Sénégal Numérique 2026 : Le haut débit pour tous, sauf pour ceux qui n’ont pas de courant
[TER cher] Transports à Dakar : quand le prix du ticket rattrape la vitesse du moteur
Tract Hebdo – Les usagers du TER ont eu une surprise de taille au guichet : un « léger réajustement technique » des tarifs. Comprenez : votre trajet coûte désormais le prix d’un demi-poulet bicyclette. Certes, on arrive à Diamniadio en un clin d’œil, mais on repart du guichet avec une larme à l’œil. À Tract Hebdo, on se demande si la prochaine étape n’est pas de transformer les rames en salons VIP où l’on servira du caviar de la Grande Côte pour justifier le prix du ticket.
Le ministre des Transports nous assure que c’est pour la « maintenance ». On veut bien le croire, mais à ce prix-là, on espère que les sièges sont massants et que le conducteur nous chante des berceuses de Thione Seck. La gauche s’insurge : le transport de masse doit rester un service public, pas un produit de luxe pour influenceurs en retard. La droite, elle, rigole en rappelant que le confort a un prix. Résultat : le Dakarois moyen redécouvrira les joies de la marche à pied, excellente pour la santé, mais moins pour la ponctualité au bureau.
Damel Gueye
www.tract.snCode électoral : L’opposition dégaine la machine à voter… une fois les bureaux fermés
[MÉDIATIC] Passage d’un CNRA à un CNRM: Pas ‘du réchauffé’, mais ‘le choix des hommes devrait s’opérer avec la plus grande rigueur’ (Par Landing Diémé)
Tract – Le communiqué sanctionnant la réunion du conseil des ministres de ce mercredi a annoncé la création prochaine d’un nouvel organe de régulation de médias sénégalais. Cette nouvelle structure devrait se substituer au CNRA dont les missions étaient devenues obsolètes au vu de la configuration actuelle de l’espace médiatique.
Toutefois si le passage d’un CNRA à un CNRM ne sert qu’à élargir les prérogatives de cet organe aux autres médias jusqu’ici non concernés, cela ne servirait, au final, à rien. Ce serait du réchauffé. Une sorte de déjà vu comme c’est souvent le cas chez nous dans bien des secteurs.En revanche si nous voulons faire du sérieux, à savoir opérer une véritable dans la régulation de l’espace médiatique, il nous faut un organe au vrai sens du terme. Un organe doté de larges prérogatives, avec notamment une palette de sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture définitive de certains médias reconnus coupables de manquements graves.Mais au delà de la mission qui sera assignée au futur CNRM, c’est le choix des hommes qui devrait s’opérer avec la plus grande rigueur. Il nous faut, si on veut que cet organe réussisse sa mission, choisir dans sa composition surtout des hommes et des femmes au-dessus des chapelles politiques. Des hommes et des femmes conscients, d’abord, des missions qui sont les leurs. Car c’est, souvent, hélas, là où le bât blesse.Il ne faudrait, donc, pas qu’on nous serve une version juste édulcorée de l’actuel organe de régulation qui, en à peine 6 mois d’existence, s’est discrédité tout seul auprès de l’opinion à travers ou prises de position (ou des non prises de position) souvent incomprises par la majorité de l’opinion.À l’heure où notre pays entend amorcer un nouveau virage démocratique à la faveur de la nouvelle alternance politique, nous avons besoin d’un vrai organe de régulation. Libre. Plus à même de sanctionner sévèrement, s’il le faut, sans tenir compte du penchant politique des dirigeants du média reconnu coupable. Un CNRM qui, donc, sanctionnera pas à la tête du client.Mais pour cela, il faudrait que ce nouvel organe de régulation ne soit plus sous la tutelle du palais comme c’est le cas actuellement avec le CNRA. Sa place traditionnelle demeure le ministère la Communication, son ministère de tutelle.Landing DIÉMÉ France[PUPITRE] Sénégal et FMI : Une voie médiane pour une dette soutenable sans austérité radicale (Par Dr. Seydina Oumar Seye)
Tract – Alors que le FMI suggère une restructuration de la dette sénégalaise, le gouvernement défend une approche différenciée. S’appuyant sur des fondamentaux économiques résilients, des succès internationaux et un programme sur mesure, Dakar vise à traverser la zone de turbulence sans recourir au traumatisme des Plans d’Ajustement Structurel (PAS) des années 1990.
