[JEUNE AFRIQUE] CAN 2025: dans une finale électrisée, SUPERMAN(É) et les Lions du Sénégal privent le Maroc de garder la Coupe à la maison

Tract Hebdo (avec magazine panafricain) – C’est un match qui restera dans les annales de la CAN… Personne ne pouvait imaginer un scénario pareil pour un match de cette envergure… Mais dans cette finale entre Lions, ce sont finalement ceux de la Teranga qui ont privé le Maroc de leur titre continental à domicile, dans un match irrespirable, et le terme est faible…La première période était à mettre au compte des Lions de la Teranga, qui avaient le contrôle du ballon, malgré une intensité monstre des Lions de l’Atlas, avec Iliman Diaye qui se retrouve seul devant Yassine Bounou à la 38e minute, sauvé du bout du pied par le portier marocain.Au retour des vestiaires, les rapports s’inversent légèrement, et les Marocains montrent un autre visage, avec quelques occasions franches manquées de peu, mais au début du temps additionnel, le sénégalais Ismaïla Sarr envoie une tête au fond des filets après une tête sur Abdoulaye Seck, mais une faute sur Achraf Hakimi juste avant a été sifflée par l’arbitre du jour, le Congolais Ndala.‘Un scénario rarement vu dans l’histoire du football’Quelques minutes plus tard, juste avant la prolongation, sur un corner marocain dans les derniers instants, Brahim Diaz s’égosille pour réclamer une faute subie dans la surface. La rencontre se tend, l’arbitre doit traverser une marée humaine pour vérifier la VAR, cependant sa décision va créer le tumulte : PENALTY ! Et là, le match s’envenime, le Sénégal crie au scandale, et les joueurs… quittent le terrain !(suite et fin de cet article sur le site de Jeune Afrique, cliquez ici)  

[TRIBUNE] ‘Je suis Africain et Groenlandais !’ (Boucar Diouf, Québec)

Tract Hebdo – Toutes les nations qui ont connu les affres du colonialisme devraient se sentir solidaires du Groenland ces jours-ci. Tiraillé entre deux formes d’impérialisme, il vit une véritable période de turbulence émotionnelle.Il y a quelques années, j’ai découvert l’histoire de Tété-Michel Kpomassie, le premier Africain arrivé au Groenland en 1965. Né en 1941, Kpomassie, qui avait l’âme d’un explorateur, découvre dans sa jeunesse un livre intitulé Les Esquimaux : du Groenland à l’Alaska. Fasciné par la description qu’on y fait de ces peuples nordiques, il décide qu’il veut un jour vivre avec eux. Il quitte alors le Togo pour réaliser son rêve.Il lui faudra huit années de voyage à travers l’Afrique et l’Europe pour arriver au Groenland. Il a 24 ans lorsqu’il débarque à Qaqortoq, dans le sud de l’île. Il raconte que les Inuits, qui n’avaient jamais vu une personne noire, étaient complètement mystifiés. Certains pensaient même voir une apparition surnaturelle. Une fois leurs craintes apaisées, le jeune Togolais décida qu’il voulait apprendre à vivre comme eux.Dans ce monde boréal, radicalement différent de son Afrique tropicale, il ouvre son cœur, apprend suffisamment à communiquer en kalaallisut pour la vie quotidienne, embrasse la culture et vit avec les chasseurs de la communauté.Il racontera son histoire en 1980 dans un bouquin intitulé L’Africain du Groenland (An African in Greenland). Il y décrit le froid comme un élément central qui a façonné la culture des Groenlandais. Plus qu’une température sur le thermomètre, les Inuits, dit-il, considèrent le froid comme une manière de vivre et de voir le monde. Originaire d’un écosystème tropical où les bruits de la nature abondent, il évoque le silence et le calme qui forcent à l’introspection et à la reconnexion avec soi-même.Sa peau noire, dit-il, fascine, mais ne constituera jamais une barrière chez ce peuple qu’il dit digne, ouvert et conscient du fait que la nature a toujours le dernier mot. Sa couleur provoquait surtout un mélange de surprise, de curiosité, d’étonnement et de naïveté, mais jamais de discrimination ou d’exclusion. Il se sentait plus observé comme anomalie géographique qu’une exception raciale. Contrairement à l’Europe qu’il avait traversée avant d’arriver au Groenland, dit Kpomassie, les Inuits n’avaient aucune construction imaginaire coloniale ou racialisée.Depuis plusieurs millénaires, le Groenland est habité par les Inuits. Les premières traces de leur présence remontent à 4500 ans, avec ce que les archéologues appellent les paléo-Inuits, qui ne sont pas les ancêtres directs des Autochtones qui ont accueilli Kpomassie.Les Inuits qui habitent encore le Groenland descendent de la culture Thule dont les traces sont plus récentes. Ils auraient migré de l’Arctique canadien ou de l’Alaska entre le XIe et le XIIIe siècle. Ces populations thuléennes deviendront les ancêtres des Autochtones qui vivent encore sur le territoire que convoite Donald Trump avec une rhétorique digne du colonialisme sauvage de l’époque victorienne.Ici le message est conquérant : « Nous voulons le territoire et nous allons l’avoir par la force, la négociation ou l’achat. Au diable l’histoire vieille de 4500 ans et la fierté des gens qui l’habitent. Ce qui nous intéresse, c’est le rocher, sa position géographique et les richesses qu’on y trouve. »Je ne pensais jamais entendre un discours impérialiste aussi agressif en 2026. Environ 90 % (50 000 habitants) de la population du Groenland est de descendance inuite. Est-ce que le désir de cette très grande majorité d’habitants de rester libres dans leur territoire compte ? Est-ce qu’ils se font entendre lorsqu’ils annoncent clairement que leur territoire n’est pas à vendre ? Si le Groenland était un territoire américain depuis toujours, est-ce que la culture inuite y serait encore vivante ?Que sont devenus les Taïnos et les Calusas du sud de la Floride, les Timucuas du nord et du centre de la Floride, les Narragansetts du sud de la Nouvelle-Angleterre, les Yahis de la Californie et bien d’autres nations autochtones des États-Unis ? Ils ont disparu complètement ou se sont fait assimiler en tant qu’entités politiques ou culturelles.L’Amérique n’a pas été reconnue pour sa tendresse avec la diversité culturelle qui habitait son territoire avant les voyages de Christophe Colomb. Même si le colonialisme danois est tout aussi condamnable, je suis certain qu’il est bien plus respectueux des habitants de l’île que le serait une occupation américaine. Ça, les Groenlandais le savent et l’expriment clairement. Entre les États-Unis et le Danemark, nous préférons le second, dit une très grande majorité des habitants de l’île.Trump voulait du pétrole et a attaqué le Venezuela. La richesse minière l’amène à convoiter le Groenland. Espérons donc que l’Amérique ne manquera pas dramatiquement d’eau pendant son règne.Boucar DioufTract Hebdowww.tract.snAvec La Presse

