Tract – Le communiqué sanctionnant la réunion du conseil des ministres de ce mercredi a annoncé la création prochaine d’un nouvel organe de régulation de médias sénégalais. Cette nouvelle structure devrait se substituer au CNRA dont les missions étaient devenues obsolètes au vu de la configuration actuelle de l’espace médiatique.
Toutefois si le passage d’un CNRA à un CNRM ne sert qu’à élargir les prérogatives de cet organe aux autres médias jusqu’ici non concernés, cela ne servirait, au final, à rien. Ce serait du réchauffé. Une sorte de déjà vu comme c’est souvent le cas chez nous dans bien des secteurs.
En revanche si nous voulons faire du sérieux, à savoir opérer une véritable dans la régulation de l’espace médiatique, il nous faut un organe au vrai sens du terme. Un organe doté de larges prérogatives, avec notamment une palette de sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture définitive de certains médias reconnus coupables de manquements graves.
Mais au delà de la mission qui sera assignée au futur CNRM, c’est le choix des hommes qui devrait s’opérer avec la plus grande rigueur. Il nous faut, si on veut que cet organe réussisse sa mission, choisir dans sa composition surtout des hommes et des femmes au-dessus des chapelles politiques. Des hommes et des femmes conscients, d’abord, des missions qui sont les leurs. Car c’est, souvent, hélas, là où le bât blesse.
Il ne faudrait, donc, pas qu’on nous serve une version juste édulcorée de l’actuel organe de régulation qui, en à peine 6 mois d’existence, s’est discrédité tout seul auprès de l’opinion à travers ou prises de position (ou des non prises de position) souvent incomprises par la majorité de l’opinion.
À l’heure où notre pays entend amorcer un nouveau virage démocratique à la faveur de la nouvelle alternance politique, nous avons besoin d’un vrai organe de régulation. Libre. Plus à même de sanctionner sévèrement, s’il le faut, sans tenir compte du penchant politique des dirigeants du média reconnu coupable. Un CNRM qui, donc, sanctionnera pas à la tête du client.
Mais pour cela, il faudrait que ce nouvel organe de régulation ne soit plus sous la tutelle du palais comme c’est le cas actuellement avec le CNRA. Sa place traditionnelle demeure le ministère la Communication, son ministère de tutelle.
Landing DIÉMÉ
France


