[Aux Affaires étrangères] Le grand écart du ministre Cheikh Niang entre ‘rupture souverainiste sénégalaise’ et ‘multilatéralisme à assumer’

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Tract hebdo – C’est le grand écartèlement de la Place de l’Indépendance, au ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Depuis sa nomination en septembre 2024, Cheikh Niang, diplomate de carrière au flegme olympien et au CV plus long qu’une file d’attente devant le consulat de France à France dans les années 90 et une cohue tout aussi longue devant VSF Global chargé des visas Schengen en ces années vingt vingt ; Cheikh Niang donc, s’est vu confier une mission de haute voltige : incarner la « rupture souverainiste » tout en restant le chouchou du multilatéralisme. Un peu comme si l’on demandait à un chef étoilé de préparer un « soupoukandia » 100% local, mais avec des épices importées par avion spécial.

 

Le ministre Cheikh Niang se retrouve donc écartelé. D’un côté, il y a la doctrine du « Jub, Jubal, Jubanti », qui exige de regarder les anciennes puissances dans les yeux sans ciller. De l’autre, il y a la réalité des instances internationales où, si l’on tape trop fort sur la table, on finit par renverser son propre verre de champagne…ou de gingembre (on ne veut offenser personne, hein).

La méthode Niang : le souverainisme de velours

Là où sa prédécesseure Yassine Gros Calibre FAll a pu être tentée par la gesticulation activiste, Cheikh Niang a choisi la « diplomatie du murmure souverain ». Il affirme la souveraineté du Sénégal avec une telle courtoisie que même ses interlocuteurs occidentaux se surprennent à acquiescer avant de réaliser qu’ils viennent de se faire gentiment éconduire.

C’est le paradoxe de sa fonction : devoir expliquer à New York que le Sénégal n’appartient à personne, tout en s’assurant que le Sénégal siège partout.

Un numéro d’équilibriste où le ministre semble dire :

« Nous sommes totalement indépendants, mais ne partez pas trop loin, on a encore besoin de réformer votre Conseil de sécurité ! »

Les premiers pas de Cheikh Niang (septembre 2024 – janvier 2026)

Malgré notre ton un tantinet satirique sur lui, le parcours de Cheikh Niang depuis sa prise de fonction montre une activité dense visant à stabiliser l’image du Sénégal après une période de transition politique intense. En terme de rééquilibrage stratégique au Maroc (janvier 2026), il vient de coprésider la 15e Grande Commission Mixte Maroc-Sénégal à Rabat avec Nasser Bourita. C’est l’occasion de signer de nombreux accords (jeunesse, transports, culture), prouvant que la « souveraineté » passe d’abord par le renforcement des alliances sud-sud historiques.

Pour ce qui est du  discours du « réalisme souverainiste », dès ses premières sorties fin 2024, il a théorisé une diplomatie fondée sur la coresponsabilité. Pour lui, le multilatéralisme ne doit plus être une « passivité », mais un espace où le Sénégal impose ses intérêts vitaux.

A propos de l’ancrage dans la CEDEAO, malgré les tensions régionales, il a maintenu une présence active lors des sommets d’Abuja (décembre 2025), tentant de réconcilier l’idéal de l’intégration africaine avec les velléités de départ de certains voisins. Toutefois, le ministre Cheikh Niang, on ne s’est souvenu de son existence et de son appartenance au gouvernement Sonko 2 que lors du putsch contre le Président Embalo à Bissau. Son Secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’extérieur, le sieur Amdou Chérif Dioouf, membre de Pastef dont il est secrétaire national en cherge des Finances, est plus connu que lui : c’est tout dire…

Enfin, dans la gestion de la diaspora : il murmure avoir placé les « Sénégalais de l’Extérieur » au cœur de sa feuille de route, les traitant non plus comme de simples envoyeurs de fonds, mais comme des acteurs de la diplomatie économique. Wait and see ?

Au total et au final ?  Cheikh Niang n’est pas un révolutionnaire de la table rase, mais un réformateur de la table dressée. Son défi reste de convaincre la base souverainiste que le respect des protocoles internationaux n’est pas une soumission, mais le déguisement nécessaire d’une nation qui reprend ses droits.

