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DÉFIS ET EMPLOYABILITÉ Plateforme gazière de Saint-Louis – Impacts sur l’emploi des jeunes et les écosystèmes naturels
Mensurations de la plateforme
Les plateformes offshore peuvent couvrir plusieurs hectares, incluant des installations de forage, d’hébergement et de traitement.En général, ces plateformes sont massives, avec des structures élevées pouvant atteindre plus de 50 à 60 mètres au-dessus du niveau de la mer et descendant à des centaines de mètres de profondeur pour atteindre les réserves sous-marines.Elles sont construites pour supporter de grandes quantités d’équipements, de personnel et des opérations continues dans des conditions climatiques variées.Quantité de production pétrolière
Le projet offshore entre le Sénégal et la Mauritanie (dont Saint-Louis fait partie) pourrait permettre une production importante, évaluée dans les prévisions à environ 100 000 à 125 000 barils par jour. Cette production pourrait se maintenir, voire augmenter, avec des prévisions sur environ 30 ans d’exploitation. La production effective peut fluctuer en fonction de la demande mondiale, des avancées technologiques et des politiques énergétiques.Nombre d’emplois potentiels
Une plateforme pétrolière de cette envergure pourrait employer directement entre 200 et 500 personnes, incluant des ingénieurs, techniciens, personnel de sécurité, opérateurs, etc.Le secteur de soutien pourrait créer plusieurs milliers d’emplois indirects, dans des domaines comme le transport, la maintenance, la logistique et les services locaux.Il est possible qu’un programme de formation soit mis en place pour recruter localement et répondre aux exigences techniques spécifiques du secteur pétrolier.Les promesses d’emplois pour la jeunesse locale
Avec l’arrivée de la plateforme pétrolière, la question de l’employabilité des jeunes prend une dimension nouvelle et stratégique. Alors que le Sénégal connaît une forte croissance démographique et que de nombreux jeunes peinent à s’intégrer dans le marché du travail, la plateforme est perçue comme une bouffée d’oxygène. Selon les projections, cette installation pourrait créer des milliers d’emplois directs et indirects, dans des secteurs variés tels que la logistique, le transport, la maintenance industrielle, et bien sûr, l’exploitation du pétrole.Cependant, ces opportunités nécessitent des compétences spécifiques et une formation souvent complexe, dans des domaines techniques qui demandent un haut niveau de qualification.Le défi réside donc dans la capacité du Sénégal à former une main-d’œuvre qualifiée pour répondre aux exigences de cette industrie. Les jeunes devront acquérir des compétences en ingénierie pétrolière, en sécurité industrielle, et dans des métiers annexes tels que la gestion de projets et l’administration de sites. Cela suppose un investissement massif dans la formation professionnelle et la collaboration avec les institutions éducatives locales et internationales pour combler ce gap de compétences.Ainsi, bien que la plateforme offre un potentiel énorme pour la jeunesse de Saint-Louis, il est impératif d’assurer un cadre de formation adéquat pour que les emplois créés bénéficient véritablement aux locaux, sans devoir recourir principalement à des expatriés.Impact sur les écosystèmes naturels : un équilibre fragile à préserver
La région de Saint-Louis est dotée d’une riche biodiversité et d’écosystèmes marins d’une grande valeur, cruciaux pour les populations de pêcheurs et les communautés vivant en symbiose avec cet environnement.Le développement de la plateforme pétrolière, bien qu’économiquement prometteur, fait redouter des dégradations irréversibles pour ces écosystèmes. Les fuites potentielles de pétrole, les rejets de déchets toxiques et la pollution sonore sont autant de menaces pour la faune marine, notamment pour les espèces de poissons dont dépend la pêche locale, ainsi que pour les oiseaux et mammifères marins.Les risques environnementaux soulèvent également la question de l’érosion côtière, accentuée par l’exploitation des ressources fossiles. La préservation des mangroves et des récifs coralliens devient alors un impératif, car ils protègent les côtes de l’érosion, tout en servant d’habitat pour des milliers d’espèces. Les experts appellent à la mise en place de politiques de protection strictes, et surtout, à une régulation renforcée pour minimiser l’impact environnemental de l’exploitation pétrolière.Conciliation entre développement économique et respect de l’environnement : un défi politique et social
