Retour à la maison de la famille de Madiambal : la chaleur du foyer (et du parquet, mais à distance)

A part celui dont le nom est Diagne : qui connait un autre Madiambal au Sénégal ? (just asking...)
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Tract Hebdo – Le week-end dernier a été marqué par un dénouement quasi-télénovelesque pour la famille madiambal Diagne. Après une période d’angoisse et de suspense dignes d’un feuilleton sénégalais en prime time sur Sunu Yeuf made in Marodi, l’épouse de Madiambal, Mabintou, et son fils Mouhamed, ont enfin retrouvé la liberté. Un ouf de soulagement a traversé les réseaux sociaux, de Dakar à la diaspora, lorsque la nouvelle de leur libération, après un passage par la très médiatisée « case interrogatoire », a été confirmée. Cerise sur le gâteau (ou plutôt mangue sur le thiéboudienne), le parquet n’a pas jugé bon de se pourvoir en cassation. Une victoire, même petite, est une victoire, et à Tract Hebdo, nous ne sommes jamais les derniers à applaudir les rares bonnes nouvelles qui égayent un paysage judiciaire souvent plus gris que le ciel de Rufisque un jour d’hivernage.

C’est beau, l’amour filial et conjugal, surtout quand il est mis à l’épreuve sous les projecteurs implacables de la justice et de l’opinion publique. Tandis que Madiambal Diagne, en homme de presse aguerri, continue inlassablement de « charger le régime » dans ses chroniques qui font mouche, sa famille peut enfin souffler et reprendre le fil d’une vie normale. Ou du moins, tenter de le faire. Car on sait que le traumatisme d’une détention, même courte, laisse des traces plus profondes qu’un passage éclair à la Cité Police. Pour Mabintou et Mouhamed, il s’agit désormais de retrouver leurs marques, de se réapproprier un quotidien sans l’ombre menaçante d’une convocation ou d’une arrestation inopinée.

À Tract Hebdo, nous nous réjouissons sincèrement de voir des citoyens retrouver le confort (et l’intimité) de leur salon après de telles épreuves. Cependant, connaissant le tempérament de Madiambal, et l’engagement de sa famille, on peut parier que le dîner de retrouvailles chez les Diagne ne sera pas entièrement consacré aux banalités du quotidien. On imagine déjà les débats animés autour de la table, les analyses politiques affûtées, et surtout, les prémices de futurs éditoriaux incendiaires qui mijotent, prêts à être servis au Palais. Quand Madiambal quittera Paris pour Dakar a Mas quand ? La liberté de la presse, après tout, commence parfois par la liberté de la famille de celui qui la pratique. Et c’est cette liberté-là, celle de pouvoir exprimer ses opinions sans craindre des représailles familiales, qui est souvent le véritable baromètre d’une démocratie saine.

Mais cette réunion familiale restera une réunion à distance pour l’instant. Madiambal, toujours en quête d’angles incisifs et de scoops croustillants, continue son travail d’observateur et de commentateur, même loin du foyer et sous le froid de l’hiver français. Les nouvelles technologies, heureusement, permettent de réduire les distances, même quand la géographie politique s’en mêle. Alors, même si la chaleur du foyer est retrouvée à Dakar, c’est via l’écran d’un ordinateur que Madiambal partage ces moments précieux, le stylo peut-être posé, mais l’esprit toujours aussi vif. La lutte continue, même à travers un écran de Zoom.

Dibor Faye

Tract Hebdo

www.tract.sn

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