L’économie sénégalaise, à l’instar de nombre de ses pairs dans le monde, fait face à une situation de dette publique héritée de chocs exogènes majeurs et notamment internes eu égard la « dette cachée » : la pandémie de COVID-19, la crise ukrainienne et la flambée des prix des matières premières. Cette conjoncture a conduit le Fonds Monétaire International (FMI), dans le cadre de ses évaluations de soutenabilité, à suggérer une restructuration de la dette du Sénégal pour réduire les pressions sur les finances publiques. Une proposition à laquelle le Premier Ministre, Monsieur Ousmane Sonko, s’est publiquement opposé, suscitant interrogations et débats. Cette prise de position ferme de l’actuel régime est-elle une inconséquence périlleuse ou, au contraire, une stratégie éclairée, défendable par des faits, des chiffres et des expériences comparées ? Une analyse approfondie révèle que le gouvernement sénégalais défend une voie réaliste et prudente, qui évite l’écueil d’une austérité contre-productive tout en garantissant la solvabilité du pays.Les raisons d’une opposition gouvernementale fondée sur les fondamentauxLa position du gouvernement ne relève pas d’un déni des défis. La dette publique a effectivement atteint environ 76% du PIB (fin 2023)et présentement au environ de +119% en 2025, un niveau élevé qui exige une vigilance absolue. Cependant, plusieurs indicateurs-clés justifient la volonté de ne pas emprunter immédiatement le chemin de la restructuration, perçue comme coûteuse en crédibilité et en accès aux marchés.· Une structure de dette plus résiliente : Contrairement aux années 1990 où la dette était principalement concessionnelle et multilatérale, le Sénégal a diversifié ses sources de financement. Si la part de la dette extérieure reste importante (environ 45% du PIB), une portion significative est contractée sur les marchés régionaux (UMOA, 2025) en CFA, éliminant le risque de change. Les emprunts en devises sont majoritairement à taux fixes, protégeant le pays des hausses actuelles des taux directeurs. Le ratio du service de la dette par rapport aux recettes fiscales, bien qu’en hausse, demeure plus gérable que dans des pays en détresse aiguë. · La perspective des ressources gazières et pétrolières : Les découvertes de champs gaziers (Grande Tortue Ahmeyim, Sangomar) représentent un changement de paradigme. Leurs revenus futurs, attendus à partir de 2024/2025/2026, constituent une garantie pour les créanciers et une perspective concrète d’amélioration des ratios dette/PIB et dette/exportations. Restructurer une dette alors que des recettes substantielles sont en vue serait économiquement discutable et enverrait un signal négatif aux investisseurs. · Une croissance économique dynamique : Le Sénégal a affiché l’une des croissances les plus robustes d’Afrique de l’Ouest ces dernières années (autour de 4% en 2023, et des projections supérieures à 8% pour 2024-2025 avec le démarrage de la production pétro-gazière, DPEE et ANSD, 2025). Une croissance soutenue est le meilleur remède à un ratio dette/PIB élevé, en élargissant le dénominateur.L’approche du gouvernement : Un programme FMI « sur mesure » et orienté vers la croissanceLe gouvernement ne rejette pas le cadre du FMI. Au contraire, il négocie pour un programme qui soit un accompagnement et non une camisole de force. Cette approche s’inspire de benchmarking réussis.· Leçons des PAS des années 1990 : L’opposition à la restructuration est aussi une opposition à un package d’austérité sévère qui sacrifierait les dépenses sociales et d’investissement. Les PAS ont souvent accru la pauvreté, dégradé les services publics et, in fine, compromis la croissance à long terme. Dakar cherche à éviter cet écueil. · L’exemple du Ghana pré-crise (2015-2019) et d’autres : Le Ghana a, dans un premier temps, réussi à ramener sa dette sur une pente descendante (de plus de 70% à environ 60% du PIB) grâce à un programme FMI (2015-2019) axé sur la discipline fiscale, l’élargissement de l’assiette fiscale et la protection des dépenses sociales, sans restructuration initiale. C’est une combinaison de chocs ultérieurs et de relâchement des efforts qui a conduit à la crise actuelle, prouvant que la voie non-restructurante est possible avec une mise en œuvre rigoureuse. Le