Tract hebdo – Fort de CAF..é, comme si judicieusement écrit par notre confrère El Hadj Ibrahima Thiam du quotidien public Le Soleil. Ainsi donc, la CAN marocaine a tiré sa révérence… au tribunal. Sifflet final devant le juge. Cette édition, si prometteuse sur le papier, aura surtout brillé par ses bugs : arbitrage douteux, ballons qui disparaissent mystérieusement, et même un entraîneur qui, paraît-il, aurait confondu le vestiaire avec un bureau de change. On a connu des scénarios de matchs plus classiques.
On nous avait promis la fête du football africain, on a eu le festival des requêtes judiciaires. Chaque match, chaque décision arbitrale controversée, semblait être une invitation directe à consulter son avocat plutôt que son score. Les commentateurs sportifs se sont transformés en experts juridiques, décortiquant les articles du règlement autant que les actions de jeu.
Les joueurs, d’habitude concentrés sur leurs passes et leurs tirs, devaient désormais se préparer aux auditions et aux contre-interrogatoires. Le terrain vert a laissé place à la barre des tribunaux, et les crampons ont été remplacés par des chaussures cirées pour l’occasion. On imagine déjà les affiches promotionnelles : « CAN 2026 : Le match se joue aussi au tribunal ! »
Cette CAN restera dans les annales, non pas pour la beauté du jeu, mais pour l’originalité de son après-match. D’habitude, on parle de buts, de passes décisives, de parades spectaculaires. Cette fois, on parle de plaintes, de recours, et de condamnations.
Le trophée, habituellement soulevé avec fierté, risque d’être exposé dans la salle des scellés du palais de justice. Et les médailles distribuées aux vainqueurs pourraient bien être assorties de convocations à comparaître.
On espère juste que les prochains organisateurs de la CAN prévoiront un budget conséquent pour les honoraires d’avocats et une salle d’audience à côté du stade. Au moins, cela donnerait un nouveau souffle à la profession juridique.
Mais, malgré tout, on se dit que cette CAN a eu un mérite : elle a prouvé que le football, même quand il déraille, reste un sport qui passionne. Et quand la passion déraille, elle finit souvent devant la justice. C’est la vie, c’est le football, c’est l’Afrique. Et même les hors-jeu judiciaires.
Damel Gueye, journaliste
Tract Hebdo
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