Ce jeudi 22 janvier, défilé de robes pour la Rentrée des Cours et Tribunaux à Dakar : la Justice en habits neufs ?

Tract Hebdo – Ce jeudi, Dakar a des airs de défilé de haute couture, mais version palais de justice. C’est la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux. Pour l’occasion, tout le monde a sorti sa plus belle hermine, les toges sont repassées de frais et les discours sont plus lisses que la peau d’un tambour neuf. Le thème de cette année : « Justice et protection des droits ». C’est un titre magnifique, presque poétique, qui ferait un excellent sujet de dissertation pour un étudiant en première année de droit ou un refrain de chanson engagée. Mais à Tract Hebdo, on a le défaut d’avoir de la mémoire, et surtout, d’avoir une « très bonne droite » qui n’aime pas qu’on lui raconte des histoires à dormir debout avant la sieste.

On nous promet, pour la millième fois, une justice « indépendante ». À entendre les orateurs, la justice sénégalaise serait désormais si autonome qu’elle n’aurait même plus besoin de l’avis du Garde des Sceaux pour décider du menu de la cantine. On attend de voir si cette indépendance est réelle ou si elle est aussi relative que notre envie de faire la sieste après un thieb bien gras un vendredi après-midi. Car, entre la théorie des manuels et la pratique des couloirs du palais, il y a souvent un fossé que même un saut d’athlète olympique ne pourrait franchir. On espère surtout que cette année, la célèbre balance de la justice sera un peu plus précise qu’une balance de vendeur de riz au détail dans un marché de quartier, où le poids varie étrangement selon la tête du client ou l’épaisseur de son portefeuille.

La « gauche » de notre rédaction, toujours prompte à défendre le veuf et l’orphelin, salue l’intention de protéger les droits. C’est beau, c’est noble, c’est presque révolutionnaire ! Mais on se demande de quels droits on parle. S’agit-il du droit du citoyen lambda à ne pas attendre dix ans pour un jugement de divorce, ou du droit des puissants à voir leurs dossiers s’égarer « accidentellement » dans les tiroirs d’un bureau sans fenêtre ? Parce que, jusqu’ici, la protection des droits ressemble parfois à un buffet VIP : tout le monde est invité sur l’affiche, mais seuls quelques privilégiés ont accès aux couverts en argent.

Quant à notre « très bonne droite », elle s’inquiète du coût de cette solennité. Toutes ces hermines, ces tapis rouges et ces petits fours ont un prix. Si l’on pouvait transformer chaque discours ronflant en un nouveau tribunal de proximité ou en une pile de papier pour les greffiers qui travaillent encore sur des cahiers d’écolier, le pays ferait un bond de géant. La justice, c’est le socle de l’économie, nous dit-on. Certes. Mais un socle qui vacille dès qu’un vent politique souffle un peu trop fort, c’est moins un socle qu’un château de cartes.

En cette journée de rentrée, les magistrats se jurent fidélité à la loi. C’est touchant. On aimerait juste que cette fidélité ne soit pas une « relation libre » où l’on s’accorde des petits écarts selon les circonstances ou les appels téléphoniques nocturnes. La justice ne doit pas être un spectacle de gala où l’on brille une fois par an avant de retourner dans l’ombre des lenteurs administratives et des décisions sibyllines. On veut une justice qui n’a pas besoin de loupe pour voir le citoyen, et qui n’a pas besoin de calculette pour peser les arguments.

Alors, messieurs les juges, rangez vos plus beaux atours après la cérémonie et mettez-vous au travail. Le peuple n’attend pas des poèmes en latin, il attend des actes en wolof, en sérère ou en diola, qui lui prouvent que la loi est la même pour celui qui conduit une limousine que pour celui qui pousse un carrosse. À Tract Hebdo, on garde l’œil ouvert, et on a la main lourde sur la plume. Parce qu’une justice qui dort, c’est une démocratie qui ronfle.

Damel Gueye

Tract

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[L’ET DIT TÔT] ‘Statut de l’Artiste’ sénégalais : enfin reconnus, mais toujours fauchés ? (Par Ousseynou Nar Gueye)

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Tract Hebdo – Le Conseil des ministres s’est enfin penché sur le sort de nos créateurs, et la nouvelle est tombée comme un riff de guitare mal accordé : l’État veut valoriser le « Statut de l’Artiste ». L’arme fatale pour sortir nos génies de la précarité ? Une carte professionnelle. Oui, vous avez bien lu. Une petite carte en plastique avec une photo souvent ratée et un tampon officiel. À Tract Hebdo, on se demande si l’on pourra bientôt payer son loyer ou sa facture de la Senelec avec des autographes ou des dédicaces personnalisées. « Tenez, Monsieur le bailleur, je n’ai pas les 150 000 francs, mais voici une carte qui prouve que je suis un poète lyrique certifié par le ministère. » On imagine déjà la tête du propriétaire.

Blague à part, le discours officiel ne varie pas : la culture est notre « pétrole ». C’est le moteur de notre soft power, le rayonnement du Sénégal à l’international. Mais pour l’instant, si la culture est du pétrole, nos artistes ressemblent étrangement à des stations-service à sec en pleine pénurie. On adore voir nos musiciens, nos plasticiens et nos comédiens parader lors des cérémonies officielles, mais on oublie souvent que derrière les paillettes du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose (Ndiaye Rose, artiste qui refusait un hommage post-mortem de l’Etat vu qu’on ne lui avait pas rendu justice dans notre pays de son vivant…) , il y a une réalité faite de fins de mois qui commencent le 5 du mois.