Invasion Acridienne au Sénégal : Et si on les mangeait, finalement ?

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Tract Hebdo – Le Nord du Sénégal est de nouveau sous les feux des projecteurs, mais pas pour ses récoltes abondantes ou ses projets d’irrigation pharaoniques. Non, cette fois-ci, c’est une armée silencieuse, mais vorace, qui sème la panique : l’invasion des criquets pèlerins. Des nuées sombres et vrombissantes, dignes d’un scénario de film catastrophe à petit budget, s’abattent sur les rares champs qui ont échappé à la sécheresse, dévorant tout sur leur passage avec une efficacité qui ferait pâlir d’envie n’importe quel fonctionnaire chargé des budgets. Le gouvernement, dans un réflexe pavlovien, a déployé l’artillerie lourde – comprendre : quelques camions de pulvérisation et des communiqués de presse rassurants sur la maîtrise de la situation. On nous assure que « tout est sous contrôle », ce qui, en langage sénégalais, signifie généralement que la situation est désespérée.

Mais chez Tract Hebdo, notre « gauche » n’est pas là pour se lamenter, elle est là pour innover, pour trouver des solutions audacieuses, voire un peu farfelues. Nos experts en agronomie populaire, ceux qui pensent que la souveraineté alimentaire passe aussi par l’ingéniosité locale, suggèrent une approche radicalement différente et diablement simple : pourquoi ne pas transformer ces nuisibles en protéines souveraines ? Après tout, si la nature nous envoie un buffet gratuit et mobile, ne serait-il pas un affront de ne pas en profiter ? L’idée peut paraître hérétique pour les palais sénégalisés , mais dans de nombreuses cultures, l’entomophagie n’est pas un signe de disette, mais une tradition gourmande.

Avec l’inflation galopante qui a transformé la viande de bœuf en un produit de luxe réservé aux grandes occasions (ou aux ministres en déplacement), le criquet grillé pourrait bien être le futur du snacking sénégalais. Imaginez : des « criquets croquants à la poudre de piment de Cayenne », des « brochettes de sauterelles marinées au bissap », ou même des « hamburgers de criquets » pour les plus audacieux ! Ce ne serait pas seulement une solution à la crise alimentaire, mais aussi une formidable opportunité économique. On pourrait organiser des « chasses aux criquets » populaires, créer des coopératives de transformation, et exporter nos « protéines du désert » vers les marchés occidentaux en quête de nouveauté et de durabilité. Le criquet, en somme, comme fer de lance du Plan de Relance Économique et Sociale (PRES) dans votre assiette.

Bien sûr, les puristes vont hurler. Les défenseurs des droits des insectes (oui, ça existe) vont manifester. Mais soyons pragmatiques : ces criquets ne sont pas là pour faire de la figuration. Ils sont une menace pour nos maigres récoltes. Autant les transformer en opportunité. Un peu de courage culinaire, beaucoup de piment pour masquer le goût (au début, du moins), et voilà que l’ennemi devient une ressource. Ce serait une révolution copernicienne dans notre approche de la crise : transformer le problème en solution, le nuisible en nutriments. Et puis, avouons-le, cela ferait sourire le lecteur de notre journal digital, et c’est aussi notre mission. Alors, à vos filets, chers concitoyens, le festin est en marche !

Dibor Faye

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[RABAT(PAS) D’ARRÊT] FINALE : ce soir, on saura qui mérite vraiment le nom de LIONS du foot !

