassirou Diomaye Faye.Ce choix de rendre publique la liste des navires, comprenant ceux bénéficiant de permis valides et d’autres en cours de renouvellement, vise à renforcer la souveraineté sur les ressources halieutiques et à mieux encadrer les accords de pêche, surtout en amont de la réévaluation de l’accord de pêche avec l’Union européenne.Par ailleurs, ce secteur vital emploie directement ou indirectement environ 600 000 personnes au Sénégal, soulignant son impact économique et social. La pêche représente près de 3,2 % du PIB national.Avant l’adoption du modèle Diomaye, la pêche industrielle, notamment celle effectuée par des navires étrangers, était souvent perçue comme un secteur opaque. Le manque de régulation sur l’accès aux ressources maritimes avait engendré une compétition déloyale, mettant en péril les petites unités de pêche artisanale, notamment celles des pêcheurs traditionnels. Ces derniers, dépendants d’une pêche durable, subissaient directement les effets négatifs de la surexploitation des ressources.La mise en place de réformes visant à contrôler et à réguler les activités des bateaux étrangers a été un des grands chantiers de la gestion Diomaye. Un registre des navires étrangers a été mis en place, et une série de critères stricts a été définie pour l’octroi de licences. La transparence sur ces activités a permis de réduire l’accès illégal aux zones de pêche locales et d’endiguer les pratiques frauduleuses telles que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN).

Les répercussions positives sur les pêcheurs traditionnels

Les pêcheurs locaux, longtemps les victimes collatérales de la pêche industrielle, ont vu un véritable renforcement de leurs droits. La régulation du secteur a permis une meilleure répartition des ressources, garantissant ainsi une pêche plus durable. Les mesures d’interdiction et de restriction de certaines zones de pêche ont permis de redonner à ces communautés l’accès à des stocks marins plus riches, contribuant ainsi à une relance de leur activité.De plus, la sensibilisation et l’appropriation des réformes par les pêcheurs ont créé une dynamique de protection des écosystèmes marins, renforçant ainsi la résilience des communautés face aux défis écologiques et économiques.

Une gestion plus équitable des ressources halieutiques

Un autre aspect important de la gestion Diomaye a été la révision des modalités d’octroi de licences de pêche.Auparavant, une grande partie de ces licences étaient attribuées de manière opaque, avec des préférences accordées à des entreprises étrangères au détriment des acteurs locaux. Le nouveau système repose désormais sur un processus plus transparent et plus équitable, offrant une meilleure représentativité aux pêcheurs traditionnels.Les réformes incluent également la création de zones de pêche protégées où les bateaux étrangers n’ont plus accès, garantissant ainsi une meilleure gestion des stocks halieutiques. Ces zones sont administrées par les pêcheurs locaux en collaboration avec les autorités, créant ainsi un cadre de gouvernance participative. Cette gestion partagée a permis de renforcer la solidarité entre les acteurs de la pêche, qu’ils soient industriels ou artisanaux.

La modernisation du secteur de la pêche : Un pari risqué mais nécessaire

En parallèle, les réformes de la gestion Diomaye ont cherché à moderniser le secteur de la pêche. Des initiatives de formation ont été mises en place pour sensibiliser les pêcheurs traditionnels aux bonnes pratiques de pêche durable et à l’utilisation des nouvelles technologies de gestion des stocks halieutiques. Ces formations, visant à améliorer l’efficacité et la sécurité des pêcheurs, se sont également accompagnées d’un soutien en matériel et en infrastructures.Cependant, cette modernisation du secteur n’a pas été sans défis. De nombreux pêcheurs ont rencontré des difficultés d’adaptation à ces nouvelles méthodes, notamment en ce qui concerne l’accès aux technologies et à la formation.La question de la transparence des subventions et des aides financières allouées reste également un sujet de débat, certains pêcheurs estimant que l’accès aux ressources était encore inégal.