La gauche de notre rédaction se réjouit de cette reconnaissance institutionnelle. Il était temps que le travail de l’esprit soit considéré comme un travail tout court, avec une protection sociale, une retraite (on peut rêver) et une assurance maladie qui ne repose pas sur une quête en ligne ou un élan de générosité d’un mécène de passage. C’est une victoire idéologique : l’artiste n’est plus un « amuseur public » mais un travailleur de la culture. Mais notre « très bonne droite », toujours un peu plus terre-à-terre, se demande où sont les budgets. Une carte professionnelle sans fonds de garantie, sans accès au crédit bancaire et sans lutte réelle contre le piratage numérique, c’est un peu comme donner un permis de conduire à quelqu’un qui n’a pas de voiture et pas de jambes.

Le texte de loi promet des « incitations fiscales ». C’est charmant. Mais pour payer des impôts (ou bénéficier d’abattements), encore faudrait-il avoir un revenu régulier. La plupart de nos artistes vivent en mode « freelance sauvage », oscillant entre un cachet providentiel et six mois de diète artistique. La carte professionnelle va-t-elle forcer les banques à prêter de l’argent à un sculpteur ? Permettra-t-elle à un danseur contemporain d’obtenir un visa sans qu’on lui demande de prouver qu’il possède trois immeubles à Dakar ? Le doute est permis, surtout quand on sait que l’administration sénégalaise aime les papiers, mais déteste les dossiers complexes.

On nous parle aussi de la « redevance pour copie privée » (dont le décret d’application signé en …octobre 2024 par le PR Diomaye et le PM Sonko n’est toujours pas contresigné par le ministre de la Culture et celui des Finances et du Budget…quinze mois plus tard! Ce gouvernement Sonko 2 est-il bien tenu ?) et des droits d’auteur et autres droits voisins. Là encore, c’est le serpent qui se mord la queue dans un studio d’enregistrement. Tant que les plateformes de streaming paient en centimes de poussière et que les radios nationales  diffusent en boucle sans déclarer la moindre playlist, l’artiste restera le parent pauvre de sa propre création. Valoriser le statut, c’est bien. Valoriser le compte en banque, c’est mieux. En attendant, nos artistes vont continuer à faire de l’art pour l’art, c’est-à-dire de l’art pour oublier qu’ils ont faim.

À Tract Hebdo, on conseille à nos créateurs de bien plastifier leur nouvelle carte. Elle ne servira peut-être pas à acheter du riz, mais elle fera un excellent grattoir pour les pare-brise en cas de tempête de sable. Messieurs les ministres, la culture mérite mieux qu’une simple reconnaissance administrative. Elle mérite une économie. En attendant, on retourne écouter du mbalax, ça aide à oublier que le prix de l’huile, lui, n’a pas besoin de statut pour grimper au plafond.

Ousseynou Nar Gueye

Fondateur

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Le Port sec de Tambacounda, futur hub logistique de l’Est : l’eau arrive… en théorie

Tract Hebdo – C’est l’annonce qui a fait vibrer les baobabs du Sénégal oriental cette semaine : le Port Sec de Tambacounda est officiellement sur les rails pour une inauguration en 2028. À Tract Hebdo, on a l’habitude des grands chantiers, mais là, on touche au sublime. Un port sans mer, c’est comme un ndogou sans sucre ou un thieb sans riz : c’est courageux, c’est conceptuel, mais c’est surtout un peu triste quand on regarde la poussière monter. On nous vend la « multimodalité » et le « désenclavement », des mots qui brillent dans les salons feutrés de Dakar mais qui, sur le terrain, résonnent surtout avec le bruit des essieux qui lâchent sur la route de Koumpentoum.

La gauche de notre rédaction, toujours prête à s’émouvoir pour le prolétariat, y voit une opportunité magnifique pour les travailleurs de la région. On imagine déjà les dockers de Tamba, fiers et musclés, déchargeant des conteneurs venus du monde entier en plein milieu de la savane. Quel panache ! C’est la décentralisation par l’absurde. Pourquoi s’embêter avec l’océan quand on a le soleil de plomb et le vent sec ? Mais notre « très bonne droite », elle, sort sa calculette et son monocle. Elle se demande si l’on ne va pas construire un immense parking de luxe pour camions maliens en attendant que le chemin de fer Dakar-Bamako se décide enfin à ne plus être un vestige archéologique.

La logistique, nous dit-on, c’est le futur du Sénégal. C’est le hub, c’est le pivot, c’est le pont. C’est surtout une excellente nouvelle pour ceux qui aiment les maquettes en 3D et les poses de première pierre. Car dans le présent, la réalité est un peu moins fluide : pour atteindre Tambacounda depuis Dakar, il faut d’abord survivre aux embouteillages de Diamniadio qui, eux, ne sont pas « secs » du tout, mais bien gluants de frustration. On espère donc que les camions qui rejoindront ce futur port ne tomberont pas en panne sèche avant d’avoir vu la couleur d’un conteneur. Sinon, Tamba deviendra le plus grand cimetière de ferraille à ciel ouvert de l’Afrique de l’Ouest, ce qui est aussi une forme de spécialisation économique, après tout.