Tract Hebdo – C’est le jour J, l’heure de vérité, le moment où le temps se fige entre l’Atlantique et le désert. Le Sénégal affronte le Maroc en finale de cette CAN 2025 décalée, et l’atmosphère à Dakar est plus électrique qu’un transformateur de la Senelec un soir d’orage. Tout le pays est officiellement à l’arrêt. Les rues, d’ordinaire si bruyantes, ont pris cette allure de ville fantôme que l’on ne voit que lors des grandes finales ou des lendemains de fêtes religieuses. Les hôpitaux, par acquis de conscience, ne gardent que le service minimum — ce qui, entre nous et sans vouloir être médisant, ne change pas fondamentalement la donne pour le patient lambda, diront les mauvaises langues de notre « bonne droite ». Si vous avez une urgence aujourd’hui, priez pour que votre chirurgien ne soit pas en train de regarder le ralenti d’un hors-jeu imaginaire.

Pendant ce temps, à l’étage supérieur de la République, c’est le grand exode. On murmure que le Conseil des ministres s’est délocalisé par enchantement sur les rives du Bouregreg. Curieusement, chaque ministre, chaque directeur d’agence et chaque conseiller « spécial » a trouvé une mission diplomatique de la plus haute importance, impliquant une présence physique impérative dans les tribunes VIP du Complexe Moulay Abdallah de Rabat. C’est la magie de la diplomatie sportive : on part pour « renforcer les liens bilatéraux », mais on finit surtout par renforcer son stock de photos Instagram avec le trophée. À Tract Hebdo, on se demande si l’avion présidentiel n’a pas été transformé en charter pour supporters de luxe, pendant que le contribuable, lui, cherche encore comment payer son abonnement au bouquet satellite pour ne rien rater du spectacle.

Sur la pelouse, on nous annonce un duel tactique d’une intensité rare, une sorte de partie d’échecs où les pions pèsent plusieurs millions d’euros. D’un côté, les Lions de l’Atlas, soyeux, techniques, portés par un public en fusion et une organisation marocaine qui frise la perfection clinique. De l’autre, nos Lions de la Teranga, solides, physiques, avec cette résilience qui nous caractérise tant. Mais au-delà du sport, c’est un véritable choc des titans, ou plutôt un duel d’égos surdimensionnés. Sadio Mané face à Achraf Hakimi : ce n’est plus un simple match de football, c’est une renégociation de contrat géopolitique sur gazon naturel. On se demande si, en cas de tacle un peu trop appuyé, ce n’est pas toute la coopération sud-sud qui risque de prendre un coup de froid.

Si le Maroc gagne, on criera au complot de la CAF et à l’arbitrage « maison ». Si le Sénégal l’emporte, on décrétera trois jours de deuil pour l’économie nationale sénégalaise, car personne ne retournera travailler avant mercredi minimum. La ‘clarification » promise par le gouvernement risque d’attendre que l’euphorie planante par drogue d’adrénaline footballistique s’estompe. En attendant, les supporters au pays se préparent au « Berndé » de la victoire ou au ‘mbiskitt’de la tristesse.

Quoi qu’il arrive, ce soir, dimanche 18 janvier 2026, le vrai roi de la jungle ne sera pas celui qui rugit le plus fort, mais celui qui aura su garder ses nerfs quand le sifflet final retentira. Aussi bien chez les joueurs du Sénégal sur la pelouse du stade de Rabat que pour le 12eme Gaindé, reste du banc de touche de l’équipe sénégalaise  nous sommes tous, nous 18 millions de Sénégalais dans le pays et dans la diaspora.

Néné Sow

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[L’ET DIT TÔT] ‘Réveil d’Après CAN Maroc 2025 : Avec Mal de Crâne… Souverain et Souverainiste ?’ (Par Damel Gueye)

Tract Hebdo – Lundi matin, 19 janvier 2026. Le soleil se lève sur une capitale encore ensablée dans les échos de la nuit. Que nos Lions de la Teranga aient rugi avec la fureur des conquérants ou qu’ils aient miaulé avec la timidité d’un chaton sous la pluie hier soir à Rabat, une réalité brutale nous attend au réveil : le prix de 5 miches de pain pour nourrir une famille sénégalaise de taille normale, lui, n’a pas changé de camp (bien que le prix du kilo de riz brisé ait été baissé à 300 FCFA). Il reste désespérément ancré dans une stratosphère que le panier de la ménagère sénégalaise, pilier de nos familles, ne parvient pas toujours à atteindre, même en sautant haut et en se  levant tôt pour aller acheter et vendre des légumes afin de nourrir sa famille dont le père de famille est un chômeur cinquantenaire ou sexagénaire de longue durée ,et goorgorlou occasionnel quand des deals se présentent.

Nous voici désormais installés au cœur du mois 1 du T1 de cette année Ving Vingt-Six, déjà baptisée l’année de la ‘clarification’.

Un terme qui sonne bien dans les colloques climatisés du CICAD, mais qui peine à éclairer les l’horizon économique des habitants dans les quartiers populaires.

On nous promet de l’ordre à chaque coin de rue, une transparence de cristal et l’odeur enivrante du gaz local et du pétrole national qui doivent, inch’Allah , transformer le Sénégal en nouvel Eldorado subsaharien apte a éradiquer enfin l’émigration sauvage par pirogues auto-suicidaires atlantiques, qui a lieu dans ce pays depuis 25 ans.