Néné Sow

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[Tract] Diomaye déjà candidat et Sonko en embuscade : 2029, l’année où le Sénégal aura deux Présidents (ou aucun)

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Tract Hebdo – Alors que certains n’ont pas encore fini de digérer leur thieb de la victoire à la CAN Maroc 2025, d’autres ont déjà sorti les cauris, les calculettes, les banderoles et les boubous de combat. Bienvenue dans la cour de récréation préférée des adultes : la politique sénégalaise.

Opération « Diomaye 2029 » : parce que 5 ans, c’est trop court pour un « Projet »

Un nouveau mouvement vient de naître, plus rapide qu’une connexion 5G à Diamniadio : « Diomaye 2029 ». Les initiateurs, sans doute frappés par une nostalgie précoce, estiment que notre cher Bassirou Diomaye Diomaye Diakhar Faye est comme un bon vin de palme de soum-soum : il faut le laisser vieillir au Palais.

Pour eux, 2029 n’est pas une échéance, c’est une destination touristique. « Pourquoi changer une équipe qui gagne (ou qui essaie de comprendre comment on gère un pays) ? », s’interroge un militant, un badge « Diomaye pour l’éternité » épinglé sur son cœur.

Sonko 2029 : « le Premier qui dit Premier est le Premier ! »

Mais attention ! Dans le rétroviseur, il y a une silhouette bien connue. Ousmane Sonko, notre Premier Ministre qui ne fait jamais les choses à moitié et souvent confond vitesse et précipitation depuis 10 ans qu’il est entré en politique comme un météore en gardant ses réflexes d’ancien premier syndicaliste des impôts, a aussi les yeux rivés sur le fauteuil de l’Avenue Léopold Sédar Senghor. Pour lui, 2029, c’est l’heure de la « Téra-Récupération Totale », la TRT, après la TNT, le BRT, le TER et le Téra-Meeting de « plus rien ne sera plus comme avant ».

On assiste à un spectacle inédit : un tandem au pouvoir où l’un pédale pour 2029 et l’autre passe les vitesses pour la même année. C’est la première fois dans l’histoire qu’une coalition se prépare à s’affronter tout en partageant le même Conseil des ministres. On espère juste que les dossiers de la République ne resteront pas coincés entre les deux ambitions.

Les marraines de la discorde sur le ring : Mimi contre Aïda

Et comme dans toute bonne tragédie grecque (ou sénégalaise), il faut des gardiennes du temple. Aminata « Mimi » Touré, la dame de fer qui a vu passer plus de régimes que de saisons des pluies, a choisi son camp : elle est derrière Diomaye. Pour elle, la stabilité, c’est le Président BDF. Ou peut-être est-ce une vieille rancune de Premier Ministre qui refait surface ? Face à elle, la « Lionne du Baol », Aïda Mbodj. Elle, elle ne jure que par Sonko. « C’est le génie du projet », crie-t-elle, prête à sortir son foulard de guerre pour défendre la candidature du Premier Ministre.

Prévoyez le popcorn (pour les toubabs bu niul) et le guerté thiaaf

Résumons : nous sommes en janvier 2026, il reste trois ans avant l’élection, et la coalition présidentielle ressemble déjà à un ring de boxe. Entre le mouvement « Diomaye 2029 » qui veut prolonger le bail et « Sonko 2029 » qui veut récupérer les clés, le peuple sénégalais regarde le match avec un mélange d’admiration et de fatigue.

Le vrai luxe au Sénégal en 2026 ? C’est de trouver un politicien (surtout de ceux au pouvoir) qui parle de 2026 et non de 2029. Mais bon, comme on dit chez nous : « Incha’Allah, ça ira bien, di naa baakh ». D’ici là, attachez vos ceintures, les secousses politiques ne font que commencer !

Dibor Faye

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[KRONIK] Ousmane Sonko à Rabat : l’art délicat du ‘c’est passé, on oublie ?’ (Par Damel Gueye, Tract Hebdo)

Tract Hebdo – Pendant que les claviers sénégalais et marocains fument encore sur les réseaux sociaux, menaçant de provoquer une surchauffe généralisée des serveurs de la Silicon Valley, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé le pied sur le tarmac de Rabat ce lundi 26 janvier au matin. Officiellement, il vient pour la 15ème Grande Commission mixte Sénégal-Maroc. Officieusement, il vient surtout vérifier que l’amitié entre les deux peuples est plus solide qu’une défense centrale marocaine à la 90ème minute.