Il y a aussi cette question existentielle qui taraude les habitants : comment gère-t-on un port quand la seule eau à l’horizon est celle des gourdes des bergers ? On nous explique que les marchandises seront traitées ici pour désengorger Dakar. Fort bien. Mais on connaît la chanson : entre la promesse de 2026 et l’inauguration de 2028, il y a souvent un fossé temporel que même un navire de gros tonnage ne pourrait franchir. En attendant, les Tambacoundois regardent le ciel : à défaut de voir arriver des cargos, ils espèrent au moins que le goudron, lui, sera bien sec et solide.

Le gouvernement assure que ce port sera « intelligent ». On espère qu’il sera assez intelligent pour comprendre que sans routes dignes de ce nom et sans électricité stable pour les grues, il restera juste une belle dalle de béton pour faire sécher le mil. À Tract Hebdo, on reste vigilants. On veut bien croire au mirage, à condition qu’il ne finisse pas comme tant d’autres projets : en simple sujet de discussion pour le prochain séminaire gouvernemental à Saly.

Damel Gueye

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Air Sénégal : Le décollage est-il pour ce siècle ?

Tract Hebdo -Le gouvernement vient de nous servir son énième plan de relance pour notre pavillon national, Air Sénégal. On nous parle cette fois de « redressement stratégique », de « rationalisation des coûts » et de « souveraineté aérienne ». À force d’entendre ces termes techniques, on finit par se demander si la direction de la compagnie ne confond pas un Airbus avec un tableau Excel de stagiaire en fin de cycle. À ce niveau de turbulences chroniques, l’avion n’a plus besoin de kérosène, mais d’un exorciste de haut vol ou, à défaut, d’un marabout capable de stabiliser le train d’atterrissage par la seule force de la pensée.

Soyons sérieux deux minutes (un record pour ce journal) : on veut bien être patriotes. On veut bien arborer fièrement le logo de la Téranga sur la dérive de l’appareil et manger du thieb de bord en écoutant du Youssou N’Dour dans les écouteurs. On veut bien voler « local ». Mais le patriotisme s’arrête là où commence le cauchemar logistique. Si prendre un vol Dakar-Ziguinchor demande autant de préparation psychologique qu’une expédition en Laponie, et si l’on risque d’arriver à destination en 2028 alors qu’on est parti ce mercredi matin, autant opter pour une pirogue motorisée ou un bon vieux « sept-places » climatisé par les courants d’air de la nationale 1.

La « gauche » de notre rédaction applaudit des deux mains l’idée d’une compagnie publique forte, capable de désenclaver nos régions et de relier la diaspora au pays sans se faire plumer par des compagnies étrangères aux tarifs de voyous. Mais notre « très bonne droite », elle, a mal à sa calculette. Comment peut-on engloutir des milliards de francs CFA dans un puits sans fond alors que les retards se comptent en jours et les annulations en larmes de passagers ? On nous annonce des nouveaux appareils, mais on attend surtout de nouveaux horaires qui soient autre chose que des suggestions poétiques.

Le nouveau plan de restructuration prévoit de supprimer les lignes déficitaires. À ce rythme, si l’on suit la logique comptable, la compagnie finira par ne plus faire que des trajets entre le Terminal et la piste de décollage, histoire de ne pas trop user les pneus. On nous promet aussi une meilleure gestion des bagages. C’est une avancée : jusqu’ici, envoyer sa valise avec Air Sénégal relevait du jet de bouteille à la mer. On savait où elle partait, on ignorait si elle reviendrait un jour, chargée de souvenirs ou de moisissures.

En attendant le miracle, les passagers continuent de pratiquer le « sport national » : l’attente contemplative dans le hall de l’AIBD. On y voit des familles entières camper comme s’ils attendaient l’apparition de la lune pour la Korité. La direction nous assure que « l’esprit de la Téranga » est au cœur de leur stratégie. Certes, l’accueil est chaleureux, mais la Téranga ne remplace pas un réacteur qui fonctionne ou un équipage qui ne découvre pas son planning cinq minutes avant l’embarquement.

Alors, Air Sénégal va-t-elle enfin sortir du hangar des vœux pieux ? Ou allons-nous assister à une énième métamorphose administrative où l’on change les logos pour oublier qu’on ne change pas les méthodes ? Pour l’instant, la compagnie est comme un lion en cage : elle a fière allure sur les photos de presse, mais elle ne court pas très vite. Messieurs les technocrates, par pitié, faites-nous voler, ou vendez les avions pour acheter des vélos : au moins, avec un vélo, on sait quand on arrive, et c’est bien plus écologique pour la gauche !

Néné Sow, reporter

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[POINT DE VIE] L’Élodie de Pape Thiaw : Un symbole de dignité sénégalaise (Par Mbaye Jacques Diop)

Tract – Dans l’arène du football africain, où les passions sont souvent exacerbées et les intérêts en jeu sont considérables, il est rare de voir un homme se dresser avec autant de dignité et de courage que Pape Thiaw, le sélectionneur des Lions de la Teranga. La finale de la CAN 2025, qui a opposé le Sénégal au Maroc, a été le théâtre d’un véritable exploit, non seulement sur le plan sportif, mais également sur le plan humain.