C’est charmant, c’est lyrique, c’est presque hypnotique. Mais la transparence, voyez-vous, c’est comme une vitre trop propre : plus elle est nette, mieux on distingue les fissures profondes, la poussière accumulée et les fondations qui tremblent derrière la façade.

Le gouvernement Diomaye-Sonko II entame désormais ce qu’il appelle sa ‘phase de croisière’. Après les tempêtes de l’installation et les vagues des premiers audits, le navire est censé filer droit, malgré la sourde oreille persistante du FMI et la conversation entre ….sourds qui a lieu entre ledit FMI et notre Premier National.Or, il n’est pire doublette de sourds que celle de ceux qui ne veulent pas entendre ce qu’ils se disent, l’un à  l’autre.

‘On réduit le train de vie de l’État’, scandent les porte-paroles avec le sérieux de prédicateurs a la mosquée. Très bien, l’intention est noble, et nos oreilles de gauche frémissent de plaisir. Mais permettez-nous de poser une question impertinente : on commence quand, concrètement, par s’attaquer aux salaires pharaoniques des directeurs d’agences étatiques souvent a la mission obscure ?

À Tract Hebdo, notre ligne est claire : nous aimons passionnément la gauche quand elle redistribue les richesses avec justice, et nous respectons profondément la droite quand elle sait compter jusqu’au dernier centime sans oublier les retenues à la source. Or, pour l’instant, l’observateur un tant soit peu lucide a une impression gênante : on dirait que la gauche cherche désespérément la caisse tandis que la droite, dans un moment d’égarement, a perdu la clé.

Car enfin, parlons de cette fameuse « souveraineté » servie à toutes les sauces, du petit-déjeuner au dîner. La souveraineté, ce n’est pas simplement un exercice de style consistant à chasser le FMI le lundi matin avec des discours souverainistes enflammés, pour mieux lui envoyer un émissaire le mardi après-midi, déguisé avec une cravate différente, afin de solliciter un prêt sous un acronyme technique que personne ne comprend.

Être souverain, ce n’est pas changer de créanciers (désormais ivoiriens), c’est ne plus avoir besoin de tendre la main.

C’est s’assurer, par une politique courageuse et non par des slogans, que le Sénégalais moyen, celui qui ne voyage pas en classe affaires vers Rabat pour la finale de la CAN Maroc 2025, puisse assurer ses trois repas quotidiens sans avoir besoin de passer un doctorat en mathématiques financières pour boucler ses fins de mois.

En attendant les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de début octobre à mi-novembre 2026 qui vont transformer Dakar en vitrine mondiale et le gaz et pétrole miraculeux qui doit remplir nos coffres, n’oublions pas l’essentiel.

Derrière les rubans coupés et les stades neufs inaugurés par Macky avant la fin de son deuxième Salltennat terminé en eau de boudin et en flaques de sang de jeunes victimes innocentes, que nous utiliserons pour ces JOJ 2026; et malgré l’avènement au pouvoir suprême de Pastef depuis presque deux ans : le plus grand sport national, celui qui compte le plus de licenciés et de pratiquants acharnés du nord au sud du pays, reste et demeure la survie quotidienne.

Une discipline ingrate, pratiquée sans sponsors et souvent dans l’indifférence des statistiques officielles.

Et dans cette compétition-là, le peuple sénégalais, avec sa résilience légendaire et son humour; malgré la faim souvent difficile a tromper et ses fins de mois élastiques pour le plus grand nombre de citoyens payés le 20 du mois suivant; le peuple sénégalais donc, mérite la médaille d’or olympique des JOJ et des JOS (Jeux Olympique des Seniors) chaque jour qu’Allah swt fait, avec Sa Grande Mansuétude de nous laisser notre libre-arbitre d’humains mortels et pécheurs en quête perpétuelle de repentirs; libre-arbitre qui est souvent dans ce Sénégal de 2026, le choix de ne pas avoir… le choix. Comme dit Wolof Ndiaye : ‘Ku saniul bagne, sagnaa nanggu’…

Si le gouvernement Sonko II veut vraiment ‘clarifier’ quelque chose, qu’il commence par véritablement  éclaircir l’horizon de ceux de nos concitoyens qui n’ont pour seule richesse que leur courage.

A Tract Hebdo, nous sommes prêts et déjà engagés à le soutenir dans ce combat national, le seul qui en vaut la chandelle : ne pas assassiner le vaste élan d’espérance collective né un certain 24 mars 2024 vers 20h dans les urnes électorales et qui a déferlé ce soir-là dans toutes les villes et tous les villages du Sénégal. Espérance qui demeure. Ou en tous les cas, qui doit demeurer.

Mes adorables Kals Diawènes et Seckènes, toujours de mauvaise foi, diront que je parle beaucoup de boustifaille et que j’en remets une couche, après que le fondateur dz Tract Hebdo, mon doomou baay Ousseynou  Nar Gueye, se soit déjà étendu sur le sujet au début de cette  semaine qui se termine.

Hé bien, je leur rétorque ceci : ‘Saako bu amul darra, munul taxaw !’