Sénégal, avec des fondamentaux initiaux plus solides (inflation maîtrisée, déficit moins profond), peut s’en inspirer. · Les piliers du programme souhaité par Dakar : Il s’agirait d’un accord axé sur : (1) la consolidation fiscale ciblée (lutte contre les exonérations, amélioration de la collecte, rationalisation des dépenses courantes) plutôt que sur des coupes budgétaires aveugles ; (2) la protection des investissements publics structurants (VisionSénégal 2050, infrastructures critiques…) pour préserver le potentiel de croissance ; (3) le renforcement des filets sociaux pour protéger les vulnérables ; et (4) des réformes structurelles pour améliorer le climat des affaires et la productivité et au demeurant la relance annoncée par le Président Diomaye Faye. Ce « FMI à visage humain » est l’outil que le gouvernement veut façonner.Réponse aux analyses critiques et gestion des risquesDes experts, comme le Dr. Seydina alioune Ndiaye et al, mettent à juste titre en garde contre les risques d’un refus de restructuration si la situation se dégrade. Toutefois, le Sénégal n’est pas encore dans cette situation. Par ailleurs, leurs arguments sur le poids du service de la dette et la vulnérabilité aux chocs sont entendus. La position gouvernementale ne les ignore pas, mais y répond par une stratégie proactive :1. Allongement de la maturité et réaménagement « doux » : Le gouvernement peut poursuivre des négociations bilatérales avec ses créanciers (notamment les membres du Club de Paris et la Chine) pour rééchelonner les échéances, allonger les délais de grâce et réduire les taux, sans passer par une restructuration formelle et généralisée qui déclencherait des clauses d’action collective et fermerait l’accès aux marchés. 2. Utilisation stratégique des ressources du FMI : Les financements du futur programme serviront de bouclier de liquidités, rassurant les créanciers et permettant de lisser le service de la dette dans l’attente des revenus pétro-gaziers. 3. Engagement crédible et transparent : La clé de la réussite réside dans la crédibilité absolue de la politique économique. Le gouvernement doit démontrer, par des actes, sa volonté d’exécuter le programme FMI avec rigueur, notamment en matière de transparence dans la gestion des futures ressources extractives (adhésion à l’ITIE renforcée).En conclusion : Une navigation délicate mais justifiéeL’opposition du gouvernement sénégalais à une restructuration immédiate de la dette n’est pas un acte de défiance irréfléchie envers le FMI. C’est une position argumentée, qui s’appuie sur la résilience actuelle de l’économie, ses avantages comparatifs futurs (hydrocarbures, stabilité politique, hub logistique) et les leçons d’expériences internationales. Il s’agit d’opter pour un programme du FMI conçu comme un tremplin de réformes et de protection de la croissance, plutôt que comme un corset d’austérité menant à une restructuration inéluctable. Le risque existe, mais il est calculé et géré. La voie proposée présentement est d’éviter la restructuration traumatisante tout en s’engageant dans un ajustement fiscal responsable et orienté vers la croissance. Elle est exigeante mais réalisable. Elle demande une discipline de fer et une transparence absolue. Si le Sénégal réussit cette navigation délicate, il pourra non seulement traverser la zone de turbulence actuelle, mais aussi se positionner comme un exemple de gestion pragmatique et éclairée de la dette en Afrique, prouvant qu’un partenariat avec le FMI peut prendre des visages multiples, adaptés aux réalités et au potentiel de chaque nation.Dr. Seydina Oumar SeyeL’ex-député Bougazelli, Prix Nobel de la survie judiciaire, avec son mystère des ‘loyers fantômes’
Tract Hebdo– S’il y avait un prix Nobel de la survie judiciaire, Seydina Fall, alias Bougazelli, ne serait pas seulement nommé, il serait président du jury à vie. Ce jeudi 8 janvier 2026, l’ancien député de Guédiawaye fait encore les choux gras de la presse après de nouvelles révélations sur des histoires de « loyers fantômes » dans la banlieue dakaroise. À Tract Hebdo, on se demande si l’homme n’a pas trouvé le secret de l’élixir d’invincibilité, ou s’il possède simplement un abonnement illimité à la case « Sortie de prison gratuite » du Monopoly national.