 Pape Thiaw, cet homme au tempérament de feu, qui a toujours défendu les couleurs de son pays avec fierté et détermination, a montré dimanche dernier qu’il est bien plus qu’un simple entraîneur. Il est un symbole de la dignité sénégalaise, un porte-étendard de la fierté nationale.Face à l’adversité, face aux décisions arbitraires et contestables, face à la pression médiatique et politique, Pape Thiaw a choisi de réagir avec dignité et élégance. Il a refusé de se laisser emporter par la colère et la frustration, il a préféré prendre la décision de retirer son équipe du terrain, protestant ainsi contre les errements de l’arbitre.Cet acte de courage et de conviction a été salué par l’ensemble de la nation sénégalaise, qui a vu en Pape Thiaw un véritable leader, un homme qui incarne les valeurs de courage, de détermination et de dignité qui sont celles de notre pays.Mais Pape Thiaw n’est pas seulement un symbole de la dignité sénégalaise, il est également un exemple pour la jeunesse africaine. Il montre que, même face à l’adversité, il est possible de se dresser avec courage et détermination, de défendre ses droits et ses convictions, sans jamais perdre sa dignité.La décision de Pape Thiaw de retirer son équipe du terrain a été un véritable coup de tonnerre, qui a secoué les instances du football africain et mondial. Elle a montré que le Sénégal est un pays qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui défend ses droits et ses intérêts avec détermination et courage.En cette période de grande effervescence, où les passions sont souvent exacerbées, il est important de se rappeler les valeurs qui font la grandeur de notre pays. La dignité, le courage, la détermination, la solidarité, sont autant de valeurs qui doivent nous guider dans nos actions et nos décisions.Pape Thiaw, vous êtes un symbole de la dignité sénégalaise, un exemple pour la jeunesse africaine. Vous avez montré que, même face à l’adversité, il est possible de se dresser avec courage et détermination. Nous sommes fiers de vous, nous sommes fiers de votre équipe, et nous sommes fiers de notre pays.Vive le Sénégal !Vive les Lions de la Teranga !Vive Pape Thiaw!Mbaye Jacques DIOP

[TRIBUNE] L’Étreinte des Géants : quand le Sénégal s’élève (Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil)

Tract – Le Palais de la République a été, ce jour-là, le sanctuaire d’un instant suspendu. Une image rare, pure, presque sacrée, a traversé les cœurs lors de l’accueil des Lions de la Téranga, sacrés champions de la CAN 2026. Dans un élan de fraternité sincère, Youssou Ndour s’est avancé vers Sadio Mané, tentant de le soulever comme pour porter sa gloire plus haut encore.

 Un héros international qui en soulève un autre. La culture qui embrasse le sport. Un Sénégal qui se regarde, qui se reconnaît, et qui se sourit enfin à lui-même. Deux maîtres, une seule âmeDepuis des décennies, Youssou Ndour est le gardien vigilant de l’âme sénégalaise. Sa voix, reconnaissable entre mille, a bercé nos enfances, porté nos combats, consolé nos peines et célébré nos victoires. Ses chansons ont traversé le temps comme des repères, offrant au Sénégal une dignité morale et une puissance culturelle qui forcent le respect du monde.À ses côtés se dresse Sadio Mané, l’enfant de Bambali devenu icône planétaire. Avec un ballon, il a fait danser tout un peuple. Leader incontesté, il incarne l’alliance rare du courage sur le terrain et de la retenue exemplaire en dehors, de la performance éclatante et de l’humilité silencieuse. Quand Youssou chante, Sadio danse et derrière eux, c’est tout un peuple qui avance au même rythme. L’exigence de l’excellenceL’un dirige le Super Étoile, l’autre conduit les Lions de la Téranga vers la consécration d’une deuxième étoile continentale. Deux univers, une même discipline. Deux trajectoires, une même passion dévorante pour le Sénégal. Tous deux ont compris que la grandeur n’est jamais solitaire et que le génie n’a de sens que lorsqu’il élève les autres. La force du collectifRien de durable ne se construit seul. Comme Youssou Ndour s’appuie sur l’intelligence musicale et la fidélité de Mbaye Dieye Faye, Sadio Mané trouve en Pape Thiaw l’architecte discret de ses victoires. Ces bâtisseurs de l’ombre rappellent une vérité fondamentale : les grandes réussites nationales sont toujours des œuvres collectives. 
« Une Nation devient grande lorsque ses artistes éveillent les consciences et que ses sportifs transforment l’effort collectif en victoire partagée. »
 Un héritage pour l’avenirLeur parcours dépasse la réussite individuelle. Il est un message. Une boussole. Une leçon offerte à la jeunesse sénégalaise et à toute la classe dirigeante. La culture et le sport ne sont pas des ornements ; ils sont des leviers majeurs du développement économique, social et touristique, des forces d’unité capables de projeter une Nation vers l’avenir.Être témoin de cette époque où deux géants se sont rencontrés avec un seul et unique objectif, porter le Sénégal au-dessus du monde, est un honneur pour chaque citoyen.À travers eux, c’est l’essentiel qui triomphe : l’unité, le travail, l’humilité et l’amour indéfectible de la patrie.Vive la culture. Vive le sport. Vive le Sénégal.*Tribune des honorables députés Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil

[OEIL D’EXPERTE] ‘Zéro talibé mendiant dans la rue’ : objectif inatteignable ? (Par Madamel Cissé)

Tract – La situation des talibés et des enfants de la rue au Sénégal n’est plus un simple sujet de société. Elle est devenue une crise structurelle, ancienne, documentée, et pourtant toujours reléguée au second plan dans les débats et programmes publics. Nous en parlons avec émotion, parfois avec indignation, mais rarement avec la lucidité qu’imposent les drames et leur répétition tragiques, les faits et les chiffres alarmants. 