Entre phosphate et fair-play

Sur le papier, l’agenda est d’une austérité à faire dormir un comptable de la Banque Mondiale : économie numérique, souveraineté alimentaire, et surtout, le précieux phosphate. Le Sénégal veut des engrais pour ses champs de mil, et le Maroc en a à revendre. Mais dans les couloirs du Palais des Hôtes, l’ambiance est aussi tendue qu’une séance de tirs au but. Le protocole marocain a dû recevoir des consignes strictes : « Interdiction formelle de prononcer les mots ‘penalty’, ‘arbitre’ ou ‘VAR’ en présence de la délégation dakaroise ».

Un conseiller sénégalais, aperçu en train de dissimuler maladroitement un maillot des Lions sous son costume de chez l’artisan tailleur, aurait glissé à son homologue chérifien : « Écoute, mon frère, on est venus pour le phosphate, pas pour la VAR. Gardez vos ralentis, on garde la Coupe, et tout le monde est content, non ? »

La diplomatie du couscous contre le celle du thieb

Le véritable défi de cette visite ne réside pas dans les accords commerciaux de plusieurs milliards, mais dans la gestion des ego sportifs. Imaginez la scène lors du dîner officiel : entre le thé à la menthe et un tajine aux pruneaux, le silence devient pesant. On n’ose pas demander « Comment s’est passé votre voyage ? », de peur que la réponse ne soit : « Plus fluide que votre défense sur l’aile droite ».

La diplomatie, c’est cet art sublime de serrer la main de celui à qui on a « emprunté » le trophée continental une semaine plus tôt, tout en discutant avec un sérieux olympien de la coopération décentralisée. Sonko le prophète en son pays, en maître des jeux politiciens contorsionnistes mais fermes, sait qu’une tonne d’engrais vaut bien quelques sifflets dans les stades, mais l’histoire ne dit pas s’il a réussi à ne pas sourire en passant devant la vitrine (vide) du musée de la Fédération Royale Marocaine de Football.

Le spectre de la 90ème minute

Alors que les ministres signent des mémorandums d’entente à tour de bras sur le transport et l’énergie, les experts en géopolitique se demandent si le Sénégal ne devrait pas inclure une clause « clémence arbitrale » dans ses futurs traités internationaux. « Si vous nous donnez des tarifs préférentiels sur les engrais au phosphate, on vous promet de ne pas célébrer trop fort la prochaine fois », aurait pu être la proposition la plus honnête de la semaine.

En attendant, Ousmane Sonko joue la carte de la « souveraineté partagée ». Comprenez : le Maroc garde le leadership sur le phosphate, et le Sénégal garde le leadership sur le ballon rond. Un échange de bons procédés qui prouve que dans le « Sénégal nouveau de rupture systémique », on sait quand même  faire la part des choses entre le développement agricole et la passion du cuir. Mais attention, au retour à Dakar, il faudra expliquer aux supporters que le phosphate marocain ne servira pas à fertiliser les pelouses pour que les Lions courent encore plus vite… Quoi que ?

Damel Gueye

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[Tract] Les méga-téra-embouteillages de Dakar : klaxons en tam-tams et nerfs en fils de fer !

Tract Hebdo – Ah, Dakar ! Ndakarou et ses Nitt Ndiaye, Ndakarou et ses Doff Diop ! Ses plages ensoleillées, sa téranga légendaire, ses odeurs de thiéboudienne, de mafé et de soupoukandia… et ses embouteillages, un spectacle si grandiose qu’il mériterait sa propre catégorie aux Oscars ! Avec son gaz carbonique, ses fumées noires et ses odeurs de gazole. Chaque début de semaine qu’Allah fait, et jusqu’au samedi (les dimanches, c’est répit : tout le monde récupère de ses efforts…), notre capitale crée en 1857 prouve qu’elle est la championne incontestée du « stop-and-go » à l’échelle planétaire. On suppute même que les embouteillages dakarois sont si épiques qu’ils servent de banc d’essai pour les systèmes de freinage des plus grands constructeurs automobiles mondiaux. « Si ça tient à Dakar, ça tiendra partout ! » C’est leur nouveau slogan, paraît-il.