Damel Gueye

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‘Journalisme sénégalais 2026 : entre le marteau du pouvoir et l’enclume du clic’

Tract Hebdo – L’année 2026 a été officiellement baptisée par les autorités comme celle de la ‘clarification’. Un terme charmant, presque poétique, qui dans le jargon médiatique dakarois se traduit par une question beaucoup plus terre-à-terre : « Qui sera le prochain à aller tester le confort spartiate du Cap Manuel pour une virgule mal placée ou un adjectif trop audacieux ? ». Pour la presse sénégalaise, la clarification ressemble moins à une séance d’explication qu’à un exercice de haute voltige sans filet, où le moindre faux pas sémantique peut vous transformer en résident permanent de la citadelle du silence.

D’un côté, nous avons les révélations en cascade sur les comptes de l’ancien régime de Macky, le fameux double Salltennat qui a failli finir en triple mandat consécutif.

Chaque matin, un nouveau dossier « classé secret » fuite miraculeusement, révélant que l’argent du contribuable a parfois servi à financer des projets aussi essentiels que des collections de montres de luxe ou des villas secondaires sur la Petite Cote de Saly-Portudal, à Paris ou sur la planète Mars (ou presque). Les journalistes se jettent sur ces pépites avec la faim de ceux qui n’ont pas eu de scoop depuis la dernière élection.

Mais attention : traiter ces dossiers demande des talents de funambule. Si vous en faites trop peu, vous êtes un « vendu » à l’ancienne garde ; si vous en faites trop, vous risquez de marcher sur les pieds du nouveau pouvoir qui, lui aussi, commence à avoir ses propres petits secrets de polichinelle.

De l’autre côté, les audits du nouveau régime pleuvent comme des mangues en fin de saison d’hivernage. La reddition de comptes est devenue le sport national, remplaçant presque la lutte avec frappe dans le cœur des Sénégalais. Mais là encore, la « clarification » a ses zones d’ombre. Entre les communiqués officiels qui disent tout et les démentis qui ne disent rien, le journaliste sénégalais de 2026 doit apprendre à lire entre les lignes, sous les lignes, et parfois même derrière le papier. La liberté de la presse est un grand mot que l’on brandit lors des colloques climatisés, mais qui s’étiole rapidement dès qu’on s’approche trop près des intérêts de ceux qui tiennent le chéquier et les clés des cellules.

À Tract Hebdo, en tant que journal « résolument de gauche, avec une très bonne droite », nous avons adopté une stratégie de survie très pragmatique. Nous avons déjà préparé nos sacs de couchage et nos brosses à dents dans la salle de rédaction. On ne sait jamais quand la « bonne droite » du ministère de l’Intérieur décidera que notre satire est un peu trop « impertinente » pour la sécurité nationale. On nous dit que la presse est libre, mais on nous rappelle aussi qu’elle est « responsable ». Et au Sénégal, la « responsabilité » consiste souvent à ne pas dire tout haut ce que tout le monde chuchote dans les clandos de Pikine et les fameux et bondés cars rapides rap’s à siège Versailles.

Le journalisme sénégalais en 2026, c’est aussi la guerre du clic. Pour exister face aux influenceurs TikTok qui font de la géopolitique entre deux chorégraphies, la presse traditionnelle doit se réinventer.

Faut-il titrer sur le déficit budgétaire ou sur la dernière rumeur de divorce d’un ministre ? La tentation du sensationnalisme est l’enclume qui menace d’écraser la déontologie. On se retrouve à faire du grand écart entre l’investigation sérieuse sur le gaz de Saint-Louis et le buzz facile sur les réseaux sociaux. C’est épuisant, c’est risqué, mais c’est ce qui rend notre métier si délicieux.

Après tout, qu’est-ce qu’un bon éditorial si l’on ne risque pas au moins une petite convocation à la Division des Investigations Criminelles (DIC) avant le déjeuner ?

Damel Gueye

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Les 44 Projets de la ‘Rupture Systémique’ :  ‘633 milliards : c’est Noël, mais seulement pour l’État sénégalais’

Tract Hebdo – Le gouvernement Sonko II vient de nous livrer sa feuille de route pour l’année 2026, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’optimisme ne connaît pas la crise au sommet de l’État.

Avec une liste de 44 projets dits « prioritaires », allant de la construction d’universités ultra-connectées dans des villages qui attendent encore le forage, à la numérisation intégrale de l’administration (pour que vos dossiers se perdent désormais en 5G), le catalogue ressemble à s’y méprendre à une lettre au Père Noël rédigée par un syndicaliste en pleine euphorie post-grève. Le montant total ? 633 milliards de francs CFA. Une paille, si l’on considère que cet argent est censé apparaître par la magie de la « souveraineté retrouvée ».

Le grand mot d’ordre pour financer cette épopée budgétaire est la fameuse « réduction du train de vie de l’État ». On nous l’annonce à chaque changement de régime comme le Messie mu sèlleu mi, mais le Messie mu sèlleu mi, semble toujours bloqué dans les embouteillages de la VDN alias boulevard Aliou Ardo Sow.

On attend avec une impatience non feinte de voir si les 4×4 rutilants, ces paquebots des sables qui consomment plus de carburant qu’un petit pays d’Europe centrale, seront enfin troqués contre des vélos pliables ou, soyons fous, des abonnements au BRT pour nos chers ministres.