 En 2025 encore, un nième enfant est mort sous les coups. Un drame de plus, rapidement classé dans la rubrique des faits divers. Comme si ces enfants étaient des citoyens à part. Comme si leur vie pesait moins lourd que les nôtres ou que celles de nos propres enfants.L’objectif du « zéro enfant dans la rue » demeurera hors d’atteinte tant que les causes structurelles, connues, ne sont pas traitées avec courage par l’Etat et les citoyens que nous sommes. Le regard collectif se détourne encore, préférant l’aumône ponctuelle à l’engagement durable. Donner une pièce de monnaie, du pain, du lait ou des biscuits soulage parfois la conscience, rarement le problème. Pire, cette logique alimente un terreau fertile d’une insécurité future. Ces enfants qui frappent aujourd’hui timidement aux portières pourraient demain revenir autrement, marqués par l’abandon et la colère.Entre 100 000 et 150 000 enfants talibés vivraient aujourd’hui au Sénégal, dont une majorité contrainte à la mendicité quotidienne, exposée aux violences et à une privation systématique de leurs droits fondamentaux. Ces chiffres nous viennent de Unicef et Human Rights Watch. Ces données apparemment, ne nous choquent plus. Elles glissent sur nos consciences.Les initiatives restent insuffisantes, le chemin est encore très long. Le Programme national de retrait et de réinsertion des enfants en situation de rue avait permis, selon les chiffres officiels, de retirer environ 7 000 enfants de la rue. Il avait aussi révélé une réalité dérangeante : près de 30 % de ces enfants provenaient de pays voisins, mettant en lumière l’existence de réseaux transfrontaliers d’exploitation, y compris de filles, de plus en plus visibles dans la mendicité et qui sont souvent les plus vulnérables.Mais après ce retrait, que reste-t-il ? Quel suivi réel pour ces enfants ? Les centres d’accueil sont-ils suffisants, accompagnés, évalués ? Où en est la réforme des daaras, souvent annoncée, rarement mesurée ? La vérité est simple : les enfants sont toujours là. Pots de tomate à la main, sillonnant rues et carrefours.La volonté politique est affichée, mais le slogan du « zéro enfant dans la rue » se heurte à des causes profondes non traitées : inégalités sociales, exploitation religieuse, absence de protection sociale et d’alternatives éducatives durables, des aspects culturels.Dans son discours de fin d’année, il y a 3 semaines, le Président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la jeunesse, l’emploi, la bonne gouvernance et la refondation de l’État. Un discours porteur d’espoir. Mais une absence frappe : aucune mention explicite des enfants talibés et des enfants de la rue et de leur prise en charge, pourtant jeunes eux aussi, pourtant citoyens eux aussi. Encore une fois, ils restent hors champ, des non favoris (parlons ainsi aux lendemains de la CAN) des grandes orientations nationales telles que le Sénégal 2050 !La jeunesse est très souvent évoquée, mais surtout sous l’angle de l’avenir et de la responsabilité, sans réponse précise à l’urgence de ceux qui n’ont déjà plus accès à leur enfance, or, on ne bâtit pas un État juste sur des enfances sacrifiées. On ne parle pas de gouvernance vertueuse quand des milliers d’enfants dorment dehors, mendient de force, sont maltraités, meurent dans l’indifférence.Aux autorités nationales, justice et fermeté sont attendues de vous. L’État est le premier garant des droits de l’enfant. Il faut des actions durables, coordonnées, suivies et évaluées. Le renforcement du cadre légal et son application effective ne peuvent plus attendre.La protection de l’enfant n’est pas une option. Elle est une obligation morale, sociale et politique. Nous ne voulons pas de réponses ponctuelles pour calmer le débat après chaque drame ou indignation, mais une politique clairement définie et assumée.Une nation se juge aussi à la manière dont elle protège ses enfants. Parler d’équité et de transformation sans intégrer ces enfants devenus invisibles, c’est laisser de côté les fondations mêmes de la justice sociale. Et tant que la mort, la situation d’un enfant talibé restera un simple fait divers, c’est l’échec collectif de l’État, de la société et de chacun de nous qui continuera de faire la une des journaux, sans jamais être nommée.Madamel Cissé, Cadre dans le secteur humanitaireCrédit photo : Photo AFP/Moussa Sow
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[TRIBUNE SPORT] La finale de la CAN au Maroc : Plus qu’un jeu (Par Bassirou Sakho)

Tract – La Coupe d’Afrique des Nations qui vient de s’achever au Maroc restera comme l’une des éditions les plus marquantes de l’histoire récente du football africain. Bien au-delà du simple résultat sportif, cette CAN a été le reflet des ambitions du continent, de ses progrès, mais aussi de ses défis persistants. Elle a montré que le football africain est capable du meilleur, tout en rappelant l’urgence de certaines réformes.