Imaginez la scène : lundi matin, 8h. Le soleil darde ses rayons sur une ville qui s’éveille… enfin, qui essaie. Car entre le point A et le point B,le Point E et Pikine, il y a un océan de tôle, de sueur et de patience égarée. Les automobilistes, véritables stoïciens des temps modernes, transforment leurs habitacles en temples de méditation forcée. Certains ont même développé des techniques de respiration yogique pour éviter l’implosion veineuse. On a aperçu un chauffeur de taxi (un Yango ou un Yassir ?) réciter des poèmes de Léopold Sédar Senghor pour se calmer (‘Ô femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est beauté »…mais on s’égare!), tandis qu’un autre tentait d’apprendre le tachahoud avec une applic’tion mobile, faute de mieux.

Les embouteillages à Dakar, ce n’est pas seulement un problème de circulation, c’est une expérience sociologique unique. C’est là que l’on observe la véritable nature humaine, entre l’ingéniosité du vendeur ambulant qui propose des chargeurs solaires et des cacahuètes grillées, et la fureur du cadre supérieur dont la chemise est déjà froissée avant même d’arriver au bureau. C’est aussi l’occasion de tester la solidité des amitiés, car partager une heure et demie de klaxons et de pots d’échappement, ça soude ou ça brise à jamais.

Les autorités, elles, semblent jouer à un jeu de cache-cache avec le problème. Chaque nouvelle route, chaque autopont, chaque giratoire est annoncé comme la solution miracle, le messie du fluide routier. Mais invariablement, le serpent de métal se reforme, plus long et plus patient que jamais. On se demande parfois si les ingénieurs ne cachent pas un générateur d’embouteillages pour maintenir une certaine « ambiance » locale. Après tout, sans embouteillages, Dakar ne serait plus tout à fait Dakar, n’est-ce pas ? Il manquerait ce petit quelque chose, cette saveur particulière qui fait qu’on aime la détester… et qu’on ne peut s’empêcher de revenir. C’est comme ce pont à l’entrée de Keur Massar fait dans le mauvais sens, pour desservir Malika et Mbeubeuss sans trafic, au lieu d’aller vers les tréfonds de Keur MAssar noirs de monde, d’habitations et de nouvelles cités…

Alors, la prochaine fois que vous serez coincé dans l’interminable file d’attente, ne râlez pas. Profitez-en ! Écoutez ce podcast que vous n’avez jamais le temps d’écouter, appelez votre grand-mère en banlieu profonde qui a tout son temps vu qu’elle vend des arachides devant sa maison, ou méditez sur le sens de la vie. Car à Dakar, l’embouteillage n’est pas un obstacle, c’est une destination en soi. Et pour certains, c’est même le seul moment de la journée où ils sont obligés de ralentir. Peut-être est-ce cela, au fond, le vrai luxe ? Dalal ak jamm ci Daar, ô visiteur temporaire. Pour les résidents ? : « Kou mougne, mouuugne »!

Damel Gueye

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Le PR Diomaye candidat à l’élection présidentielle de 2029

Tract Hebdo – Le quotidien Les Échos informe dans son édition de ce lundi 26 janvier que «des politiciens ont porté sur les fonts baptismaux un mouvement dénommé ‘Diomaye 2029’». Objectif : «porter la candidature du chef de l’État à la prochaine présidentielle», relate le journal. La publication souligne que le coordonnateur de l’entité, Moïse Kama, en conférence de presse, n’a pas pris des gants pour clamer haut et fort que lui et ses compagnons veulent faire réélire Diomaye Faye en 2029.La Rédactionwww.tract.sn

[ET DIT TÔT] ‘Sénégalaxie’… et démocratie : pays d’un bal masqué entre tradition, religion, TikTok et modernité (Par Dibor Faye, Tract Hebdo)

Tract Hebdo– Ce lundi 26 janvier 2026, l’actualité sénégalaise sera marquée par un phénomène qui, à force d’être répété, en devient presque une marque de fabrique : l’éternel équilibre (ou déséquilibre, c’est selon) entre la tradition et la modernité dans la gouvernance du pays, entre la religion et la reddition (des comptes), entre les psalmodies spirituelles et la frénésie des ‘reels’ de TikTok.