À Tract Hebdo, notre flair légendaire nous murmure toutefois que la « réduction du train de vie » risque fort de commencer, comme d’habitude, par la base. On parie déjà sur la suppression de la climatisation dans les salles d’attente des dispensaires de la banlieue dakaroise ou sur le remplacement du café des fonctionnaires subalternes de Kaolack; Ziguinchor et autres Kédougou par une infusion de feuilles de nebeday « certifiée patriotique ».

Le plus croustillant reste l’arbitrage de ces 44 projets. On y parle d’autosuffisance alimentaire alors que le prix de l’oignon continue de grimper plus vite que la cote de popularité d’un attaquant des Lions de la Téranga.

On y évoque la « santé pour tous » tout en demandant aux patients d’apporter leurs propres draps et, si possible, leur propre interne en médecine. C’est la stratégie de la « Rupture systémique » : on rompt avec le bon sens pour épouser le lyrisme budgétaire. On nous promet des autoroutes de l’information alors que le citoyen lambda cherche surtout une piste carrossable pour évacuer ses récoltes.

Certes, l’intention est noble. Qui ne voudrait pas d’un Sénégal où chaque projet est une brique vers l’émergence (pardon, vers la « Souveraineté », le mot « Émergence » étant devenu tabou depuis 2024) ? Mais entre les lignes de ce budget pharaonique, on sent poindre l’ombre de la « bonne droite » de notre journal : celle qui sait que l’argent ne tombe pas du ciel, même si le ciel est aux couleurs arc-en-ciel de notre drapeau vert, jaune, rouge.

Pour financer ces 633 milliards sans étrangler le contribuable qui tire déjà la langue, il faudra plus que des discours enflammés au Grand Théâtre National Doudou Ndiaye (qui voit la vie en…) Rose :

Il faudra de la rigueur, de la vraie. Pas celle qui consiste à supprimer les biscuits, jus d’orange pressée et petits fours lors des séminaires, mais celle qui s’attaque aux privilèges en béton armé des nouveaux princes de la République.

En attendant, les 44 projets trônent sur les bureaux ministériels comme des trophées de chasse avant même que la chasse ait commencé.

On nous annonce un « Sénégal 2050 » qui commence demain matin à 8 heures précises. Espérons simplement que le réveil ne sera pas trop brutal pour le Trésor public, car à force de tirer sur la corde de la réduction du train de vie, on risque de finir par marcher à pied vers l’émergence… euh, vers la souveraineté.

Damel Gueye

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[CAN AIRLINE] Géopolitique du football : La sortie stratégique du Premier ministre Ousmane Sonko et la projection internationale du Sénégal (Par Dr. Seydou KANTÉ)

Tract – La sortie du Premier ministre Ousmane Sonko à Mbour, à l’occasion de l’inauguration du Centre de formation professionnelle Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyan, s’inscrit dans une séquence politique à forte densité symbolique et stratégique. Au-delà de l’acte institutionnel, le message est sans ambiguïté : le football est désormais envisagé comme un levier géopolitique, un instrument de projection internationale et un pilier de la stratégie d’attractivité du Sénégal. Cette prise de parole intervient à un moment particulièrement significatif, à la veille de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations que le Sénégal dispute ce dimanche 18 janvier face au Maroc. 