 Une organisation et des infrastructures qui subliment le footballLe premier enseignement positif de cette CAN concerne sans conteste les infrastructures. Le Maroc a mis à disposition des stades modernes, bien équipés et parfaitement entretenus. Mais ce sont surtout les pelouses de très grande qualité qui ont marqué les esprits.Grâce à ces surfaces impeccables, les joueurs ont pu s’exprimer pleinement. Le jeu a gagné en fluidité, en intensité et en qualité technique. Cette CAN a offert de belles séquences de football, rappelant que le talent africain n’a besoin que de bonnes conditions pour briller au plus haut niveau.Transports et accueil : un savoir-faire confirméL’organisation logistique a également été un point fort du tournoi. Les transports ont facilité les déplacements des équipes, des officiels et des supporters entre les villes hôtes. Cette fluidité a contribué à maintenir une atmosphère sereine et festive.Sur le plan de l’hébergement, le Maroc a démontré sa capacité à accueillir un événement continental majeur. Les hôtels et infrastructures touristiques ont répondu aux exigences des délégations, des médias et des supporters, renforçant l’image d’un pays prêt pour les grandes compétitions internationales.Des stades vivants, des symboles humains fortsAu-delà des installations, cette CAN restera aussi marquée par des images fortes dans les tribunes. Le supporter congolais Michel Kula Molabinga, surnommé “Lumumba”, resté immobile – plusieurs fois – pendant 90 minutes, a incarné à lui seul la profondeur symbolique du football africain : une passion silencieuse, intense, presque militante.Ces moments rappellent que le football en Afrique dépasse le simple divertissement. Il touche à l’identité, à la mémoire collective et à l’engagement des peuples.La beauté du jeu africain mise en lumièreSur le terrain, cette CAN a offert des gestes de grande classe. Parmi eux, le but du jeune Algérien Adil Boulbinaa contre le Congo en quart de finale restera comme l’un des plus beaux du tournoi. Contrôle précis, lecture intelligente du jeu, enchaînement rapide et frappe parfaitement maîtrisée : ce but illustre la richesse technique et le potentiel de la nouvelle génération africaine, sublimés par des conditions de jeu optimales.Quand le football rapproche les nationsCette compétition a également mis en lumière des relations fraternelles entre certaines sélections, notamment entre le Sénégal et le Maroc. Une relation marquée par le respect, la coopération et l’amitié, qui dépasse largement le cadre du football et rappelle que le sport peut être un véritable pont entre les peuples.Une CAN réussie, mais des manquements préoccupantsMalgré ces nombreux points positifs, cette CAN n’a pas été exempte de critiques. La question de l’arbitrage a été au cœur des débats, avec plusieurs décisions jugées discutables : pénaltys non sifflés, fautes ignorées et une VAR parfois défaillante dans des moments clés.À cela se sont ajoutés des problèmes logistiques, notamment pour la sélection sénégalaise : arrivée à la gare de Rabat sans escorte de sécurité, difficultés liées à l’hôtel et conditions du terrain d’entraînement. L’accumulation de ces incidents a nourri un sentiment d’injustice et renforcé, chez une partie de l’opinion, l’idée que le Maroc aurait été favorisé.Une finale sous tension extrêmeLa finale entre le Maroc et le Sénégal a cristallisé toutes ces tensions. Le Sénégal a estimé que certaines décisions arbitrales n’étaient pas justes. Dans un geste fort et inhabituel, le sélectionneur sénégalais a demandé à ses joueurs de quitter temporairement la pelouse.Si cette décision n’est pas conventionnelle, elle peut être interprétée comme un moyen de faire pression, de casser la dynamique marocaine, jusque-là favorable. Une stratégie risquée, mais qui a fonctionné pour le Sénégal.Malheureusement, ces tensions ont donné lieu à des images regrettables : tentative d’envahissement du terrain par des supporters sénégalais, et gestes provocateurs de certains ramasseurs de balle cherchant à récupérer la serviette du gardien sénégalais tenue par son remplaçant.Dans ce contexte électrique, Sadio Mané a incarné le leadership et la responsabilité, en demandant à ses coéquipiers de revenir sur la pelouse afin que le football reprenne ses droits.Redorer l’image du football africain : des solutions urgentesCes épisodes rappellent une évidence : il est temps que la CAF apporte des solutions définitives pour protéger l’image du football africain.D’abord, la professionnalisation de l’arbitrage est indispensable. Cela passe par une formation continue de haut niveau, une VAR fiable et systématiquement opérationnelle, ainsi qu’une communication transparente sur les décisions controversées.Ensuite, il est essentiel de garantir une indépendance totale entre l’organisation locale et l’arbitrage, afin d’éviter toute suspicion de favoritisme.La CAF doit également veiller à une égalité stricte de traitement des équipes, notamment en matière de sécurité, d’hébergement et de terrains d’entraînement, avec des contrôles réguliers et rigoureux.Enfin, une meilleure gestion des crises et une responsabilisation de tous les acteurs — joueurs, entraîneurs, dirigeants et supporters — sont nécessaires pour préserver l’esprit du jeu et le respect des règles.Un tournant à ne pas manquerCette Coupe d’Afrique des Nations au Maroc a prouvé que le football africain est capable d’excellence. Mais elle a aussi montré que le continent se trouve à un tournant décisif. Les progrès réalisés doivent désormais s’accompagner de réformes profondes et durables.Plus qu’un jeu, cette CAN a été un miroir de l’Afrique : ambitieuse, talentueuse, passionnée, mais encore perfectible. À la CAF de transformer ces leçons en actions concrètes pour faire entrer définitivement le football africain dans une nouvelle ère.Bassirou Sakho Conseiller sportif et consultantProfesseur d’anglais à La Sorbonne au département de Sport STAPSBachir.sakho@gmail.com