Ainsi, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, lors de son discours de milieu de semaine lors de la Rentrée Solennelle des Cours et Tribunaux, a une fois de plus jonglé avec les concepts de ‘valeurs endogènes’ et de ‘progrès technologique’, laissant les observateurs avertis assez perplexes.

Chez  « Tract Hebdo », nous qui aimons la nuance et l’impertinence, on ne peut s’empêcher de sourire. La démocratie sénégalaise, c’est un peu comme un bal masqué où chacun joue un rôle, avec des masques parfois si bien faits qu’on ne sait plus qui est qui.

Les griots modernes, armés de smartphones, commentent la politique sur TikTok; les chroniqueurs analphabètes et anciens tailleurs ou coiffeurs sont sur les télés privées; tandis que les anciens notabilisés, drapés dans leurs boubous, observent la scène avec un mélange de sagesse et de fatalisme.

On nous parle de ‘bonne gouvernance résolue’, de ‘transparence obligatoire’, de ‘rupture systémique’ (bon, ça, on nous en parle un peu moins…, on parle désormais plus d’union des coeurs, dans ce ‘Diomayat’ déjà arrivé à mi-mandat), de ‘reddition des comptes par l’ancien régime des deux Salltennats mackyavéliques’, ‘d’appels a candidature pour les directions générales publiques’ (quel serpent de mer…!) et de « montée en compétences de l’Administration et des Agents publics « .

Des mots qui sonnent doux à l’oreille, mais dont la mise en œuvre se heurte souvent aux réalités d’un terrain politique conflictogène (Merci la CAN Maroc 2025, merci Nianthio Sadio Mané ‘Superman..é’, merci coach Pape ‘Thioo’ -comme prononce Canal+ – , pour la trêve politicienne actuelle…!) et d’un terreau social de populations aux individus aussi glissants que des savonnettes un peu trop entamées.

Les décisions politiques sont parfois prises dans l’opacité ou, au contraire, de façon un peu trop…translucide (or, l’Etat doit souvent pouvoir s’entourer du mystère de la mystique républicaine, pour être mieux obéi, dans ses lois, décrets et règlements, par les citoyens et usagers – tous autant adeptes de l’évitement fiscal et du ‘service camarades’ quand ils vont dans les services administratifs).

Les institutions peinent à suivre le rythme des évolutions sociétales, de la pression d’une jeunesse sénégalaise 4.0 et 5G, majoritaire statistiquement et biberonnée à la révolte, à tout tourner en dérision avec des ‘lol’ et des émoticones ‘je rigole’ , et à la contestation systématique  via réseaux sociaux.

Et, enfin, osons le dire, de la corruption, qui tel un fantôme trop familier depuis au moins l’an 2000, rôde toujours aux alentours des couloirs du pouvoir pastéfien. Ou déjà en son sein.

Le peuple sénégalais, lui, est un mélange de résignation et de rébellion. Il subit les avanies des services publics et des logeurs privés (‘appartement a louer; réservé aux étrangers, désolé’…!!!)avec humour, se moque des promesses électorales non tenues, mais sait aussi se mobiliser quand les lignes rouges sont franchies. C’est un peuple qui a le sens de la Téranga, mais qui sait aussi se montrer ‘terang..agacé’, quand on le pousse à bout.

Alors, la démocratie sénégalaise : une utopie moderniste ou une réalité ancrée dans les traditions ? Un peu des deux, sans doute. C’est un pays qui avance, à son rythme, avec ses contradictions et ses fulgurances. Un pays où les jeunes rêvent d’innovation et les anciens s’accrochent aux valeurs dites ‘d’antan et de toujours’, dans ce pays du thieddo Kocc Barma Fall où dorment sous terre, du sommeil éternel de la mort, de véritables saints hommes des deux siècles passés, vénérés par tous (et les jeunes ne sont pas en reste dans cette saine révérence aux saints sénégalais).