Les perspectives d’avenir : Vers une pêche plus durable et inclusive

Le bilan après huit mois de gestion Diomaye présente des résultats encourageants, mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir une pêche totalement durable et équitable.Les réformes ont permis une meilleure régulation de l’activité de pêche industrielle, mais l’impact concret sur les pêcheurs traditionnels doit encore être renforcé. Le défi sera de rendre cette gestion plus inclusive et de continuer à impliquer les acteurs locaux dans toutes les étapes de la prise de décision.Les autorités doivent également continuer à soutenir la modernisation des infrastructures, en particulier dans les zones les plus reculées, pour permettre aux pêcheurs locaux de bénéficier de meilleures conditions de travail et de plus grandes opportunités économiques.La gestion Diomaye représente une étape importante vers la réconciliation des intérêts entre la pêche traditionnelle et industrielle au Sénégal.Si les défis restent nombreux, la transparence accrue et la régulation plus stricte des activités de pêche offrent de nouvelles perspectives pour un secteur plus durable et plus juste, où les pêcheurs locaux peuvent espérer un avenir plus serein.Hadj Ludovic    

Les putschistes maliens vont libérer le PDG australien de la mine d’or Resolute, en prison pour raisons fiscales

Tract – Compromis en vue entre l’État malien et le PDG de nationalité britannique de la compagnie australienne Resolute, propriétaire d’une mine d’or au Mali. Depuis vendredi 8 novembre, le PDG de la société et deux de ses collaborateurs expatriés sont détenus à la brigade du Pôle économique de Bamako suite à un litige financier avec les autorités maliennes.Le président directeur général de la compagnie australienne Resolute, propriétaire d’une mine d’or au Mali et ses deux collaborateurs, tous les trois de nationalité britannique, étaient à deux doigts d’être mis sous mandat de dépôt. Leur société a finalement accepté un compromis avec les autorités maliennes. D’après nos informations, ce mercredi, un protocole d’accord était en cours de finalisation pour signature.De source proche de l’affaire, selon ce protocole, le Mali recevra rapidement un premier chèque et dans un délai raisonnable un second. Mais c’est après la signature du document et un premier versement de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA que ces hauts cadres de la société minière vont recouvrer la liberté.Ces derniers sont accusés de « faux présumés et d’atteinte aux biens publics ». Depuis quasiment une semaine, ils sont dans les locaux d’une unité d’enquête du pôle économique Bamako. Les autorités maliennes leur reproche notamment des pratiques commerciales non orthodoxes. Une source au cœur du dossier précise : « le litige financier porte aussi sur les questions fiscales ». La compagnie australienne Resolute détient 80% des parts de la filiale propriétaire de la mine d’or de Syama située dans le sud-ouest du Mali. Les 20% restants sont entre les mains de l’État malien.

[L’ET DIT TÔT DE DMMS] Quelles intentions de vote chez les staffs de la rédaction de Tract Hebdo ? (Par Damel Mor Macoumba Seck )

TRACT – Pastef par force, Sonko en force ! Dans la rédaction de Tract, le patron du parti Pastef (qui n’est point le parti présidentiel, vu que PR Diomaye en a démissionné) a réussi a installer la perception qu’il voulait : que ce scrutin législatif soit vu comme un referendum. Ainsi donc, il remporte 28% des voix de nos collaborateurs de Tract Hebddo. Ce qui n’es pas si mal. Surtout quand on sait qu’il mord dans l’électorat jeune de moins de 35 ans, ce qui est la caractéristique majeure de la démographie de nos collaborateurs.Mais ce qui montre aussi que Sonko n’a pas réussi son pari. Comme dans la population générale, il pêche par plusieurs choses : Il a appelé a la violence alors que c’est le chef du Gouvernement OS (GOS), il a pratiquement engueulé le PR Diomaye et vertement critiqué son propre ministre de l’Intérieur. Donc Sonko gagne chez Tract Hebdo, mais pas sabre au clair.Pastef est suivi chez nous par la Coalition Pole Alternatif Kiraay ak Natangue 3eme Voie : ce qui n’a pas peu a voir avec le fort entregent de notre Directeur Général Ousseynou Nar Gueye, qui s’est fortement activé pour faire prévaloir la liste dirigée par le President Birima Mangara. Gueye récolte le fruit de ses efforts, puisque Kiraay ak Natangué arrive en deuxième position dans les intentions de vote au sein de notre rédaction.Ensuite, deux listes bien en vue émergent du lot des 41 listes en compétition : Takku Wallu Senegal de Macky et Samm Sa Kaddu de Barthelemy Dias, avec 13% chacune. 10% de nos collaborateurs ont choisi de garder leur vote secret, ce qui est la latitude qu’offre la démocratie. Fermant le ban, c’est l’abstention, avec 22% : ce sera la grande inconnue du scrutin de dimanche 17 novembre 2024, qui devrait néanmoins connaitre un taux de participation appréciable.Damel Mor Macoumba Seck