Mbour : le Lions Club Dakar Gaal Gi offre pour 3,5 millions de FCFA de dons alimentaires et de matériel pour bébés

Tract Hebdo – Le Lions Club Dakar Gaal Gi, l’un des clubs-services du Sénégal, association membre du Lions club International (1,4 million de membres bénévoles dans 45.000 clubs au sein de 220 pays et territoires du monde), ce samedi dernier, 17 janvier 2026, a offert des dons, d’une valeur de 3,5 millions en valeur numéraire pour les denrées et matériels convoyés. Ceci a représenté 240 heures de service de bénévolat par ses membres et sympathisants (planification, collectes, stockage, livraison, reporting). Ces dons sont allés aux enfants orphelins et enfants sans tutelle familiale de la Pouponnière Vivre Ensemble, dont le Coordonnateur est M. Gaye, pionnier de la création de cette structure avec l’infirmière française Mme Baron.
Remise de dons entre le Président de club Ousseynou Nar Gueye et Mme Faye, une des mamans-bonheur de la Pouponnière
D’abord créée en 2001 comme centre juvénile pour recevoir en placement de rééducation et de réinsertion sociale de jeunes adolescents français en situation de délinquance et de rupture de ban, envoyés au Sénégal par le ministère français de la Justice, ce lieu a par la suite vu la constrution d’une extension.En effet, ce ministère français a accepté que 25% des fonds alloués à l’institution mbouroise aille à un projet social décidé par la partie sénégalaise : c’est ainsi que la Pouponnière a vu le jour, pour accueillir des orphelins et enfants abandonnés.Pour l’action de service du Lions Club Dakar Gaal Gi du week-end dernier,  elle a été rendue possible, pour la 14ème année que ce club l’effectue, par des donateurs qui les accompagnent depuis plus de dix ans.Aussi, la Présidente de la Commission EMS (Équipe Mondiale du Service), Mame Maïssa Bâ, et le Président 2025-2026 du club, Ousseynou Nar Gueye, ont tenu à souligner devant l’assistance la contribution généreuse de leurs donateurs fidèles à cette cause humanitaire du Lions club Dakar Gaal Gi.Au premier rang de ces mécènes figure Maître Nidal Kamal du cabinet d’avocats LEGALIX, qui a été trés active pour les dons de jouets et vêtements pour bébés et enfants de Mbour. Et aussi et surtout, pour sa facilitation de l’entrée en relation avec les sociétés donatrices. Mme Hana Kamal, a assuré le ravitaillement en denrées alimentaires et autres (riz,sucre, moukhamssa, huile, chocolat à tartiner, savons, ….). L’entreprise Calimex SARL a offert des quantités importantes de ‘biskits’, biscuits et boissons. L’Établissement Mahmoud Meroueh a mis gracieusement à disposition des conditionnements de lait de marque LAICRAN. Quant à la société Madar, elle s’est activée pour offrir les produits détergents et d’entretiens hygiènique. Last but not least, une donatrice a mis à disposition une importante quantité de pots de karité au miel pour peau de bébé.Pour ce don magnifié par M. Gaye de la Pouponnière,  le Président de club M. Gueye a tenu à féliciter publiquement trois membres du Lions Club Dakar Gaal Gi qui qui se sont illustrés comme meilleurs collecteurs de dons et qui sont tous trois de professions libérales. Ils sont l’amie Présidente Équipe Mondiale du Service (EMS) depuis plusieurs années, Mame Maïssa Bâ; l’ami Past Président et Trésorier de club depuis plusieurs mandats Lions, Andre Tebechirani; et  l’ami Lion régulier Lamine Fall (en particulier pour le matériel neuf de puériculture : chauffe-biberons , baignoires pour bébé, jouets, bassines, chaise haute, etc.).La délégation de 17 personnes qui a tenu à être présente à cette oeuvre sociale, comptait plusieurs Lions  de Gaal Gi : la Past Présidente de Club et Past Présidente de Région Coumba Jeanne Diop, l’Immediate Past Président El Hadj Makhtar Ba ; le Double Past Président Eugène Niox qui les a accueilli sur la Petite Côte, le Double Past Président Mouhamadou Momo Thiello , l’ami Secrétaire de club Idrissa Ndiaye,l’impétrante de Gaal Gi Angélique Gueye , l’ami du club-service Rotary International Club Charles André K ., et plusieurs autres amis et sympathisants.Le club a rappelé sa devise, qui est : « Nous Servons » (les communautés défavorisées).Pour rappel, le Lions Clubs International  est le 1er parmi les clubs-services humanitaires, au plan mondial. Le Lions Club Dakar Gaal Gi a été crée en 1981. Ousseynou Nar Gueye en assure la presidence annuelle en cette année 2025-2026; après un premier mandat de Président il y a 3 ans.Néné Sow, ReporterTract Hebdowww.tract.sn

Du jamais vu ! Dans la confusion arbitrale totale et un chaos apocalyptique, le Sénégal anéantit le rêve du Maroc et remporte sa deuxième CAN