Face à ces enjeux, le Sénégal doit faire preuve de vigilance pour concilier développement économique et préservation des ressources naturelles. La gestion responsable de la plateforme pétrolière de Saint-Louis pourrait permettre au pays de tirer le meilleur parti de ses ressources tout en assurant la durabilité de ses écosystèmes. La mise en place d’une gouvernance écologique forte, de normes environnementales rigoureuses et de mécanismes de suivi est essentielle pour garantir que le développement pétrolier ne se fasse pas au détriment de l’environnement et des populations locales.Les autorités sénégalaises doivent également travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour s’assurer que leurs préoccupations soient entendues et intégrées dans les politiques de gestion de la plateforme. Des compensations et des mesures d’accompagnement, telles que la création de réserves naturelles protégées ou des programmes de reboisement, pourraient être envisagées pour contrebalancer les effets de l’exploitation pétrolière.Le projet de plateforme pétrolière de Saint-Louis se dresse à la croisée des chemins entre modernité et tradition, croissance économique et protection de l’environnement. Ce projet pourrait bien être une chance inespérée pour les jeunes Sénégalais, à condition que l’État et les acteurs impliqués s’engagent dans une démarche responsable et durable. C’est un défi colossal, mais également une occasion unique de prouver que développement économique et préservation de l’environnement peuvent aller de pair.Les générations futures se souviendront peut-être de cette époque comme celle où le Sénégal a su concilier ses aspirations à la prospérité avec son devoir de protéger ses trésors naturels.Hadj Ludovic08 MOIS DE GESTION DIOMAYE DANS LA PÊCHE Qu’ont apporté aux pêcheurs traditionnels les réformes et la transparence sur les bateaux étrangers?
La transparence sur les bateaux étrangers : Une avancée vers un secteur plus juste
Avant la rupture des accords, l’accès des navires étrangers aux eaux sénégalaises était souvent jugé opaque. Pour les pêcheurs locaux, l’ampleur des prises industrielles européennes exacerbait leur sentiment de désavantage.La gestion Diomaye, avec son approche de transparence accrue, a instauré des réformes pour une meilleure régulation des activités de pêche industrielle. Les licences accordées aux bateaux étrangers ont été réévaluées, et une obligation de déclaration des prises a été mise en place. Cette initiative visait non seulement à réduire l’impact des pratiques industrielles sur les stocks, mais aussi à établir un suivi rigoureux des quotas pour éviter toute exploitation excessive.Aujourd’hui, avec la fin des accords de pêche avec l’UE, le défi est de garantir que cette transparence s’étende aux activités des navires étrangers qui continueront d’opérer dans les eaux sénégalaises sous d’autres régimes, comme les accords bilatéraux ou les licences spéciales.Depuis l’instauration de la gestion Diomaye dans le secteur de la pêche, huit mois se sont écoulés et ont apporté une série de changements marquants pour les pêcheurs traditionnels.L’un des objectifs primordiaux de cette réforme était d’instaurer une plus grande transparence concernant les activités des bateaux étrangers, qui longtemps ont été accusés de piller les ressources halieutiques du Sénégal. Aujourd’hui, après plusieurs mois de mise en œuvre, il est temps de faire un bilan de cette gestion, de ses impacts sur les pêcheurs locaux, et de l’évolution de la régulation dans un secteur clé de l’économie nationale.Tournant historique sur la transparence sur les bateaux étrangers
Actuellement, 132 navires sénégalais et 19 navires étrangers sont autorisés à opérer dans les eaux sénégalaises.Cette liste a été officiellement publiée en mai 2024 par le ministère des Pêches, conformément à une politique de transparence sous l’administration du président Bassirou Diomaye Faye.Ce choix de rendre publique la liste des navires, comprenant ceux bénéficiant de permis valides et d’autres en cours de renouvellement, vise à renforcer la souveraineté sur les ressources halieutiques et à mieux encadrer les accords de pêche, surtout en amont de la réévaluation de l’accord de pêche avec l’Union européenne.Par ailleurs, ce secteur vital emploie directement ou indirectement environ 600 000 personnes au Sénégal, soulignant son impact économique et social. La pêche représente près de 3,2 % du PIB national.Avant l’adoption du modèle Diomaye, la pêche industrielle, notamment celle effectuée par des navires étrangers, était souvent perçue comme un secteur opaque. Le manque de régulation sur l’accès aux ressources maritimes avait