Souvenez-vous, l’homme était déjà entré dans la légende avec l’affaire des faux billets où, selon la rumeur populaire, les liasses s’étaient transformées en papier journal par la seule force de sa volonté (ou d’un tour de magie non répertorié). Aujourd’hui, il revient sous les projecteurs pour des litiges fonciers et immobiliers qui feraient passer un labyrinthe grec pour une ligne droite. On parle de locataires qui paient mais n’habitent pas, et de maisons qui existent sur le papier mais s’évaporent dès qu’un huissier pointe son nez.
À gauche, notre fibre sociale s’insurge : comment, dans un pays où se loger coûte plus cher que d’envoyer un satellite en orbite, peut-on encore jouer avec le toit des citoyens ? Avec notre droite, on s’incline devant la performance technique : Bougazelli est le seul homme capable d’être cité dans dix dossiers brûlants et de ressortir du tribunal avec le sourire de celui qui vient de gagner un panier garni. À Guédiawaye, on commence sérieusement à croire qu’il ne marche pas sur le sol comme nous, mais qu’il flotte sur un nuage d’immunité certifié ISO 9001.
Pendant que le petit voleur de portable à la sauvette de la gare de Cyrnos prend six mois ferme sans passer par la case départ, les ténors de la politique locale semblent bénéficier d’une justice « Wi-Fi » : sans fil et avec beaucoup de déconnexions dès que ça devient sérieux. Le « Projet » de rupture nous avait promis la fin de l’impunité, mais face à Bougazelli, même la justice semble hésiter, comme si elle craignait que le dossier ne se transforme en confettis entre les mains du juge.
Le cas Bougazelli est le thermomètre de notre État de droit : tant qu’il sera au-dessus des lois, les lois seront en dessous de tout. On attend de voir si, cette fois-ci, la justice va enfin mordre ou si elle va se contenter de japper poliment avant de retourner dans sa niche. En attendant, les habitants de Guédiawaye scrutent leurs quittances de loyer avec suspicion, se demandant si leur mur ne va pas disparaître demain matin au profit d’un nouveau miracle immobilier.
Dibor Faye
Tract Hebdowww.tract.snLe PR Diomaye Faye va-t-il chercher des oasis financières ? A l’agenda, Koweït puis Émirats, du 12 janvier au 14 janvier
Tract Hebdo – Bassirou Diomaye Faye s’apprête à décoller pour le Koweït (du 12 au 14 janvier) puis les Émirats. Officiellement, il s’agit de participer à la « Semaine de la Durabilité d’Abu Dhabi » et de discuter « transition énergétique« . C’est le nouveau mot chic pour dire qu’on cherche de l’argent pour payer les factures tout en gardant une conscience écologique impeccable.
À Tract Hebdo, on a le nez fin. Quand un président part vers le Golfe, ce n’est pas seulement pour admirer les gratte-ciels ou discuter du réchauffement climatique dans des salles climatisées à 18°C. C’est surtout parce que les caisses de l’État ont besoin d’un petit coup de boost. On nous annonce que le Fonds Koweïtien pourrait financer des routes et des infrastructures hydrauliques. 16 milliards par-ci, quelques accords de prêt concessionnel par-là… On sent que la « diplomatie économique » tourne à plein régime.
Le Koweït est un vieux partenaire. Ils aiment le Sénégal, mais ils aiment encore plus le sérieux. Le Président Faye devra donc prouver que le « Projet » n’est pas qu’un Powerpoint séduisant, mais un plan d’affaires solide. On espère qu’il n’est pas parti avec des dattes en guise de cadeau, car on en a déjà assez au marché Tilène. Par contre, s’il revient avec un rachat de dette ou des investissements massifs dans l’agriculture, on pourra dire que le voyage a valu le kérosène de l’avion présidentiel.
Pendant que le peuple attend la baisse des prix du riz, le Chef de l’État cherche l’oasis financière. C’est de bonne guerre. Mais attention au mirage : les investisseurs du Golfe ne sont pas des philanthropes, ils cherchent de la rentabilité. On surveillera donc de près ce qui sera signé.
Damel Gueye Tract Hebdowww.tract.sn

