La France se reconnaît dans les idéaux de 1789, ceux de la Révolution qui a installé la République. Entre 1789 et 1870, la France a pourtant connu la Restauration avec le retour à sa tête d’un roi et deux empereurs (Napoléon et Napoléon 3) : il n’empêche, ça, Seneweb et les prêcheurs d’obscurantisme sénégalais ne sauraient voir que ça ne fait pas bouger d’un iota la boussole française, celle de la France officielle et institutionnelle, qui est : la République laïque, qui a acté sa séparation d’avec les cultes religieux depuis sa loi de 1905. Il y a 115 ans. Avec les rodomontades anti-francaises sous couvert de lutte contre l’islamophobie du pastefien en chef Ousmane Sonko et autres quantités négligeables que sont Jamra, Moustapha Diakhaté et Guy-Marius Sagna, les journalistes vedettes Pape Alé Niang et Babacar Fall du groupe GFM, ou encore les condamnations anti-francaises des gouvernements mauritanien ou marocain, il est heureux que le Président Sall garde sa sérénité (par un mutisme sage) et refuse d’entraîner le Sénégal dans ce qui est une affaire franco-francaise. (Macky Sall qui n’aura, hélas, pas non plus condamné la décapitation de Samuel Paty). Une affaire entre les gouvernants français et leurs concitoyens musulmans et aussi avec leurs compatriotes non-musulmans. Et pas une affaire de la France contre la Oummah islamique mondiale. Musulman, ce n’est pas une nationalité. Et ce ne devrait pas avoir vocation à le devenir.
La république laïque et les religions (notamment les confréries musulmanes) au Sénégal ont trouvé un terrain d’entente endogène, consistant a ce que chacunes aient leurs chasses gardées, depuis l’abandon par Léopold Senghor de l’imposition d’un code de la famille à tous. A la France, avec les musulmans français (et avec les Français non-musulmans!), de trouver un modus operandi conduisant à un modus vivendi propre à eux, de comment « être à la republique ». sans avoir à subir la pression des 2 milliards de musulmans de la planète. La France institutionnelle s’y attelle depuis l’affaire des foulards de Creil, en 1989. Et il faudra qu’on souffre que les lois qui seront issues, au fur et à mesure, de ce processus soient de portée générale, impersonnelles et s’appliquent à tous en France. C’est la définition même de la loi dans une république. Sinon, il n y a plus de « contrat social ».