engendré une compétition déloyale, mettant en péril les petites unités de pêche artisanale, notamment celles des pêcheurs traditionnels. Ces derniers, dépendants d’une pêche durable, subissaient directement les effets négatifs de la surexploitation des ressources.La mise en place de réformes visant à contrôler et à réguler les activités des bateaux étrangers a été un des grands chantiers de la gestion Diomaye. Un registre des navires étrangers a été mis en place, et une série de critères stricts a été définie pour l’octroi de licences. La transparence sur ces activités a permis de réduire l’accès illégal aux zones de pêche locales et d’endiguer les pratiques frauduleuses telles que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN).Les répercussions positives sur les pêcheurs traditionnels
Les pêcheurs locaux, longtemps les victimes collatérales de la pêche industrielle, ont vu un véritable renforcement de leurs droits. La régulation du secteur a permis une meilleure répartition des ressources, garantissant ainsi une pêche plus durable. Les mesures d’interdiction et de restriction de certaines zones de pêche ont permis de redonner à ces communautés l’accès à des stocks marins plus riches, contribuant ainsi à une relance de leur activité.De plus, la sensibilisation et l’appropriation des réformes par les pêcheurs ont créé une dynamique de protection des écosystèmes marins, renforçant ainsi la résilience des communautés face aux défis écologiques et économiques.Une gestion plus équitable des ressources halieutiques
Un autre aspect important de la gestion Diomaye a été la révision des modalités d’octroi de licences de pêche.Auparavant, une grande partie de ces licences étaient attribuées de manière opaque, avec des préférences accordées à des entreprises étrangères au détriment des acteurs locaux. Le nouveau système repose désormais sur un processus plus transparent et plus équitable, offrant une meilleure représentativité aux pêcheurs traditionnels.Les réformes incluent également la création de zones de pêche protégées où les bateaux étrangers n’ont plus accès, garantissant ainsi une meilleure gestion des stocks halieutiques. Ces zones sont administrées par les pêcheurs locaux en collaboration avec les autorités, créant ainsi un cadre de gouvernance participative. Cette gestion partagée a permis de renforcer la solidarité entre les acteurs de la pêche, qu’ils soient industriels ou artisanaux.La modernisation du secteur de la pêche : Un pari risqué mais nécessaire
En parallèle, les réformes de la gestion Diomaye ont cherché à moderniser le secteur de la pêche. Des initiatives de formation ont été mises en place pour sensibiliser les pêcheurs traditionnels aux bonnes pratiques de pêche durable et à l’utilisation des nouvelles technologies de gestion des stocks halieutiques. Ces formations, visant à améliorer l’efficacité et la sécurité des pêcheurs, se sont également accompagnées d’un soutien en matériel et en infrastructures.Cependant, cette modernisation du secteur n’a pas été sans défis. De nombreux pêcheurs ont rencontré des difficultés d’adaptation à ces nouvelles méthodes, notamment en ce qui concerne l’accès aux technologies et à la formation.La question de la transparence des subventions et des aides financières allouées reste également un sujet de débat, certains pêcheurs estimant que l’accès aux ressources était encore inégal.Les perspectives d’avenir : Vers une pêche plus durable et inclusive
Le bilan après huit mois de gestion Diomaye présente des résultats encourageants, mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir une pêche totalement durable et équitable.Les réformes ont permis une meilleure régulation de l’activité de pêche industrielle, mais l’impact concret sur les pêcheurs traditionnels doit encore être renforcé. Le défi sera de rendre cette gestion plus inclusive et de continuer à impliquer les acteurs locaux dans toutes les étapes de la prise de décision.Les autorités doivent également continuer à soutenir la modernisation des infrastructures, en particulier dans les zones les plus reculées, pour permettre aux pêcheurs locaux de bénéficier de meilleures conditions de travail et de plus grandes opportunités économiques.La gestion Diomaye représente une étape importante vers la réconciliation des intérêts entre la pêche traditionnelle et industrielle au Sénégal.Si les défis restent nombreux, la transparence accrue et la régulation plus stricte des activités de pêche offrent de nouvelles perspectives pour un secteur plus durable et plus juste, où les pêcheurs locaux peuvent espérer un avenir plus serein.Hadj Ludovic