Nous, on continuera à observer, avec un œil critique et un sourire en coin, cette sarabande de démocratie d’une ‘Sénégalerie’ souvent sujette aux accélérations endiablées puis aux cahoteuses pannes de souffle; une danse de chaises musicales (‘Ôte-toi de là que je m’y mette… ou que j’y mette mon parent!’), qui tient plus du mbalakh aux sautillements fantasques que du Yéla aux pas de danse bien ordonnés…

Car au fond, la démocratie, au Sénégal comme ailleurs, c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs ambitions et leurs déceptions, leurs résolutions nobles et leurs capitulations en rase campagne au Dieu-Argent.

Et c’est cette histoire que nous continuerons de raconter, avec notre « très bonne droite » et notre « résolument de gauche ».

Sans oublier l’incontournable touche de Téranga et le souvent excessif Masla’a, qui font tout le charme piquant de notre… Sénégalaxie.

Dibor Faye

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[ET DIT TÔT] Retour au bercail des Sénégalais diasporiques : entre promesses dorées et réalités… un peu rouillées ! (Par Damel Gueye, Tract Hebdo)

Tract Hebdo – Le Sénégal n’a-t-il pas lancé en grande pompe sa campagne « Retour au bercail », invitant les millions de Sénégalais de la diaspora à venir investir, créer et participer au développement du pays? Ô, que si. Les promesses sont alléchantes : exonérations fiscales, accompagnement personnalisé, avantages sociaux et avec plus d’équité de la ‘rupture systémique’ et du ‘Projet’, et bien sûr, la chaleur de la Téranga retrouvée.Mais pour beaucoup de ces « anciens-nouveaux » résidents, la réalité est un peu moins rose que le communiqué officiel. « On nous a promis des tapis rouges, on a eu droit à des embouteillages monstres et à fort dégagement de gaz carbonique « , s’amuse Amadou, revenu de France après vingt ans d’absence. « On nous a dit que tout était facile, on a découvert la complexité de l’administration; les coupures d’eau et d’électricité ne sont pas rares, et, une fois encore, se déplacer dans les embouteillages dakarois, y compris sur l’autoroute à péage, peut prendre des heures. Sans oublier des loyers de 700.000 FCFA pour trois chambres salon, même à Mermoz ! « .Le gouvernement, dans un souci de « valorisation des compétences nationales », a mis en place des dispositifs d’accueil et d’accompagnement. Mais les témoignages de déception sont nombreux. Beaucoup de ‘revenants’ (ou des ‘repats’, les enfants de la deuxième génération des diasporiques sénégalais) se plaignent du manque d’informations, de la lourdeur des procédures, et surtout, du coût de la vie qui, selon eux, a explosé.« J’ai l’impression que la Téranga a pris des airs de ‘tout payant et cela séance tenante. Du rokki mi rokka partout' », ironise Fatou, revenue des États-Unis. « Tout est cher : le loyer, la nourriture, les écoles pour les enfants. On nous dit de venir investir, mais on a l’impression que le pays est déjà un investissement en soi, et qu’il faut un portefeuille bien garni pour y vivre confortablement. »L’opposition, bien sûr, a saisi l’occasion de dénoncer une « campagne de communication creuse » et une « absence de réelle politique d’intégration » pour la diaspora. Des accusations que le gouvernement rejette, arguant que « le retour au bercail est un processus long et complexe qui demande des ajustements ».Comment conclure et que conclure ?Hé bien, avec ceci : Bonne chance au gouvernement Sonko 2 ! Et bon courage aux diasporiques (encore appelés ‘venants), ça va venir, inch’Allah !Damel GueyeTract Hebdowww.tract.sn 

[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] Pouvoir et Opposition, réunis dans la même sauce, par les Lions de la Téranga… le temps de ‘Pakaargni’ politiciens autour d’un thiéboudieune présidentiel ? (Par Ousseynou Nar Gueye Gueye)

Ousseynou Nar Gueye, fondateur de Tract Hebdo

Tract Hebdo – Dakar a explosé de joie, le Sénégal a exulté, et les klaxons des voitures, clandos, Tata, et tiak-tiak à motoristes sans casque, sans oublier les vuvuzelas de fabrication chinoise, ont résonné jusqu’à l’aube. La raison de cette liesse populaire, qui a fait oublier (presque) tous les tracas du quotidien : la victoire éclatante des Lions de la Téranga à la Coupe d’Afrique des Nations, CAN Maroc 2025 ! Un événement qui, miracle du football, a réussi l’impensable : réunir le Pouvoir et l’Opposition au Palais de la République, le temps d’une célébration grandiose.

