[L’ET DIT TÔT DE DAMEL] ‘2026, l’année de l’emploi… ou du grand surplace ?’

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Tract Hebdo – ÉDITO : Bienvenue dans l’édition de ce vendredi 9 janvier 2026. Ici, on ne caresse pas dans le sens du poil, on étrille avec élégance. Tract Hebdo : votre dose de gauche qui pique, avec une droite qui ne rate jamais sa cible. : 2026, l’année de l’emploi… ou du grand surplace ?

Le Chef de l’État Bassirou Diomaye Diakhar Faye l’a martelé lors de ses vœux : 2026 sera « l’Année de l’Emploi ». Formidable ! On a presque eu l’impression d’entendre un vieux tube de 1960 fraîchement remixé par un DJ adepte du « Projet ». À Tract Hebdo, notre cœur de gauche bat la chamade devant cette promesse de dignité sociale, mais notre main droite, celle qui ne tremble jamais au moment de décocher un uppercut, nous démange sérieusement.

Parce qu’entre les incantations à la souveraineté et la réalité des rayons de supermarchés où le prix du riz semble indexé sur le cours du Bitcoin, le peuple sénégalais commence à avoir des crampes d’estomac à force d’attendre le « Grand Soir » de la fiche de paie. On nous parle de réindustrialisation, de pôles agricoles et de start-up nation sauce Casamance. Soit. Mais pour l’instant, la seule industrie qui tourne à plein régime, c’est celle de la production de contenu sur TikTok et des débats enflammés sur Facebook où l’on décline la « rupture » à toutes les sauces, sauf à la sauce tomate, devenue trop chère.

Messieurs les dirigeants, l’emploi ne se décrète pas au Journal Officiel comme on nomme un cousin à une direction nationale. Il ne pousse pas non plus par magie dans les champs d’arachides simplement parce qu’on a brandi un drapeau tricolore devant un investisseur émirati. Si l’emploi de 2026 consiste à remplir des formulaires de demande de visa pour l’Oncle Sam à 15 000 dollars la caution, ou à espérer qu’une pirogue soit plus rapide que la patrouille Frontex, alors nous avons raté un virage.

À gauche, nous exigeons du travail décent, pas des stages de « renforcement de capacités » qui durent une éternité. Avec notre droite impertinente, nous demandons : à quand la fin de la sémantique et le début de la semence ? Le « Projet » doit cesser d’être un concept abstrait pour devenir un contrat de travail. Car à force de faire du surplace en criant qu’on avance, on finit par creuser son propre trou.

Il est temps que 2026 soit l’année où le jeune de Guédiawaye ou de Podor n’aura plus besoin de talisman pour espérer un salaire, mais juste d’un pays qui tourne enfin rond. Moins de discours, plus de recours !

Damel Gueye

Tract Hebdo – www.tract.sn

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