‘Votez pour l’expérience et le vécu’ : la dernière caravane électorale du camp de Macky Sall

Tract – À Dakar, une intercoalition de l’opposition réunit Sam Sa Kaddu, Jamm Ak Njarin d’Amadou Ba et Takku Wallu de Macky Sall pour tenter de convaincre les électeurs alors que la campagne se termine ce vendredi. Si l’ancien président fait campagne depuis le Maroc, ses équipes et colistiers sont bien présents sur le terrain. Une caravane a parcouru la banlieue de la capitale jeudi soir.À chaque arrêt du convoi, des t-shirts ou des pancartes avec le visage de Macky Sall sont brandis par la foule. Étant donné que la campagne se termine ce vendredi, c’est l’ultime opportunité pour les candidats de rallier les électeurs à leur cause.Lamine, lui, votera Takku Wallu dimanche car il se désole de voir le Pastef au pouvoir. « On a fait une grosse erreur en votant pour cette coalition. On a fait que sept mois mais le pays aujourd’hui vit une situation très difficile sur tous les fronts », estime-t-il.

« Tout le monde réclame Macky Sall »

Pour Abdourafoun Touré, responsable départemental de Takku Wallu, cette élection est une façon de remettre le pays sur le bon chemin : « L’objectif, c’est la restauration de la trajectoire de développement économique et social du Sénégal. Nous demandons à la jeunesse sénégalaise de voter pour l’expérience et le vécu ». Selon lui, le vécu est bien entendu incarné par Macky Sall, tête de liste et chef de l’État de 2012 à mars dernier.Et le fait que le parti de l’ex-président, l’APR, ait perdu le scrutin présidentiel est un non-sujet pour Fabineta Diaye, numéro 2 sur la liste. « Tout le monde réclame Macky Sall », selon elle.L’objectif affiché est de réconcilier les Sénégalais et travailler pour eux, selon la numéro 2. « On demande que l’opposition ait une majorité absolue à l’Assemblée nationale pour pouvoir accompagner le gouvernement. Nous ne sommes pas là pour bloquer le gouvernement », conclut-elle. C’est notamment dans cet objectif Takku Wallu a rejoint la large intercoalition de l’opposition lors de scrutin.Tract.sn

Le Tchad va avoir l’Internet gratuit par satellite grâce au milliardaire Elon Musk

Tract – L’américain d’origine sud-africaine, Elon Musk, patron de l’entreprise Starlink, fournisseur d’internet par satellite, a annoncé l’arrivée imminente de ses dispositifs au Tchad. Une annonce faite sur X (ex-Twitter) le lundi 11 novembre. L’objectif est de résoudre le problème de fiabilité et du coût de l’internet. Sur les réseaux sociaux et dans la rue, les Tchadiens apprécient diversement cette annonce.Deub Zyzou, community manager depuis plus de dix ans, n’en peut plus d’être obligé de voyager quotidiennement pour publier ses reportages ou les annonces sur son site internet. En cause, les coupures intempestives au Tchad. « Parfois, nous sommes obligés d’aller à Kousséri, explique-t-il. On est obligés de traverser le fleuve pour aller se connecter sur internet au Cameroun, donc c’est très dommage. »Le PDG américain annonce l’arrivée d’internet par satellite dans les prochains jours afin, aussi, de réduire les coûts. Pour Zyzou c’est un « ouf » de soulagement. « On attend que ça. C’est un avantage majeur pour les internautes et pour les Tchadiens de façon générale. Ça pourra également empêcher les censures qui se font à tout moment et pour des raisons qu’on ignore souvent. »
Jean Bosco Manga, militant et membre de la plateforme Internet sans frontières (ISF), reste, lui, pessimiste. Pour lui, internet ne doit pas rester entre les mains du pouvoir. « Cela ne résout en rien le problème du droit d’accès à l’information à travers internet à un coût abordable pour le citoyen lambda. En dépit de la qualité supérieure qu’il offrirait, ce service reste accessible uniquement à une élite et à des minorités capables de se permettre ce luxe. »
Tract.sn