« C’est incroyable ! », s’exclame un observateur politique, le regard embué par l’émotion (ou le manque de sommeil). « On pensait qu’il faudrait un miracle pour les voir s’asseoir à la même table, et voilà qu’un ballon rond a fait le travail. On devrait peut-être organiser des matchs de football à chaque session parlementaire ? Ou avant chaque élection ? »

La scène, digne d’un film de feu Djibril Diop Mambéty pour son onirisme et son surréalisme, a vu le Président Bassirou Diomaye Faye, rayonnant, accueillir les figures les plus farouches de l’Opposition avec des accolades chaleureuses, des sourires (forcés?) et des éclats de rire (un peu trop sonores ?). Le tout, bien sûr, sous l’œil vigilant des caméras exclusivistes de la RTS1, histoire de prouver au monde entier que le Sénégal, même dans ses divisions, sait faire corps autour de ses héros nationaux.

Selon nos sources (qui étaient cachées derrière un pot de fleurs géant), le menu du festin qui a suivi la cérémonie était à la hauteur de l’événement : des « Pakaargni » à secousses, accueillant, avec du poisson frais, un thiéboudieune à profusion et des jus de bissap à gogo, suivi des trois normaux du ataya. « Même les plus farouches opposants ont fait honneur au repas », nous confie un serveur, visiblement amusé. « On a même vu un ministre échanger sa place avec un leader de l’opposition pour mieux déguster un morceau de thiof ! »

Le gouvernement, dans un communiqué teinté d’optimisme, a salué « l’unité nationale retrouvée » et « l’esprit de rassemblement » qui anime le pays. L’Opposition, elle, a joué le jeu, félicitant les Lions et le Président BDF, mais n’a pas manqué de rappeler, entre deux sauts  de « Pakaargni », que « le football, c’est bien, mais la gouvernance efficace et efficiente, sans chasse aux sorcières mackyavéliques, c’est mieux ». Quant au PM Sonko, il a mis un costume au lieu d’un jogging vert et il a évité de monter sur une chaise pour en sauter au sol, comme il l’a fait devant le téléviseur présidentiel, lors de la finale Sénégal-Maroc de Rabat…

Alors, cette réconciliation est-elle sincère ou éphémère ? Les divisions politiques vont-elles reprendre de plus belle dès que les effluves de « Pakaargni » se seront dissipées ? La question est sur toutes les lèvres.

Un vieux sage, assis à l’ombre d’un flamboyant, résume la situation avec une sagesse toute sénégalaise : « Au Sénégal, le football, c’est comme une trêve sacrée. On se retrouve, on fait la fête, on mange ensemble. Mais après, chacun rentre chez soi, et les problèmes reviennent. C’est la vie. Mais au moins, le temps de ‘Pakaargni’ et d’un tieboudiene, on a rêvé d’un autre Sénégal. Et ça, c’est déjà une victoire en soi. »

En attendant, les Lions sont des héros, les « Pakaargni » étaient épiques et le riz au poisson était d’anthologie , et le Palais a respiré l’unité. Jusqu’à la prochaine élection, sans doute. Ou la prochaine Coupe d’Afrique. Ou Coupe du Monde, en juin 2026 ? Ne rêvons pas trop non plus…

Même si le Sénégal, qui a battu un Maroc demi-finaliste du précédent Mondial, doit pouvoir nourrir sans complexe l’ambition que les Lions de la Teranga atteignent la finale du Mondial de Foot USA-Canada-Mexique 2026. Devant des gradins exempts de supporters sénégalais; absents en grand nombre. Pour cause de politique drastique d’octroi de visas aux Sénégalais. Mesure exigée par Donald Trump, devant le nombre incroyable de nos compatriotes de Ndoumbelane qui font du ‘overstay’ de plusieurs années aux USA, bien après l’expiration de leur visa ! Big up, a mes frères de Little Senegal, Harlem, New York City : ne lâchez rien, la libre circulation des personnes (y compris celles du Sud global dont l’Afrique fait partie et avec des moyens non-piroguiers suicidaires atlantiques ) est un droit humain et un impératif catégorique en ce siècle dont le quart est déjà consomme. Monsieur Trump et vos allies de l’Union Européenne que vous accabliez cette semaine : Ouvrez les frontières.