 La concomitance entre ce discours politique et l’actualité sportive majeure n’est nullement fortuite. Elle traduit une lecture stratégique du football comme espace d’expression de la puissance douce. Le Sénégal ne se contente plus d’exister sur les terrains africains ; il revendique une place durable dans l’architecture du football mondial.Cette ambition s’appuie sur un socle politique et institutionnel solide. Le Sénégal fait figure d’exception en Afrique de l’Ouest par sa stabilité démocratique, matérialisée par trois alternances pacifiques par les urnes. Cette continuité institutionnelle confère au pays une crédibilité stratégique forte, rassurante pour les investisseurs et les partenaires internationaux. À cela s’ajoute une situation géographique avantageuse : à environ cinq heures de vol de l’Europe, le Sénégal s’impose comme une interface naturelle entre l’Afrique et les grands centres du football mondial.Sur le plan sportif, le capital symbolique est tout aussi déterminant. Le Sénégal compte plusieurs participations à la Coupe du monde et demeure l’une des rares nations africaines à avoir atteint les quarts de finale, en 2002. Ce parcours historique reste indissociable d’un acte fondateur de la géopolitique du football africain : la victoire inaugurale contre la France, tenante du titre mondial, lors du match d’ouverture. Ce succès n’avait pas seulement valeur sportive ; il avait valeur de rupture symbolique, redistribuant les rapports de prestige entre Nord et Sud dans l’imaginaire footballistique mondial. Fait hautement révélateur, le Sénégal retrouvera de nouveau la France lors de la prochaine Coupe du monde organisée conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique, confirmant la récurrence de ces confrontations chargées d’histoire et de portée géopolitique.Les performances récentes de l’équipe nationale s’inscrivent dans cette continuité. Trois finales (depuis l’instauration du format à 24 équipes) de Coupe d’Afrique des Nations (2019, 2021, 2025), un sacre continental en 2021 et une présence régulière dans les grandes compétitions internationales ont installé le Sénégal parmi les puissances sportives du continent. La finale du 18 janvier 2025 face au Maroc, pays organisateur, s’inscrit ainsi dans un duel de leadership africain, où se croisent ambitions sportives, stratégies d’influence et modèles de développement.C’est dans ce contexte que la référence explicite du Premier ministre à l’engagement du propriétaire de Manchester City, également vice-président des Émirats arabes unis, prend tout son sens. Le football contemporain est structuré par des réseaux transnationaux où se croisent capitaux, diplomatie et stratégies d’influence. En appelant publiquement à la concrétisation d’un institut de formation footballistique au Sénégal, le chef du gouvernement inscrit le pays dans cette cartographie mondiale du pouvoir sportif, tout en assumant une diplomatie proactive.Le choix de Mbour comme site potentiel de cette infrastructure traduit une volonté claire de territorialiser la géopolitique du football. Il s’agit d’ancrer l’investissement international dans les réalités locales, de structurer les parcours des jeunes talents, de créer de la valeur sur place et de proposer des alternatives crédibles aux trajectoires d’exil. Le football devient alors un outil d’aménagement du territoire, de cohésion sociale et de sécurisation des avenirs individuels.À travers cette séquence, le Sénégal affirme une vision stratégique assumée : ne plus être seulement un réservoir de talents, mais un acteur capable de maîtriser la chaîne de valeur du football mondial. Formation, encadrement, visibilité, diplomatie sportive et souveraineté symbolique se conjuguent désormais dans un même projet.La finale de la CAN face au Maroc vient ainsi cristalliser cette dynamique. Sur le terrain comme sur l’échiquier géopolitique, le Sénégal joue une partie décisive : celle de la confirmation de son statut, de la consolidation de son image internationale et de son ambition de puissance douce. La sortie du Premier ministre Ousmane Sonko à Mbour n’est pas un simple discours circonstanciel ; elle marque une étape dans la construction d’une géopolitique sénégalaise du football, lucide, volontaire et tournée vers l’avenir.Dr. Seydou KANTÉDocteur en géopolitique et géographie politique /MBAChercheur /Consultant /Analyste et auteurseydoo@hotmail.com

[HORS-JEU] Un vrai scandale dans la gestion de la billetterie Maroc CAN 2025: Fédéraux, le temps du mutisme est révolu ! (Par Mbaye Jacques Diop)

Tract – La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a une fois de plus montré son visage en gardant un mutisme assourdissant sur la question des billets pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de Football. Alors que les supporters sénégalais sont en ébullition, attendant avec impatience de soutenir les Lions de la Teranga, la FSF semble avoir choisi de se terrer dans un silence coupable. 

 Il est incompréhensible que la FSF ait pu publier un communiqué de presse pour demander aux supporters d’avoir un comportement exemplaire lors de la demi-finale face à l’Égypte, mais qu’elle ne puisse pas trouver les mots pour s’exprimer sur la gestion catastrophique de la billetterie pour la finale. Est-ce que la FSF a peur de représailles de la part de la CAF ? Est-ce que les dirigeants de la FSF sont-ils trop occupés à se partager les billets pour s’occuper des supporters ?La situation est d’autant plus scandaleuse que la plateforme officielle de la CAF est fermée, laissant les supporters sénégalais à la merci des vendeurs de billets sur le marché noir. Les médias sénégalais parlent d’un « scandale silencieux » concernant la distribution des tickets au Maroc, soulignant le manque de transparence sur le nombre de places réellement accessibles aux supporters des Lions de la Teranga.Il est temps que la FSF sorte de son mutisme et prenne ses responsabilités. Les supporters sénégalais ont le droit de savoir ce qui se passe avec les billets. Ils ont le droit de savoir pourquoi la FSF n’a pas fait son travail pour leur permettre de pouvoir à la finale. Il est temps que les dirigeants de la FSF prennent des mesures pour résoudre ce problème.Le silence de la FSF est non seulement honteux, mais il est également coupable. Il risque de jeter le discrédit sur les dirigeants. Il est temps que la FSF agisse et montre qu’elle est capable de gérer cette question de la billetterie avec transparence et honnêteté.LA FSF DOIT ROMPRE LE SILENCE ET INFORMER LES SUPPORTERS SÉNÉGALAIS !Les supporters sénégalais attendent des réponses et des actions, pas des mots vides et des promesses non tenues. Il est temps que la FSF montre qu’elle est à l’écoute des supporters et qu’elle est prête à agir pour défendre les intérêts du football sénégalais.*Mbaye Jacques DIOP Administrateur Club des Experts Club des Exports Sportifs

[TRIBUNE] Protéger le patrimoine mandingue : un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest (Par Dr. Moussa Diop)

Tract – Dans une géopolitique mondiale marquée par une mondialisation multidimensionnelle mais disparate, et par l’essor de l’intelligence artificielle, la culture est devenue un espace central de production d’influence et de narratifs, un véritable vecteur de puissance. Pour le Sénégal, la préservation du patrimoine mandingue, face à sa banalisation et à sa mercantilisation, dépasse la simple préoccupation mémorielle ou la panique identitaire. Elle constitue un levier stratégique pour bâtir une diplomatie culturelle d’intégration sous-régionale, fondée sur la transmission, notamment de la langue, la profondeur historique et la maîtrise des récits. 

