Le Farba-Gate à vidéos X : la ministre Yassine Fall s’insurge, hissée sur le Code Pénal

Farba Ngom, le Taureau des Agnam; Farba, jamais fourbu des choses de la chair, y compris sur écran de smartphone.
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Tract Hebdo -Il y a des matins où l’on se dit que la balance de la Justice penche, non pas du côté du droit, mais du côté du théâtre drolatique à se taper les mains sur les cuisses, comme du temps de feu Makhouredia Gueye et Baye Peul, avec la pudeur en moins, et le salace en plus.  Imaginez la scène : Yassine Fall, Garde des Sceaux(et qui des ministre garde les Seaux? Et les sots? bref…), silhouette corsetée et rigide drapée dans la rigueur républicaine, se retrouve propulsée au rang de critique cinématographique d’un genre très particulier.

L’indignation en haute définition

Alors que le pays attendait des réformes sur l’indépendance de la magistrature ou la modernisation des tribunaux, ou encore la construction de prisons dignes de la vie humaine promises depuis plusieurs régimes politiques successifs,  voilà que le dossier prioritaire sur le bureau de la Ministre pèse plusieurs giga-octets de… « contenu explicite ». Le coupable ? L’inoxydable Farba Ngom, qui semble avoir confondu sa cellule de détention avec un studio de post-production de la Silicon Valley.

Dans une communication écrit et verbal empreint d’une gravité presque liturgique, avec le ton saccadé qu’on lui connait et qui nous fait craindre qu’elle va frôler l’apoplexie à chaque fos qu’elle parle (da fèy waakhé deunn, manaam…), Madame la Ministre s’insurge. Elle dénonce la détention et le partage de vidéos qui, disons-le poliment, ne sont pas des tutoriels sur la culture du mil. Pour Yassine Fall, le constat est amer : la cybersécurité de l’État s’arrête apparemment là où commence les Giga-bits d’un détenu influent.

Entre « droit de cuissage » et « droit au partage…de données »

La satire atteint son paroxysme quand on réalise l’ironie de la situation. On nous promettait la « Rupture systémique », nous voilà servis en « Vidéos de rupture de la décence ». La ministre, elle, armée du Code pénal, brandit l’article sur l’atteinte aux bonnes mœurs comme un bouclier contre la marée numérique. Le détenu, quant à lui,  semble pratiquer une forme de « justice distributive » très personnelle : si on lui retire sa liberté, il nous rend… notre intimité (ou celle des autres).

On imagine les réunions de crise au ministère de la Justice : « Madame la Ministre, nous avons un problème de flux. » Parle-t-on du budget ? Non, du débit montant de la connexion Wi-Fi clandestine de Farba.

Une nouvelle jurisprudence ?

Faut-il s’attendre à ce que Yassine Fall crée une brigade spéciale de « modérateurs de prison » ? On peut déjà voir les futurs recrutements : « Cherchons greffiers experts en floutage et magistrats spécialisés en angles de caméra. »

En attendant, la Ministre tonne, dénonce et s’indigne. C’est son rôle. Mais dans cette comédie humaine où les téléphones portables circulent en prison plus vite que les dossiers d’amnistie, on finit par se demander si la Justice n’est pas en train de devenir, malgré elle, le premier abonné (bien involontaire) d’un compte OnlyFans carcéral. Si le ridicule ne tue pas, il semble qu’en politique, il offre au moins une excellente connexion réseau.

Néné Sow

Tract hebdo

www.tract.sn

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