Ousseynou Nar Gueye, Fondateur

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Le « Grand Stade du Futur » de Saly Portudal sera-t-il prêt pour la Coupe du Monde… de nos petits-enfants ?

Tract Hebdo – Le « Grand Stade du Futur » de Saly Portudal, présenté en grande pompe il y a quelques années comme le joyau architectural qui allait propulser stratosphériquement  le Sénégal sur la scène sportive mondiale, et pas seulement africaine avec cette CAN Maroc 2025 remportée, semble avoir pris la tangente. Les travaux avancent à la vitesse d’un escargot asthmatique, et la livraison de l’enceinte sportive est devenue une sorte de mythe urbain, au même titre que l’existence du Yéti.« Franchement, à ce rythme, nos petits-enfants pourront peut-être assister à un match dedans », s’amuse un vieux supporter des Lions, le regard perdu vers le chantier inachevé. « On nous a promis des tribunes dernier cri, des pelouses dignes des plus grands championnats… Pour l’instant, on a surtout des grues rouillées et des ouvriers qui semblent jouer aux dominos plus qu’ils ne construisent. »Les autorités, interrogées sur le retard, évoquent « des imprévus techniques », « des ajustements budgétaires » et « une conjoncture internationale défavorable ». Des excuses qui, à force d’être répétées, commencent à ressembler à un refrain de Youssou N’Dour : on le connaît par cœur, mais on ne l’écoute plus. L’opposition, toujours à l’affût, a dénoncé un « scandale » et un « chantier de la honte », rappelant que les fonds alloués à ce projet auraient pu servir à « équiper tous les centres de santé du pays avec des climatiseurs, histoire que les patients ne se transforment pas en poulets rôtis pendant les fortes chaleurs ».Quant aux supporters, ils ont fini par organiser des matchs amicaux… sur le chantier même, avec des plots en guise de buts et des gravats comme ballon. « Au moins, on s’entraîne à éviter les obstacles, c’est utile pour la vie de tous les jours au Sénégal », ironise un jeune footballeur.Néné SowTract Hebdowww.tract.sn

Où sont passés les pécheurs de Mbour ? La mer, la politique… même combat !

Tract Hebdo – Les côtes sénégalaises frémissent, non pas sous l’effet d’une nouvelle houle, mais d’une énigme digne des plus grands feuilletons de la RTS. Depuis l’aube du 24 janvier, une partie non négligeable de la flottille de pêche de Mbour semble avoir pris le large, et pas pour des raisons halieutiques. Les Mbourois, ces as de la pirogue, ont-ils décidé de troquer leurs filets contre des dossiers ministériels ? C’est la question qui agite les marchés aux poissons et les salons dorés de Dakar.

Selon nos sources (un peu ivres au moment de la confidence, mais on ne juge pas), certains pêcheurs auraient été aperçus, non loin du Palais, arborant des costumes neufs et des cravates étrangement serrées. « On leur a proposé des postes, c’est sûr ! », s’exclame une vendeuse de poisson, mi-amusée, mi-consternée. « Après tout, qui de mieux qu’un homme de la mer pour naviguer en eaux troubles… euh, je veux dire, dans les méandres de l’administration ? »

Le gouvernement, dans un communiqué dont la langue de bois rivaliserait avec la forêt de Casamance, a simplement évoqué « des mouvements de population saisonniers liés à la quête de nouvelles opportunités ». Comprendre : « On ne sait pas trop, mais ça sent le roussi pour les sardines. »

Les Mbourois, eux, restent silencieux. Sont-ils en train de préparer une nouvelle stratégie de pêche révolutionnaire ? Ou sont-ils en réunion secrète pour discuter de la prochaine réforme du code du travail maritime ? Une chose est sûre : le Sénégal, pays de la Téranga et des surprises, n’a pas fini d’étonner ses propres habitants. En attendant, les prix du poisson risquent de prendre l’ascenseur. À moins que nos chers pêcheurs ne reviennent avec des portefeuilles bien remplis, offrant des subventions inespérées aux consommateurs. On peut toujours rêver, n’est-ce pas ?

Néné Sow

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