 Le patrimoine mandingue dépasse largement le cadre des frontières nationales héritées de l’histoire coloniale. Langues, rites, structures sociales, systèmes de médiation et formes de transmission initiatique constituent un socle civilisationnel partagé entre le Sénégal, le Mali, la Guinée, la Gambie, la Côte d’Ivoire et au-delà. Cette continuité historique et culturelle fait du monde mandingue un espace naturel d’intégration sous-régionale. Préserver ce patrimoine ne signifie donc pas seulement sauvegarder des pratiques anciennes. Il s’agit de promouvoir la langue, défendre ses rites et de maintenir vivant un langage commun entre peuples. Ce langage partagé nourrit la cohésion, la médiation et le dialogue dans un contexte régional traversé par de fortes instabilités géopolitiques. À ce titre, le patrimoine mandingue peut devenir un véritable outil de diplomatie culturelle, une diplomatie fondée sur la langue, la reconnaissance mutuelle et la mémoire partagée. Les dynamiques récemment observées au Sénégal vont clairement dans ce sens. À Mbour, la collectivité mandingue a procédé à l’intronisation du Conseil des sages, dit “Alfa Kafoo”, instance traditionnelle de régulation et de transmission des normes culturelles. Cette étape a été accompagnée de la mise en place d’un nouveau leadership, avec El Hadj Ibrahima Sadio comme président et Pa Cheikhou Koté comme vice-président. Elle traduit une volonté de continuité, de légitimité et de responsabilité dans la gouvernance d’un patrimoine défendu, en son temps, par feu El Hadj Boubacar Diambang, et porté aujourd’hui par des avancées majeures sous l’impulsion de son secrétaire général, Mamadou Aïdara Diop, et de son équipe. Dans le même élan, la Fédération nationale des Mandinkas du Sénégal (FENAMAS) a vu le jour le 27 décembre à Marssassoum, sous la houlette de chefs traditionnels, de sages et de plusieurs figures intellectuelles de renom du monde mandingue. Parmi elles figuraient les professeurs Balla Moussa Daffé, Nouha Cissé, Manding Djitté, Abdoulaye Sidibé, Elhadji Bamarro Dramé, ainsi que Makhily Gassama, ancien ministre de la Culture. Pensée comme un cadre national de concertation, de coordination et de représentation, cette Fédération doit prochainement être reçue par le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, marquant une reconnaissance institutionnelle et l’ouverture d’un dialogue structuré entre l’État et les communautés détentrices de cet héritage. Diplomatie, nation branding : une nouvelle géopolitique du récitLe nation branding consiste à produire des narratifs cohérents sur un pays – culture, valeurs, histoire, innovation, stabilité, créativité – afin d’influencer les perceptions des publics étrangers : investisseurs, touristes, partenaires diplomatiques, médias et plateformes numériques. L’exemple des Vodoun Days au Bénin montre qu’un État peut mobiliser son patrimoine culturel comme instrument de reconnaissance internationale et de repositionnement symbolique. Toutefois, tous les patrimoines n’appellent pas les mêmes modalités de valorisation. Le patrimoine mandingue, notamment dans ses dimensions rituelles et initiatiques, exige une éthique de la retenue, résumée par les principes du Da mutoo et du Ké ba nia. Tout ne peut ni ne doit être montré, monétisé ou transformé en spectacle. Une mise en scène excessive, dictée par les logiques de visibilité et de rentabilité, risque de banaliser, voire de profaner, des pratiques porteuses de sens profond. La diplomatie culturelle repose également sur la transmission des savoirs, la recherche, l’éducation, la circulation encadrée des récits et la reconnaissance du rôle central des détenteurs légitimes de la tradition. C’est dans cet équilibre entre visibilité maîtrisée et protection du sacré qu’une politique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IAÀ l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, la culture est devenue un champ stratégique de production de narratifs. Les plateformes numériques, les moteurs de recherche et les systèmes d’IA participent désormais à la hiérarchisation des savoirs, à la visibilité des cultures et à la construction des représentations collectives. Ce qui n’est pas documenté, structuré et raconté par ses propres acteurs risque d’être réinterprété ou déformé par d’autres. Dans ce contexte, la préservation du patrimoine mandingue doit s’accompagner d’une maîtrise des récits et de l’image. Il s’agit de produire des discours rigoureux, contextualisés et légitimes sur l’histoire, les valeurs et les pratiques culturelles, afin d’éviter leur réduction à des contenus folkloriques ou « tiktokisés ». La recherche académique, la documentation, les archives et les outils numériques encadrés ont ici un rôle central à jouer. Une diplomatie culturelle d’influence ne vise pas à occuper l’espace médiatique à tout prix. Elle cherche à inscrire durablement un patrimoine dans les circuits de reconnaissance symbolique, y compris dans les environnements numériques et algorithmiques. En ce sens, préserver le patrimoine mandingue, c’est aussi affirmer une forme de souveraineté culturelle face aux logiques globales de standardisation des récits.Dr. Moussa DiopMaître de conférence assimilé au CESTIInitié et Membre de la collectivité Mandingue de Mbour