[LE BIAIS D’O.N.G] Parti Socialiste : Aminata Mbengue Ndiaye, costaude baobab, SG en intérim à vie, vissée sur un ‘siège éjectable’ soudé à la ‘Super Glue’ ? (Par Ousseynou Nar Gueye)

La Lionne du Baol, indéboulonnable ? (Une production 'Gaston Mbengue'...)
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Tract Hebdo – Au Parti Socialiste, la notion d’intérim a pris une dimension métaphysique. Aminata Mbengue Ndiaye occupe le poste de Secrétaire Générale par intérim depuis si longtemps que les jeunes militants pensent que c’est un titre à vie. Mais voilà, les « camarades » ont sorti les tournevis : ils veulent déboulonner la Lionne de Louga.

Bienvenue à la « Maison Senghor », ce magnifique musée politique où le temps semble s’être arrêté quelque part entre le premier sommet de la Francophonie et la chute du mur de Berlin. Ici, on ne pratique pas la politique, on pratique l’archéologie du pouvoir. Au centre de toutes les attentions : Aminata Mbengue Ndiaye. La Secrétaire Générale par intérim — un « intérim » qui dure depuis tant d’années qu’il a désormais plus d’ancienneté que la plupart des contrats de travail du pays — fait face à une fronde interne qui ressemble à une mutinerie sur un vieux galion.

La « gauche résolue » de Tract Hebdo ne peut que constater les dégâts : le Parti Socialiste (PS), jadis locomotive de la pensée intellectuelle sénégalaise, ressemble aujourd’hui à une vieille dame élégante qui refuse de quitter son fauteuil Louis XV alors que le salon est en train de prendre feu. Les camarades frondeurs, fatigués d’attendre un congrès qui semble aussi hypothétique que la fin de la corruption, ont décidé de passer à l’action. Ils veulent « déboulonner ». Le terme est fort, presque industriel, comme s’il s’agissait de démonter une pièce de machine rouillée qui bloque tout le système.

Il faut dire que la méthode Aminata est un cas d’école. Elle ne dirige pas, elle règne par une forme de passivité active. Elle est là, imperturbable, ajustant son foulard avec une dignité de reine mère, pendant que les jeunes loups du parti s’écharpent dans les couloirs. Pour elle, l’intérim n’est pas une transition, c’est une destination. Mais pour la base, le diagnostic est plus sévère : le PS est devenu une succursale de luxe, une sorte de maison de repos pour anciens ministres qui attendent que le téléphone sonne en provenance du Palais.

C’est là que notre « bonne droite » intervient pour poser la question qui fâche : peut-on diriger un parti d’opposition (ou de pseudo-majorité, on ne sait plus trop) avec la même énergie qu’on gère une tontine de quartier ? La discipline de parti, chère aux socialistes de la vieille école, est en train de voler en éclats. Les frondeurs ne demandent pas seulement son départ ; ils demandent que le parti arrête de ressembler à un astre mort qui ne brille que par la lumière réfléchie des autres coalitions.

Vouloir déboulonner Aminata Mbengue Ndiaye, c’est un peu comme essayer de déplacer un baobab millénaire avec une petite cuillère en plastique : c’est ambitieux, c’est romantique, mais c’est surtout épuisant. Elle a survécu à Abdou Diouf, elle a survécu à la traversée du désert sous Wade, et elle a navigué dans les eaux troubles du « Macky-isme alias les deux Salltennats ». Elle ne craint pas une petite rébellion de bureau. Elle sait que dans le socialisme sénégalais, celui qui crie le plus fort n’est pas forcément celui qui garde les clés de la caisse.

Le drame, c’est que pendant que les camarades se battent pour savoir qui s’assiéra sur le trône de verdure, le peuple de gauche, lui, cherche désespérément un projet de société. Le PS parle de « renouveau », mais il utilise un dictionnaire de 1974. On nous parle de congrès, de motions, de commissions paritaires… autant de mots qui servent de cache-sexe à une réalité brutale : personne ne veut lâcher le fromage, même si le fromage commence à sentir sérieusement le rance.

Chez Tract Hebdo, on se demande si le PS n’est pas en train d’inventer un nouveau concept : la « politique de la chaise vide occupée ». On occupe le poste, mais on ne produit plus rien. Si les frondeurs réussissent leur coup, ce sera un séisme. S’ils échouent, ce sera la preuve définitive que la Maison Senghor est devenue un mausolée où la seule chose qui bouge encore, c’est la poussière sur les dossiers. Aminata, imperturbable, continue de régner sur ce royaume d’ombres, convaincue que dans la politique sénégalaise, celui qui dure a toujours raison sur celui qui court.

Par Ousseynou Nar Gueye, Fondateur de Tract Hebdo, Ainé Mi-Public Numéro 1

www.tract.sn

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