‘Aysha’ : Quand le cinéma sénégalais brise le silence sur le viol et les réalités sociales           

TRACT –  Le cinéma est un puissant vecteur de sensibilisation et de transformation sociale, et au Sénégal, il joue un rôle de plus en plus crucial dans le dialogue autour des problématiques contemporaines. Avec des sujets souvent passés sous silence, comme le viol, le cinéma sénégalais se positionne aujourd’hui comme un espace de réflexion et de prise de conscience collective. Le film « Aysha », présenté en avant-première par le producteur Thione Niang, est l’exemple même de cette ambition de faire du cinéma un miroir des réalités sociales. Thione Niang, un jeune leader originaire de Kaolack, a pris le pari de s’éloigner de ses activités traditionnelles pour embrasser le septième art, avec pour mission de mettre en lumière des sujets délicats et tabous dans la société sénégalaise. À travers « Aysha », il raconte l’histoire tragique d’une jeune fille de 14 ans dont le rêve de devenir avocate se voit brisé par une agression sexuelle. Le film ne se contente pas de relater seulement un fait divers. Il dépeint également les défis quotidiens des jeunes filles dans un contexte rural, où les tâches domestiques et les obstacles sociaux freinent leur éducation et leur émancipation.Rêve brisé d’une fillette de 14 ansEn choisissant de raconter cette histoire, Thione Niang espère briser le silence qui entoure le viol, un sujet encore largement tabou dans de nombreuses familles et communautés sénégalaises. « Aysha » vise à sensibiliser, à provoquer des discussions et à inciter à l’action pour protéger les jeunes filles vulnérables. Le producteur s’est exprimé avec force : « Il est temps que nous, Africains, prenions la parole pour raconter nos propres histoires. Depuis trop longtemps, d’autres ont parlé à notre place. Aujourd’hui, nous devons montrer notre réalité au monde et offrir une vision authentique de notre culture. »Le cinéma sénégalais, bien qu’encore émergent sur la scène internationale, connaît une renaissance avec des productions qui abordent des thèmes locaux tout en s’ouvrant à un public global. Thione Niang voit dans le cinéma un outil de promotion culturelle capable de contrer l’influence dominante du cinéma occidental. Il aspire à faire découvrir le potentiel du cinéma africain aux spectateurs étrangers, notamment américains, en présentant des œuvres ancrées dans des réalités authentiques. « Le cinéma n’a pas de frontières, » souligne-t-il, « et il a un pouvoir de sensibilisation qui va bien au-delà de la politique. »Conflit de générationOutre le viol, « Aysha » aborde également des problématiques telles que le conflit générationnel et le manque de soutien parental envers l’éducation des jeunes filles. Ce film est une critique des traditions limitatives qui freinent l’émancipation féminine, mais aussi une invitation à réévaluer l’importance de l’éducation dans la lutte contre les inégalités de genre. En montrant les obstacles que rencontrent les jeunes filles, même avant d’arriver à l’école, le film appelle à une réflexion collective sur la place des femmes dans la société.La projection d’ »Aysha » a été un moment fort, réunissant des professionnels du cinéma, des acteurs culturels et des médias, témoignant de l’intérêt croissant pour des œuvres qui explorent des sujets sensibles avec authenticité. Thione Niang a également profité de l’événement pour annoncer un futur projet « Aysha » : Quand le cinéma sénégalais brise le silence sur le viol et les réalités sociales cinématographiques sur l’immigration clandestine, mettant en lumière le parcours périlleux des migrants. Ce projet s’inscrit dans la continuité de sa vision de faire du cinéma un moyen d’expression des réalités africaines et de porter des messages forts sur la scène internationale.Le film « Aysha » et l’engagement de Thione Niang illustrent parfaitement l’importance du cinéma au Sénégal en tant qu’instrument de changement social et de promotion culturelle. En racontant des histoires locales avec une portée universelle, le cinéma sénégalais aspire à éduquer, sensibiliser et inspirer, tout en donnant une voix à ceux qui ont longtemps été réduits au silence.