Tract Hebdo – À l’issue d’une triste mais magique et hypnotisante soirée de foot qui fera date, le Sénégal de Sadio Mané, ‘SuperMan(é)’, a culbuté le royaume chérifien, pays hôte, en prolongation (1-0). Les Lions de la Téranga sénégalaise ont fait fi de l’hospitalité alaouite et soulèvent leur deuxième Coupe d’Afrique des nations après celle de 2021, obtenue à Yaoundé. Une deuxième étoile sur leur maillot !Ce que le football peut proposer de plus séduisant… et de plus hideux.Dimanche soir à Rabat, dans un stade Prince Moulay Abdellah incandescent, le public marocain rêvait de voir ses Lions de l’Atlas soulever la Coupe d’Afrique des nations 50 ans après. Mais, à l’issue d’une fin de match plombée par une décision arbitrale scandaleuse, la finale a pris une tournure cauchemardesque, entrant tristement et honteusement dans l’histoire de ce sport, éclipsant, même, quelque peu, le sacre de vaillants Sénégalais en prolongation (1-0).Car, dès le coup d’envoi, l’ambiance était à la fête dans les tribunes de l’antre marocain. Les deux équipes ne se ménageaient alors pas et se répondaient coup pour coup, sans pour autant trouver la faille. À la pause, tout restait à faire dans cette 35e finale de la Coup d’Afrique des nations, âpre et rugueuse, où l’intensité et l’engagement physique primaient sur la qualité technique. Même si les deux formations ont chacune eu leurs occasions d’ouvrir la marque, c’est une décision arbitrale qui est venue totalement débrider la soirée. Du jamais vu.Un arbitrage central congolais absolument pas digne de l’événement Alors que les 22 acteurs disputaient huit minutes de temps additionnel, justifiées par une blessure à l’arcade du Marocain El-Aynaoui (67e), le Sénégalais Seck pensait avoir ouvert le score de la tête dans les derniers instants (92e), avant que le but ne soit invalidé pour une faute (très) légère et discutable sur Hakimi. Dans l’incompréhension des Lions de la Teranga, le jeu a repris, jusqu’à voir Brahim Diaz, à son tour, s’écrouler dans la surface adverse suite à un contact avec Diouf. Et là, c’est le drame.Furieux que l’arbitre n’ait pas sifflé penalty en faveur de son équipe, le meneur de jeu marocain est alors entré dans une colère puérile, mettant la pression sur l’arbitre principal de la rencontre, Jean-Jacques Ndala Ngambo… jusqu’à le faire craquer. Sous la forte étreinte du banc et des joueurs marocains, l’homme au sifflet est alors allé vérifier l’action auprès de la VAR, avant d’accorder le penalty aux Lions de l’Atlas.Une décision lunaire et incompréhensible – car ce dernier avait refusé le but sénégalais deux minutes plus tard pour moins que ça – , qui a eu le don de faire exploser l’ensemble de l’équipe des Lions de la Teranga, décontenancée par le verdict dénué de sens de l’officiel. Ce qui en a suivi a tout simplement été dramatique : insultes entre les deux camps, bagarres, échauffourées, puis des incidents en tribunes, en zone de presse, avec des jets de chaises, jusqu’à voir des supporters sénégalais envahir la pelouse.Un temps additionnel surréalisteClou d’un consternant spectacle : sous le feu de la colère, les joueurs du Sénégal ont décidé, sur un coup de tête, de regagner les vestiaires, refusant de jouer l’issue de cette finale. C’est Sadio Mané lui-même, légende, capitaine des Lions de la Teranga et icône de son pays, qui a dû aller chercher ses coéquipiers pour les ramener sur la pelouse et terminer la rencontre. La partie à alors repris au moment du penalty en faveur du Maroc, que Brahim Diaz s’est alors chargé de transformer lui-même. Mais la justice du football est apparue et a permis au gardien adverse, Édouard Mendy, de se saisir sans difficulté de la panenka surréaliste tentée par le milieu de terrain du Real Madrid.Un manque de lucidité incroyable pour le Marocain, s’infligeant lui-même un «karma» terrible, condamnant également son équipe. Quelques minutes plus tard, ironie du sort, Pape Gueye téléguidait une immense frappe dans la lucarne de Bounou – jusque-là héros du Maroc – , pour venir enfoncer encore un peu plus les Lions de l’Atlas (94e). Ces derniers, qui ont tenté de revenir lors du dernier quart d’heure, savaient alors que la chance avait tourné et que les jeux étaient faits.Publicité cataclysmique pour la CANAu terme de la prolongation, sous la pluie battante de Rabat, le Sénégal, plein de courage et de résilience, a renversé un scénario plus que mal embarqué pour finalement s’imposer sous la stupeur du public marocain. En face, déboussolée, la bande à Hakimi – prostré sur la pelouse – , ne réalisait pas l’ampleur de la soirée et de son échec, avec, comme symbole, un Brahim Diaz en larmes. Les Lions de la Teranga glanent la deuxième Coupe d’Afrique des nations de leur histoire, après celle en 2021, au bout d’un match qui aura marqué les esprits, de la manière la plus désolante possible. Une publicité catastrophique pour cette compétition et, surtout, pour le football africain, qui prouve, une nouvelle fois, qu’il est en retard sur beaucoup de points, notamment au niveau de l’arbitrage. Ce soir, ce dernier a fait basculer un match en véritable pugilat, pour le malheur de tous.Tract Hebdo (avec quotidien français)www.tract.sn